Coupé dans son élan par la crise sanitaire, le développement du club de football américain de Caen (Calvados) reprend petit à petit en ce début d'année 2022. En ce début d’année 2022, l’équipe de football américain de la ville lance sa saison.
Le club, actuellement en période de transition, est une pièce historique du sport dans l’hexagone. « Le foot US est arrivé en France en 1982. Notre club a été fondé en 1986, et est donc l’un des premiers de l’histoire du pays, raconte Mehdi Hamoud. Il avait un autre nom à l’époque : les Pink Panthers. On s’est renommé Conquérants un peu plus tard. »
Créé en 1986, le club de Caen a été l'un des tout premiers clubs de football américain de France. Ils étaient alors nommés les Pink panthers, aux couleurs gris et rose. Quelques années plus tard, leur identité a changé pour leur identité actuelle, celle des Conquérants.
L'association est longtemps restée "confidentielle, avec une petite poignée de passionnés". Mais le développement qui a suivi leur a permis de construire une cohésion, qui les a aidés à se pérenniser : "Les premières saisons n'ont pas été une franche réussite sportive, mais une réussite dans la création du club, de l'ambiance et d'un groupe."
L'évolution s'est traduite par l'ouverture d'une section jeunes en 1996, puis une section féminine. Cette structuration leur a ainsi permis de monter "en troisième division nationale une première fois, en 2014, avant un retour en 2018".
Le développement du club a aussi permis de diversifier les pratiques, en proposant une section flag, "du football américain sans contact, avec des fanions à la ceinture pour simuler le plaquage", comme le présente le président des Noir et Or. La force de cette pratique pour le club est sa mixité, qui la rend accessible et qui leur permet d'aligner cette saison deux équipes, une masculine et une mixte.
« On a envie que notre équipe soit avant tout une famille », précise Mehdi Hamoud, président du club depuis quatre ans. Lorsque les Conquérants de Caen (Calvados) rentrent sur le terrain, difficile de ne pas les remarquer. Si les gabarits des 40 joueurs qui composent l’équipe sont hétérogènes, tous sont guidés par ce désir de s’améliorer et de faire briller l’équipe.
Aujourd’hui, l’équipe évolue en troisième division française, le Casque d’argent. « Le championnat fonctionne par zones.
Déjà demi-finalistes l'an passé, les Conquérants de Caen s'attacheront à gérer la pression afin de confirmer leurs très bonnes stats de cette saison. « Pour la première fois, on est la meilleure équipe sur les 30 de la conférence Nord », soutient Sébastien Lerosey.
Le club "Les Conquérants de Caen" a été fondé en 1986, il propose la pratique du football américain, du flag football et du cheerleading.
Les entrainements du club de Caen ont lieu à la Grâce de Dieu à Caen et au gymnase de la Grâce de Dieu.Avec Pierre Voisin Vice-président du club "Les Conquérants de Caen" et Cyril Rafert sportif et arbitre.
Plus grand événement du monde du football américain, le Superbowl est un moment "important du club en termes de partage, où on peut se retrouver en dehors du terrain, avec amis et famille", témoigne le président. Le contexte sanitaire a cependant contraint le club à ne pas faire de grande soirée, mais en plus petit comité, sans que cela ne provoque de dissensions.
Le club se compose d'une diversité d'adhérents, avec "un brassage qui ne se fait pas forcément à l'extérieur", explique le président. La tenue permet notamment de masquer ces différences selon ce dernier : "Derrière le casque et l'épaulière, il n'y a plus de classes.
Depuis toujours installés à la Grâce de Dieu, les Caennais jouent sur un terrain en herbe. Presque une anomalie, alors qu'en France, "beaucoup de clubs jouent sur terrain synthétique, offrant des conditions optimales de pratique. Dans notre poule, on est le seul club à jouer sur un terrain en herbe", ajoute Mehdi Hamoud.
Le football américain a eu droit à son coup de projecteur annuel en France et dans le monde au début du mois à l'occasion du Superbowl. Sport roi aux Etats-Unis, il peine à faire son trou dans l'Hexagone. Son nombre de licenciés (15 000 en 2008) n'en demeure pas moins en progression constante. Les Conquérants de Caen sont les principaux représentants de cette discipline dans la région.
Ils portent les mêmes couleurs que les Saints de La Nouvelle-Orléans, vainqueurs de la dernière édition du Superbowl, mais ce n’est pas leur faire injure d’écrire qu’ils ne jouent pas vraiment sur la même planète. Les Conquérants de Caen, c’est pourtant un petit coin d’Amérique dans le paysage sportif local.
Sébastien Lerosey, président du club caennais, en parle avec passion. « Là-bas, ça fait partie de la vie sociale. Les supporters vivent avec et autour de leur équipe. Les joueurs sont très présents dans les quartiers, auprès des jeunes. Ils sont la vitrine de leur club. »
En France, même les meilleurs sont amateurs. On est « à des années lumières » de la pratique américaine. Mais c’est cette pratique, indissociable de la culture américaine, qui attire les joueurs vers le football US.
« J’ai vu beaucoup de séries et de films à la télévision où il en était question, explique Adrien, jeune joueur caennais séduit par le côté « folklore américain ». J’ai voulu essayer et j’ai tout de suite accroché. » « L’une des forces de notre sport est son aspect esthétique, ajoute Sébastien Lerosey. Les tenues clinquantes, les casques, les épaulières, tout cela plaît. »
A côté de ces aspects divers, le football américain est d’abord un sport de contact « exigent » dont le principe est de gagner le plus de terrain possible sur chaque remontée pour franchir l’en-but adverse. C’est aussi une discipline éminemment tactique, qui rend le jeu très haché. « A chaque action, les deux équipes se réunissent pour définir une stratégie », explique Adrien.
Arrivé tardivement en France (le premier club français a été créé en 1980 à Paris), le foot américain, qui se joue à onze contre onze, existe à Caen depuis 1986. L’histoire des Conquérants, faite de hauts et de bas - « plus souvent de bas », précise Sébastien Lerosey - aurait pu s’arrêter au début des années 2000.
« Le club s’est complètement effondré, explique son actuel président. On est passé de 35 à 5 licenciés ! Nous avons repris les choses en main avec une nouvelle équipe dirigeante et sommes repartis en championnat régional. »
Grâce aux efforts réalisés en termes de structures et de recrutement, le club a solidement remonté la pente. Promu en D3 cette saison après avoir terminé champion de région l’an passé, il compte une centaine de pratiquants répartis dans trois équipes - seniors, juniors, cadets - en flag* et en cheerleading*.
« Notre objectif est de nous maintenir et pourquoi pas d’accrocher les play-offs, annonce Sébastien Lerosey. Le projet est d’atteindre la deuxième division d’ici quatre ou cinq ans. Mais avant cela, il faut qu’on arrive à avoir une base solide au niveau des jeunes pour assurer le renouvellement. Ne grillons pas les étapes. Nous sommes sur une logique de long terme. »
Ambitieux et raisonnable, Caen grandit sereinement. Cette saison, les Caennais n’ont disputé que deux matchs suite aux reports dus aux conditions météorologiques. Ils ont gagné le premier avant de s’incliner contre les Caïmans manceaux. Le prochain rendez-vous à domicile aura lieu le dimanche 27 février au stade Caen Sud (Grâce de Dieu) contre ces mêmes Manceaux, favoris du championnat.
Le dimanche 13 février, elle s’est inclinée à domicile face aux Caïmans du Mans (28-2). Pas de quoi inquiéter le président. « On a un effectif qui, pour la majorité, débute dans ce sport. 75% ont pris leur première licence de foot américain en septembre 2021. »
La prochaine rencontre à domicile des Conquérants se déroulera le dimanche 20 mars à 14h, au stade de la pomme d’or.
Chez les Conquérants de Caen, il est l'heure de franchir de nouveaux obstacles avant d'envisager une place - historique pour le club - en deuxième division. Toutefois, pour s'en approcher, une première victoire s'avère d'abord capitale.
« Avec une victoire contre les Mousquetaires, on va en finale. Elle se déroulera à Caen le 8 juin et pourrait être à 100 % normande, face aux Léopards de Rouen ou devant les Molosses d'Asnières. Afin de mettre toutes leurs chances de leur côté, deux de ses joueurs ont filmé une rencontre de leur futur adversaire. Et là, le verdict tombe.
« Leur système de jeu est basé sur la course. Depuis l'arrivée d'un Américain, qui a joué dans son championnat universitaire, ils gagnent tous leurs matches. Nous, notre système est radicalement différent, puisqu'il est axé sur la passe. La rencontre s'annonce donc sur des tactiques bien définies.
Quelques explications s'imposent : « Leur joueur utilise les extérieurs du terrain. Nos défenseurs vont devoir se sacrifier pour bloquer et ramener ce joueur vers le milieu de terrain pour le ralentir le plus vite possible. Ce système est chronophage. En revanche, avec un jeu de passes comme le nôtre, il est plus facile de remonter le terrain et il permet de marquer plus rapidement.
A l'instar de leur quaterback Thomas Sellier (numéro 9), les Conquérants iront chercher une place en finale dimanche.
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L'impact de la Crise Sanitaire et la Protection des Joueurs
Cette dernière décennie a vu les sports américains se démocratiser à toute vitesse en France. Le football américain n’a pas échappé à la règle. « Lorsque je suis devenu président il y a quatre ans, on avait 98 licenciés. Au fur et à mesure des années, on a progressé, dépassé la barre des 100 et on surfait sur cette mode des sports US. »
Mais la crise sanitaire est passée par là, et comme beaucoup de secteurs, le club a été lourdement touché. « Beaucoup d’anciens, de vétérans du club ont quitté le navire pendant cette période. On avait besoin de revoir les bases, de faire apprendre le cahier de jeu aux nouveaux et de créer des automatismes.
« Les joueurs sont de plus en plus protégés »Évidemment, lorsque l’on parle football américain, la question du risque physique pris par les joueurs revient sur la table. « Je comprends cette question, c’est une priorité pour tout le monde. Mais nous, on est régi par les règles NCAA (championnat universitaire américain, ndlr), qui protègent de plus en plus les joueurs. »
À titre d’exemple, la durée de validité des casques est passé de 10 à 5 ans. « D’un point de vue financier, c’est dur, car un casque coûte 285 euros. Mais en tant que responsable des joueurs, je suis très content de cette décision. »
La structure ne lésine pas sur le budget pour mettre en avant sa discipline : « Nous savons qu’un équipement complet coûte très cher et que c’est un frein à notre développement. Nous avons donc décidé de mettre en place une location à 45 euros/an pour le casque et les épaulières pour chaque joueur, comme ça, si le sport ne plait pas, ce n’est pas une dépense de plusieurs centaines d’euros dans le vide. De plus, pour le reste de l’équipement (genouillères, protèges-hanches etc…), nous les revendons à nos joueurs en ne faisant aucune marge dessus, là où certaines entreprises ne se privent pas. »

Un Nouveau Chapitre pour le Stade Malherbe de Caen
C’est un petit pas pour un fonds d’investissement américain, mais un bond de géant pour le Stade Malherbe de Caen (SMC). En prenant le contrôle du club de football bas-normand, actuel pensionnaire de Ligue 2, Oaktree lui ôte une sérieuse épine du pied.
Le changement de propriétaire, officialisé lundi après plusieurs mois de négociations, couronne en fait l’avènement d’un tandem. Si Oaktree détient 80 % des parts, la cheville ouvrière du projet est Pierre-Antoine Capton. Producteur audiovisuel solidement installé, c’est lui qui a décidé son partenaire américain à miser sur un club somme toute relativement anonyme.
Pierre-Antoine Capton, originaire de la région et désormais propriétaire de 20 % du SMC, caresse de réelles ambitions pour les Rouge et Bleu même s’il sait bien que le chemin s’annonce ardu, tant s’extraire de la seconde division n’est pas chose aisée.
Pour piloter le club au quotidien, Oaktree et Pierre-Antoine Capton ont choisi Olivier Pickeu, qui a fait ses preuves au SCO d’Angers. Ancien joueur professionnel, Pickeu avait commencé sa carrière à Caen.
Anomalie dans le football français, le club caennais était jusqu'à présent détenu par un groupe d'actionnaires à parts égales. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. C'est un feuilleton qui dure déjà depuis plusieurs mois. Et certains, comme l'entraîneur Pascal Dupraz, aimeraient bien qu'il se termine pour que le club se dote enfin d'un cadre suffisamment clair pour envisager son avenir et sa nouvelle saison.
Ces derniers jours, les choses s'accélèrent. Le président Fabrice Clément, arrivé un an plus tôt à l'issue d'une saison médiocre, s'est vu remercier la semaine dernière. Si le patron des Maîtres laitiers du Cotentin Jean-François Fortin a longtemps incarné la direction du Stade Malherbe de Caen, au point que son débarquement fut vécu par les supporters comme un psychodrame, il n'a jamais été l'actionnaire principal du club.
Car d'actionnaire principal, Malherbe n'en avait pas. Jusqu'à présent. Une anomalie dans le football français où chaque acteur de l'élite (ligue 1 et ligue 2) a un unique propriétaire (holding ou homme d'affaire). Dans l'ex Basse-Normandie, c'est un groupe d'actionnaires (le "SMC 10") qui se partageaient, à parts égales, 80% du capital.
En 2018, Jean-François Fortin avait tenté de bouleverser ce mode de fonctionnement, ancré dans la culture et l'histoire du club, en soutenant la montée au capital d'un actionnaire arrivé un an plus tôt, le chef d'entreprise Pierre-Antoine Capton. Ce qui lui vait valu d'être débarqué par les autres actionnaires.
Ironie de l'histoire, ces derniers s'apprêtent aujourd'hui à céder leurs parts dans le cadre d'un projet de reprise concocté par.... Pierre-Antoine Capton.
Depuis le départ de Jean-François Fortin, la santé financière du Stade Malherbe de Caen s'est considérablement dégradée pour diverses raisons (relégation en ligue 2 et la perte des droits télé, masse salariale trop importante et de conséquentes indemnités de départ qui ont plombé les comptes). La crise du coronavirus et le confinement n'ont bien évidemment rien arrangé.
Début mars, président et porte-parole des actionnaires se voulaient rassurants. Mais en coulisses, les tensions étaient vives et les grandes manoeuvres s'enclenchaient. A la manoeuvre, justement, l'un des poids-lourds de l'audiovisuel français, le Trouvillais Pierre-Antoine Capton.
Au mois de mai, Fabrice Clément, encore président, consent à évoquer chez nos confrères de France Bleu une réflexion autour d'une éventuelle recapitalisation. Sans donner plus de détails. C'est au début de l'été que les contours du projet élaboré par le producteur télévisuel se dessinent.
Un club français sous pavillon américain, c'est loin d'être une première. L'un des clubs emblématiques du football français, L'Olympique de Marseille, est détenu par Franck Mc Court depuis 2016. En juillet dernier, le Toulouse Football Club (TFC) a été cédé à RedBird Capital Partners, un autre fond d'investissement américain.
Pour le moment, l'alliance formée par le chef d'entreprise normand et le fond d'investissement s'est bien gardée de livrer la moinde information concernant son projet de reprise. Selon nos informations, celui-ci devrait être officialisé en fin de semaine, avant le match Caen-Ajaccio, le deuxième de la saison.
Certains de nos confrères évoquent une répartition de 80% pour Oaktree et 20% pour Pierre-Antoine Capton, qui serait prioritaire en cas de cession future des parts du fond américain. Les "petits" actionnaires, eux, auront la primeur des informations ce lundi 24 août, lors de leur assemblée générale.
Selon de France Bleu Normandie, il va leur être demandé "de vendre leurs actions pour un prix inférieur de l'ordre de 40% à la valeur d'achat".
| Aspect | Détails |
|---|---|
| Nom du Club | Conquérants de Caen (anciennement Pink Panthers) |
| Année de Fondation | 1986 |
| Division Actuelle | Troisième division française (Casque d’argent) |
| Lieu d'Entraînement | Grâce de Dieu à Caen et gymnase de la Grâce de Dieu |
| Président Actuel | Mehdi Hamoud |
| Équipements | Location de casques et épaulières à 45€/an |