La rivalité footballistique entre l'Allemagne et l'Autriche : Histoire et enjeux d'un derby passionné

Les relations entre l’Autriche et l’Allemagne sont fascinantes et marquées par une riche histoire. Ces deux États membres de l’Union européenne partagent une frontière de 784 km, traversant des régions centrales comme le Bade-Wurtemberg. L’Autriche et l’Allemagne partagent une multitude de liens historiques et culturels, mais c’est également sur le terrain économique et sportif que ces interactions se manifestent de manière significative.

La rivalité historique entre ces deux nations a de plus influencé leur politique intérieure et extérieure. Les mouvements nationalistes ont souvent utilisé cette rivalité pour renforcer leur identité nationale. Cependant, l’adhésion à l’Union européenne a facilité une coopération accrue, notamment dans les domaines économique, culturel et scientifique.

Les événements sportifs jouent un rôle significatif dans les relations entre l’Allemagne et l’Autriche. Les matchs de football, en particulier, sont souvent perçus comme des symboles de la rivalité historique et de la compétition entre ces deux pays. Les événements sportifs offrent de plus une plateforme pour célébrer les succès et les réalisations communes. Par exemple, la participation conjointe à des compétitions internationales contribue à renforcer le sentiment d’appartenance à une même communauté européenne.

En 2023, Julian Nagelsmann, l’entraîneur de l’équipe nationale allemande, a déclaré que les matchs contre l’Autriche étaient toujours spéciaux en raison de l’histoire et de la rivalité entre les deux nations. Le 21 novembre 2023, l’Autriche a battu l’Allemagne 2-0 lors d’un match amical, marquant la deuxième défaite consécutive de l’équipe allemande.

Une Connexion Tripartite : Suisse, Allemagne et Autriche

Les racines historiques de la rivalité

Depuis la création de la frontière en 1871, les deux pays ont connu des périodes de conflits et de coopération. La Première Guerre mondiale et la Seconde Guerre mondiale ont laissé des traces indélébiles sur les territoires et les identités nationales.

Les crises économiques ont souvent été des catalyseurs pour renforcer les relations entre l’Allemagne et l’Autriche. Pendant la crise financière de 2008, la coopération entre les deux pays a été déterminante pour stabiliser l’économie régionale. L’Allemagne, en tant que plus grande économie d’Europe, a fourni un soutien financier et des conseils stratégiques à l’Autriche. Les deux États ont également collaboré étroitement lors de la crise de la zone euro, en mettant en place des mesures de soutien mutuel et en participant à des initiatives communes au sein de l’Union européenne. Les échanges commerciaux entre les deux nations ont permis de maintenir un certain niveau de stabilité économique, malgré les turbulences globales.

En 2020, face à la pandémie de COVID-19, l’Allemagne et l’Autriche ont de nouveau uni leurs forces pour faire face aux défis économiques et sanitaires. Les échanges de matériel médical, les recherches conjointes sur les vaccins et les plans de relance économique ont illustré une fois de plus la force de leur partenariat.

Coopération économique et culturelle

L’Allemagne est le premier partenaire commercial de l’Autriche, représentant environ 40 % de ses importations et un tiers de ses exportations. Cette coopération économique est essentielle pour les deux États. Les échanges commerciaux renforcent les liens entre les entreprises et les régions, stimulant ainsi la croissance économique et la création d’emplois. Les deux pays partagent de plus des intérêts communs dans des secteurs stratégiques tels que l’industrie automobile, la technologie et les énergies renouvelables. Cette coopération technologique favorise l’innovation et le développement durable.

Les liens culturels entre l’Allemagne et l’Autriche sont profonds et variés. Les deux nations partagent une langue commune, ce qui facilite les échanges et la compréhension mutuelle. La musique, la littérature et les arts sont des domaines où la coopération est particulièrement forte. Les festivals culturels, les expositions d’art et les échanges universitaires renforcent de plus les liens entre les deux nations. Ces événements permettent de célébrer les similitudes et de mieux comprendre les différences.

Les dynamiques migratoires jouent un rôle indispensable dans les relations entre l’Allemagne et l’Autriche. En 2012, environ 210 000 Autrichiens vivaient en Allemagne et 213 000 Allemands en Autriche. Ces mouvements de population favorisent les échanges culturels et économiques, renforçant ainsi les liens entre les deux pays. La gestion des flux migratoires est de plus un domaine de coopération entre les deux États. Les politiques communes en matière d’immigration et d’intégration visent à faciliter l’accueil et l’intégration des migrants.

Le derby viennois : Rapid contre Austria

À Vienne, les murs vibrent en vert et violet. Depuis plus d’un siècle, le Derby entre le Rapid Vienne et l’Austria Vienne incarne l’une des plus grandes rivalités du football européen. Le Rapid et l'Austria, les deux clubs traditionnels de Vienne, sont les deux équipes les plus titrées d'Autriche. Depuis 1911, date de leur premier affrontement, aucune des deux équipes n'a jamais été reléguée d'une compétition de haut niveau organisée sur le territoire autrichien (en fonction de l'époque et de la situation politique). Leur duel est le derby le plus joué en Europe continentale. Seuls les derbys de Glasgow, d'Édimbourg et de Belfast ont été joués plus de fois.

Fondé en 1899, le Rapid est profondément enraciné dans la classe ouvrière viennoise. Basé à Hütteldorf, il revendique une identité combative, forgée par l’effort et la solidarité. Né en 1910, l’Austria incarne une approche plus raffinée et technique du football. Ses supporters, moins nombreux que ceux du Rapid mais tout aussi passionnés, cultivent l’image d’un club lié aux classes plus aisées et à l’histoire culturelle de la ville.

La rivalité entre l’Austria et le Rapid est immédiate. Dans les premières décennies, les affrontements attirent déjà les foules, d’autant plus que leurs stades se trouvent tous deux dans le quartier de Hietzing, à l’ouest de la ville. Chaque rencontre devient une bataille pour l’honneur du voisinage, bien avant que la rivalité ne s’ancre dans les dimensions sociales et culturelles.

Le SK Rapid de Vienne a été fondé en 1898 en tant que premier club ouvrier de Vienne (Erster Wiener Arbeiter-Fusball-Club). Ses couleurs d'origine étaient le rouge et le bleu, que l'équipe porte toujours sur sa tenue d'extérieur. Avant la fin du XIXe siècle, il a été rebaptisé pour devenir l'actuel Sportklub Rapid Wien. En revanche, l'Austria était un club de la classe moyenne et de l'intelligentsia avant la Seconde Guerre mondiale, et était considéré comme faisant partie de la culture des cafés de Vienne.

Depuis lors, en particulier avec le succès croissant des deux rivaux, le Rapid et l'Austria ont gagné des supporters dans toute l'Autriche et, aujourd'hui, ils ne peuvent plus être classés aussi clairement. Cependant, certaines différences socio-économiques entre les camps subsistent.

L'Anschluss et ses conséquences

En 1938, l’Anschluss marque un tournant majeur. Le Rapid est intégré au championnat allemand et connaît ses plus grands succès hors des frontières autrichiennes : une victoire en Tschammer-Pokal (ancêtre de la DFB-Pokal) la même année, puis un titre de champion d’Allemagne en 1941. L’Austria, en revanche, vit une tragédie : considéré comme un club juif, il voit ses membres persécutés et arrêtés. Sa star, Matthias Sindelar, est retrouvée morte asphyxiée à son domicile dans des circonstances jamais élucidées : meurtre, accident ou suicide, le mystère reste entier. Cet épisode dramatique contribue à forger la légende sombre du club violet et à renforcer l’opposition symbolique entre les deux rivaux.

Au moment de l'Anschluss, Bican se trouvait à Prague. Il défendait les couleurs du Slavia depuis 1937 et de l'équipe nationale tchécoslovaque depuis 1938. Sindelar a refusé de jouer pour l'équipe nationale du Troisième Reich. Son excuse (une excuse aux yeux des nazis) était sa mauvaise santé, il souffrait d'une blessure au genou. En janvier 1939, il est mort dans des circonstances étranges, à savoir d'un empoisonnement au monoxyde de carbone dans son appartement. Il avait 35 ans...

L'Austria n'a pas seulement perdu sa plus grande star. C'est toute l'Autriche qui a été touchée. Nombre de ses joueurs et de ses dirigeants étaient d'origine juive et, pour cette raison, le club est immédiatement devenu l'une des principales cibles de la répression du nouveau régime nazi. Nombre de ses footballeurs et de ses employés ont réussi à émigrer, mais beaucoup d'autres ont été exécutés ou ont fini dans des camps de concentration.

Entre-temps, la plupart des clubs autrichiens ont rejoint des ligues au sein du Troisième Reich. L'Austria Wien a difficilement survécu à la période de guerre en tant que club. Il s'est ensuite battu pour revenir sur le devant de la scène dans les années 1950. Le Rapid a continué à prospérer pendant la guerre. En 1941, il est même devenu champion de l'Allemagne nazie.

Figures emblématiques et moments clés

Chaque génération a ses figures. Hans Krankl, star du Rapid dans les années 70, est devenu une légende pour sa combativité et ses buts décisifs. Du côté de l’Austria, Sindelar reste une icône intemporelle mais aussi Ivica Vastić, meneur charismatique des années 2000.

D'un point de vue historique, le Rapid et l'Austria sont les clubs autrichiens les plus titrés. Le Rapid a remporté le plus grand nombre de titres de champion (32). Cependant, en termes de nombre total de trophées remportés, c'est l'Austria qui l'emporte (59). Le Red Bull Salzbourg a été le champion en titre au cours de la dernière décennie, et il est en lice pour un 11e titre consécutif cette saison. La dernière fois qu'un autre club a remporté la Bundesliga autrichienne, c'était en 2012/13.

Dans le stade, la rivalité se vit autant qu’elle se joue. À gauche, la Block West du Rapid, réputée pour son intensité vocale, ses fumigènes et son niveau sonore. À droite, la Tribune Est de l’Austria, qui oppose son violet éclatant et ses tifos.

Tensions récentes et mesures de sécurité

Ces dernières années, la tension est montée d’un cran. En septembre 2024, un derby a dégénéré avec des fumigènes, des envahissements de terrain et plusieurs blessés. En réaction, la ligue autrichienne a pris une décision radicale : fermer le parcage visiteurs pour les quatre prochains derbies. Concrètement, aucun supporter du club adverse n’est autorisé à se déplacer officiellement, une mesure inédite qui change profondément l’ambiance.

L'Autriche-Hongrie : une influence fondatrice

Avant, bien avant d’être l’une des rencontres de l’Euro 2016, Autriche - Hongrie était le nom d’un seul et unique pays. De 1867 à 1918, la double monarchie austro-hongroise occupe une place de premier plan en Europe, avec un territoire qui s’étend, pour faire simple, du Tyrol jusqu’à l’Ukraine, en passant par le nord des Balkans. Comment le football s’y est-il implanté, puis développé ? De quelle manière Autrichiens et Hongrois ont-ils relevé la tête après la chute de l’empire, en 1918 ? Plongée au cœur d’une des plus anciennes rivalités du foot mondial, entre anecdotes insolites et projets précurseurs.

Comme ce fut le cas pour bien d’autres pays européens, le football est arrivé en Autriche-Hongrie à la fin du XIXe siècle, dans les bagages d’expatriés anglais. En 1890, ce sont des jardiniers britanniques du baron Rotschild qui, équipés de leur balle en cuir, font découvrir ce sport aux employés de la célèbre banque et attisent la curiosité des Viennois.

Plusieurs équipes voient rapidement le jour au sein de l’empire, tels que le Sparta et le Slavia à Prague, ainsi que le MTK et Ferencváros TC à Budapest. Fondé en 1894, le First Vienna FC est le plus ancien club autrichien. Un titre honorifique qu’il doit à une négligence administrative de la part du Vienna Cricket and Football Club. Les deux structures ont déposé leurs statuts le même jour, le 22 août 1894, mais le dernier cité est officiellement né 24 heures plus tard car il a fallu rectifier son nom pour y ajouter la mention « Football ». Une péripétie qui n’a fait qu’accentuer la rivalité entre les deux formations viennoises, que l’on pourrait comparer à celle actuellement entretenue entre le Rapid et l’Austria.

Le premier tournoi de football organisé en Autriche-Hongrie a lieu le 18 septembre 1898, en l’honneur de l’empereur François-Joseph. Douze équipes de six joueurs s’affrontent lors de rencontres d’une durée de vingt minutes, sur des petits terrains (60x45m). Mais John Gramlick voit plus grand. Ce plombier anglais, qui a participé à la création du Vienna Cricket and Football Club, met en place la Challenge Cup. La compétition, disputée suivant un format de rencontres à élimination directe, est ouverte à tous les clubs d’Autriche-Hongrie. En réalité, seuls ceux de Prague, Budapest et Vienne se partagent le gâteau. Disputée tous les ans, de 1897 à 1911, la Challenge Cup a notamment été remportée par le Slavia Prague en 1901. Dans les rangs des « Červenobílí » se trouvait alors un certain Edvard Beneš, futur président de la Tchécoslovaquie (1935-1948).

Sur la scène internationale, Autriche et Hongrie ne forment pas une seule et même sélection, mais prennent la décision de créer deux équipes distinctes. Ainsi, ce sont des jardiniers anglais qui ont importé le football chez les Habsbourg. C’est ensuite un plombier anglais qui est à l’origine de la première grande compétition austro-hongroise. En suivant cette logique, c’est aussi un expatrié anglais qui a permis la création, au tout début du XXe siècle, de la Fédération autrichienne de football. Directeur de la succursale viennoise de l’agence de voyages Thomas Cook, Mark Nicholson est donc l’un des pères fondateurs des « Rot-Weiss-Roten ». Il a par la suite favorisé l’essor du football dans son pays d’accueil, en y invitant régulièrement des équipes britanniques.

Du côté hongrois, la perspective d’avoir une fédération indépendante a été vue d’un très bon œil par ceux qui souhaitaient acquérir davantage d’autonomie vis-à-vis de la couronne autrichienne. Le tout premier match Autriche-Hongrie se déroule le 12 octobre 1902, et a pour issue une victoire 5-0 des locaux. Il s’agit, tout simplement, de la première rencontre internationale disputée sur le continent européen (en excluant de ce fait les îles britanniques). L’Histoire est en marche…

Les rivaux danubiens s’affrontent ensuite très régulièrement, au moins deux fois par an, tantôt à Vienne, tantôt à Budapest. Si l’opposition de 1902 n’avait rassemblé que 500 curieux, ils sont 24 000 à se masser en tribunes en 1914, et près de 65 000 huit ans plus tard. Le succès populaire est indéniable. Pour l’anecdote, les deux sélections subissent la plus lourde défaite de leur histoire face au même adversaire et à deux jours d’intervalle. L’Angleterre profite en effet d’une tournée en Europe centrale, en juin 1908, pour ridiculiser l’Autriche (1-11) puis la Hongrie (0-7).

Au sein de cette mosaïque multiethnique qu’est l’empire austro-hongrois, une troisième fédération tente d’émerger : la Bohème-Moravie. Celle-ci participe à quelques rencontres amicales et parvient même à intégrer la FIFA en 1907. Mais, soucieux de conserver une certaine homogénéité dans leur pays, les Autrichiens font pression sur l’instance internationale afin qu’elle revienne sur cette dernière admission. C’est chose faite en 1908, au grand dam de Prague, qui devra patienter une dizaine d’années avant d’avoir sa propre sélection nationale.

L’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, le 28 juin 1914, l’importante mobilisation et, surtout, les quatre années de guerre qui s’ensuivent n’empêchent pas le ballon rond de continuer à tourner. Le championnat autrichien reprend au printemps 1915, malgré que de nombreux joueurs soient appelés au front. Certains clubs, comme le Rapid Vienne, n’hésitent d’ailleurs pas à négocier avec la « Landwehr » (l’armée de terre autrichienne) pour permettre le retour de leurs protégés.

Pendant le conflit, Autrichiens et Hongrois continuent de se rencontrer, mais n’ont pour autres adversaires que la Suisse (restée neutre) et l’Allemagne. L’ultime match entre les deux équipes en tant que pays unifié se tient le 6 octobre 1918, alors que l’empire, qui s’apprête à demander l’armistice, est en pleine décrépitude. Quelques semaines plus tard, la Hongrie fait sécession et, le 10 septembre 1919, le traité de Saint-Germain-en-Laye consacre l’effondrement de la double monarchie austro-hongroise.

L'ère du professionnalisme et des compétitions européennes

Touchés par les mouvements nationalistes de l’immédiat après-guerre, Magyars et Autrichiens subissent de profonds changements sur le plan territorial. Logiquement, leur football en prend un coup, et ce d’autant plus que les pays de la Triple-Entente, Angleterre en tête, décident de les boycotter. La sélection suisse, qui avait joué contre eux pendant la Grande Guerre, est également mise à l’écart des Jeux olympiques d’Anvers (1920). Mais l’arrivée de Jules Rimet à la tête de la FIFA, puis l’entrée des deux voisins d’Europe centrale à la Société des Nations, en 1923, permettent une levée progressive des sanctions.

Fait intéressant, le football suit, de part et d’autre de la frontière austro-hongroise, une seule et même trajectoire. Alors que la grande majorité des Etats européens ont choisi de laisser le football au stade de l’amateurisme, l’Autriche et la Hongrie en font, dès le milieu des années 1920, un sport professionnel. La Tchécoslovaquie suit aussi cette voie et, n’étant pas en conformité avec les valeurs de l’olympisme, les trois pays ne peuvent pas participer au tournoi de football des JO de 1928, réservés aux sportifs amateurs.

Qu’à cela ne tienne, les voisins danubiens poursuivent leur étroite collaboration et vont être à l’origine des premières compétitions européennes. En 1927 naît en effet la Coupe Mitropa, tournoi réunissant les meilleurs clubs d’Europe centrale. Au départ, seuls les deux premiers des championnats d’Autriche, de Hongrie, de Tchécoslovaquie et de Yougoslavie y prennent part. Puis, au fil des ans, la Roumanie, la Suisse et même l’Italie y font participer les mieux classées de leurs équipes. Malgré la création, en 1955, de la Coupe des clubs champions européens (actuelle Ligue des Champions), la Mitropa Cup ne disparaît qu’en 1992, à cause du conflit yougoslave.

Créateur de cette première coupe d’Europe des clubs de l’histoire, l’Autrichien Hugo Meisl met également en place, toujours en 1927, la Coupe internationale européenne. Les cinq participants (Italie, Yougoslavie, Hongrie, Autriche et Suisse) s’affrontent au sein d’une poule unique, par matches aller et retour. Ferenc Puskás, Giuseppe Meazza ou encore Matthias Sindelar comptent parmi les vainqueurs de cette Coupe internationale, qui laisse place, en 1960, au Championnat d’Europe des Nations. Il n’est ainsi pas exagéré de dire que les deux compétitions organisées à partir de 1927 ont servi de base de lancement à ce que l’on appelle aujourd’hui la C1 et l’Euro.

L'âge d'or des années 1930

Enfin, l’Autriche et la Hongrie ont toutes deux atteint un pic dans leurs résultats dans les années 1930. Du côté des « Rot-Weiss-Rotten », Hugo Meisl (encore lui) connaît une période faste à la tête de la Wunderteam, qui remporte la Coupe internationale européenne (1932), prend la quatrième place du Mondial 1934 et glane une médaille d’argent aux JO de Berlin (1936). Déçue de n’avoir pas été choisie pour accueillir la Coupe du monde en 1930, la sélection hongroise ne se rend pas en Uruguay. En 1938, les coéquipiers de Gyula Zsengellér se hissent jusqu’en finale du tournoi, où ils perdent contre l’Italie (2-4). Une performance uniquement rééditée en 1954, avec le « onze d’or » magyar de Puskás, Kocsis et consorts. En Hongrie, l’antisémitisme croissant oblige de nombreux joueurs d’obédience juive à raccrocher les crampons. C’est la fin d’une ère prospère et le début d’une autre, bien plus sombre.

En 1945, l’Europe est, une nouvelle fois, complètement chamboulée. Rapidement séparés par le rideau de fer, Guerre froide oblige, Hongrois et Autrichiens se rencontrent beaucoup moins fréquemment que par le passé - 82 de leurs 136 oppositions ont eu lieu entre 1902 et 1937. La dernière édition de la Coupe internationale européenne traîne d’ailleurs en longueur, les équipes rencontrant des difficultés pour voyager d’un pays à l’autre. Débutée en 1954, elle ne s’achève en effet que six ans plus tard, en 1960. Malgré tout, Autriche - Hongrie reste l’une des affiches les plus importantes du football mondial, au regard du nombre de matches disputés. Elle est uniquement devancée, dans ce classement, par Argentine - Uruguay.

Le Miracle de Cordoba et l'espoir autrichien

Voilà plus de 150 ans qu'Autrichiens et Allemands entretiennent une rivalité historique. Sportivement, un succès autrichien ce soir y trouverait une grande place. La dernière fois que l'Autriche a gagné, c'était en 1986, à Vienne. En match amical. Même la « wunder team » autrichienne de 1934, invaincue pendant plus de trois ans, avait due baisser pavillon face à l'Allemagne (2-3) lors du match pour la 3e place de la coupe du Monde en Italie. Tous espèrent désormais « le miracle de Vienne (là où se jouera la rencontre de ce soir). Pour faire référence au mythique « miracle de Cordoba ».

Dans les journaux autrichiens, on ne parle plus que de ça. LA victoire historique de l'Autriche face au voisin allemand. Le 21 juin 1978, à Cordoba (Argentine), lors du 2e tour du Mondial, le champion du monde en titre craque (3-2). LE fait de gloire. Cela faisait 47 ans que l'Autriche ne l'avait pas emporté dans ces confrontations directes.

Depuis jeudi, des tee-shirts fleurissent un peu partout en Autriche. L'inscription ? « Vienne sera Cordoba. Michael Ballack, capitaine allemand, n'a aucun doute sur la qualification de son équipe : « Nous sommes venus pour gagner le titre. On n'a perdu qu'un match et je suis persuadé qu'on va gagner (ce soir) ». Et pourtant, toute l'Autriche croit à l'impensable exploit.

Comme toujours entre voisins, c'est une histoire d'amour-répulsion qui se jouera ce soir. Que dire de l'Équipe de football d'Allemagne ? Une phrase résume tout; L'équipe allemande est la première puissance européenne de football de tous les temps et une référence mondiale.

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