Florent Manaudou, champion olympique du 50 m nage libre en 2012, continue de repousser ses limites et d'explorer de nouveaux horizons sportifs. Cet article explore son entraînement rigoureux en natation, ses défis actuels, et sa passion parallèle pour le handball.

Préparation et Objectifs en Natation
Vingt mois après son retour dans les bassins, Florent Manaudou s’attaque à la qualification olympique sur 50 m aux Championnats de France de natation. Dans le bassin varois, Manaudou devra nager l’aller simple en 21" 80 au moins pour prétendre au sésame olympique mis en jeu au cours de la première fenêtre de qualification, qui s’ouvre cette semaine et se refermera le 21 mars 2021. Tout à fait dans ses cordes, puisque depuis qu’il a replongé au printemps 2019, il a bouclé trois de ses quatre 50 m en grand bassin plus vite.
Le Breton supervise tous les aspects techniques de sa nage. Dans le bassin intérieur, Florent Manaudou a aligné les longueurs et bossé son crawl. Il a aussi débriefé avec son préparateur mental.
À sept mois des Jeux de Tokyo repoussés d’un an, Manaudou identifie ce qui lui fait encore défaut : "Un gros bloc de trois, quatre mois d’entraînement, sans compétition importante, qu’on fait généralement en hiver", mais dont la pandémie de Covid-19 l’a privé. Il compte y remédier au premier trimestre 2021. En attendant, il fait partie des rares nageurs français qui ont regoûté à la compétition post-confinement dans la bulle sanitaire de la ligue privée ISL cet automne.
Depuis l’ISL (fin novembre), tout est facile, il y a plein de choses auxquelles je n’ai plus besoin de réfléchir", positive le frère cadet de Laure, a priori aussi au départ du 100 m dimanche. Florent Manaudou est de retour à ses premières amours.
Les défis et les attentes
Mais le champion olympique 2012 et vice-champion olympique 2016 du 50 m, qui a fêté ses 30 ans il y a un mois, en veut plus. "J’ai fait 21" 70 après dix semaines d’entraînement, alors faire 21" 60 après un an et demi, ce n’est pas incroyable", résume-t-il.
Et Manaudou s’impatiente. "Au niveau mondial, ça me place bien, mais en fait, je suis capable de nager à peu près tout le temps ce temps-là grâce à mes qualités naturelles. C’est mon niveau de base. J’ai besoin de bosser pour gagner ces quelques dixièmes qui ont fait que j’ai fait 20 sec 2/10e (20" 26 exactement) à Doha en 2014", explique-t-il.
"C’est la même chose en grand bassin. Maintenant, il faut que je monte une "step" (marche). Faire 21 sec 6/10e aux Jeux, ça ne sera pas suffisant pour gagner, et pas non plus pour faire de médaille je pense", poursuit le sprinter.
" J’aimerais bien nager en 21 sec 4/10e (vendredi) pour avoir l’impression d’avancer. J’ai envie d’être surpris. Je n’ai pas été surpris depuis longtemps, insiste Manaudou. Travailler pour faire tout le temps le même temps, ce n’est pas évident… J’ai envie de me dire : "J’ai gravi un échelon depuis que je suis revenu".
Avant d’être stoppé net par le confinement, "Flo était sur une courbe fortement ascendante en janvier : après un stage très difficile en Afrique du Sud, quinze heures de vol, il nage en 21 sec 5/10e deux jours plus tard, en gros un temps qui se nage aux JO, alors qu’il n’était pas du tout reposé", souligne toutefois son entraîneur britannique James Gibson.
Retour à la réalité après les JO de Paris 2024
Après un été particulièrement intense aux JO de Paris 2024, Florent Manaudou vit un retour à la réalité difficile. Médaillé de bronze sur 50 m nage libre et sur le relais 4x100 m 4 nages, le nageur français a également été porte-drapeau et porteur de la flamme olympique.
"C’est très compliqué émotionnellement depuis la fin des Jeux, confie Manaudou. Il y a eu le gros down quand je suis rentré à la maison évidemment. Je me suis rarement senti aussi isolé alors que, pourtant, il y a beaucoup de gens autour de moi.
Manaudou se sent désormais à un tournant de sa carrière : "J’ai l’impression d’être à un carrefour de ma vie. Le premier était quand j’ai arrêté les cours pour faire de la natation. Là, c’est un deuxième virage. Ma deuxième vie commence.
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La Passion du Handball
Grand passionné de hand depuis son enfance, le nageur français de 33 ans avait déjà fait une incursion sur les parquets en 2016, après les JO de Rio. Rattrapé par l'usure du haut niveau, il avait annoncé « mettre entre parenthèses » sa carrière de nageur afin d'assouvir sa première passion. Il s'était alors inscrit dans l'équipe d'Aix-en-Provence en Nationale 2, l'équivalent de la 4e division, avant de retrouver les bassins près de trois ans plus tard.

Depuis son retour à la natation, il a souvent répété son besoin d'accorder la priorité à la notion de « plaisir » . « Le hand, c'est une vraie passion qui me permet de casser la routine, de prendre du plaisir et de m'amuser tout en continuant à progresser physiquement, poursuit-il. À ce stade de ma carrière, l'équilibre entre le mental et le physique est essentiel, et le fait de pouvoir combiner natation et handball m'apporte une dynamique nouvelle et motivante. S'entraîner dur, c'est important, mais faire des choses qu'on aime pour garder le plaisir dans l'effort, c'est encore mieux. Merci au club pour l'accueil, et merci de m'accompagner dans cette nouvelle approche de ma prépa ! »
Outre un match opposant deux équipes du Sud Est de la France, le match avait un caractère spécial mobilisant la présence de nombreux journalistes et médias. La raison ? La titularisation pour la première fois sur une feuille de match officielle du cadet de la famille Manaudou, Florent.
En attendant, et après plusieurs semaines de préparation entrecoupées de vacances, le petit frère de Laure Manaudou a disputé hier soir son premier match officiel de handball avec son équipe du PAUC en Nationale 2.
L'Entraînement de Handball
Le champion olympique de natation s'entraîne avec l'équipe réserve du club d'Aix-en-Provence. Il veut travailler son tir, "on voit beaucoup trop où je vais shooter", a-t-il admis.
"Il a le bras encore rigide, parce que la natation c'est tout droit", a expliqué le gardien Loïc Gschwind, 18 ans. Mais le jeune homme, impressionné par le champion ("Il a tout gagné, c'est Manaudou quand même !", dit-il), pense qu'avec "du travail, il va tout défoncer".
"Je n'ai pas l'habitude de courir, de prendre les coups, de faire des changements de direction", a détaillé Manaudou. "En janvier on pourra commencer à travailler sur des oppositions et du handball, on fera le bilan en juin sur sa progression et son potentiel", a dit l'entraîneur de l'équipe principale, Jérôme Fernandez.
Tactiquement, le champion de natation "a un retard énorme" , a ajouté Fernandez. Atteindre le niveau professionnel "va dépendre de sa capacité d'apprentissage, s'il est capable d'assimiler les choses, s'il écoute bien les consignes, s'il est à l'aise dans le jeu, en 18-24 mois il peut avoir les fondamentaux pour jouer (régulièrement) avec la réserve et commencer à s'entraîner avec l'équipe professionnelle."
En attendant, Manaudou ne veut pas brûler les étapes. "Je ne veux pas faire un match sans être prêt, a-t-il lancé. Si c'est pour me faire les croisés au bout de deux semaines, ce n'est pas la peine, si ça prend six mois, ça prendra six mois.
Tableau Récapitulatif des Performances Récentes
| Date | Événement | Temps |
|---|---|---|
| Juin 2019 | Retour à la compétition à Rome | 21"72 et 21"73 (50m) |
| Janvier | Luxembourg | 21"56 (50m) |
Florent Manaudou continue d'inspirer par sa détermination et sa capacité à embrasser de nouveaux défis, que ce soit dans le bassin ou sur le terrain de handball.