En championnat ou en coupe d’Europe, les règles du football sont bien évidemment les mêmes. Mais quand on se penche sur les équipements de ces deux compétitions, la donne est en revanche bien différente. En effet, entre les ligues nationales et l’UEFA, les règlements ne sont pas les mêmes et l’instance internationale est souvent bien plus stricte.
Ce n’est pas la plus connue mais c’est assurément la plus stricte. Lors des compétitions gérées par l’UEFA, la taille et le nombre des sponsors sont réglementés. L’un sur la poitrine, l’autre sur la manche gauche. Depuis la mise en place de ce point du règlement, les équipes changent donc de taille de sponsor à l’occasion des matchs de coupes d’Europe.
C’est aussi l’occasion pour certains sponsors habituellement dans l’ombre de se faire une place. Pour son retour sur la scène européenne en 2022, le FC Nantes n’évoluait par exemple pas avec son historique sponsor Synergie mais avec Groupe AFD sur la poitrine et Millet sur la manche.
Autre particularité, le badge honorifique des vainqueurs de la compétition. Depuis plusieurs années, outre le tenant du titre, certains clubs portent un badge honorifique. En Ligue des Champions, Liverpool utilise par exemple un badge représentant la coupe aux grandes oreilles avec le chiffre 6 pour représenter ses victoires en Champions League. Remporter la Ligue des Champions n’est pas à la portée de n’importe qui ni de n’importe quel club.
Ainsi, pour pouvoir porter ce badge d’honneur sur la manche gauche, deux possibilités existent. La première est d’avoir remporté au moins cinq C1, comme c’est le cas pour le Real Madrid (15 victoires), l’AC Milan (7 victoires), le Bayern Munich (6 victoires), Liverpool (6 victoires) et le FC Barcelone (5 victoires). La seconde est d’avoir gagné au moins trois C1 d’affilée, comme ce fut le cas pour l’Ajax Amsterdam (1971, 1972, 1973), mais également pour le Real Madrid (1956, 1957, 1958, 1959, 1960 et 2016, 2017, 2018) et le Bayern Munich (1974, 1975, 1976).
L’article 18.10 du règlement de l’UEFA est clair. Il stipule que « le tenant du titre peut porter le badge du logo de tenant du titre de l’UEFA Champions League. L’utilisation du logo de tenant du titre de l’UEFA Champions League n’est autorisée dans aucune autre compétition. Les clubs ayant remporté l’UEFA Champions League trois fois de suite ou cinq fois au minimum peuvent porter un badge d’honneur.
Du côté de la Ligue Europa aussi, l’UEFA a mis en place un système identique. En effet, depuis sa cinquième victoire en Ligue Europa (2006, 2007, 2014, 2015, 2016), le FC Séville arbore un patch spécial sur lequel on découvre le trophée de la C3 ainsi que le nombre de victoires dans la compétition, à savoir cinq pour le club espagnol.
Comme en France et en Italie, les joueurs peuvent utiliser des numéros allant de 1 à 99 durant les matchs de Coupe d’Europe. Rien de nouveau donc. En revanche, la liste des numéros des joueurs engagés en Coupe d’Europe peut-être différente de celle en championnat. Il y a quelques années, alors que Néné avait quitté le PSG, Zlatan Ibrahimovic avait pu récupérer son numéro en Ligue 1 grâce à une dérogation.
Dernière particularité des coupes d’Europe, le flocage. Tandis que la plupart des championnats nationaux imposent une police de flocage spécifique à l’ensemble des clubs, l’UEFA est beaucoup plus ouverte. Cela permet de les identifier par les supporters, les journalistes, et même les arbitres.
L'histoire et l'évolution du flocage dans le football
Flocage de maillots - une activité lucrative en cette période du Mondial
Pendant qu'au Basket, notamment en 1960 le flocage des noms était d'actualité, dans le foot, ce n'était que des numéros permettant d'identifier les joueurs. Il faut attendre les années 90 pour avoir les premiers flocages des joueurs des équipes de foot. À cet effet, l'introduction officielle de cette pratique a lieu en 1992, notamment lors du Championnat d'Europe avec le match opposant la Suède à la France. Ce premier flocage officiel vient mettre en lumière une nouvelle approche. C'est la Coupe du Monde de 1994 aux États-Unis qui a massivement popularisé le flocage. Tirant parti de la culture sportive américaine qui valorise l'individualisation des joueurs et leurs performances.
Cette évolution a eu un impact significatif sur la façon dont les joueurs sont présentés et reconnus. Ce qui a permis de renforcer le lien entre les fans et leurs héros sportifs et le club. Il a été introduit pour plusieurs raisons pratiques et commerciales. Ce qui suffisait dans les compétitions où les équipes étaient bien connues de leurs spectateurs locaux. Mais, avec la mondialisation du football et l’augmentation de sa popularité à travers des compétitions internationales comme la Coupe du Monde, il est devenu nécessaire d’ajouter les noms pour aider les spectateurs, les commentateurs, les médias et même les arbitres à identifier les joueurs plus facilement, surtout dans des contextes où les équipes de différents pays s'affrontaient.
Avec l’émergence des retransmissions télévisées et des droits médiatiques, les clubs et les fédérations ont vu une opportunité d’augmenter la visibilité des joueurs. Cela a permis aux supporters de montrer leur affection pour des joueurs spécifiques. De plus, cela a bénéficié aux sponsors et aux marques, qui voient leurs logos associés non seulement à des clubs, mais aussi à des stars mondialement reconnues.
Après de brèves apparitions en Premier League l'année suivante, le flocage connaît un boom lors de la Coupe du monde 1994 aux Etats-Unis. « Cette pratique est apparue aux USA, où la personnalisation du joueur et l'individualisation des performances sont des aspects importants », explique Paul Dietschy, historien et auteur du livre Histoire du football. Il n'est donc pas étonnant de voir apparaître des Stoichkov, Romario, Klinsmann, etc... floqués sur les jerseys pendant le Mondial, puis par la suite en Ligue des champions. « Ce procédé n'a pas été utilisé dans les éliminatoires de la Coupe du monde », précise Paul Dietschy.
L'émergence du flocage dans le football coïncide aussi avec l'arrivée massive des médias (comme Canal +) ou encore plus tard, des opérateurs, qui se sont aussi inspirés des Américains. Aujourd'hui, il faut environ compter une quinzaine d'euros supplémentaires pour avoir dans son dos le nom d'un joueur ou alors un flocage personnalisé.
Voici une rapide chronologie de cette pratique en France et en Europe :
- 1995/1996: l’UEFA adopte le principe sur la base de l’inscription des joueurs par les clubs en coupe d’Europe. La encore, les flocages des noms ne sont venus que plus tard, en l’occurrence au cours de la saison suivante en 1996/1997. En 1996 toutefois, les noms sont apparus de manière expérimentale lors des diverses finales. Curiosité à relever, la LFP et l’UEFA disposant de leur propre liste d’enregistrement, il n’est pas rare de voir un joueur français posséder un numéro pour le championnat et un autre pour la coupe d’europe. A titre d’exemple, Henry porta le 12 (sans flocage du nom) en Championnat, et le 28 (avec flocage du nom) en Coupe de l’UEFA.
- 1997/1998: Le championnat de France de D1 adopte pour la première le flocage nom+numéros. Le système se limite toutefois au nombre de joueurs professionnels qu’un club a le droit d’avoir sous contrat à ce moment là, c’est a dire 23. Des numéros supérieurs sont ainsi utilisé par des jeunes, mais non attribué à l’année.

Réglementation et Spécificités du Flocage en Ligue 1 McDonald’s
Si elle a récemment évolué, l’attribution officielle d’un numéro à un joueur est apparue lors de la saison 1996/1997 en Ligue 1 McDonald’s. Les joueurs susceptibles de jouer en équipe première se voient attribuer un numéro à l’année.
Cette liste ne peut excéder 99 noms, le numéro 99 est donc le dernier de la liste. Toutes les équipes doivent déclarer et disposer d’un numéro fixe à l’année, non attribué à un joueur et réservé aux remplacements de dernière heure. En Ligue 1 McDonald’s, les premiers flocages de noms ont été officiellement mis en place au début de la saison 1997/1998. Jusqu’ici, cet espace situé en haut du dos des joueurs était réservé à un sponsor.
Le nom du joueur doit correspondre au nom figurant sur la liste des joueurs. Les surnoms et les initiales sont interdits, de même que l’utilisation d’un alphabet non latin, sauf dérogation. Cela est notamment le cas pour les joueurs étrangers comme Vitinha, dont le nom complet est Vitor Machado Ferreira. Cette typographie peut être revue à certaines occasions.
Le nom du joueur doit correspondre au nom figurant sur la liste des joueurs. Les surnoms et les initiales sont interdits. Les joueurs de Ligue 1 McDonald’s peuvent choisir n'importe lequel entre le 1 et 99 compris. Le n°1 étant réservé aux gardiens.
Jusque-là, le règlement interdisait aux joueurs de porter des numéros supérieurs à 30, sauf dérogation auprès de la LFP. Ce qui avait été le cas pour Gianluigi Donnarumma pour endosser le n°50 au PSG, étant donné que le 30 était retenu par Lionel Messi. Depuis son arrivée dans la capitale, le gardien italien a déjà endossé quatre numéros différents au sein de l'élite (1, 50 et 99).
Plusieurs cas de figure sont à mentionner ici. Le premier peut être celui du match de l'OM contre Nice septembre dernier. Exceptionnellement à cette date, le club a voulu mettre en avant le logo du club plutôt que le nom des joueurs. Il en existe d'autres raisons. L'idée est purement traditionnelle ou pour minimiser les coûts associés à la personnalisation des équipements. Mais d'autres compétitions moins médiatisées pourraient opter pour l'absence de noms afin de réduire la complexité logistique et les dépenses.
Cette dernière met l'accent sur l'équipe plutôt que sur les individualités. En effet, cette tradition vise à renforcer la cohésion et l'esprit d'équipe. C'est d'ailleurs l'un des éléments considérés comme essentiels dans ce sport qui valorise fortement la solidarité et le collectif. Ce qui correspond souvent à des positions précises sur le terrain. Cela aide à identifier le rôle de chaque joueur pendant le jeu. L'autre élément serait d'augmenter les ventes de marchandises. Un fait qui marque aussi le changement progressif dans certaines parties de ce sport traditionnellement conservateur.
Flocages Spéciaux et Hommages
Le PSG a par exemple adopté des formes différentes par le passé lors de Classiques, comme celles gothiques en 2024/25. Après un flocage exceptionnel avec le rappeur Central Cee, le club de la capitale avait dévoilé un flocage en mandarin célébrant le Nouvel An chinois. A cela s’est aussi ajouté un flocage en hommage à la Corée du Sud et un autre avec des écritures arabes lors du Trophée des Champions.
L’AJ Auxerre a également fêté le nouvel An chinois le 24 janvier avec un flocage spécial en mandarin contre l’AS Saint-Etienne. D’autres événements peuvent conduire à des changements de flocage, comme l’hommage rendu aux joueurs du Toulouse FC à Brice Taton, jeune supporter décédé en 2009.
Dans le cadre de ce partenariat, l’habituel bleu ciel laissant la place au Vert et Orange du pays africain. Ce flocage spécial Afrique (« OM Africa ») avait été la première fois le cas lors d’un Classique de février 2021. En décembre 2021, le PSG avait adopté un flocage doré en hommage au Ballon d’Or remporté par Lionel Messi, alors au club.
Les Badges Officiels en Ligue 1 McDonald’s
Concernant les badges, il en existe plusieurs des officiels en Ligue 1 McDonald’s. Tout d’abord, il y a les badges de la compétition et celui de « Champion » pour le club titré en Ligue 1 McDonald’s.
L’ancêtre du badge « champion » a été créé lors de la saison 2000/2001 et a donc été porté pour la première fois par le FC Nantes. Plusieurs versions ont par la suite existé. (Le premier et le dernier badge du champion de Ligue 1 McDonald's)
Lors de la saison 2002/03, l’OL a été le premier à porter un badge spécial "Ligue 1". Auparavant et seulement pendant deux saisons (2000/01 et 2001/02), le changement de nom de LNF en LFP, le champion portait un badge « LNF » avec un fond jaune différenciant. Il s’agissait des prémisses d’un badge « champion » plus abouti qui a connu des évolutions, notamment à partir de la saison 2006/2007 avec l’OL en faisant à la fois référence à la compétition et aux couleurs du club. A cette occasion, le trophée de Ligue 1 était présent sur le badge. Par la suite, le badge a repris le logo de la Ligue 1 en étant frappé du nom du club champion. En 2010/11, le badge reprenait même la couleur bleu ciel de l’OM. En 2024/25, le logo du namer de la Ligue 1 McDonald’s a été placé sur le badge aux côtés des couleurs et du nom complet du club parisien.
Ce brassard ne doit comporter ni publicité, ni texte, à l’exception de l’inscription « capitaine » ou d’une abréviation de celle-ci. Ce qui ne l'empêche pas de varier dans les couleurs. Le brassard a également été utilisé pour la mise en avant de certaines opérations menées, comme celle "Tous arbitres" à l'occasion des journées de l'arbitrage de la FFF. A cette occasion, un brassard spécial et exceptionnellement floqué est porté par les capitaines du championnat.
Dernière opération en date, le lancement par la LFP de la marque 1TEAM. Le PSG avait rendu homme à Notre-Dame de Paris le 21 avril 2019 lors de la réception de l’AS Monaco. À chacune de ses apparitions, comme ce mercredi à Reims (3-0), il arbore le numéro 33 sans aucun flocage au-dessus, là où se trouve habituellement le patronyme de ses coéquipiers.
Il précise les conditions d'attribution des numéros de l'effectif. « Les joueurs susceptibles de jouer en équipe première se voient attribuer un numéro à l'année », énonce le texte, qui indique que ceux-ci doivent être compris entre 1 et 30, sauf dérogation si le club compte plus de 30 joueurs sous contrat pro.
Il était assez logique que Kouassi, 17 ans, n'intègre pas cette première liste en début de saison, d'autant que rien n'empêche ensuite d'inclure des joueurs. Un numéro pourrait lui être attribué, comme c'est régulièrement le cas dans les clubs après les débuts en cours de saison d'un jeune du centre de formation. La LFP précise des modalités assez libres : « Les clubs attribuent les numéros des joueurs à leur guise. Un joueur, jeune ou pas, qui arrive en cours de saison peut prendre un numéro restant entre 1 et 30 ou après 30. »
Ce processus n'a pas été mis en œuvre par le PSG jusqu'ici. C'est donc le club qui décide dans ce cas précis. »Le PSG semble donc attendre que Tanguy Kouassi signe professionnel pour lui offrir l'honneur d'un numéro et d'une place officielle dans son effectif. La situation est la même pour Adil Aouchiche, qui a endossé le numéro 33, lui aussi, lors de ses débuts en professionnel contre Metz.
À l’occasion de la journée mondiale contre l’homophobie, les joueurs de Ligue 1 et de Ligue 2 ont porté un flocage arc-en-ciel au cours de la 35e journée ce week-end. Mais certains ont préféré déclarer forfait plutôt que de s’associer à l’initiative. Ce flocage contre l’homophobie n’a visiblement pas plu à certains joueurs, puisque cinq d’entre eux ont préféré déclarer forfait plutôt que de s’associer à l’initiative. Dans les clubs, plusieurs réactions ont suivi, comme celles d’entraîneurs.
« On est contre toutes les formes de discriminations, mais je ne suis pas certain que ce soit nécessaire de faire une journée contre l’homophobie. Des attitudes face auxquelles nombre d’associations s’insurgent et pour lesquelles la question des sanctions se pose. « C’est dramatique, déclare Yoann Lemaire, président de Foot Ensemble, avant de reprendre. Alors que le FC Nantes a sanctionné financièrement l’un de ses joueurs (Mostafa Mohamed), Yoann Lemaire contraste ses propos, prônant la pédagogie. Quand l’un d’eux ne veut pas, le club doit prendre ses responsabilités. Il faut discuter, expliquer. On doit éduquer à travers le foot. L’homophobie est un délit, la sanction doit être le dernier recours si la loi est franchie. Ce travail de sensibilisation, le président le réalise toute l’année auprès de différents clubs professionnels. Mais cette tâche ne peut être accomplie que si le club entier s’investit selon lui. « Il faut qu’il y ait une prise de conscience, que chacun prenne ses responsabilités. À travers ses interventions, l’ancien footballeur pointe la question de la religion.
