Finales NBA : L'histoire des Spurs face au Heat

Les Finales NBA entre le Heat et les Spurs ont mis aux prises deux équipes aux styles et parcours différents. Elles ont, comme point commun, de s'appuyer chacune sur un "Big Three".

Le Miami Heat, champion en titre, veut rester au sommet. Les San Antonio Spurs, privés de finale depuis leur sacre en 2007, espèrent le retrouver. C'est le choc des Finales NBA, qui débutent dans la nuit de jeudi à vendredi.

Les Forces en Présence

A San Antonio, au sein du trio Duncan - Ginobili - Parker, ce dernier a brillé depuis le début des play-offs (23 pts de moyenne, meilleur marqueur des Spurs). De quoi rappeler l'année 2007 : Tony Parker avait été élu MVP de la dernière finale disputée par les Texans et remportée haut la main (4-0) face aux Cavaliers... de LeBron James. San Antonio a, d'ailleurs, remporté les quatre finales qu'il a disputées (1999, 2003, 2005, 2007), dont trois avec ''TP'', l'indispensable. «C’est un honneur de voir mes coéquipiers et le coach me faire une confiance aveugle, a déclaré le meneur français. Ça me donne envie de me dépasser».

Cela tombe bien, car le meneur des Spurs devrait être attendu au tournant par la défense du Heat. Chez les Floridiens aussi, le "Big Three" a ses repères, avec une troisième finale consécutive. Et ils comptent eux aussi dans leur rang un joueur providentiel, «l'Elu» LeBron James, meilleur marqueur et rebondeur du Heat durant ces play-offs (26,2 pts et 7,3 rbds de moyenne). L'ancienne star de Cleveland vise la deuxième bague NBA de sa carrière. Et il n'a pas oublié l'humiliation de 2007 face aux Spurs.

«Cette équipe de Cleveland était très jeune et nous avions affronté une équipe expérimentée et bien coachée, qui avait exploité tout ce qu’on ne faisait pas bien, a expliqué James. Mais notre équipe actuelle à Miami a de l’expérience. Nous ne sommes plus des jeunots. Et sur un plan personnel, je suis bien meilleur. Je suis 20, 40, 50 fois meilleur que lors de la finale 2007».

«Je suis bien meilleur joueur. Je suis 20, 40, 50 fois meilleur que lors de la finale 2007» (LeBron James)

Parcours vers les Finales

Auteur durant la saison régulière d'une série de 27 victoires, la deuxième plus longue de l'histoire, le Heat a dû batailler lors de la finale de la Conférence Est (4-3 face à Indiana). Une bataille observée de loin par les Spurs, qui n’avaient fait qu’une bouchée de Memphis (4-0) et qui n’ont plus joué depuis dix jours. «Miami sera peut-être un peu plus dans le rythme que nous et j’espère qu’on ne sera rouillé que durant le premier quart temps», note Parker. La fraîcheur pourrait-elle faire pencher la balance du côté texan ? Tim Duncan n'y pense pas : «C’est Miami le champion en titre et c’est Miami la meilleure équipe de la saison régulière».

Le vétéran des Spurs ne dit pas qu'il vise le cinquième titre de sa carrière. Une chance que lui et ses compères, les vieux briscards, n'ont pas envie de laisser passer.

Le chemin vers le titre de 2014

Après une régulière bien maîtrisée (62 victoires pour 20 petites défaites), les Spurs affrontent leurs rivaux texans au premier tour : les Dallas Mavericks. Ce sera ensuite au tour des Blazers de trépasser face à l’armada Spurs, en cinq petits matchs. Puis le Thunder du duo KD/Westbrook les affrontera en finale de conférence, dans une match-up qui commence à être habituelle dans la conférence Ouest. La difficulté augmentera en finale de conférence contre les Pacers.

Le cas est similaire à celui du Thunder/Spurs : le Heat aura affronté trois fois les Pacers en quatre saisons lors des Playoffs. Paul George est en feu et pose beaucoup de problème au Heat, mais Miami remportera la série grâce à un effectif plus profond et une plus grande expérience.

Les Matchs Clés des Finales 2014

Avant même le début de la série, on sent que les Spurs veulent tout donner. Le premier match de la série sera très disputé. Pour revenir sur ce match, le Heat mène au score à l’entame du dernier quarts temps, et les Spurs reviendront à leur niveau lorsqu’il restera 5 minutes sur l’horloge.

Lors du match 2, Tim Duncan sera toujours autant en forme, avec un nouveau double-double à hauteur de 18 points et 15 rebonds. Il sera bien accompagné par un Tony Parker à 21 points et 7 assists, ainsi que Manu Ginobili (19 points) et Boris Diaw, très efficaces en sortie de banc. Cette fois, les Spurs ne laisseront pas le Heat prendre l’avantage dans le premier quart temps, et les deux équipes sont à égalités lors de la première mi-temps.

Le troisième quart temps sera extrêmement disputé : les deux équipes se passent devant l’une après l’autre, jusqu’à un gros shoot à 3 points de Chris Bosh, à une minute de la fin, qui fera passer le Heat en tête. Viendra ensuite le match 3 à Miami, match qui rentrera dans l’histoire.

Lebron James et Rashard Lewis mènent leur équipe au scoring avec 16 et 11 points lors de la première mi-temps, mais les Spurs sont en ébullition à ce même moment. Kawhi Leonard fait un boulot monumental avec 18 points, Danny Green réalise une première mi-temps parfaite avec un 6/6 aux tirs, et les Spurs mènent déjà avec 21 points d’avance avant la pause ! Le Heat parviendra à se rattraper lors de la seconde période, mais le mal est déjà fait.

Le Heat n’arrivera pas à se remettre de ce coup de massue lors du match suivant. En face, seul LeBron James semble pouvoir faire quelque chose, mais même avec ses 28 points et 8 rebonds, il ne put rien faire.

On pense alors que le champion en titre aura une réaction d’orgueil face à cette déculottée. Et cela se confirmera au début du 5ème match, avec un run de 8-0 en faveur du Heat pour entamer ce match. Les Spurs réussiront à réduire cet écart, et même à repasser devant durant la seconde moitié du deuxième quart temps ! Ils reprennent donc l’avantage, qu’ils ne lâcheront pas jusqu’à la fin de la rencontre. Le Heat n’arrivera jamais à revenir, et se fera éliminer en cinq petits matchs. LeBron James aura encore sorti un grand match avec son 31/10/5, mais cela n’aura pas suffit, le collectif des Spurs restant plus fort et plus complet.

C’est ainsi que les Spurs sont donc champion NBA pour la cinquième fois de leur histoire, avec en prime l’une des plus belles finales (visuellement) de l’histoire. Dans cette histoire, le jeu ultra collectif des Spurs auront eu raison du « Star System » floridien. Ce type de jeu, basé sur les passes et extra-passes, aura donné beaucoup de fil à retordre aux équipes l’ayant subi, puisqu’il s’agit d’un jeu impossible à parfaitement défendre.

Les Spurs n’en pouvaient plus d’attendre de retoucher le trophée Larry O’Brien. San Antonio a emballé le cinquième titre de l’histoire de la franchise à sa première occasion. Les Texans ont atomisé Miami à domicile dimanche dans le match 5 de la série (104-87), offrant une démonstration similaire aux deux rencontres précédentes en Floride. Encore homme du match (22pts, 10rbds), Kawhi Leonard a logiquement été élu MVP des Finales. Tony Parker (16pts), qui a dépassé au passage Magic Johnson pour devenir le douzième meilleur marqueur de l’histoire des play-offs, et Boris Diaw (5pts, 9rbds, 6pds) ont encore largement participé à ce succès.

Les deux potes de l’INSEP sont au sommet de leur carrière ensemble, neuf mois après leur sacre à l’Euro avec les Bleus. TP décroche sa quatrième bague en NBA, Babac sa première. Tim Duncan en est lui à cinq titres, tous remportés avec San Antonio, rejoignant Kobe Bryant, Magic Johnson, Steve Kerr ou encore Dennis Rodman au panthéon.

Les hommes de Gregg Popovich, grand artisan de l’œuvre collective parfaite livrée par ses ouailles, prennent leur revanche de la saison passée, lorsqu’ils avaient mené 3-2 dans la série face au Heat avant d’abandonner le titre sur le fil. L’insondable douleur ressentie à ce moment-là par TP, Manu Ginobili et consorts est oubliée. Ils renouent avec le Graal sept ans après leur dernier titre. Et c’était déjà aux dépens de LeBron James, alors joueur de Cleveland.

Meilleur marqueur de la rencontre (31pts), LBJ a fini le match désabusé, la tête tombant dans les mains de désarroi. Comme tous ses comparses, il a terminé le match sonné, roué de tirs longue distance et assommé par la leçon de basket donné par les Spurs.

Dimanche, tout avait pourtant commencé comme dans un rêve pour Miami, entré dans cette rencontre sans lendemain avec la rage d’une équipe dos au mur. Dans le sillage d’une défense étouffante, les Floridiens ont rapidement creusé l’écart au tableau d’affichage (6-22 après sept minutes, plus gros écart des Finales en faveur du Heat). San Antonio semblait avoir perdu son basket et était pénalisé par une réussite balbutiante. Cela n’a pas duré.

Comme par magie, à la sortie d’un temps-mort pris par Popovich, tout est rentré dans l’ordre pour les Texans. Les shoots se sont mis à tomber dedans de partout (48% aux shoots, 48% derrière l’arc sur la rencontre) et le ballon a retrouvé du mouvement, filant de main en main à toute vitesse. Portés par un Ginobili en feu (19pts), à l’image d’un dunk monstrueux, les Spurs ont progressivement refait leur retard.

Ginobili et Mills, les détonateurs

Ils se sont appuyés sur leur défense serrée pour maintenir le Heat à onze points dans le deuxième quart-temps, plus faible total de la franchise dans ces play-offs 2014. Ce cocktail détonant a permis à San Antonio de virer en tête à la pause (47-40). Une différence loin d’être insurmontable pour Miami à cet instant de la partie. Mais James était bien trop seul pour ramener ses partenaires dans le match et la série sur la côte Est. Symboles de la panne aux shoots du Heat (40%), Dwyane Wade (11pts) et Chris Bosh (13pts) ont cumulé un triste 10/26, dont 1/7 à 3-pts. De l’autre côté du terrain, Patty Mills était chaud bouillant (5/8 à 3-pts), menant la charge du banc texan.

En bon MVP des Finales, le troisième plus jeune de l’histoire après Magic Johnson et Tim Duncan, Leonard a répondu à tous les (petits) rapprochés au score des Floridiens en prenant ses responsabilités.

A l’envers pendant quasiment trois quart-temps (0/10), Parker a même trouvé le moyen de jouer un rôle clé au moment de sceller la victoire de San Antonio en réglant la mire (7/18 au final). Son compère de toujours, Tim Duncan (14pts), a conclu la partie les yeux remplis de larmes. De joie bien entendu.

Il faut dire qu’il pourrait bien avoir disputé le tout dernier match de sa carrière ce dimanche. Quoi de plus beau que de terminer sur un titre NBA ? C’est certainement à cette question que Duncan, seul joueur titulaire à remporter un titre sur trois décennies différentes, devra répondre au moment de décider de son avenir. Avec la perspective d’un premier "back-to-back" dans l’histoire du club à ramener la saison prochaine.

La Perfection Collective des Spurs

Pendant 24 minutes, à Miami, San Antonio s’est rapproché de la perfection collective. Les Spurs de 2014 ont marqué les esprits avec leur jeu collectif si fluide, si altruiste. Sans doute que ces compliments n’ont jamais été aussi vrais que pendant les 24 premières minutes du Game 3, disputé le 10 juin 2014 à Miami. Durant cette mi-temps, les Spurs vont offrir une leçon de basket à LeBron James, Dwyane Wade, Chris Bosh et compagnie. Ils remporteront la rencontre sur le score de 111-92.

Non pas que le double champion en titre ait été mauvais pendant ce premier acte, il a simplement été dépassé par une telle maîtrise et une telle simplicité. “On ne peut prévoir ce genre de chose”, avait réagi Manu Ginobili. “Il n’y a pas de systèmes secrets ou magiques. On serait tenté de penser que l’Argentin exagère. Mais il n’est pas loin de la réalité.

Les Texans inscrivent 19 de leurs 21 premiers shoots ! Ils finissent cette mi-temps (remportée 71-50) avec un incroyable 25/33 au shoot, soit 75.8 % de réussite ! Du jamais vu. Sauf que les chiffres ne suffisent pas à retranscrire l’impression de domination laissée par ces minutes de perfection. Le mouvement du ballon et des joueurs est perpétuel. Les écrans et les coupes vers le cercle se multiplient. La défense floridienne ne peut jamais s’organiser.

Tableau des titres NBA des San Antonio Spurs :

Année Adversaire Score
1999 New York Knicks 4-1
2003 New Jersey Nets 4-2
2005 Detroit Pistons 4-3
2007 Cleveland Cavaliers 4-0
2014 Miami Heat 4-1

Les finales NBA 2014 débutent dans la nuit de jeudi à vendredi. Préparez-vous pour les nuits blanches devant des affiches alléchantes entre les Spurs et le Heat !

Why Spurs Turnovers in Game 1 Didn't Help The Heat As Much As You Think

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