Le 8 mai 1996, une date gravée dans l'histoire du Paris Saint-Germain, le club remportait son premier titre européen, la Coupe des Vainqueurs de Coupe, en battant le Rapid de Vienne. Ce soir-là, au stade Roi Baudouin à Bruxelles, les supporters parisiens ont été témoins d'un moment de gloire inoubliable.
PSG - Coupe des Coupes (Mai 1996): La victoire et les célébrations en VHS (Trophée, Reportages TV..)
Thierry Boeuf nous remémore cette victoire à travers l'un de ses acteurs principaux : Bernard Lama. La famille Lama était aux anges, ainsi que tous les supporters parisiens. Vingt-six ans après sa naissance, le PSG a remporté sa première et, à ce jour, seule Coupe d’Europe.

Un parcours semé d'embûches
Les trois saisons précédentes, la Juventus Turin, Arsenal FC et l’AC Milan ont brisé les espoirs parisiens aux portes d’une finale européenne. Paris est exempté de tour préliminaire et débute la compétition en 16e de finale, contre Molde (Norvège). En 16es de finale aller chez les Norvégiens du Molde FK, ils sont menés sur un but d’un jeune attaquant, Ole Gunnar Solskjær, qui fera ensuite les beaux jours de Manchester United.
Au retour au Parc des Princes, les Rouge et Bleu s’imposent (3-0) sur un doublé de Pascal Nouma et un nouveau but de Djorkaeff. Ils se qualifient ainsi sereinement pour les 8es de finale, où le sort leur assigne les redoutés Écossais du Celtic Glasgow. Youri Djorkaeff, qui s'est déjà montré en marquant lors des deux premiers matchs, donne la victoire aux Parisiens 1-0 au match aller.
Le quart de finale face à Parme
Paris doit alors affronter le favori de la compétition : Parme (Italie). Le match aller, à domicile, est remporté grâce à une nouvelle réalisation de Djorkaeff. Considérée comme la finale avant l'heure, la confrontation tourne à l'avantage des Italiens au match aller (1-0), la seule défaite parisienne de la compétition.
Pour le match retour, dans un Parc des Princes plein à craquer, le Paris Saint-Germain marque très vite avant de se faire rejoindre à la demi-heure de jeu. N'abdiquant pas, le PSG mène 2-1 à la mi-temps grâce à Patrice Loko, mais est toujours virtuellement éliminé. Rai et Loko permettent au club de la capitale d’atteindre une demi-finale européenne pour la quatrième année consécutive. Une marche qu’ils n’ont alors jamais franchie.
La demi-finale contre le Deportivo La Corogne
De retour dans le dernier carré, Paris espère que cette année 1996 est la bonne. Leur adversaire, le RC Deportivo La Corogne, est une solide équipe espagnole. Les Espagnols du Deportivo La Corogne se dressent sur le chemin du PSG pour rejoindre la finale. À l’aller, les Parisiens doivent attendre l’entrée en jeu de Djorkaeff, à dix minutes de la fin, pour débloquer la situation grâce à une superbe frappe du droit à l’entrée de la surface. « Tu entres et tu marques », lui aurait dit Fernandez. Message reçu.
Le match aller est serré, et Youri Djorkaeff, entré en cours de match, débloque la situation à la 89e minute. Paris, qui a pris une sérieuse option avec cette victoire au match aller, remporte également le match retour sur le même score. Paris verra donc Bruxelles, mais aucunement pour du tourisme. Plutôt pour écrire son histoire dans la ville hôte du match pour le titre.
La finale à Bruxelles : PSG vs Rapid de Vienne
Après avoir brisé le sort de 3 ans d'éliminations en demi-finales européennes, le Paris Saint-Germain a l'opportunité de rentrer dans la cour des grands, et devenir le 2e club français à remporter un titre européen. Le PSG, malmené dans un championnat de France qu’il perdra au bénéfice de l’AJ Auxerre, revient d’une mise au vert où Yannick Noah, alors capitaine de l’équipe de France de tennis qui allait remporter la Coupe Davis sept mois plus tard, est intervenu en tant que préparateur mental.
Pour ce 8 mai 1996, les 30 000 personnes présentes au Stade Roi Baudouin, dont une bonne partie de supporters parisiens, vont être les témoins du premier sacre européen du Paris Saint-Germain. Pourtant, tout ne commence pas de la meilleure manière pour le PSG, avec la sortie sur blessure de Raï dès la 12e minute, mais cela n'arrête pas pour autant les hommes de Luis Fernandez d'être les plus entreprenants.
Le but de la victoire
Paris provoque des fautes adverses et c'est ce qui amène le but parisien. Bruno Ngotty s'essaie sur un coup-franc lointain et trompe le gardien de Vienne avec une frappe à ras de terre. L’international français obtient un coup franc à la demi-heure de jeu, à plus de trente mètres du but autrichien. Le défenseur central Bruno Ngotty, connu pour sa frappe puissante, s’élance. Le tir, légèrement dévié par un Viennois, trompe le gardien autrichien Michael Konsel et fait trembler les filets et les tribunes.
La suite n'est qu'anecdotique. Paris n'arrive pas à doubler la mise malgré un grand nombre d'occasion, mais est très solide défensivement. La deuxième mi-temps sera éprouvante. Les Parisiens poussent, dominent, mais ne parviennent pas à doubler la mise. Les Autrichiens répliquent mais Bernard Lama, en capitaine impérial, est infranchissable.
Enfin, l’arbitre italien Pierluigi Pairetto siffle la fin du match. C’est l’explosion, « la consécration » comme le titrera L’Équipe le lendemain. L’état-major parisien, dont son président Michel Denisot, est en liesse, les joueurs exultent.
La composition des équipes
Voici la composition des équipes lors de cette finale historique :
- Paris Saint-Germain : Bernard Lama (cap.) - Patrick Colleter, Paul Le Guen, Bruno Ngotty, Alain Roche - Laurent Fournier puis Francis Llacer (77e), Daniel Bravo, Vincent Guérin, Rai puis Julio Dély Valdes (11e) - Youri Djorkaeff, Patrice Loko. Entraîneur : Luis Fernandez.
- Rapid Vienne : Michael Konsel (cap.) - Peter Schöttel, Trifon Ivanov, Michael Hatz - Dietmar Kühbauer, Andreas Heraf, Peter Guggi, Peter Stöger, Stefan Marasek - Carsten Jancker, Christian Stumpf puis Zoran Barisic (46e). Entraîneur : Ernst Dokupil.
Les célébrations
Lorsque l'arbitre siffle la fin de la rencontre, l'explosion de joie parisienne retentit dans le stade bruxellois. Des Champs-Élysées au boulevard Saint-Germain, des dizaines de milliers de personnes descendent dans la rue pour crier leur joie dans un assourdissant concert de klaxons décrit dans l’édition de Paris.

En pleine nuit, l’avion des joueurs se pose à Roissy. Un bus les attend sur le tarmac pour les mener dans les locaux de Canal + (alors actionnaire du club). Mais sur le chemin, surprise ! La délégation fait un crochet par Saint-Ouen et s’arrête 25, avenue Michelet, au siège du « Parisien ».
Jacques Chirac entonne un chant africain. Après un rapide déjeuner à l’Hôtel de Ville, direction l’Élysée où Jacques Chirac tient à féliciter son équipe de cœur. Fidèle à son habitude, le président de la République trouve un mot pour chacun de ses hôtes.
La journée se poursuit par un impressionnant bain de foule. Dès leur sortie de l’Élysée, les héros de Bruxelles sont attendus par une marée humaine. Opel, le sponsor du club, a mis à leur disposition une flotte de véhicules pour remonter les Champs-Élysées.
Les joueurs resteront plusieurs heures enfermés dans le stade. Mais cela ne gâchera pas leur joie, ce sentiment profond d’avoir marqué l’histoire de leur club et du football français.