Finale Olympique de Volley-Ball : Un Doublé Historique pour la France

Les volleyeurs français ont marqué l'histoire en conservant leur titre de champions olympiques lors des Jeux de Paris 2024. Après leur sacre à Tokyo, ils ont réalisé un exploit rare en dominant la Pologne en finale (3-0), le samedi 10 août 2024 à l'Arena Paris Sud.

L'équipe de France de Volley-Ball lors d'un match international. Crédit: Wikipédia

Une Masterclass Collective

Dans une Arena Paris Sud en fusion, les Bleus ont disloqué la Pologne (25-19, 25-20, 25-23) pour conserver leur titre de Tokyo. C'est le match dont rêvent tous les joueurs de sports collectifs, une sorte de France-Brésil du 12 juillet 1998 mais en volley, une finale olympique emballante contre la meilleure équipe du monde : trois sets secs, une master class !

Benjamin Toniutti, capitaine de l'équipe de France, nous décrypte ce 10 août 2024. Un exploit que seules deux autres équipes avaient réalisé avant elle, l'URSS (1964 et 1968) et les États-Unis (1984 et 1988).

Benjamin Toniutti, capitaine de l'équipe de France. Crédit: olympics.com

Le « Mur de Paris » Infranchissable

Tout au long de la finale, l'équipe de France a soumis les champions d'Europe, emmenés par le phénoménal cubano-polonais Wilfredo Leon, à une qualité de block exceptionnelle qui lui a permis de prendre l'avantage dans le troisième set en passant de 2-3 à 7-5.

« On a deux ailiers Jean (Patry) et Antoine (Brizard) très forts au block, raconte Benjamin Toniutti, le capitaine des Bleus. Nico Le Goff est également un gros contreur, ainsi que Barthélémy (Chinenyeze). En face, ils avaient les meilleurs attaquants polonais au poste 4 (ailier à gauche au filet). On pouvait donc leur mettre la pression sur leur point fort et contenir ce poste 4.

La dimension physique était très importante. On savait qu'ils allaient faire des points mais l'idée était de constamment les freiner et qu'ils se mettent à douter. C'est ce qui est arrivé. Antoine a bloqué deux fois de suite Tomasz Fornal (réceptionneur-attaquant polonais), ce qui a fait sortir celui-ci du match... Or, Fornal est un joueur décisif pour son équipe. Les Bleus sont parvenus à faire déjouer les attaquants polonais.

Un « Magic » Earvin

L'efficacité en réception et en défense d'Earvin Ngapeth, MVP du tournoi et meilleur joueur français de l'histoire, a été un atout majeur des Bleus.

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« L'un des points cruciaux du match a consisté dans notre faculté à mettre une pression énorme sur les Polonais au service tout étant hyper solides en réception, explique Benjamin Toniutti. On a tenu des services à 125 km/h grâce, notamment, à Earvin, et ça les a obligés à forcer le leur et à commettre des fautes.

Et puis il y a eu ce sauvetage incroyable d'Earvin (au troisième set, à 16-17, le réceptionneur-attaquant sauve de la main droite une frappe de Leon qui avait transpercé le block formé par Patry et Chinenyeze). Ils avaient tout fait comme il faut et, malgré ça, la balle revient ! Là, l'adversaire se dit : "Mais qu'est-ce que je dois faire pour marquer un point !" Psychologiquement, cette séquence a marqué les Polonais.

Earvin Ngapeth, MVP du tournoi olympique. Crédit: leparisien.fr

Les Points Décisifs de Clévenot et Jouffroy

Au troisième set, à 10-10, Trévor Clévenot enchaîne une attaque, un contre sur Bartosz Kurek, l'attaquant principal des Polonais, puis une autre attaque, faisant basculer le score de 11-10 à 13-10. Le break s'avérera décisif au moment de conclure et illustre la capacité de l'équipe de France à créer des écarts.

« La qualité d'attaque de Trévor (Clévenot, 11 points) et de Jean (Patry, 17 points) a été exceptionnelle. Trévor, c'est un joueur qui rend complètement fou les adversaires. Il voit parfaitement le block, arrive à se sortir de situations compliquées. Même avec une mauvaise balle, Il analyse vite la situation et sort le coup le plus efficace. Derrière tout ça, il y a l'intelligence de la situation, de l'ADN volley, mais aussi beaucoup de ­travail. Trévor, c'est clairement le plus gros bosseur de l'équipe.

Quentin Jouffroy, utilisé jusqu'alors comme joker au service, donne le coup de grâce en fracassant trois aces pour faire passer les Bleus de 18-18 à 23-18 dans le troisième set. « L'entrée de Quentin a été décisive. On était à sept points de gagner les Jeux... Quand tu as un gars qui entre et débloque la situation à ce moment-là, c'est exceptionnel. Il connaît son rôle, entre pour ça, le fait parfaitement.

Il n'a pas la meilleure main mais c'est à son crédit car ce n'est pas facile de réceptionner sa balle. Le service de Quentin n'est pas vraiment flottant et pas vraiment smashé. C'est un geste hybride, avec peu de rotation. En général, un serveur a des caractéristiques auxquelles on s'adapte. Face à lui, c'est très compliqué de le faire.

Comme si c'était écrit

Cet après-midi-là, l'équipe de France a roulé sur la Pologne comme si elle était saisie par une forme de transe. Les Bleus ont maintenu un niveau de jeu inouï. Tous au sommet de leur art, et ce, lors de la finale des Jeux. À Paris ! « On était possédés. On avait depuis la demi-finale (victoire 3-0 contre l'Italie, quadruple championne du monde) un sentiment d'invincibilité. Notre parcours, c'est le summum. Et tout s'est passé comme si on avait imaginé, avant, un match presque idéal.

Sur le plan du jeu, de la concentration, de l'agressivité, de la solidarité... Chaque entrée a été positive. Comme si tout avait été écrit. Alors que ce n'est pas ça. Il a fallu de la préparation physique, psychologique... On était programmés pour ces Jeux. Le contexte a aussi compté. On était poussés par des millions de personnes. Mais tout de même, réaliser un match comme ça avec une telle pression... On a tous rêvé de ce moment, de jouer de cette façon-là en équipe. Y arriver, ça donne un sentiment incroyable. Unique. »

Première finale olympique pour les Bleus. Le volley français a dans la poche la médaille olympique qu’il espérait depuis toujours grâce à la victoire sur l’Argentine 3 à 0 (25-22, 25-19, 25-22), en demi-finale jeudi à Tokyo, et la bande d’Earvin Ngapeth va maintenant essayer de décrocher l’or contre la Russie samedi à 14 h 15 heures françaises.

Les joueurs de Laurent Tillie ont donné l’impression que le match ne pouvait pas leur échapper. Plus forts dans tous les domaines, l’attaque avec Jean Patry, Trévor Clévenot et Barthélémy Chinenyeze, en réception, en défense, ils ont évolué une classe au-dessus pendant les trois sets.

Les Bleus du volley ont réalisé l’exploit d’un doublé historique, trois ans après leur titre olympique acquis à Tokyo, ce samedi 10 août. La bande d’Earvin Ngapeth a décroché une nouvelle médaille d’or aux dépens d’une redoutable et farouche sélection polonaise en finale du tournoi olympique masculin de volleyball. Les Tricolores entrent dans l’histoire de leur sport. Ils ont écrit l’une des plus belles pages du volley français. Cette médaille d’or récompense une génération exceptionnelle qui a réalisé un remarquable tournoi durant cette quinzaine des JO de Paris. Ils peuvent savourer leur exploit de gagner le graal à domicile.

Tableau des Médailles Olympiques de Volley-Ball Masculin (Quelques Exemples)

Année Or Argent Bronze
1964 URSS Japon Roumanie
1968 URSS Japon Tchécoslovaquie
1984 États-Unis Brésil Italie
1988 États-Unis URSS Argentine
2024 France Pologne À déterminer

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