Le hockey sur glace est un sport passionnant avec une riche histoire. On retrouvera dans cette rubrique quelques jalons de l'histoire du hockey sur glace.

Origines et Développement Initial
Bien qu'une forme de divertissement ressemblant au golf moderne sur glace, appelée "kolf", ait été populaire aux Pays-Bas au XVIIe siècle, le jeu de bandy est considéré comme l'ancêtre du hockey sur glace. Au début du XIXe siècle en Grande-Bretagne, ce jeu opposait deux équipes sur des étendues gelées, frappant une balle en bois ou en liège avec des crosses taillées dans du bois de saule.
À partir de 1855, des soldats britanniques en garnison à Halifax (Nouvelle-Écosse, Canada) organisèrent des rencontres de hockey sur les lacs gelés. Durant les années 1870, les étudiants de l'université McGill de Montréal s'adonnèrent à leur tour à ce sport. La première ligue de hockey sur glace vit le jour en 1885 à Kingston (Ontario). Ce sport devint rapidement populaire au Canada, des rencontres régulières étant organisées entre les clubs de Montréal, Ottawa et Toronto.
En 1892, lord Stanley of Preston, gouverneur général du Canada, décida qu'une coupe en argent serait offerte chaque année à la meilleure formation. La Coupe Stanley était née. Le hockey sur glace commençait également à se développer en Europe - Pierre de Coubertin en encouragea la pratique dès 1891.

Lord Stanley of Preston, à l'origine de la Coupe Stanley.
Création des Ligues Professionnelles et Amateurs
Professionnels et amateurs allaient dès lors créer séparément leurs propres structures. C'est ainsi qu'en 1904 la première ligue professionnelle (Pro Hockey League) voit le jour aux États-Unis, avant d'être remplacée en 1907 par la National Hockey Association (N.H.A.). Une ligue concurrente, la Pacific Coast League (P.C.L.), naît peu après. En 1914, un championnat réunissant les deux ligues est organisé, le vainqueur se voyant attribuer la coupe offerte par lord Stanley.
La N.H.A. va être supplantée par la National Hockey League (N.H.L.), qui organisa son premier match le 19 décembre 1917. Les Toronto Arenas remportèrent en 1918 le premier Championnat de la N.H.L. et enlevèrent la Coupe Stanley, en dominant les Vancouver Millionaires, lauréats de la compétition de la P.C.L. La P.C.L. disparut en 1926. Dès lors, la N.H.L. allait régner sans partage sur le hockey sur glace en Amérique du Nord.
Entre-temps, du côté des amateurs, la Ligue internationale de hockey sur glace avait été créée, le 16 mai 1908 à Paris, par la France, la Belgique, la Suisse et la Grande-Bretagne, avec pour président le Français Louis Magnus - champion de patinage artistique et journaliste. Un Championnat d'Europe fut organisé en 1910, tandis que le Championnat du monde allait voir le jour en 1930.
Hockey aux Jeux Olympiques
Dès 1914, le Comité international olympique accepte qu'un tournoi de hockey sur glace soit organisé à l'occasion des Jeux prévus à Berlin en 1916. Si ces Jeux sont annulés, le hockey sur glace fait bien partie du programme des VIes jeux Olympiques (d'été) qui se déroulent à Anvers en 1920. Le Canada (en fait l'équipe des Winnipeg Falcons) remporte le titre en battant les États-Unis par 2 buts à 0.
Même si les professionnels ne participent pas aux Jeux, les Canadiens dominent régulièrement le tournoi olympique, jusqu'à l'arrivée des Soviétiques qui, dès leur première participation en 1956, obtiennent la médaille d'or après avoir battu Américains (4-0) et Canadiens (2-0). Le hockey sur glace va réellement devenir un sport médiatique en Europe en 1968 à l'occasion des Jeux de Grenoble : les affrontements entre Tchécoslovaques et Soviétiques, retransmis en direct par la télévision, avec le Printemps de Prague en toile de fond, resteront dans les mémoires.
L'Ère Soviétique et le "Miracle sur Glace"
La création du hockey soviétique (1946) : le hockey sur glace est officiellement introduit en Union Soviétique en 1946. Huit ans plus tard, l'URSS est championne du monde.
Ces Jeux olympiques d'hiver de Lake Placid de 1980 se déroulent en pleine guerre froide. Les Soviétiques viennent d'envahir l'Afghanistan et les tensions entre les deux blocs sont fortes. C'est dans ce contexte que se déroule le tournoi olympique de hockey sur glace. Les Soviétiques font figure de grandissimes favoris, avec des joueurs de classe mondiale. En face, les États-Unis alignent des joueurs issus du championnat universitaire qui n'ont pratiquement jamais joué ensemble. Sur le papier, les spécialistes ne donnent aucune chance aux hockeyeurs américains, d'autant que quelques semaines auparavant, en match de préparation, ils avaient été balayés 10-1 par les Soviétiques.
La confrontation a lieu en demi-finale dans une ambiance électrique. Les jeunes joueurs américains sont galvanisés par le contexte et "chauffés à blanc" par leur entraîneur, Herb Brooks. Celui-ci trouve les mots pour les motiver, et finalement, après un match à rebondissements, les États-Unis s'imposent 4-3. Après ce match, aussi connu sous le surnom "miracle on ice"» (miracle sur glace), les États-Unis vont conquérir le titre olympique en battant la Finlande 4-2 en finale.

L'équipe américaine célébrant sa victoire lors du "Miracle sur Glace" aux Jeux olympiques de Lake Placid en 1980.
Men's Ice Hockey - Lake Placid 1980 Winter Olympic Games
Domination et Médailles
La liste des champions du monde de hockey sur glace depuis 1920 le montre bien : une poignée de nations se disputent régulièrement la première place. Avec, à ce jour, un total de 27 médailles d'or, la Russie, anciennement Union soviétique (URSS), domine la première place dans le tableau des médailles.
La troisième place parmi les nations de hockey sur glace les plus médaillées est occupée par la République tchèque, qui a remporté jusqu'à ce jour douze Championnats du monde. La République tchèque, anciennement Tchécoslovaquie, a remporté son premier succès à domicile avec une médaille d'or au Championnat du monde de 1947. Une seconde victoire suit en 1949. La quatrième place au tableau du classement revient cette fois à une nation scandinave : la Suède, qui a remporté depuis 1953 onze titres de Champions du monde.
Avec seulement deux médailles d'or aux Championnats du monde de hockey sur glace, la Finlande est loin derrière les Champions du monde comme la Suède, la République tchèque, le Canada et la Russie. Néanmoins, l'équipe nationale finlandaise est l'une des équipes de hockey sur glace les plus performantes.
Les États-Unis ont également été deux fois champions du monde de hockey sur glace, soit en 1933 et en 1960. En revanche, ils ont remporté un total de douze médailles d'argent et de bronze. Considérant que le hockey sur glace est l'un des sports les plus populaires aux États-Unis, le faible nombre de médailles d'or au Championnat du monde est un peu surprenant. Est-ce parce que les Américains se soucient beaucoup plus de leur Ligue nationale de hockey (LNH) que du Championnat du monde ? Peut-être.
Lors du Championnat du monde de hockey sur glace 2002, un petit pays d'Europe centrale a fait beaucoup parler de lui : la Slovaquie, qui est en effet devenue championne du monde pour la première fois ! L'équipe composée des grands de la LNH Peter Bondra, Ziggy Pálffy et Miroslav Šatan a remporté la finale 4:3 contre la Russie.
Les Britanniques ont eu l'honneur aussi de se déclarer champions du monde de hockey sur glace : après tout, l'équipe de Grande-Bretagne a remporté une fois le titre de champion du monde. C'était en 1936, lorsque le Championnat du monde de hockey sur glace s'est tenu en Allemagne, plus précisément à Garmisch-Partenkirchen.
Tableau des Médailles des Championnats du Monde de Hockey sur Glace
Voici un aperçu des nations les plus médaillées aux Championnats du Monde de Hockey sur Glace :
| Pays | Médailles d'Or |
|---|---|
| Russie (Anciennement URSS) | 27 |
| République Tchèque (Anciennement Tchécoslovaquie) | 12 |
| Suède | 11 |
| Canada | 28 |
| États-Unis | 2 |
| Finlande | 4 |
| Slovaquie | 1 |
| Grande-Bretagne | 1 |
Rivalités Historiques : Canada vs États-Unis
Mais pour Benjamin Krzywicki, fondateur du site Polish Puck, c'est dans les catégories de jeunes que la rivalité a « véritablement pris son envol ». « Chez les adultes, elle existe depuis 1920 et les premiers Jeux Olympiques (le Canada avait remporté l'or aux dépens des États-Unis) mais l'avance des deux pays (sur les autres) était telle qu'ils ont longtemps envoyé des équipes de clubs affronter les autres sélections, développe ce fin connaisseur du hockey international. Aujourd'hui encore, les Nord-Américains ne s'intéressent pas vraiment au Championnat du monde senior annuel, par exemple. Alors que son équivalent junior attire des foules immenses. »
Il faut dire que les Américains ont, eux aussi, appris à prendre cet affrontement très au sérieux. Zweig note qu'à la fin des années 1990, ces derniers ont commencé à rassembler leurs ouailles en amont des compétitions et à développer un esprit d'équipe, là où le rival se contentait de réunir ses meilleurs joueurs à quelques heures du premier match. « Progressivement, ces garçons ont grandi, sont arrivés en NHL, aux Jeux Olympiques... Et cette confrontation est devenue un enjeu majeur », décrypte-t-il.
Dans les compétitions féminines, on raconte que les joueuses ont longtemps évité de se croiser dans les ascenseurs. « C'est ce qu'on m'avait appris à faire, expliquait ainsi récemment Angela Ruggiero, légende du hockey américain, sur The Athletic. On n'interagissait pas (avec les Canadiennes). »Team USA contre Team Canada, c'était l'affiche fiévreuse de la finale du tournoi féminin des JO de Milan-Cortina, jeudi soir dernier (victoire des USA 2-1 après prolongation). Rebelote ce dimanche après-midi pour leurs homologues masculins.
« La politique exacerbe les tensions (autour de ces affiches), confie le préparateur physique d'un international canadien. C'est très tendu. Beaucoup de gens ont le sentiment que nous ne sommes pas pris au sérieux par une grande partie des Américains. » « Les Canadiens ont un peu un complexe d'infériorité, ils voudraient qu'on les respecte, prolonge l'historien Éric Zweig, originaire de Toronto. Et ils savent que c'est en hockey qu'ils ont la meilleure chance de montrer ce dont ils sont capables. »
Un Air de Jazz au Racing (1947/48)
Une seule fois, un club français a joué toute une saison avec une équipe 100% nord-américaine.
Quand Iserlohn faisait la promotion du dictateur Kadhafi (1987)
Ou quand le sport se mêle de politique et de diplomatie internationale. Les historiens sont formels : il faut remonter en 1987 pour trouver trace d'un contexte aussi brûlant. Cette année-là, du 28 août au 15 septembre, le Canada et les États-Unis, mais aussi la Finlande, la Suède, la Tchécoslovaquie et l'Union soviétique s'étaient réunis pour un grand tournoi. Et lors de cette « Canada Cup », le pays hôte était sorti vainqueur, porté par Mario Lemieux et Wayne Gretzky. C'était du très grand hockey mais c'était déjà plus que ça. Il était question d'honneur, de patriotisme.