Depuis la légende rémoise du ballon rond, Raymond Kopa, le Stade de Reims est ancré dans l’ADN de la ville. Depuis le début du XXe siècle, Reims et football de haut niveau sont indissociables. Une histoire singulière, parfois romanesque, jalonnée d’exploits, d’épopées et parfois même de périodes de disette. Premier géant du football hexagonal, le Stade de Reims a traversé les époques et se tourne vers l’avenir, au masculin comme au féminin.

Les Origines et l'Ascension du Club
Les origines du Stade de Reims remontent au début du 20ème siècle lorsque que le comte Maxence Melchior de Polignac fonde en 1911 la "Société Sportive du Parc Pommery" pour permettre à ses ouvriers de pratiquer plusieurs sports dont le football. Quelques années plus tard et l'arrivée du football professionnel en France, le club décide de se séparer des autres sections pour représenter les Rémois au plus haut niveau et d'afficher ses ambitions. Après avoir grandi très tranquillement à un niveau régional, le club rémois passe la vitesse supérieure en 1935 avec la validation de son dossier de demande d’accès au professionnalisme. Le club s’installe dans le ventre mou de la D2 dans un premier temps. Car il dispose de ressources trop limitées à ce niveau pour présenter une équipe réellement compétitive.
Cela va changer en 1938 à la suite d’une seconde opération de fusion réalisée cette fois avec le Sporting Club Rémois, champion amateur du Nord Est en 1937, qui postule également au statut professionnel. Une fusion devenu obligatoire à cause de la fédération qui refusait à l'époque qu’une ville de 100 000 comptent deux clubs à ce niveau. Après avoir décroché le titre de champion de France amateur en 1935, le club évolue, est promu en deuxième division et devient un club de football professionnel.

L'Âge d'Or du Stade de Reims
Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, Reims est promu en première division et connaît ses grandes heures de gloire. Lors de cette saison, il remporte son premier titre de Champion de France de D1. À partir de là, le Stade va entamer une incroyable moisson de titres nationaux. Les hommes d’Henri Roessler inscrivent une première ligne au palmarès, leur premier titre de champion de France de D1. La coupe de France l'année suivante, des titres de champion puis un superbe succès en Coupe Latine en 1953, aux dépens des Italiens du Milan AC (3 buts 0) avec, notamment, un doublé d’un certain Raymond Kopa… lui ouvre de nouvelles perspectives. Le club devient également un style de jeu caractéristique basé sur du jeu court à terre.
Le 13 juin, le club champenois disputait la première finale de l'histoire de la Coupe d'Europe des Club Champions, devenue depuis Ligue des Champions. Les Rémois s'inclinent 4 buts à 3 face au Real Madrid au terme d'une rencontre qui a laissé beaucoup de regrets. En effet, les hommes d'Albert Batteux ont touché de près leur rêve. En menant 2 buts à 0 après seulement 10 minutes de jeu, le Stade de Reims semblait s'ouvrir la voie vers un succès facile. Raymond Kopa avait même une balle de 3 buts à 0 repoussée par un défenseur espagnol. Mais les Merengues ont eu le talent nécessaire pour revenir à deux buts partout. Et même si Michel Hidalgo redonnait espoir aux Rémois à 28 minutes de la fin en inscrivant un troisième but, Madrid a encore su réagir et finalement s'imposer 4 buts à 3.

A nouveau opposé au Real Madrid en Coupe des Clubs Champions, le SDR doit faire face à se bête noire. Le Stade de Reims remporte son tout dernier titre de champion de France, dans un final fou qui le verra sacré… pour un but! En effet, tout se joue sur la dernière journée et les Rouge et Blanc se retrouvent finalement à égalité parfaite avec le Racing Club de Paris. Fait exceptionnel, c’est au goal average que les deux équipes doivent se départager… Avec une moyenne de 1,383 contre 1,365, Reims l’emporte. Sur la troisième place du podium la saison précédente, les Rémois empochent un sixième titre de Champion de France de D1… à l’arraché !
Reims voit naître le football féminin grâce à… une annonce parue dans l’Union. Un peu moins de deux mois plus tard, en août 1968, les Rémoises disputent leur premier match face au FC Schwindratzheim, en lever de rideau de Reims-Valenciennes et l’emportent facilement 3-1 au terme des soixante-dix minutes et devant 6000 spectateurs.
Les Figures Emblématiques du Club
- Albert Batteux: Inventeur du jeu combiné, il reste pour tous les puristes et les amoureux du football comme le créateur d’un style de jeu et l’âme d’une équipe mythique, le Stade de Reims.
- Carlos Bianchi: Véritable renard des surfaces, mobilise sens du placement, coup d’œil, roublardise et une technique hors pair dans ses frappes de balle.
- Just Fontaine: Remporte le doublé Coupe-Championnat et est couronné roi des buteurs (34 buts pour 26 matchs) en 1958.
- Michel Hidalgo: S’adjuge le titre de champion de France en 1955 avec les Rouge et Blanc, puis affronte le Real Madrid en finale de la Coupe Latine (1955) et de la Coupe d’Europe (1956).
- Robert Jonquet: Cumulant près de 600 matchs en Rouge et Blanc, ce qui constitue le record pour un joueur du Stade de Reims, il remporte le championnat de France en 1949, 1953, 1955, 1958 et 1960 ainsi que la Coupe de France en 1950 et 1958.
- Raymond Kopa: Contribue aux deux derniers titres de champion (1960, 1962) des Rouge et Blanc, dont il revêt la tunique plus de quatre cent fois et avec qui il inscrit plus de quatre-vingt buts en championnat.

Les Périodes Difficiles et la Renaissance
Les temps changent. Il y a d’abord le refus, en 1963, de continuer de confier à Albert Batteux les commandes de l'équipe. À cela s’ajoute une santé financière de plus en plus précaire. Au moment où l’équipe, vieillissante, aurait eu besoin d’une cure de rajeunissement, les moyens viennent à manquer. Les conséquences sont immédiates: descente en Division 2 et ouverture d’une période d’instabilité sportive qui durera jusqu’en 1970, date de retour parmi l'élite.
Malgré les exploits de la star argentine Carlos Bianchi, symbole de l’époque "Tango" des Rouge et Blanc, caractérisée par sa filière de joueurs sud-américains (Delio Onnis, César Laraignée, Santiago Santamaria) joue le haut du classement en D1, remplit Delaune plus souvent qu’à la grande époque… mais ne gagne rien. Aucun titre, aucune qualification européenne ne viendront récompenser les investissements consentis entre 1972 et 1976. Après une nouvelle finale de Coupe de France perdue en 1977, le club redescend à l'étage en-dessous en 1979. Après des belles heures en D2 entre 1981 et 1988, avec deux demi-finales de Coupe de France atteintes en 1987 et 1988, le club dépose le bilan en 1991.
Sans aucun projet de reprise en vue, le Stade de Reims cessera administrativement de vivre le 11 mai 1992. Mais pas son cœur de battre. Le club renaît de ses cendres sous l'appellation Stade de Reims Champagne. La nouvelle équipe présidée par Jean-Claude Hérault démarre en Division d'Honneur. Il faudra l’aide de quelques anciens pros revenus au Stade pour relancer la machine. Reims va finir par retrouver la lumière. Montée en National en 1999, retour en D2 et du statut professionnel en 2002.
Après 33 années de purgatoire, le club rémois renaît de ses cendres et remonte parmi l'élite. Jonquet, Kopa, Muller, Onnis ou Bianchi, vont donc enfin avoir des successeurs. Pour revenir en Ligue 1, le Stade a livré une saison quasi-parfaite dans l’antichambre de l’élite. Au terme d’une saison record (88 points, 28 victoires, + 50 de différence de buts) les Rouge et Blanc deviennent Champions de France de Domino’s Ligue 2 !
Le Stade Auguste-Delaune: Plus qu'un Stade, un Symbole
Le stade de Reims est bien plus qu’une enceinte sportive : c’est un marqueur d’identité locale, un théâtre d’exploits et un lieu de vie pour des milliers de passionnés. Entre sa rénovation soignée, son ambiance chaleureuse et ses vues dégagées sur la pelouse, il séduit autant les supporters que les visiteurs de passage. Installé au bord de la Vesle, à quelques minutes à pied du centre-ville, le stade accueille les matches à domicile du club phare de la cité des sacres. L’enceinte, entièrement repensée au début des années 2010, allie confort moderne, visibilité dégagée et ambiance proche du terrain. Le stade de reims, connu sous le nom de Stade Auguste-Delaune, propose une pelouse hybride soignée, des tribunes couvertes et des services pensés pour tous les publics.

Les jours de match, l’enceinte se remplit tôt. On partage une galette au stand d’en-cas, on jette un œil à l’échauffement, et on guette l’entrée des joueurs du Stade de Reims. L’atmosphère reste familiale, avec de nombreux spectateurs venus en tribu. L’architecture privilégie l’expérience spectateur : tribunes rapprochées de la pelouse, toitures offrant une bonne acoustique, éclairage puissant pour sublimer les matches en soirée. La surface de jeu respecte les standards internationaux avec des dimensions proches de 105 x 68 m.
Le stade de reims multiplie les clins d’œil à l’histoire du club, avec des espaces qui rendent hommage aux grandes figures rouge et blanche. Inauguré en 1935, l’ouvrage s’appelait d’abord Stade municipal. Rebaptisé ensuite en hommage à Auguste Delaune, résistant rémois, il s’inscrit rapidement dans le quotidien de la ville. Après les années de guerre et des phases de remise en état, le stade devient la scène des grandes heures du Stade de Reims. La décennie 1950 voit défiler quelques-uns des plus grands joueurs français, emmenés par Kopa, Jonquet, Fontaine et l’entraîneur Albert Batteux.
Le temps passe, les tribunes évoluent. Les décennies suivantes connaissent des hauts et des bas, avec des périodes plus difficiles pour le club. Les supporters, eux, restent fidèles. Au tournant des années 2000, un vaste projet de modernisation prend forme. L’enceinte est rénovée en profondeur entre la fin des années 2000 et le début des années 2010 afin d’améliorer la sécurité, le confort et l’accessibilité. Cette trajectoire nourrit un attachement particulier. Le stade de reims a vu grandir un style, une façon de jouer et d’encourager.
Expériences au Stade Auguste-Delaune
Deux expériences s’offrent à vous : la visite découverte et le match jour J. Pour les curieux, des visites guidées peuvent être proposées ponctuellement sur réservation : couloirs des joueurs, bord pelouse, salle de presse. Si vous venez pour un match, visez une arrivée 60 à 90 minutes avant le coup d’envoi. Vous aurez le temps d’entrer sereinement, de repérer votre place et de profiter de l’échauffement. Les tribunes latérales offrent une belle lecture tactique, quand les virages plongent au cœur des chants. Les familles apprécient les zones plus calmes situées vers le milieu des latérales.
Pensez à prendre une petite couverture en hiver : la proximité de la rivière peut accentuer la sensation de froid les soirs venteux. Côté restauration, l’offre va à l’essentiel : boissons sans alcool, snacks salés et sucrés. Photographes amateurs, préférez un siège proche de la ligne médiane pour capturer les actions des deux côtés sans zoom extrême. Supporters en quête d’ambiance, regardez du côté des blocs animés par les groupes de fans : atmosphère garantie sans perdre en visibilité. Le stade de reims se découvre parfaitement à pied depuis le cœur de ville. L’enceinte se situe au 33 Chaussée Bocquaine, 51100 Reims. L’accès est clairement fléché depuis le centre-ville et les grands axes. Le contrôle des sacs est systématique, avec une liste d’objets interdits à respecter. Le paiement sans contact est largement accepté aux buvettes et points de vente. En cas de forte affluence, privilégiez des achats tôt dans la soirée. Des fontaines d’eau ou points dédiés peuvent être disponibles selon la configuration du jour.
Le Stade de Reims et la Coupe de France: Gloire et Désillusions
Malgré son statut de club historique du football français, il n'a remporté la prestigieuse compétition qu'à deux reprises, en 1950 et 1958. Une performance modeste en comparaison avec l'AS Saint-Étienne, qui a soulevé le trophée six fois, dont la dernière en 1977... précisément face aux Rémois. Le 18 juin 1977, le Parc des Princes est le théâtre d'une finale qui oppose un Stade de Reims en perte de vitesse à l'ASSE, alors au sommet de son art en championnat comme en Coupe d'Europe. Plus de 45 000 spectateurs assistent à la rencontre, mais les Rémois doivent faire sans leur buteur vedette, l'Argentin Carlos Bianchi, blessé.
Malgré la présence de Masclaux, Santamaria, Giannetta et du jeune Patrice Buisset sur la pelouse, les Champenois affrontent une équipe stéphanoise redoutable, emmenée par Curkovic, Janvion, Bathenay, Rocheteau et les frères Revelli. Reims ouvre le score, mais cède en toute fin de match : Saint-Étienne s'impose 2-1 grâce à deux buts inscrits dans les cinq dernières minutes. Cette défaite marque la fin d'une époque dorée pour le club rémois, qui ne retrouvera plus la finale de la Coupe de France.
En 1987, les supporters rémois retrouvent un brin d'espoir. Leur équipe atteint les demi-finales et affronte l'Olympique de Marseille le 2 juin, lors du match retour au stade Auguste-Delaune. Ce soir-là, 27 774 spectateurs sont présents, établissant un record d'affluence qui tient toujours. Mais face à l'OM de Karl-Heinz Förster, Reims s'effondre 5-1. L'année suivante, les Champenois connaissent une nouvelle désillusion en demi-finale face au FC Metz, futur vainqueur de l'édition 1988. Ces échecs successifs marquent le début d’une longue traversée du désert pour le club.
Avec la descente du club en National puis en Ligue 2, les performances en Coupe de France restent limitées, avec quelques quarts de finale atteints. Depuis son retour en Ligue 1 en 2012, Reims peine à briller dans la compétition, où les clubs professionnels entrent en lice dès les 32es de finale. L'histoire du Stade de Reims et de la Coupe de France reste marquée par des souvenirs glorieux et des désillusions. Les supporters attendent toujours un nouvel exploit pour faire revivre la magie de cette compétition.