Histoire du Football Club Les Lilas: Un Club Engagé dans le Développement du Football Féminin

Le Football Club Les Lilas, situé en Seine-Saint-Denis, est un club avec une riche histoire et un fort engagement envers le développement du football, notamment féminin. Cet article explore les différentes facettes de ce club, de ses équipes de jeunes à ses initiatives éducatives, en passant par son impact sur la communauté locale.

Un Club Tourné Vers l'Avenir du Football Féminin

En cette fin du mois de juin, l’attention ne se porte pas uniquement sur les pelouses du Parc des Princes ou du Groupama Stadium. Aux Lilas, en Seine-Saint-Denis, des dizaines de jeunes femmes se réunissent trois soirs par semaine pour jouer au football avec passion. Le club nourrit de grands projets pour le développement du football féminin.

À deux jours du quart de finale de la France aux États-Unis, Amira, Lina et Smina, toutes éducatrices, se rencontrent avec Bruno Coton-Pélagie, le directeur sportif du Football Club Les Lilas. À partir de septembre, chacune entraînera une équipe de jeunes femmes au sein de la structure. Lina aura la charge des moins de seize ans, Amira les moins de dix-huit, et Smina les seniors. Les effectifs sont en cours de préparation, et les futures joueuses tentent de se montrer lors de séances de détection.

Amira, 34 ans, lors d’une de ces oppositions amicales à huit contre huit sur un terrain synthétique flambant neuf, lance: "Ça ne nous intéresse pas de vous voir éliminer huit joueuses toute seule. On veut voir qui est football, on veut vous voir combiner, essayer des choses, vous trouver".

Le club n’est pas étranger à la pratique féminine du football. Aude, Salma ou Nora sont des prénoms connus de tous ici, parce qu’ils sont ceux de jeunes femmes passées par le FC Les Lilas dans leur jeunesse, et arrivées en première division, voire encore plus haut pour certaines, jusqu’aux équipes de France.

Au moment où la France se préparait à accueillir pour la première fois la Coupe du monde féminine, le FC Les Lilas s’est donné une mission: convaincre des jeunes femmes de venir défendre ses couleurs. Pour ce faire, Bruno Coton-Pélagie, le comité directeur du club et la mairie ont décidé d’investir. Il a d’abord fallu recruter des éducatrices à même d’encadrer les futures équipes, et bien évidemment trouver des joueuses motivées et déjà aguerries.

Lina, la coach des U16, 22 ans, explique: “On peut avoir envie de commencer à 12-13 ans, mais c’est très rare. Dans la plupart des cas, on commence petite et on est dedans depuis toujours. Moi j’ai commencé toute petite, Amira aussi. On joue avec les garçons et on voit qu’on aime vraiment ça.” Amira confirme: “Celles qui pourraient avoir envie de s’y remettre jouaient déjà et ont peut-être arrêté parce qu’elles n’avaient plus de club par exemple. Chez les filles, c’est soit on s’y met très tôt et on arrive à un super bon niveau, soit on ne joue pas.”

La force du projet des Lilas, c’est d’avoir su mettre les moyens au service de leurs ambitions. Virginie, la secrétaire, travaille à temps plein pour gérer l’administratif, les licences et les dossiers. Deux minibus sont disponibles pour emmener les équipes en déplacement. Jonathan gère les commandes de ballons, cerceaux et autres plots. Matthieu propose des entraînements spécifiques aux gardiennes et gardiens de but. Fabrice cherche à faire de la place aux nouvelles équipes dans les plannings déjà garnis de réservations de terrains pour les quelque 900 joueuses et joueurs du FCLL. Les trois coaches ont l’air comblées.

Bruno Coton-Pélagie leur confirme: “Vous n’avez que le sportif à gérer. Vous avez les yeux tournés sur le terrain, et vous n’avez qu’à faire progresser les filles.” Amira s’enthousiasme: “C’est agréable d’être dans une ville qui parle football”, quand son directeur sportif explique qu’il n’a eu besoin de convaincre personne pour enclencher son projet d’équipes féminines, que tous les décideurs étaient évidemment partants. Amira, la future coach des moins de dix-huit ans, complète: “Les Lilas, c’est un club qui est reconnu, qui a une belle image. En Seine-Saint-Denis et ailleurs. Un club structuré, organisé, qui ne laisse pas tomber les filles. C’est un club qui croit aux filles, qui ne va pas les laisser de côté, qui va leur offrir de bonnes conditions.”

Lina, qui se réjouit d’avoir de bons créneaux et de se sentir soutenue par la structure dirigeante, ajoute: “Sans appui, on a beau avoir un effectif, des joueuses de qualité, on ne peut pas avancer”. Avec son équipe de moins de seize ans, créée à la rentrée dernière, elle n’a pas pu s’inscrire dans un championnat car la saison était trop avancée. Alors elle leur a fait jouer des matches amicaux tous les samedis, “souvent à domicile”, et les a entraînées deux fois par semaine.

Le directeur sportif corrobore: “Ce qui m’a bien plu, c’est que dès les premiers matches des féminines, les coaches et les joueurs sont venus. Pas par curiosité, mais pour les supporter, pour les encourager. Et elles, elles sont venues voir les garçons”. Amira, enchantée, s'exclame: “C’est l’esprit club! C’est ce qu’il devrait y avoir dans tous les clubs. Les filles aiment tout autant le football que les garçons.”

Bruno Coton-Pélagie explique en souriant qu’il aimerait pouvoir fournir quatre kits complets d’équipement à ses recrues. Amira rêve à voix haute de reproduire ce qu’elle faisait à Pantin en emmenant ses joueuses en stage à l’étranger, évoquant un séjour près d’Athènes dans le Clairefontaine grec. Toutes les bonnes idées sont bonnes à prendre et le club ne s’interdit rien.

À l’été 2019, parmi les visages qui viennent aux détections, il n’y a pas que des inconnues. Smina en a entraînées ailleurs, notamment à Aubervilliers, Lina avait déjà la charge des U16 cette saison, Amira a proposé à ses protégées de la suivre dans cette nouvelle aventure.

L’entraîneure au CMS Pantin explique: “Je viens d’un club qui a va fusionner avec un autre, et je n’avais pas trop confiance dans le projet qui allait suivre. Les filles qui m’accompagnent, je leur ai vraiment laissé le choix. Elles m’ont répondu qu’où j’irais, elles viendraient avec moi, et elles ont tenu parole.”

Alors qu’elle nous explique cela, une adolescente en jaune fluo lance à son adversaire directe, impressionnée: “Ah mais tu vas trop vite toi...” Un bon signe. Avant la reprise, il faut déjà travailler à l’harmonie du futur groupe.

Amira demande aux jeunes femmes: “L’année prochaine, vous allez jouer avec des joueuses que vous ne connaissez pas. Alors on reprend avec un peu plus d’envie, un peu plus de rythme”, déroutée par le comportement de certaines, qui ne se montrent coopératives qu’avec celles qu’elles connaissent déjà. La plupart se jaugent, se sont déjà affrontées. La grande gardienne des jaunes reconnaît sa petite homologue à lunettes et en chasuble bleue. “Ah mais elle était au tournoi elle!”, lance-t-elle à une amie défenseure.

Smina, 28 ans, abonde: “Vous ne vous connaissiez pas avant d’être copines. Alors je veux un vocabulaire correct. Respectez-vous. Soyez coéquipières, jouez ensemble”.

Les trois éducatrices sont persuadées que les résultats viendront vite. Lina explique: “Les filles que l’on voit arriver en septembre, on veut pouvoir se rendre compte de leurs progrès de manière évidente, dès le mois de juin suivant et la fin de saison”.

Au total, elles ambitionnent de recruter au moins quarante joueuses pour constituer leurs trois formations. Lina détaille: “On sait que sur une équipe, il y a à chaque fois cinq joueuses pour lesquelles ça va être compliqué avec les blessures, les règles, l’école, les problèmes personnels...” Et avec chacune, il y aura un travail de fond à faire. Pas seulement au niveau tactique sur le terrain ou dans le contenu physique des séances, mais aussi pour ce qui est de la culture football.

Amira détaille: “La formation est essentielle avec les filles parce que comme elles sont scolaires, elles vont se souvenir de tout ce que tu leur dis.” La formatrice poursuit en faisant une distinction avec les garçons qui “ont ça dans le sang”, qui “regardent du foot à la télé depuis toujours”, qui “savent ce que c’est” qu’un hors-jeu. “Il y a quelques filles comme cela, mais ce n’est pas la majorité. On a des filles pétries de qualité, mais qui ne connaissent pas certaines choses, à qui il faut expliquer qu’elles ne sont pas hors-jeu si elles partent de leur camp par exemple. Il faut leur expliquer, leur apprendre et ensuite elles comprennent et retiennent.”

Smina, qui aura la responsabilité de l’équipe senior, ne peut que confirmer que le travail paie avec les féminines, peut-être plus visiblement encore qu’avec les garçons. “J’en ai eu pendant trois ans, qui maintenant sont au PSG ou au Paris FC.”

C’est pour cela que durant les détections, les coaches ratissent large. “On va faire des tests physiques, de vitesse, d’endurance. Et après on regarde le niveau technique des filles.”

Lina encourage: “Il y aura des complications, je ne vous le cache pas. Ça va être dur, mais il faut tenir”. Bruno Coton-Pélagie d’enchaîner: “Il va y avoir des problèmes d’effectif, des difficultés… À chaque fois qu’il y a création d’équipe, c’est comme ça.” Et c’est ainsi que se forgera l’âme des équipes féminines des Lilas.

Fidèle à sa culture de la gagne et de la performance, le club voit loin. Bruno Coton-Pélagie le dit à ses éducatrices: pour celles dont les équipes évoluent en championnat (les seniors), il faudra viser la montée. Et pour celles qui jouent en critérium au niveau départemental (sans système de promotion donc), il faudra enchaîner les victoires et figurer au mieux. Car le but n’est pas simplement de faire jouer des jeunes femmes. Le directeur sportif veut que les plus douées aillent jouer dans l’équipe du dessus, occasionnellement d’abord, et plus régulièrement si elle en a les capacités. Qu’une footballeuse de quinze ans aille se frotter à celles de dix-huit si elle en a le niveau, voire aux seniors.

Lina dit en lui donnant raison: “Moi à 16 ans, je jouais contre des mamans de 33 ans. Il faut juste tenir physiquement. Et si tu peux, tu peux jouer très jeune avec les seniors”. Bruno Coton-Pélagie poursuit: “Et pour l’équipe senior, le but c’est aussi de faire évoluer les meilleures pour qu’elles puissent aller signer dans un club plus huppé que les Lilas. C’est comme cela que l’on fonctionne avec nos garçons”, dont le club a vu passer nombre de gamins futurs joueurs de première division, à l’image de l’international camerounais Alexandre Song, passé par Arsenal et le Barça.

Pour le dirigeant, il ne faut surtout pas brider les talents et les retenir dans une petite structure. “C’est pour elles et pour le foot féminin. Si on l’éteint à la base, on ne va pas s’en sortir.” C’est pour cela qu’une fois que tout sera en place, il compte rajeunir et recruter de plus en plus tôt, pour former les jeunes filles dès “dix ou onze ans”. Il s’enthousiasme déjà: “Aux Lilas vont pouvoir jouer en mixité dès 5 ans et ensuite basculer en féminines. Jusqu’aux équipes seniors.”

Selon des chiffres fournis mi-juin par la FFF à Franceinfo, il y aurait pour l’heure des sections féminines dans 3100 des quelque 15.000 clubs amateurs de football officiellement reconnus. Mais à l’image des Lilas, et sans aucun doute encouragée par le succès populaire de la Coupe du monde 2019 et l’engouement qui va suivre, cette proportion devrait aller en augmentant dans les années à venir.

Bruno Coton-Pélagie partage ce sentiment: “On a fait venir une joueuse internationale il y a quelques semaines, Hawa Cissoko, qui est du coin. Et les gamines étaient comme des dingues. Elles étaient comme les garçons il y a 25 ans si tu leur mettais un footeux dans la cour de l’école. Ça marche vraiment très fort.” Et avec son œil de recruteur, l’ancien joueur de D2 voit déjà des possibilités émerger avec le football pratiqué par les filles à l’école: “C’est très bien: le périscolaire va nous faire sortir des filles qui ont envie de jouer en club.”

Frustrées par la semaine de canicule de la fin juin qui les a privées de trois séances de détection, les trois coaches Lina, Smina et Amira, ont déjà hâte de démarrer leur saison. Amira regrette par exemple début juillet: “Les joueuses ont du mal à se motiver comme on est en petit nombre”, alors que les vacances commencent. Alors les éducatrices pressent leurs dirigeants. Elles veulent pouvoir reprendre le plus tôt possible, dès la mi-août ou même avant, et continuer de découvrir de nouveaux talents pour constituer leurs onze. Après un Mondial qui fera sans aucun doute date dans l’histoire de la pratique féminine du football en France, elles ne devraient pas manquer de candidates.

Et tenteront avec elles, dès septembre, d’inscrire le nom de leur nouveau club dans le paysage de la discipline.

Reportage de Téléfoot sur l'équipe de France féminine en février 1980

Les Lilas et le Challenge National PEF

La cinquième édition du Challenge National PEF avait lieu sur le week-end du 28 et 29 juin à Clairefontaine. Le FC Les Lilas a été sélectionné en tant que lauréat francilien, et les jeunes U11 lilasiens ont pu découvrir les installations du CNF. Depuis cinq ans, le Challenge National PEF est un rendez-vous annuel de fin de saison à Clairefontaine pour valoriser les programmes éducatifs des clubs les plus méritants. Un club par Ligue a été choisi pour participer à cet évènement qui s’est déroulé sur le week-end du 28 et 29 juin. En Île-de-France, c’est le FC Les Lilas qui a été lauréat pour la seconde fois en quatre ans. Le club lilasien a donc pu amener son équipe U11 et permettre à ces jeunes joueurs de découvrir le Centre National du Football.

David Mirandon, référent Programme Éducatif Fédéral au club du FC Les Lilas, explique : « Le Programme Éducatif Fédéral, c’est la mise en place sur l’année de différentes actions. Cette année, j’ai lancé des actions pédagogiques comme elles me venaient en essayant toujours de faire des thèmes marquants dans le lot. Cette saison, aux Lilas, on essaye vraiment d’impliquer les parents pour retrouver un peu le côté associatif. »

Olivier Zaffino, chef de délégation du FC Les Lilas à Clairefontaine, ajoute : « L’accueil s’est très bien passé. Rassembler des clubs de toutes les régions de France comme cela autour du foot et du côté éducatif, c’est fabuleux, motivant et positif. Les chambres étaient spacieuses avec un grand confort, l’idéal pour les plages de repos lors de ce séjour chargé. »

Les ateliers abordaient aussi les sujets du harcèlement, du bon comportement citoyen, du savoir vivre en société. Il y a eu attribution de cartons verts de bon comportement, attribué à des joueurs qui ressortent du lot pour des comportements d’exception répondant aux mots clés solidarité, plaisir, respect, engagement, tolérance.

Tableau Récapitulatif des Initiatives du FC Les Lilas

Initiative Description
Création d'équipes féminines Mise en place de sections pour les U16, U18 et seniors.
Recrutement d'éducatrices Embauche de coaches qualifiées pour encadrer les équipes féminines.
Programme Éducatif Fédéral (PEF) Actions pédagogiques impliquant les jeunes joueurs et leurs parents.
Participation au Challenge National PEF Valorisation des programmes éducatifs du club à Clairefontaine.

Autres Faits Marquants de l'Histoire du Club

  • Coupe de France: En décembre, Les Lilas ont reçu le feu vert pour accueillir Caen en Coupe de France, une belle fête pour tous les jeunes du club.
  • Formation: À l'image de Samuel Umtiti et Christophe Jallet, des figures du football choisissent la Ligue de Paris Île-de-France pour se former au BEF (Brevet d’Entraîneur de Football).
  • Parcours inspirant: Nadia Melliti, originaire de Romainville et ayant joué au FC Les Lilas, a remporté le prix d’interprétation à Cannes, montrant que le club peut être un tremplin vers différents horizons.

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