L'Histoire de l'Équipe de Hongrie Féminine de Football: Des Moments de Gloire aux Défis Actuels

L'histoire du football hongrois est riche et complexe, marquée par des périodes de domination mondiale et des moments de désillusion. Cet article explore l'épopée de l'équipe de Hongrie, en mettant en lumière les figures emblématiques et les événements clés qui ont façonné son parcours.

L'âge d'or du football hongrois

Pendant quatre ans, les Hongrois ont régné sur le foot mondial, jusqu'à leur défaite en finale de la Coupe du monde en 1954. Le début d'un long passage à vide qui ne s'est achevé que ces dernières années. Il y a un peu plus de soixante ans, la question ne se posait même pas. La Hongrie était la meilleure équipe de football du monde : les meilleurs joueurs, un fin stratège sur le banc, une tactique révolutionnaire, des années-lumières d'avance sur le Brésil et l'Angleterre, une moyenne de 8 buts infligés à chaque adversaire... Une étude statistique de la BBC a même consacré cette Hongrie des années 1950 à 1954 comme la meilleure équipe de tous les temps, devant le Brésil de Pelé, l'Argentine de Maradona ou les Pays-Bas de Cruyff.

L'essor de l'équipe hongroise au début des années 1950 est d'abord le fruit d'un incroyable concours de circonstances. Prenez les stars de l'équipe : Ferenc Puskas, qui aurait dû devenir apatride, car d'origine allemande, si les fonctionnaires du nouveau régime stalinien au pouvoir en Hongrie avaient bien fait leur travail. Tout comme son comparse Sandor Kocsis, dont le nom était Sandor Wagner à l'origine. Ou le pilier de la défense, Gyula Lorant, libéré d'un camp de prisonniers politiques en 1949 sur l'insistance du sélectionneur, Gusztav Sebes.

Entre 1950 et 1954, l'Aranycsapat -littéralement "le onze d'or"- règne sur le monde du football.

Le "Match du Siècle"

Avant même son coup d'envoi, l'Angleterre-Hongrie du 25 novembre 1953 est désigné par la presse européenne comme le « match du siècle », même s'il ne s'agit que d'une rencontre amicale. Il est vrai que tous les ingrédients sont réunis pour faire du rendez-vous de Wembley un événement marquant : la Hongrie, championne olympique en 1952 et auréolée d'une réputation de jeu de grande qualité, défie sur ses terres cette Angleterre encore pétrie d'un sentiment de supériorité à l'égard du reste du monde, et toujours invaincue à domicile face aux sélections non britanniques.

La modernité tactique du Onze d'Or hongrois

Ce « match du siècle » tiendra toutes ses promesses. Mais pas pour avoir donné lieu à un débat entre géants, incertain jusqu'au bout. Il entre dans la légende pour la raclée administrée aux Anglais (6-3), et, surtout, pour la manière dont les Hongrois ont dominé leurs adversaires. Malgré le courage des hommes du sélectionneur anglais Walter Winterbottom, on ne verra qu'une seule équipe sur la pelouse de l'Empire Stadium : la Hongrie, qui mène 4-1 après moins d'une demi-heure, puis 6-2 dès la 53e minute. Le 6-3 final ne reflète d'ailleurs pas l'écart entre les deux équipes : avec 35 tirs à 5, les visiteurs auraient dû l'emporter bien plus largement.

La différence est telle que Gabriel Hanot, l'envoyé spécial de L'Équipe, emploie cette étonnante métaphore dans France Football, le 1er décembre 1953 : « Les Hongrois combattent avec des armes automatiques ; les Anglais avec des bâtons, des fourches et des faux ! »

Un temps d'avance sur l'histoire

Plus tard, Bobby Robson, futur sélectionneur de l'Angleterre (1982-1990) et présent au stade, aura cette réflexion à propos des Hongrois : « C'est comme si l'on venait de voir des Martiens. » Jacques Ferran, l'autre envoyé spécial de L'Équipe, en gardera un souvenir enthousiaste. Pour le cinquantième anniversaire du match, il écrira dans France Football : « J'ai éprouvé très vite le sentiment d'être en présence d'un football d'un autre monde, pratiqué par des joueurs exceptionnels. Les Hongrois pratiquaient un autre jeu, à la fois sur le plan individuel, avec des touches de balle, des feintes, des tirs puissants ou placés, et sur le plan collectif, avec des déplacements variés et de remarquables combinaisons. Ils avaient aussi la puissance et les qualités athlétiques sans lesquelles la technique est vaine. »

Kees Rijvers, mythique ailier de Saint-Étienne dans les années 1950, aujourd'hui âgé de 97 ans : « Avec mon coéquipier du Stade Français, Egon Jönsson, on avait pris le bateau pour l'Angleterre et filé à Londres assister à ce match que tout le monde attendait. J'ai admiré une Hongrie extraordinaire, largement supérieure. Ferenc Puskas était impressionnant, mais c'était le collectif qui faisait vraiment la différence. »

La Hongrie déploie à Wembley un jeu des plus modernes. L'Angleterre et son style tout en puissance et défi physique est submergée par un adversaire jouant un football total bien avant l'Ajax Amsterdam de Johan Cruyff. Au top athlétiquement, dominants au plan technique, toujours en mouvement, les Hongrois font preuve d'une incroyable polyvalence, alternant jeu court et jeu long, temporisations et accélérations dans le dos de la défense anglaise.

Il y a Nandor Hidegkuti, l'avant-centre. Un « faux 9 » avant la lettre, aux décrochages incessants et auteur d'un triplé. C'est un football de virtuoses. Tel Puskas, le génial gaucher de Honved, auteur d'un doublé dont un râteau prodigieux dans la surface avec enchaînement sur une frappe en pleine lucarne. Plus une superbe passe lobée à Hidegkuti sur le sixième but hongrois.

Les 105 000 spectateurs de Wembley ont-ils conscience que le ballon rond vient d'entrer dans une nouvelle dimension ? Le Times se chargera de leur signaler le lendemain : « Une nouvelle conception du football est née. » Et Hanot d'ajouter « qu'avec la Hongrie, tout ce qui est football statique et routine a vécu ».

Retour au pays triomphal

Les Hongrois, eux, ne sont pas mécontents de la leçon infligée aux Anglais. Leur sélectionneur, Guzstav Sebes, est le plus comblé. Le 21 octobre, il avait assisté à Wembley au match Angleterre-reste du monde (4-4). Et pas uniquement pour prendre des notes sur les Anglais. Le lendemain, il avait inspecté la pelouse, étudié les rebonds, réalisé des frappes et mesuré le terrain. Il s'était également fait donner quatre ballons anglais pour y familiariser ses joueurs lors des entraînements à Budapest, sur un terrain porté aux dimensions de celui de Wembley.

Ce triomphe lui vaudra un retour en héros au pays. Après, comme à l'aller, un petit détour par Paris entre distractions - Lido et Folies Bergère - et matches amicaux avec des équipes d'ouvriers. Sebes, ancien contremaître de l'usine Renault de Billancourt au milieu des années 1920, y tenait particulièrement.

À Budapest, 1 million de personnes en liesse attend la sélection. Toute la Hongrie rêve déjà du titre mondial de 1954 pour l'Aranycsapat, l'équipe en or. Qui pourrait bien l'arrêter, avec un tel effectif en plus ? Outre Hidegkuti et Puskas, il faut ajouter Jozsef Bozsik, Zoltan Czibor et Sandor Kocsis, dit « Tête d'or », 75 buts en 68 sélections. Sans oublier un gardien, Gyula Grosics, qui n'hésite pas à sortir de sa surface et jouer au pied.

Ce sentiment d'invulnérabilité est renforcé par le 7-1 infligé à l'Angleterre lors de la revanche, le 23 mai 1954 au Nepstadion de Budapest. Et par la promenade de santé lors du premier tour de la Coupe du monde en Suisse : 9-0 face à la Corée du Sud, 8-3 contre la RFA. En quarts, la Hongrie sort vainqueur (4-2) d'une véritable bataille rangée contre le Brésil, puis s'impose au forceps (4-2 a.p.) face à l'Uruguay, tenante du titre. Elle arrive en finale forte d'une série record de 32 matches sans défaite (28 victoires, 4 nuls).

La désillusion de Berne

Pourtant, le 4 juillet à Berne, se produit l'invraisemblable face à la RFA. Après avoir rapidement mené 2-0, la Hongrie est rejointe dès la 18e minute et s'incline (2-3) sur un but d'Helmut Rahn en fin de rencontre. Le retour à Budapest est douloureux, en particulier pour Sebes, cible des plus virulentes attaques. Même si les Allemands seront soupçonnés de dopage aux amphétamines, cet échec ne lui sera jamais pardonné. Ses détracteurs lui reprochent, outre une nette fragilité défensive, d'avoir aligné un Puskas revenant de blessure et le peu de rotation dans l'effectif : 7 des 11 titulaires ont joué l'intégralité du Mondial contre deux côté RFA.

A priori, ce revers ne signifie pas pour autant la fin d'une équipe. Une bonne partie de l'Aranycsapat aurait encore été dans la force de l'âge en 1958... Mais le cours de l'histoire va tout balayer.

L'exil après l'invasion

Une révolte populaire entraîne l'éviction des dirigeants prosoviétiques au pouvoir en Hongrie le 23 octobre 1956 au profit des réformateurs du nouveau Premier ministre Imre Nagy. Mais, le 4 novembre, l'URSS envahit le pays et écrase le mouvement dans le sang. Plus de 2 500 Hongrois sont tués et 200 000 fuient leur pays. Nagy sera, lui, exécuté en 1958.

L'équipe de Honved, ossature de la sélection, est alors en tournée en Europe pour préparer notamment la Coupe des clubs champions, au calendrier moins rigide qu'aujourd'hui. Éliminée par Bilbao (2-3, 3-3) au premier tour (le match aller a eu lieu le 22 novembre et le retour, le 20 décembre, à Bruxelles et pas à Budapest), elle décide de poursuivre ses tournées à l'étranger pendant près de deux mois, avant d'être rappelée à l'ordre par les autorités. Si la majorité des joueurs rentre à Budapest, Puskas, Czibor et Kocsis choisissent l'exil. Suspendus dix-huit mois par la FIFA, ils vivront une seconde carrière lumineuse en Espagne, au Real Madrid et au FC Barcelone notamment.

Le traumatisme est durable pour l'équipe de Hongrie. Le pays fait son retour sur la scène internationale lors du Mondial 1986 au Mexique. Flanqué d'une flatteuse réputation, il se voyait n°1 européen, après une superbe campagne qualificative et une série de matchs amicaux très solides. Une défaite 6-0 pour son entrée dans la compétition face à l'URSS douche d'emblée l'enthousiasme des supporters.

L'équipe de Hongrie aujourd'hui

Membre du groupe F à l'Euro, avec la France, le Portugal et l'Allemagne, les Hongrois ont petitement battu Chypre en match de préparation (1-0), ce vendredi soir. Il manquait du monde dans le onze de départ de la Hongrie, qui recevait vendredi soir Chypre pour le premier de ses deux matches amicaux. Mais il y en avait en tribune au stade Ferenc-Szusza de Budapest, à ne pas confondre avec la Ferenc-Puskas-Arena où les Magyars accueilleront la France à l'Euro, lors du deuxième match du groupe F, le 19 juin.

D'abord sans Willi Orban, Loïc Nego ou encore Adam Nagy, qui ont fait leur entrée en seconde période, les Hongrois ont donné un tour concret à leur longue préparation en proposant le 3-5-2 favorisé par le sélectionneur italien Marco Rossi. Face à des Chypriotes qui ne disputeront pas l'Euro, ils ont été peu mis en danger mais n'ont pas non plus affiché une flamboyance folle.

Juste ce qu'il faut pour réaliser la différence en fin de première période: Laszlo Kleinheisler a centré depuis la gauche, Filip Holender a manqué sa reprise mais pas le milieu Andras Schäfer, du droit, près du point de penalty (36e). Il s'agissait de se mettre en jambes, alors même Peter Gulacsi, le gardien de Leipzig, a cédé sa place à la mi-temps.

Le penalty manqué par Nemanja Nikolics n'en est devenu que plus accessoire (86e). La Hongrie peaufinera sa préparation mardi face à l'Irlande, et le onze de départ devrait cette fois ressembler davantage à celui qui défiera le Portugal le 15 juin à l'Euro.

Match France - Hongrie du 7 mai 2014

Dans la course à la qualification pour le Mondial 2015 au Canada, la France signe un 8ème succès en éliminatoires, lors de son quatrième et avant dernier déplacement. A Budapest, le match est l'occasion de la titularisation d'Amel Majri dans le couloir gauche et de la première sélection de Kenza Dali, qui entre en remplacement de Marie-Laure Delie dans le dernier quart d'heure du temps règlementaire. Sabrina Delannoy porte le brassard, associée en défense centrale à Laura Georges qui fête ses 30 ans.

Les temps forts du match :

  • 10' 0-1, Le Sommer ouvre le score de la tête aux 6 mètres sur un service de Camille Abily.
  • 25' 0-2, Le Sommer double le score d'une splendide reprise de volée du gauche, de l'angle gauche de la surface de réparation hongroise, après un contrôle de la poitrine d'un ballon renvoyé par la défense.
  • 39' 0-3, Smuczer trompe sa gardienne (csc) en détournant un centre tendu de Gaëtane Thiney.
  • 73' 0-4, Delie, alertée par un service en profondeur de Louisa Necib, vient ajuster Szocs d'une frappe enroulée du droit.

Composition des équipes :

  • Hongrie : Csiszar, Gal, Papp, Racz, Smuczer, Szeitl, Szocs, Talosi, Toth, Vago, Zeller
  • Remplaçants Hongrie : Padar Sipos Szuh

Historique des rencontres :

  • mercredi 7 mai 2014 - Eliminatoires coupe du monde féminine Europe
  • samedi 22 avril 2006 - Eliminatoires coupe du monde féminine Europe
  • mercredi 9 novembre 2005 - Eliminatoires coupe du monde féminine Europe
  • samedi 24 avril 2004 - Qualification Coupe Europe
  • dimanche 11 mai 2003 - Qualification Coupe Europe

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