Vingt-six ans sur les terrains : l'expérience d'un arbitre de football amateur en Bretagne

Ils sont souvent chahutés mais pourtant indispensables à la vie des terrains. Très souvent critiqués, parfois agressés, les arbitres sont pourtant indispensables à la vie du football amateur. Pour répondre à ces nombreuses questions, Prolongation a fait appel à Guillaume Troboa. Depuis vingt-six ans, Guillaume Troboa est arbitre de football amateur, en Bretagne.

Le Finistérien de 41 ans arbitre sur les terrains de football amateur en Bretagne depuis 26 ans. Il dirige une quarantaine de rencontres par saison, de la touche en National 2 (4e division) au centre en Régional 1 (6e division). Il cumule donc près d’un millier de matches arbitrés. Et il a presque autant de choses à dire sur son rôle.

Pour Prolongation, il a accepté de raconter ses premiers pas, sa prise de confiance, ses préparations de matches et sa gestion des rencontres.

Comment gèrent-ils l’environnement parfois hostile qui entoure une rencontre ? Quel rapport ont-ils aux joueurs ? Quelle place occupe ce rôle dans leur vie ?

Dans la tête d’un arbitre amateur 🎙️⚽

Les débuts d'une passion

« J’avais 7 ans quand j’ai commencé le football à Trégourez, mon petit patelin dans le Finistère Sud. J’étais gardien de but. J’y ai joué jusqu’à 12 ans. J’ai dû faire un seul match en U13. Défaite 23-0. Bon… En plus, j’étais au collège à Quimper. Je prenais le car tous les matins à 6 h 45, j’avais 45 minutes de trajet, je rentrais à 19 h, il fallait faire les devoirs… J’ai décidé assez vite d’arrêter le foot.

Mais j’ai continué à assister aux rencontres de mon club, notamment celles de mon grand frère, qui jouait avec l’équipe A senior de Trégourez, en District. Mon attention s’est naturellement et rapidement portée vers l’arbitre de centre. Par curiosité. C’est lui qui prenait les décisions, c’est toujours lui que les supporters critiquaient. Moi, je ne criais pas. J’étais passionné par le jeu, donc par les lois du jeu. J’ai vite remarqué qu’au dernier niveau de District (D4), il n’y avait que des arbitres bénévoles aussi bien au centre qu’à la touche. C’était même un remplaçant de l’équipe à domicile qui faisait l’arbitrait assistant pendant la première période. Mais puisqu’il fallait qu’il se prépare pour jouer son match, il fallait trouver un nouvel arbitre de touche pour la deuxième période. Mon club galérait à trouver un bénévole à chaque fois, car il y avait peu de spectateurs à cette époque-là.

Guillaume Troboa arbitre sur les terrains bretons du foot amateur depuis 26 ans

Les premières expériences sur le terrain

Puis, un jour, on m’a demandé. J’avais 13-14 ans. Ça m’a tout de suite plu. J’ai débuté par la touche en D4 à domicile et à l’extérieur. J’adorais accompagner les copains et ça me permettait de les voir le week-end. J’ai appris les gestes sur le tas. Je me suis procuré le livre des lois du jeu, un pavé à l’époque. Il faisait 200-250 pages. Je le lisais dans le bus pour aller et retourner au collège. Et c’était mon livre de chevet, le soir.

La saison suivante, j’ai commencé à faire arbitre central des matches de mon club, toujours en D4. J’avais entre 14 et 15 ans et je gérais un groupe d’adultes. Je m’épanouissais. Oui, je me faisais engueuler. Oui, c’était dur. Mais j’apprenais, je m’endurcissais. Je me sentais utile. Au début, les joueurs de mon club que j’arbitrais ne comprenaient pas que je les sanctionne, que je ne les avantage pas comme il est coutume qu’un arbitre local le fasse.

En 1995, on ne pouvait passer l’examen d’arbitre de District qu’à 15 ans. Ce fut en avril 1995, pour ma part. J’ai passé trois ou quatre samedis après-midi au siège du District, à Quimper, avec des formateurs de la CDA (commission départementale des arbitres), qui dispensaient des cours théoriques. Lors de l’examen, on avait un questionnaire sur les lois du jeu, une feuille de match à remplir et une dissertation à écrire. Ne me demandez pas le sujet, je l’ai oublié ! Il y avait aussi un exercice physique : réaliser le test de Cooper qui consiste à courir autour d’une piste et à réaliser un certain nombre de tours. J’ai eu du mal. J’ai échoué, même. Je pensais que c’était fichu à cause de ça. Mais j’avais finalement été reçu en terminant sixième sur une quinzaine de candidats.

Le livre des lois du jeu, guide de tout arbitre de football.

Devenir arbitre officiel

Je devenais donc arbitre officiel, je pouvais être désigné sur n’importe quel match du District. Je quittais l’environnement familier de mon club. J’avais 15 ans, j’étais un gamin. Mon premier match m’a marqué. C’était en moins de 15 ans, entre l’Hermine Concarneau et Quimper Kerfeunteun. La nuit avant, je ressentais beaucoup d’excitation. Il y avait un peu de stress, aussi, mais davantage à cause de tous les à-côtés : la feuille de match à remplir, le déplacement à préparer.

Lors de ce match à Concarneau, j’ai sifflé deux penalties. Avec ma petite expérience, j’étais habitué aux fautes de pied, classiques, mais beaucoup moins aux discrètes fautes de main. J’ai eu du mal à les détecter. J’étais accompagné d’un formateur, Philippe Daniel, membre de la CDA et arbitre expérimenté, qui m’a donné quelques conseils avant et après le match : comment réaliser le contrôle d’équipements, comment se placer sur les remises en jeu, comment détecter les fautes de main. Il me manquait ces petites ficelles, que tu n’acquiers pas lors des formations théoriques.

Mon premier carton, aussi, m’a marqué. J’avais 15-16 ans, c’était en Coupe Gambardella. J’étais un nain comparé à ces joueurs de 18-19 ans. C’était encore l’Hermine Concarneau, contre Gourin. Après une faute, je devais adresser un avertissement à un joueur. J’ai pris mon carton dans la poche, je l’ai brandi et là, le mec rigole. Je me demande pourquoi, je regarde ma main et je vois que j’avais sorti la carte verte d’arbitrage, où on note les changements… J’ai ri aussi. Ça t’arrive une fois et ça ne t’arrive plus par la suite. Une fois, aussi, il m’est arrivé de ne pas sortir un deuxième carton jaune à un jeune que je connaissais.

Au fur et à mesure des observations et stages de perfectionnement, les membres de la commission des arbitres ont constaté que j’étais motivé et que j’avais une marge de progression. À 16 ans, je suis devenu jeune arbitre de Ligue et j’ai dirigé des équipes de moins de 15 ans et moins de 17 ans. Puis, j’ai été désigné pour officier en championnat national moins de 15 ans. J’avais des déplacements vers Brest, Guingamp, Lorient, Morlaix. L’aventure ! Mais je n’avais pas de permis de conduire et les matches se déroulaient le dimanche. Ce qui était bien dans mon club de Trégourez, c’est que les dirigeants ou éducateurs se sont rendu compte que c’était une chance d’avoir un arbitre donc il y avait toujours un bénévole pour me conduire.

J’ai multiplié les matchs à tous les niveaux, en jeunes de moins de 15 ans aux moins de 19 ans en Ligue et en District. J’étais récompensé en fin de saison pour arbitrer les finales de Coupe de District ou de Coupe de Bretagne en jeunes. En 1997, j’ai été retenu pour officier la finale nationale poussins au centre technique national à Clairefontaine.

Guillaume Troboa a gravi les échelons de l’arbitrage breton au fil des années

L'ascension vers les compétitions seniors

Dès que j’ai atteint la majorité, j’ai arbitré au centre, en jeunes le samedi, puis la touche en senior le dimanche (en DHR et PH, devenus R2 et R3). Je montais encore d’un cran en découvrant les compétitions seniors en ligue. Mon premier match de seniors au centre fut en promotion de Première division (D2) entre Scaër et Kerfeunteun. J’étais accompagné par Maurice Duvail et Jean-Yves Burel, deux membres de la commission régionale des arbitres (CRA), pour analyser mon comportement face à des seniors. J’avais eu une super rencontre, de bon niveau, ça s’était très bien passé. Les joueurs m’avaient bien respecté et accompagné.

À ce moment-là, la Ligue avait le droit de proposer cinq candidats pour être « jeune arbitre de la FFF », afin d’arbitrer en U19 Nationaux. J’ai fait partie des sélectionnés et on était envoyé sur des matches de U17 Nationaux pour y être observés, dans un rayon de 500 km. J’ai officié à Carquefou, Laval et Avranches. On était une cinquantaine de candidats de toute la France pour 20-25 retenus. Il y avait aussi une partie théorique avec des questions assez incroyables, du style : « Que se passe-t-il si un chien tape un ballon ? », « Que se passe-t-il si le ballon éclate alors qu’il prend le chemin du but ? », « Et si le gardien prend son protège-tibia pour arrêter une frappe ? » Ça m’a servi à connaître les lois du jeu par cœur. Bon, je n’ai malheureusement pas été pris.

Mon premier match de Ligue était en PH à Goyen, face à une équipe de Quimper. Là, ce n’était pas facile. Je suis arrivé une heure avant le match. J’hallucinais de voir le public déjà là. Ça changeait du District. J’ai découvert un autre univers et un autre environnement. Au début du match, certains joueurs essayaient de me tester, de m’intimider. Après la rencontre, je me suis posé la question de savoir si je n’avais pas évolué trop vite : ne me manquait-il pas plus d’expérience sur des matches de District ? C’est l’une des rares fois où j’ai douté.

Les moments forts et les motivations

À 18-19 ans, j’ai fait la finale du Mondial pupilles de Plomelin, tournoi international qui se déroule pendant le week-end de l’Ascension. C’était l’aboutissement pour les jeunes arbitres du District Finistère Sud. Il y avait 8 000 spectateurs dont toute ma famille qui était présente. Je me souviens de l’affiche : Anderlecht contre le Spartak de Moscou. Ça s’était bien passé, et fini aux tirs au but. J’ai gardé les articles de la journée.

Ça fait vingt-six ans que j’arbitre, déjà ! Pourquoi ? Ce n’est pas pour l’argent. Financièrement, Il y a un petit pécule financier, oui, ce qui n’est pas négligeable quand on est jeune et qui fait toujours plaisir quand on est adulte. Quand j’ai débuté, c’était 200 francs par match. On va dire 30 €. Donc, avec deux matches le week-end, ça tournait autour de 60 €. De l’argent de poche pour se faire plaisir. Depuis, ça a augmenté.

Notre prime de match est décomposée entre les frais kilométriques (0,401€ par km) et notre indemnité de match, variable selon le niveau. Exemple : je pars de chez moi, à Brest, jusqu’à Guipavas, il y a moins de 30 km aller-retour. C’est un forfait de 20 € de frais de déplacement. Puis, tu as une prime de mission pour le match. Elle correspond à 40€ pour un match de R1. Donc ça me fait un peu moins de 60€ à la fin. Si je vais à Saint-Brieuc, c’est 300 km aller-retour. Donc, à 0,401€ le km, ça me fait 120€ de frais de déplacement et 40€ prime de match.

Guillaume Troboa lors du Mondial pupilles de Plomelin

La passion avant tout

Peu d’arbitres de foot amateur font ça pour l’argent. Si tu enlèves le carburant, l’usure de la voiture, le temps passé, le rapport temps consacré - argent n’est pas le meilleur… C’est la passion qui prend le dessus. Exemple : match à Saint-Brieuc, le match est à 15 h. J’ai l’habitude d’arriver 1 h 30 avant. Je pars donc à midi de Brest. Le match se finit à 17 h. Il suffit que tu sois observé, le temps de débriefer, de se doucher, de s’occuper des tâches administratives, de prendre la collation et je suis chez moi à 20 h.

Surtout que j’ai travaillé, pendant dix-huit ans, en grande distribution comme manager de rayon. C’était assez physique, on était souvent debout, avec la mise en rayon et le port de charges et avec des températures de 4°C pour la conservation des produits. Vous savez, quand on aime, on ne compte pas. Arbitrer tous les week-ends, j’adore ça. Et, avant tout, c’est pour les relations humaines. Partout où je vais, quand j’arrive, je suis bien accueilli et respecté car ça fait longtemps que je suis dans la fonction. Les équipes savent que ça va bien se passer, que je suis honnête, que si je me plante, j’admettrais mes erreurs. Ça fait six ans que je suis dans le Finistère Nord. Toutes les équipes de Ligue du coin, je les connais.

Il y a la passion du foot, l’amour du beau jeu, qui joue, aussi. Je suis spectateur des matches du Stade Brestois, je vais à Francis Le Blé, j’aime tous les clubs bretons, le foot breton. J’aime également l’arbitrage car cela m’entretient physiquement. On ne se rend pas compte, mais on se déplace beaucoup. Avec toutes ces années, le corps va bien. J’ai parfois les jambes lourdes après un gros week-end, mais ça va. J’ai appris à récupérer, à bien m’hydrater, à faire gaffe à mon alimentation.

Mais, après dix-huit ans à ce rythme, l’usure mentale s’est accumulée. J’ai eu envie de voir autre chose, de changer de boulot. Ces derniers mois, j’ai entamé une reconversion professionnelle de technicien logistique puis j’ai été recruté en tant que formateur logistique. J’ai commencé ce nouveau job, mi-août. Je travaille en journée, et finis à 16 h 30. Et ça me permet de m’entraîner en semaine. Car, oui, un arbitre de foot amateur s’entraîne et prépare ses matches. Bien plus qu’on peut le penser.

Indemnisation des dommages corporels lors d'accidents sportifs

Dans le contexte des sports, notamment le football, il est reconnu que certaines formes de contact physique font partie intégrante du jeu. Pour qu’une action sur le terrain donne lieu à des réparations au-delà des mesures disciplinaires internes au sport, il doit s’agir d’une faute caractérisée et particulièrement grave qui pourrait effectivement relever du pénal, telle qu’une agression délibérée.

Si les actions du joueur adverse ne sont pas clairement hors des règles du jeu et ne constituent pas une agression, la responsabilité peut être plus difficile à établir. Il est essentiel que votre fils soit couvert par une assurance, soit individuellement, soit via le club. La plupart des clubs sportifs souscrivent des assurances pour couvrir ce type d’incidents, mais les couvertures peuvent varier. Je vous conseille de vérifier quelle assurance avait été souscrite par le club et ce que couvre exactement cette assurance en cas d’accident.

Si vous estimez toujours que l’action du joueur était hors du cadre normal du jeu et manifestement dangereuse, il serait approprié de consulter la politique du club concernant la conduite des joueurs et de voir si une action disciplinaire a été ou peut être prise. Parallèlement, vous pouvez déposer une plainte auprès de la police si vous jugez l’action suffisamment grave pour constituer une agression.

Concernant la responsabilité civile, si vous décidez de poursuivre cette voie, il serait judicieux d’obtenir les coordonnées de l’autre joueur via le club. Si le club ou le joueur refuse de coopérer, une action légale peut être nécessaire pour obtenir ces informations.

Dans le cas d’un accident sportif, vous pouvez être indemnisé pour vos dommages corporels si vous avez souscrit une police d’assurance du type « garantie des accidents de la vie » (par exemple, si vous cherchez à être indemnisé pour une rupture de ligament croisé lors d’un match de rugby). Si vous êtes licencié dans une fédération sportive, vous avez peut-être souscrit une assurance couvrant les dommages corporels auprès de votre fédération.

Tableau récapitulatif des indemnisations possibles

Cas de figure Conditions Indemnisation possible
Accident causé par un tiers (faute caractérisée) Faute grave sortant du cadre normal du jeu Assurance responsabilité civile du tiers
Accident sans faute ou blessure seul Souscription à une assurance "garantie des accidents de la vie" Indemnisation selon les termes de la police d'assurance
Licencié dans une fédération sportive Assurance couvrant les dommages corporels souscrite auprès de la fédération Indemnisation selon les termes de l'assurance de la fédération

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