L'Islande, île rude colonisée par les Vikings à la fin du neuvième siècle, a toujours été un pays à part. Marquée par le froid et une agriculture compliquée, l'Islande offre aussi de très belles choses. Outre ses paysages sublimes, la Terre de feu et de glace écrit de belles histoires. Si on est loin des histoires d'elfes, de nains et de troll, la sélection islandaise de football a marqué à son échelle le pays.
Longtemps considérée comme une faible nation de l'échiquier européen, l'Islande a totalement surpris son monde entre 2012 et 2018 avec une belle montée en puissance. L'Islande va participer cet été en Russie au premier mondial de son histoire.
Avec un peu moins de 350 000 habitants et seulement 23 000 licenciés, elle devient le plus petit pays à se qualifier pour une Coupe du Monde. L’île au milieu de l’Atlantique-Nord était jusqu’à présent plus habituée aux exploits de ses équipes de handball, l’autre sport national. Dans un pays où le relief et le climat ne sont pas toujours favorables à la pratique du football, personne n’aurait pu prédire un tel exploit il y a quelques années.
Pour la première fois de son histoire, l’équipe de football d’Islande s’est qualifiée pour la Coupe du monde de 2018, Une première historique pour la petite île volcanique prise par la fièvre du foot depuis son parcours sensationnel à l’Euro 2016. Leaders du groupe 1, qui comprenait pourtant des équipes aguerries, comme la Turquie, la Croatie et l’Ukraine, les Vikings pourront donc à nouveau se confronter aux plus grandes équipes mondiales.
Lundi les joueurs islandais ont décroché leur ticket pour 2018 en battant le modeste Kosovo, dernier du groupe 1 et 184e au classement FIFA (2-0). Une victoire logique pour une équipe, 22e nation au classement FIFA, qui venait de battre la Turquie (3-0) chez elle. Les Islandais sont invaincus à domicile depuis le 7 juin 2013 (défaite 2-4 contre la Slovénie en qualifications au Mondial-2014 au Brésil).
Cette équipe venue du froid existe officiellement depuis 1946. La jeune république venait d’acquérir définitivement son autonomie vis-à-vis du Danemark et avant même que soit créée la KSI, fédération islandaise de football, une équipe fut mise en place pour recevoir, le 17 juillet 1946, l’équipe du grand frère danois. Le premier match offciel de l'équipe de football islandaise eut lieu en 1946. Avant cela, le pays sous contrôle danois, n'avait qu'une équipe officieuse.
L'année suivante est créée la Fédération Islandaise de Football, le KSI - Knattspyrnusamband Islands. Elle obtient aussitôt son affiliation à la FIFA.
Le club le plus titré du championnat est le KR avec 26 titres, il s’agit également du club le plus ancien et le 1er club islandais, juste devant Valur avec 21 titres, les champions en titre.
Les Premiers Pas et les Défis Initiaux
En cette veille de 1er mai, Geir Thorsteinsson, le président de la Fédération islandaise de football (KSI), qui reçoit dans ses bureaux aménagés au sein du stade national Laugardalsvöllur, à Reykjavik, n’a pas de trophée à présenter à ses visiteurs. Mais un album Panini, le premier de son équipe, accroché en évidence dans les couloirs de la Fédération. En cette veille de 1er mai, il est le seul à travailler.
Craignant probablement un désintérêt du public parisien, la fédération a choisi de faire jouer cette rencontre sur la pelouse d’un club de deuxième division, le stade Malakoff à Nantes. C’est la première fois qu’une ville de province accueille un match éliminatoire de Coupe du monde. Jusqu’alors, toutes ces rencontres avaient eu lieu au Parc ou à Colombes.

Le Laugardalsvöllur, stade national d'Islande à Reykjavik.
Le Tournant des Années 2000: Investissements et Formation
Il faut attendre les années 2000 pour constater les premiers exploits des "Strákarnir okkar" (Nos garçons). Ils frôlent la qualification à l'Euro 2000 en réussissant l'exploit d'un match nul face aux champions du monde en titre, la France. Insuffisant. Mais le pays, en plein boom économique, investit en infrastructures et formations des jeunes et des entraineurs.
Car le football islandais doit ses progrès autant à une génération de joueurs talentueux qu’à un plan de développement ambitieux mis en place dès 1996. Il suffit de quitter l’aéroport de Keflavik et de rejoindre la capitale Reykjavik pour percevoir la richesse des infrastructures sportives. En cinquante kilomètres, on dénombre quatre stades, des terrains synthétiques, de multiples city-stades.
A Kopavogur, proche banlieue de Reykjavik, se dresse sous un toit de 20 mètres l’une des sept grandes halles couvertes de football du pays. Il en existe six autres plus modestes, qui mesurent 13 mètres de haut. De quoi offrir des conditions d’entraînement dignes de l’Andalousie durant les longs mois d’hiver.
« La première a été inaugurée en 2000 à Keflavik. Les plus grandes coûtent entre 15 et 20 millions d’euros. Les autres, environ 5 millions. Elles ont été bâties avant la crise économique. Nous avons également une trentaine de terrains synthétiques et plus de 150 mini-terrains praticables toute l’année », explique, pas peu fier, Geir Thorsteinsson.
Au début des années 2000, l’Islande a commencé à développer ses infrastructures sportives. L’État a financé la construction de terrains couverts et chauffés avec des pelouses synthétiques adaptées au climat rugueux. Ces investissements ont révolutionné la pratique du football dans le pays, explique Gunnar Birgisson, l’un des entraîneurs du club de Breidablik. Ces installations nous ont beaucoup aidé, car chez nous l'été ne dure que deux ou trois mois. Maintenant, nous pouvons jouer au foot durant tout l'hiver. Aujourd'hui, nous avons aussi plus d'entraîneurs professionnels à plein temps.
La formation d’excellence des coachs islandais, impulsée par la Fédération, est aussi un atout. Au club de Breidablik, on en dénombre une quinzaine qui possèdent une licence UEFA-A, l’un des plus hauts diplômes européens délivrés.
« Ici, il n’y a pas de bénévoles, pas de parents qui entraînent leurs enfants. Nous avons de très bons éducateurs, tous payés, et ce même dès les plus petites catégories d’âge », explique Hakon Sverrisson, coach des équipes de jeunes depuis vingt ans.
L’Islande dispose d’environ 600 entraîneurs qualifiés dont 400 entraîneurs ayant la licence UEFA B nécessaire pour entraîner à partir des U10 ici sur l’île. Cette prise de conscience de former des entraîneurs qualifiés est apparue dans les années 2000 et particulièrement lors de l’année 2009. Malgré les faibles moyens à la disposition de la fédération, cela a été une priorité des dirigeants pour le développement du football islandais.
En parallèle, la fédération a beaucoup misé sur le football féminin avec plus de 30% de licenciées féminines, soit plus d’un tiers du total des licenciés.
L'Ère Lagerbäck et l'Éclosion Internationale
En 2011, le sélectionneur suédois Lars Lagerbäck, leur apporte tout son savoir-faire. Ses compétences amènent l'Islande à à se qualifier pour l'Euro 2016. C'est lors de cette compétition que l'équipe se révèle. Le monde découvre des joueurs valeureux et solidaires. Ils décrochent le nul face au Portugal pour leur premier match. Impensable jusque-là. Cristiano Ronaldo et ses coéquipiers seront les vainqueurs de cet Euro.
Une autre influence étrangère a eu un impact fondamental sur les progrès islandais : l’arrivée, en 2012, de l’ancien sélectionneur de la Suède (de 2000 à 2009) et du Nigeria (2010), Lars Lagerbäck. Le technicien suédois a participé à l’Euro 2004 et aux Mondiaux 2002 et 2010.
« L’adaptation a été facile car Lars vient de Suède, une culture qui n’est pas si différente de la nôtre. Les Islandais sont juste peut-être un peu plus individualistes. On n’aime pas trop les réunions [sourire] », souligne Heimir Hallgrimsson.
Le gardien de but Gunnleifur Gunnleifsson a été aux premières loges des débuts du Suédois. « Lorsque Lagerbäck est arrivé, il a tout de suite clamé que son but était de qualifier l’Islande le plus vite possible pour un grand tournoi. Certains internationaux qui jouaient à l’étranger étaient dubitatifs. Très vite, ils ont adhéré. »
Lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2014, les Strákarnir okkar brillent une première fois, mais échouent en barrage contre la Croatie (0-0, 2-0), une première belle campagne qui en amènera d'autres.
Lors des éliminatoires de l'Euro 2016, les Vikings vont réussir leur pillage puisqu'ils caracolent en tête d'un groupe très difficile du début à la fin avec la République Tchèque. Terminant finalement deuxièmes juste devant la Turquie (qualifiée) et les Pays-Bas (éliminés), les hommes de Lars Lagerbäck impressionnent et obtiennent une qualification historique pour l'Euro 2016.
Face au Portugal (1-1), la Hongrie (1-1) et l'Autriche (2-1), les coéquipiers d'Eidur Gudjohnsen parviennent à s'extraire de la phase de poules offrant ainsi un joli souffle glacial à la compétition. L'épopée ne s'arrête cependant pas là puisque l'Angleterre tombe à son tour face à un adversaire coriace et solidaire (2-1). L'aventure s'achève en quart de finale contre la France (5-2), mais qu'importe, l'Islande a totalement dépassé les attentes et vient d'écrire la plus belle page de son histoire footballistique.

L'équipe d'Islande célébrant une victoire à l'Euro 2016.
La Coupe du Monde 2018 et les Défis Post-Épopée
Les bons moments ne s'arrêtent pas tout de suite pour l'Islande. Digérant vite sa campagne historique ainsi que le départ de Lars Lagerbäck, les Strákarnir okkar vont reprendre le chemin du succès avec celui qui officiait aussi comme dentiste Heimir Hallgrímsson sur le banc. Dans un groupe homogène, mais compliqué avec la Croatie, l'Ukraine, la Turquie, la Finlande et le Kosovo, l'Islande va s'offrir la première place du groupe et devenir le pays le moins peuplé à participer à une Coupe du monde. Une nouvelle réussite folle pour l'île aux 364 000 âmes.
Cette fois encore, l'Islande montre un joli visage en accrochant notamment l'Argentine (1-1), mais les défaites contre le Nigéria (2-0) et la Croatie (2-1) mettront fin à leurs rêves de nouvelle épopée.
Depuis, c'est de plus en plus compliqué pour l'Islande. Terminant par deux fois dernière de sa poule de Ligue des Nations avec 0 point, la formation insulaire a manqué le dernier Euro. Barragiste face à la Hongrie (2-1), les hommes d'Erik Hamrén ont craqué en fin de match avec les buts de Loïc Négo (88e) et Dominik Szoboszlai (90e +2) qui l'ont privé de la compétition. Un échec au buzzer dont la sélection ne s'est pas relevée.
Dans un groupe homogène, mais à sa portée, l'Islande a terminé cinquième derrière l'Allemagne, la Macédoine du Nord, la Roumanie et l'Arménie dans le cadre des qualifications à la Coupe du monde. Ses seules victoires ? Par deux fois contre le Liechtenstein (4-1 et 4-0). Des résultats qui témoignent du déclin sportif de l'équipe.

Gylfi Sigurðsson, une star du football islandais.
Scandales et Reconstructions
Pour autant ce n'est pas si grave par rapport à la situation de certains cadres de cette équipe. Star de l'équipe qui a brillé en Premier League avec Swansea, Tottenham et Everton, Gylfi Sigurðsson a provoqué un sacré tollé cet été. Écarté de l'équipe première d'Everton, le milieu offensif est accusé d'abus sexuel sur mineurs. Arrêté puis remis en liberté sous caution le temps de la procédure jusqu'en janvier.
Alors que son club avait entretenu le flou dans un premier temps, c'est le média local Morgunbladid qui avait révélé que l'individu arrêté était le joueur de 32 ans (31 ans au moment de son arrestation ndlr). Toujours sous contrat jusqu'en juin 2022 avec Everton, les Toffees espèrent pouvoir casser son bail au plus vite. Une véritable bombe pour le club anglais et surtout la sélection islandaise compte tenu de l'impact du joueur dans ces deux formations.
En attendant un jugement dont l'issue pourrait déboucher sur de lourdes sanctions judiciaires pour Gylfi Sigurðsson, la situation de flou reste présente. Cependant, cette affaire a été le premier domino d'une sacrée réaction en chaîne.
Neuvième président de l'histoire de la fédération islandaise de football, Guðni Bergsson a d'ailleurs dû démissionner suite à la révélation de différents scandales sexuels qui concernaient la sélection nationale. Des actes graves et répugnants qui ont totalement terni la belle image dont disposaient jusque-là les Strákarnir okkar.
Tout a démarré cet été quand Þórhildur Gyða Arnarsdóttir a annoncé à la télévision islandaise qu'elle avait été agressée ainsi qu'une amie par un international islandais en 2017. Expliquant que son père a contacté Guðni Bergsson le président de la fédération à l'époque, ce dernier avait nié l'existence d'une plainte. Sous les pressions dont il faisait face, il a finalement expliqué qu'il n'était pas conscient du degré de la plainte. Poussé à la démission pour avoir couvert l'affaire et même proposé un dédommagement financier aux victimes, Guðni Bergsson a quitté la fédération tout comme quinze autres personnes qui faisaient partie du comité exécutif de la Fédération islandais.
«Il m'a demandé si j'étais prêt à signer un accord de non-divulgation et à recevoir une restitution monétaire. Et j'ai naturellement dit non. J'ai quand même reçu un autre appel téléphonique d'un autre avocat qui m'a invité à une réunion où le membre de l'équipe nationale voulait s'excuser. Il s'est excusé et a admis ce qu'il m'avait fait. Il ne mettait en doute rien» avait d'ailleurs expliqué Þórhildur Gyða Arnarsdóttir à RUV au moment de la révélation publique de l'affaire.
Le joueur accusé pour agression sexuelle n'était autre que Kolbeinn Sigþórsson ancien de l'Ajax Amsterdam et du FC Nantes et meilleur buteur de l'histoire de la sélection (26 buts en 64 matches). Il était d'ailleurs toujours nantais au moment des faits qui se sont déroulés dans une boîte de nuit de Reykavik. Le buteur de l'IFK Göteborg était sorti du silence en réfutant une agression ou un harcèlement tout en expliquant qu'il avait convenu d'un règlement à l'amiable et financier envers les deux victimes. Le joueur a aussi parlé d'un comportement inadapté. Suspendu par son club suédois, il sera en fin de contrat dés ce vendredi 31 décembre.
Comme le souligne le média anglais The Athletic, d'autres cas ont été couverts par la fédération au cours des dernières années. Dans un hôtel de Copenhague en 2010, deux internationaux, le capitaine et milieu Aron Gunnarsson ainsi que le défenseur Eggert Jónsson auraient commis un viol sur une Islandaise. Cette dernière avait accusé les joueurs, mais l'affaire a été étouffée. Mis au courant en juin dernier, l'ancien président Guðni Bergsson et certains cadres de la fédération n'ont rien dit. Ce qui a poussé le conseil d'administration de la KSI à publier un communiqué d'excuse : «chères victimes. Nous, le conseil d'administration de l'Association islandaise de football, vous croyons et tenons à vous présenter nos sincères excuses. Nous savons qu'en tant que parties responsables, nous vous avons laissé tomber et nous avons l'intention de mieux faire.»
Toujours en activité avec le club qatari d'Al-Arabi, Aron Gunnarsson - tandis qu'Eggert Jónsson évolue avec le club islandais d'Hafnarfjördur - a d'ailleurs été écarté de la sélection en octobre dernier suite aux accusations dont il doit faire face.«En 2010, j'ai été violée par deux hommes islandais à l'étranger. J'avais bu de l'alcool, mais je soupçonne que quelqu'un a mis quelque chose dans mon verre, cela aurait pu être n'importe qui. Pour faire une longue et misérable histoire courte, j'ai vomi sur l'un d'entre eux dans le taxi sur le chemin de leur hôtel, puis à nouveau sur le lit de l'hôtel, mais ils ne se sont pas laissés arrêter et se sont relayés pour me violer pendant que je me couchais. Au lit sans pantalon avec du vomi dans les cheveux, le visage et les vêtements...» avait notamment expliqué la victime un peu plus tôt dans l'année dans un long message sur son compte Instagram.
Démentant avec force et véhémence le déroulement des faits, Aron Gunnarsson n'a d'ailleurs pas été informé qu'il faisait l'objet d'une enquête et n'a pas eu le statut de suspect aux yeux de la police qui n'a pas été plus loin à ce moment-là. Comme ses coéquipiers, Rúnar Már Sigurjónsson (Cluj) a aussi été accusé d'agression sexuelle et écarté de la sélection.
Avec ces nombreux cas a géré au cours des derniers mois, l'Islande du football a connu un sacré séisme et la nouvelle présidente de la fédération Vanda Sigurgeirsdóttir va avoir du pain sur la planche. Celle qui a été internationale avec l'Islande en football et en basket-ball (oui elle combinait bien les deux sports) doit désormais faire le ménage et reconstruire une fédération dont l'image a été plus qu'écornée par ces affaires.
Dans l'attente des différents jugements, l'Islande du football est toujours en état de choc. La reconstruction s'annonce longue et douloureuse puisque l'histoire d'amour était si belle entre la sélection et son public.
Sexe, chantage et coups bas dans le foot
Les Infrastructures et la Formation des Jeunes
Le club de Breidablik est le principal utilisateur de l’installation de Kopavogur. « Notre terrain couvert explique une grande partie de nos progrès. Avant, nous avions la mentalité islandaise : ne jamais abandonner et travailler dur. Mais on ne jouait au foot que l’été. Désormais, on s’entraîne toute l’année », confie Gunnleifur Gunnleifsson, gardien de but de 40 ans, écarté de l’Euro après avoir participé aux matchs de qualification et qui a failli être le seul international islandais de la compétition à évoluer au pays.
A l’entrée de l’imposante structure baptisée Fifan, une photo célèbre l’équipe féminine de Breidablik, championne d’Islande en 2015.
Vendredi 29 avril, en attendant que se succèdent les entraînements des jeunes pousses, l’enceinte est utilisée par de vaillants marcheurs du troisième âge. « Le financement a été assuré par les municipalités. Il est très important que les infrastructures ne soient pas réservées à l’élite », souligne Geir Thorsteinsson.
L’Islande compte environ 23 000 licenciés mais l’un des chiffres les plus impressionnants reste que 17 000 d’entre eux ont moins de 15 ans.
Le football islandais mise beaucoup sur la formation des jeunes. À quelques kilomètres de la capitale, le club de Breidablik, réputé pour son équipe féminine, accueille 1 400 enfants qui s’entraînent toute l’année sur des terrains en plein air ou dans une grande halle couverte. Dadi Ratsson supervise la formation des jeunes à Breidablik. Les enfants peuvent commencer à s'entraîner dès l'âge de trois ans, une à deux fois par semaine. Ici, si vous voulez devenir footballeur, vous avez tout ce qu'il faut pour progresser. C'est un sport très accessible, qui ne coûte pas cher. C'est une part importante de notre culture.

La formation des jeunes à Breidablik, un pilier du football islandais.
Les Joueurs Contraints à l'Exil
En octobre, lorsque le championnat sera achevé, quelques jours après son vingt-deuxième anniversaire, Hoskuldur espère enfin quitter son île. La saison dernière, son transfert vers le club suédois d’Hammarby a échoué au dernier moment.
Le parcours type des jeunes footballeurs islandais est d’habitude très différent ; les plus doués partent généralement garnir dès l’adolescence les rangs des centres de formation des clubs européens.
A Breidablik, dont les écoles de football et de préformation sont scrutées par des émissaires de clubs néerlandais ou anglais, on connaît bien le phénomène. « Nous avons actuellement 4 jeunes à l’AZ Alkmaar [Pays-Bas]. L’international islandais Johann Berg Gudmundsson est parti de Breidablik à Chelsea et Fulham à l’âge de 16 ans, avant de revenir un temps et de finalement signer pro à Alkmaar », explique le formateur Hakon Sverrisson.
Un exil précoce qui ouvre le football local à d’autres types de jeu, pas seulement britannique comme par le passé. Ainsi, le vétéran Eidur Gudjohnsen, qui dispute l’Euro à 37 ans malgré une saison tronquée, apporte toute son expérience d’ancien joueur de Chelsea et du PSV Eindhoven.
« Nous avons actuellement 70 joueurs à l’étranger, des jeunes aux professionnels. Nos joueurs qui ont joué aux Pays-Bas, en France, en Allemagne ou en Espagne nous ont influencés vers un jeu plus technique. Le passage d’Eidur au Barça, entre 2006 et 2009, en est un exemple marquant », déclare le président Thorsteinsson.
C’est le cas d’autres internationaux qui sont présents en France : le capitaine Aron Gunnarsson, joueur de Cardiff City, parti à 17 ans à Alkmaar, ou le milieu de terrain de Swansea City, Gylfi Sigurdsson, parti de Breidablik à 16 ans pour Reading (Angleterre).
Ces joueurs nés entre 1988 et 1990, qui ont réussi l’exploit de qualifier l’Islande pour l’Euro des moins de 21 ans en 2011, forment l’ossature de la sélection.
« Nous sommes chanceux d’entraîner cette génération en or. Ils sont plus techniques, ont débuté tôt et se poussent les uns les autres », s’enthousiasme le cosélectionneur Heimir Hallgrimsson.

Le fameux clapping islandais, un symbole de l'unité et de la passion des supporters.
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