Fédération de Palestine de Football : Une Histoire de Résilience et d'Identité Nationale

La Fédération de Palestine de football (PFA) joue un rôle crucial dans la promotion de l'identité nationale palestinienne et dans l'expression des aspirations de son peuple. Malgré les défis considérables posés par l'occupation israélienne et les conflits régionaux, le football reste un symbole de fierté et de résistance culturelle pour les Palestiniens.

Les Débuts et la Reconstitution de la Fédération

Une première fédération palestinienne avait été créée en 1928 à Jérusalem, à l’époque du mandat britannique. Reconnue par la FIFA en 1929, elle regroupait des clubs arabes, britanniques et juifs. Une sélection nationale palestinienne a ainsi participé aux épreuves de qualification pour les Mondiaux de 1934 et de 1938.

La guerre de 1948 a crée une nouvelle réalité sociopolitique qui eut des répercussions considérables sur les institutions sportives, dévastateurs pour les sportifs palestiniens. Avec la guerre, les Palestiniens ont perdu les centres urbains modernes qu’ils avaient sur la côte.

Après la création d’Israël en 1948, cette fédération est devenue celle de l’État hébreu, désormais rattachée à la confédération européenne de football, l’UEFA, certains pays arabes refusant de jouer contre la sélection israélienne. Le conflit israélo-palestinien n’a pas empêché le football de continuer à demeurer un sport majeur en Palestine, même quand la fédération palestinienne n’avait pas d’existence juridique au niveau international.

Après la première guerre israélo-arabe de 1948-1949 et l’exil de centaines de milliers de Palestiniens, « de nouvelles équipes sont apparues en Palestine et dans la diaspora, dont la base était composée de joueurs déplacés des principales villes palestiniennes », explique le site de la fédération nationale.

Une fédération en exil, non reconnue par la FIFA, a été recréée et des équipes ont joué des matchs à l’étranger, en Égypte ou en Jordanie. Par la suite, l’occupation israélienne de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, ainsi que les multiples entraves à la circulation des joueurs, ont limité les activités sportives, mais ne les ont pas complètement interrompues.

Reconnaissance Internationale et Premières Participations

La Fédération de Palestine de football a été reconnue en 1998 par la Fédération internationale de football association (FIFA) et par la Confédération asiatique de football, cinq ans après la création de l’Autorité palestinienne. L’intégration de la Fédération Palestinienne de Football (PFA) au sein de la Fédération internationale de football association (FIFA) et de la Confédération asiatique de football (AFC) en 1998 a permis un rayonnement de la cause palestinienne à l’échelle mondiale, au point de devenir un véritable exemple historique pour d’autres pays qui cherchent à rejoindre ces organisations.

Après la reconnaissance de la Palestine par la FIFA en 1998, sa sélection nationale a participé pour la première fois aux éliminatoires de la Coupe du monde en 2001. Elle a disputé en 2011 son premier match international officiel à domicile en accueillant la Thaïlande à Ramallah, dans le cadre des éliminatoires pour les Jeux olympiques de 2012. Jusque-là, elle était obligée de jouer ses rencontres à l’étranger.

L’équipe de Palestine a ensuite participé pour la première fois à un grand tournoi international en se qualifiant pour la phase finale de la Coupe d’Asie de 2015. Elle a réédité cette performance pour les éditions de 2019 et 2024. Mais elle n’a encore jamais réussi à se qualifier pour une Coupe du monde.

Par ailleurs, la Palestine est régulièrement engagée dans des tournois régionaux, comme les Jeux panarabes et le championnat d’Asie de l’Ouest. Elle a remporté en 2014 l’AFC Cup, une compétition réservée aux pays émergents.

Défis et Obstacles

Cependant, le football palestinien, le sport le plus populaire et le plus pratiqué en Palestine, a payé un lourd tribut à l’occupation israélienne. Beaucoup de joueurs de niveau national ou international, ou plus modestes, ont connu la prison, d’autres ont été mutilés ou tués. La plupart des assassinats ont eu lieu en 2009 : Ayman Alkurd, Shadi Sbakhe et Wajeh Moshtaha, tués pendant la guerre israélienne contre la bande de Gaza. Saji Darwish âgé de 18 ans, abattu par un sniper israélien près de Ramallah.

En 2019, l’armée israélienne a attaqué le stade Al Khader à Bethléem en lançant des gaz lacrymogènes sur les joueurs pendant le match. Toujours en 2019, les Palestiniens n’ont pas pu organiser le match final de la Coupe de Palestine, car Israël a empêché l’équipe de Khadamat Rafah, basée à Gaza, de se rendre en Cisjordanie pour affronter l’équipe du FC Balata.

Entre les rencontres reportées ou annulées et les bombardements sur le stade Al-Rimal de Gaza éternellement reconstruit, le quotidien des clubs et des joueurs de la bande de Gaza rend l’évolution du football local très compliquée. Et quand vient une trêve internationale, le sélectionneur convoque des joueurs issus du championnat de Gaza qui sont contraints de refuser l’appel à la sélection nationale : «Quand tu as la coupe avec le champion de Gaza qui doit rencontrer le champion de Cisjordanie, parfois ils ne peuvent même pas sortir, ceux de Gaza. Aujourd’hui, si tu es Gazaouite, tu vas avoir quelques soucis car c’est compliqué de sortir donc il faut prévoir d’autres choses. Cela entrave le développement du football local et toutes ses projections mais c’est une sainte horreur. La Palestine est la seule sélection au monde où tu fais une liste avec plus de joueurs car tu sais à l’avance que certains joueurs n’auront pas le droit de sortir.

Voici un tableau résumant les principaux défis rencontrés par le football palestinien :

Défi Description
Occupation israélienne Restrictions de mouvement des joueurs, attaques contre les infrastructures sportives.
Conflits régionaux Annulation de matchs, difficultés logistiques pour les déplacements.
Division territoriale Championnat divisé entre la Cisjordanie et la bande de Gaza, empêchant une compétition unifiée.
Restrictions de voyage Joueurs de Gaza souvent empêchés de rejoindre l'équipe nationale.

Le Football comme Symbole d'Identité et de Résilience

Malgré ces obstacles, le football palestinien continue de prospérer et de servir de source d'inspiration pour le peuple palestinien. Pour les Palestiniens, le sport - en particulier le football - reste une puissante plate-forme de résistance culturelle. Comme beaucoup de pays qui ont une grande diaspora morcelée à travers le monde, la sélection nationale revêt ce sentiment d’appartenance pour la mère patrie.

La sélection nationale, et plus largement le football palestinien, prend une dimension politique. L’importance du football est inégalable dans la région et la sélection nationale revêt naturellement à un grand sentiment de fierté, d’appartenance et de rayonnement à l’international. Entre le football et la politique, il n’y a qu’un pas. Et la Palestine en est la parfaite illustration de ce phénomène. Si la cause palestinienne s’est largement invitée dans les débats footballistiques ces derniers temps, avec de nombreuses prises de position parfois jugées polémiques, la sélection nationale de la Palestine est le parfait reflet d’un pays qui essaye, tant bien que mal, de se (re)construire.

«A la Fédération palestinienne de football, nous cherchons à répondre aux aspirations de notre peuple palestinien, qui en est venu à considérer le sport comme le côté positif du voyage national. Le sport palestinien s’est imposé comme un acteur central aux niveaux continental et international dans une logique d’égalité et de compétition, même si nous vivons sous une occupation qui cherche à briser notre volonté et à bloquer toute opportunité qui pourrait faire du sport l’un des symboles de notre identité nationale», est écrit fièrement sur le site officiel de la Fédération de Palestine de football (PFA).

tags: #federation #de #palestine #de #football