La Fédération Jamaïcaine de Football (JFF) est au cœur de plusieurs enjeux majeurs, allant du recrutement de joueurs binationaux aux défis rencontrés par l'équipe féminine. Cet article explore les différentes facettes de la JFF, ses stratégies, ses difficultés et ses ambitions pour l'avenir.

Recrutement de Joueurs Binationaux: Une Stratégie Clé
La JFF a adopté une stratégie de recrutement de joueurs binationaux pour renforcer son équipe nationale. Ce n’est, en effet, pas rare de voir la Fédération Jamaïcaine de Football (JFF) faire des appels du pied à ses binationaux. Cette stratégie n'est pas nouvelle. Lors de la Coupe du Monde 1998 déjà, les Reggaes Boyz comptaient dans leur rang six joueurs issus de la communauté afro-caribéenne du Royaume-Uni.
L’un des buts principaux de ce plan reste, en effet, d’élever le niveau de jeu de l’équipe nationale en recrutant des joueurs évoluant dans des championnats plus compétitifs. Beaucoup de binationaux jamaïcains jouent de nos jours dans des ligues européennes (Premier League, Championship…), ou américaines (MLS), ce qui leur permet d’apporter une expérience et un professionnalisme dont les joueurs locaux ne bénéficient pas toujours.
Selon l’International Organization for Migration, «la diaspora jamaïcaine fait partie des plus importantes du monde» et est estimée «à plus de trois millions de personnes». Cette politique de recrutement a également pour objectif de pouvoir de nouveau fouler les terrains d’une Coupe du Monde.
En 2021, pendant la campagne de qualification à la Coupe du Monde au Qatar, Michail Antonio ou encore Liam Moore avaient finalement décidé de rejoindre les Reggae Boyz. Plus récemment, Demarai Gray, ancien attaquant d’Everton, a aussi fait le choix de s’engager avec la Jamaïque. Souvent motivés par un manque de temps de jeu dans les grandes sélections européennes, les joueurs sont aujourd’hui de plus en plus nombreux à franchir le cap.
« L’importance des binationaux a été de plus en plus forte au cours de la dernière décennie. Leur rôle est aujourd’hui considérable dans le onze type », explique Daniel Blake, journaliste sportif au quotidien jamaïcain The Gleaner, à Foot Mercato.
Steve McClaren, fraîchement débarqué sur le banc du pays caribéen, aura pour principale tâche d’intégrer tous les nouveaux venus. «Des joueurs comme Michail Antonio, Ethan Pinnock et Bobby Reid ont montré leurs qualités dans ce qui est sans doute le plus grand championnat du monde (la Premier League, ndlr), mais il ne suffit pas de les mettre sur le terrain et d’attendre qu’ils fassent de la magie. Il faut mettre en place un véritable système tactique et de l’alchimie entre eux. Il reste encore du travail à faire sur ce sujet», commente Daniel Blake.
L’élargissement du nombre de sélections pour la prochaine édition de la compétition pourrait, de plus, bien faire les affaires du pays, souvent bloqué au dernier tour des éliminatoires. Pour rappel, en 2026, 6 à 8 places seront accordées à la zone de la CONCACAF, contre 4 seulement en 2022. De quoi laisser entrevoir un avenir footballistique radieux sous les tropiques.
Le Cas Mason Greenwood
Auteur d’un début de saison en fanfare du côté de l’Olympique de Marseille, Mason Greenwood va bientôt pouvoir regoûter aux joies du football international. Ce ne sera cependant pas avec l’Angleterre, son pays natal, avec lequel il avait connu sa première sélection le 5 septembre 2020, 12 minutes face à l’Islande dans le cadre de la Ligue des nations, mais peut-être bien avec la Jamaïque, dont son père est originaire.
Une règle de la FIFA l’autorise aujourd’hui à changer sa nationalité sportive, puisqu’il avait moins de 21 ans lors de sa dernière sélection et ne compte pas plus de trois matches avec les Three Lions. Considéré comme l’un des plus grands espoirs du football anglais, Mason Greenwood avait déjà reçu plusieurs avances de la part de la Fédération jamaïcaines au cours des dernières années, sans pour autant qu’il ne donne suite.
Si son arrivée sur cette nouvelle feuille de match est en partie expliquée par sa situation personnelle, avec les accusations de viol et de violences conjugales dont il a fait l’objet, lui fermant la porte de l’Angleterre, elle révèle également aujourd’hui une stratégie bien plus vaste du petit pays des Caraïbes.
Mason Greenwood a en effet obtenu la citoyenneté jamaïcaine et un passeport jamaïcain en août. Comme il a disputé sa seule sélection avec l'Angleterre alors qu'il n'avait pas 21 ans, il peut changer de nation à représenter.
En quête de sa deuxième participation à une Coupe du monde, après l'édition 1998, la Jamaïque (le pays de son père) a une dernière chance de valider son ticket pour la compétition l'été prochain lors des barrages intercontinentaux (21-26 mars). Les Reggae Boyz seront favoris contre la Nouvelle-Calédonie, avant une possible finale contre la RD Congo.
L'occasion pour Mason Greenwood de faire ses grands débuts sous ses nouvelles couleurs? "Je pense que ce sera le cas", a répondu le président de la Fédération jamaïcaine de football (JFF), Michael Ricketts, interrogé par The Athletic.
Mais il n'oublie pas que le joueur a refusé sa convocation en septembre pour disputer les dernières rencontres des éliminatoires. "Quand nous la lui avons envoyée et que je lui ai demandé son avis, il m'a dit que c'était une décision familiale de sa part de ne pas se rendre disponible pour le moment", poursuit-il.
Cette absence est surtout restée en travers de la gorge de ses potentiels futurs coéquipiers. "Ils veulent recruter plus de joueurs. Ils veulent la meilleure équipe mais j'ai dit à la Fédération: 'Si un joueur n'est pas prêt à s'engager pour les derniers matchs de qualification, à moins qu'il ne soit blessé, je ne vois pas pourquoi il devrait rejoindre le groupe en mars ou à la Coupe du monde si on se qualifie'. Ça ne devrait pas être autorisé", a confié le joueur de QPR, Isaac Hayden (12 sélections), né comme Greenwood en Angleterre, à The Athletic.
"Cela en dirait long sur le joueur, et sur l'organisation qui laisserait faire. J'ai discuté avec les joueurs, je ne pense pas que cela me conviendrait, ni aux autres joueurs d'ailleurs. Si les joueurs pouvaient se présenter uniquement pour un Mondial, ce serait une véritable farce".
Même son de cloche du côté d'Amari'i Bell (Charlton), aussi né en Angleterre, et qui compte 29 sélections depuis sa première convocation. "Pendant des années, nombre d'entre nous ont tout donné pour représenter leur pays, malgré les difficultés rencontrées en coulisses. Nous avons dû faire face à tout cela. Ce serait injuste envers ceux qui ont vécu cette expérience et qui n'auront plus jamais l'occasion de disputer une Coupe du monde.
L'équipe nationale jamaïcaine est un pur chaos 🤣🤣🤣
Les Défis de l'Équipe Féminine: Les Reggae Girlz
Les internationales jamaïcaines présentes à la Coupe du monde féminine en 2023 annoncent qu’elles renoncent à la sélection. Les internationales jamaïcaines dénoncent de mauvais traitements et renoncent à la sélection. Après avoir déjà mis la pression sur leur fédération avant la Coupe du monde, les Reggae Girlz renoncent cette fois à la sélection.
La star Khadija Shaw et ses coéquipières dénoncent « un manque de communication, une mauvaise organisation, une mauvaise gestion et des retards de paiement à maintes reprises ».

Qualification pour la Coupe du Monde Féminine 2023
Les Reggae Girlz se sont qualifiées pour la Coupe du Monde de football féminin de 2023. Le 11 juillet 2022, au stade BBVA de Monterrey au Mexique, les Reggae Girlz ont dominé la rencontre face à l’équipe d’Haïti pour gagner 4-0. Les jamaïcaines ont battu l’équipe nationale d’Haiti 4-0. C’est la 2e fois consécutive que la Jamaïque participe à la Coupe du Monde.
La capitaine, Khadija "Bunny" Shaw, meilleure butteur du pays a marqué deux fois. Ses coéquipières Trudy Carter et Drew Spencer ont marqué les deux derniers buts. Malgré les efforts des haïtiennes, Melchie Dumornay et Roselord Borgella ont raté de peu leurs occasions. Les Reggae Girlz ont pu maintenir la pression.
« Nous savions que ce serait difficile mais nous avons joué en équipe soudée et on a fait le travail. » Cette victoire envoie les jamaïcaines directement à la Coupe du Monde de la FIFA en 2023 en Australie et en Nouvelle Zélande.
La Jamaïque fait partie des 15 équipes déjà qualifiées : Australie, Nouvelle Zélande, Japon, Corée du Sud, Chine, Philippines, Vietnam, Suède, Espagne, France, Danemark, Etats Unis, Canada et Costa-Rica. Il reste 17 places pour compléter l’affiche.
Le Rôle de Cedella Marley
Un exploit réalisé grâce à l’aide de Cedella Marley, fille ainée de Bob, qui a aidé l’équipe après la suppression des subventions de l'Etat. En 2010, la Fédération de Football de la Jamaïque arrête de subventionner le football féminin. En 2014, Cedella Marley, fille ainée de Bob, devient l’ambassadrice des Reggae Girlz. À travers la Fondation Marley, elle a trouvé des sponsors. Stephen et Damian Marley compose la chanson "Strike Hard" pour lever des fonds.
« A la Jamaïque, si le football féminin pouvait bénéficier d’un petit pourcentage des subventions accordées à l’athlétisme, on deviendra une force dominante du sport.
Ambitions et Objectifs Futurs
« Il est évident qu’une qualification à cette compétition reste l’objectif numéro 1 pour la fédération, indique Daniel Blake. C’est le summum pour la plupart des nations, en particulier pour les petits pays comme la Jamaïque qui n’ont pas les mêmes ressources que l’élite mondiale du football ».
Ce fut, par ailleurs, la dernière fois que le pays réussit à se qualifier pour la plus prestigieuse des compétitions internationales. Pas de quoi décourager la fédération qui a continué ses efforts au fil des ans.
Pour pouvoir retrouver le fameux tournoi, la sélection mise aussi sur l’arrivée d’un nouveau sélectionneur : Steve McClaren. L’ancien coach de Middlesbrough et de Newcastle, fraîchement débarqué sur le banc du pays caribéen.
Pour rappel, en 2026, 6 à 8 places seront accordées à la zone de la CONCACAF, contre 4 seulement en 2022.
| Année | Résultat |
|---|---|
| 1998 | Phase de poule |
| Autres | Non qualifiée |
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