Fédération Camerounaise de Football: Histoire, Défis et Controverses

La Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT) a une histoire riche et complexe, marquée par des succès sportifs, mais aussi par des défis administratifs et des controverses politiques. Cet article explore les moments clés de son histoire, les enjeux actuels et les figures marquantes qui ont façonné le football camerounais.

Logo de la FECAFOOT

Les Débuts et les Défis Administratifs

La FECAFOOT a été confrontée à plusieurs crises administratives au fil des ans. En 2017, la FIFA a dissous l'exécutif de la Fédération Camerounaise de Football suite à l'annulation de l'élection du président de la Fécafoot par le Tribunal Arbitral du Sport (TAS). La FIFA a alors mis en place un « comité de normalisation » qui devait gérer les affaires courantes de la FECAFOOT jusqu'au 28 février 2018 au plus tard. Ce comité avait pour mission d'organiser de nouvelles élections après avoir élaboré de nouveaux statuts pour la FECAFOOT.

En 2015, Tombi A Roko Sidiki avait été porté à la présidence du conseil exécutif de la Fécafoot après des élections très contestées. Les deux instances s'étant toutes deux prononcées pour l'annulation de l'élection de Tombi A Roko Sidiki, la Fifa a mercredi « annulé la procédure électorale ayant mené à l'élection en 2015 de l'actuel comité exécutif de la Fécafoot ».

Samuel Eto’o à la Présidence: Ambitions et Controverses

Samuel Eto’o, l’ex-attaquant de renom, a été réélu le 29 novembre au poste de président de la Fédération Camerounaise de Football (Fecafoot), qu’il occupe depuis 2021. L’exercice du pouvoir l’a remodelé et, sans doute, contraint à modérer ses ambitions, dans un pays où politique et football sont fortement imbriqués. A bien des égards, Samuel Eto’o n’a pas changé. L’ex-attaquant, 44 ans désormais, reste un personnage à part, de ceux qui parlent régulièrement d’eux à la troisième personne.

Cependant, sa présidence n'est pas sans controverses. Une association locale, l'ACFAC, l'accuse de ne plus avoir la nationalité camerounaise depuis 2007, suite à l'acquisition de la nationalité espagnole. L'ACFAC demande sa suspension, sur fond de conflit entre l'ancien attaquant et le gouvernement camerounais.

Selon le Code de la nationalité camerounaise, relayé par l'ACFAC, un Camerounais majeur acquérant ou conservant "volontairement" une nationalité étrangère perdrait la nationalité camerounaise. Or, être détenteur de la nationalité camerounaise est un prérequis pour devenir président de la Fecafoot. "Monsieur Samuel Eto'o Fils a donc, en toute connaissance de cause, trompé la vigilance des membres de la commission électorale", poursuit l'ACFAC, qui demande à la commission d'éthique de la fédération de frapper fort, en suspendant provisoirement Samuel Eto'o de ses fonctions le temps de mener une enquête avant, le cas échéant, de le suspendre "à vie" de toute activité liée au football, mais aussi de le condamner à rembourser "tous les avantages obtenus de la Fecafoot" depuis son élection en décembre 2021, et de le condamner à payer 20 milliards de francs CFA de dommages et intérêts, soit... 30 millions d'euros.

Cameroun: Samuel Eto’o Fils réélu à la tête de la Fecafoot

Conflits Internes et Ingérences Politiques

Depuis plusieurs mois, le gouvernement du Cameroun et la Fédération Camerounaise mènent une guerre en interne. Une situation complètement lunaire et invraisemblable que vit le football camerounais ces derniers jours. Et depuis le départ de Rigobert Song, cela va dans tous les sens.

Tout commence en février 2024, un peu plus d’un mois après l’élimination du Cameroun en huitièmes de finale de la CAN face au Nigeria (2-0). Le contrat de Rigobert Song, sélectionneur des Lions indomptables depuis deux ans, n’est pas renouvelé et la quête de son successeur commence. Dernier rebondissement en date, l’ Etat avait décidé de nommer, sans prévenir la FECAFOOT, Marc Brys en tant que sélectionneur. De quoi étonner l’instance du football camerounais forcément qui avait répondu par un communiqué cinglant.

Samuel Eto'o et Marc Brys

Le 2 avril, le ministre des Sports et de l’Éducation physique (Minsep) Narcisse Mouele Kombi annonce que c’est le Belge Marc Brys qui reprend les rênes de l’équipe nationale, accompagné de deux adjoints. Problème : Samuel Eto’o, président de la fédération camerounaise de football (FÉCAFOOT), estime que cette décision est invalide car c’est à lui que revient de nommer le staff de la sélection et qu’il n’a pas été consulté en ce sens. Et de justifier son propos en arguant que la FIFA interdit une quelconque ingérence étatique dans les affaires footballistiques.

Après avoir refusé de reconnaître sa nomination, Samuel Eto’o fait finalement volte-face le 8 mai dernier, mais en nommant cependant un staff made in FÉCAFOOT pour le seconder. Résultat au moment du rassemblement en vue des deux matchs qualificatifs pour le Mondial 2026 face au Cap-Vert (ce samedi) et l’Angola (lundi prochain), les joueurs camerounais ont eu la surprise de découvrir deux staffs qui les attendaient dans le lobby de l’hôtel Hilton de Yaoundé.

Ce qui n’est donc pas le cas des matchs de qualification. Or, les textes de la FIFA disposent qu’un staff doit être obligatoirement validé par une fédération dans le cadre des phases finales de compétitions internationales. C’est peu dire que l’ancien international tient coûte que coûte à rappeler qui est le patron du football camerounais. Après avoir brièvement remplacé Marc Brys fin mai par Martin Ndtoungou Mpile et deux nouveaux adjoints (lesquels ont démissionné dès le lendemain !), pour finalement rechanger d’avis dans la foulée, Eto’o a créé un (bad) buzz dans une vidéo qui le montre en train d’invectiver le pauvre sélectionneur (dont on soulignera au passage le courage de ne toujours pas avoir fui le panier de crabes dans lequel il a atterri) en lui répétant à maintes reprises qu’il est « le président ». Ce à quoi Brys répond qu’il est quant à lui « l’entraîneur ».

Problèmes d'Équipement et Contrats de Sponsoring

La FECAFOOT a également rencontré des problèmes liés à ses contrats de sponsoring. En août 2022, l’instance faîtière du football camerounais et la marque américaine One All Sports s’associaient pour les trois prochaines années soit jusqu’en 2025. Cependant, après avoir observé de nombreux manquements à ses obligations contractuelles, Ernest Obama, le porte parole du président Samuel Eto’o, montait au créneau lors de son passage sur Info TV en Mars 2024 et annonçait à demi mot la fin de l’histoire d’amour entre les deux parties : « On a signé un contrat avec One All Sports et la Fédération a constaté que One All Sports ne respecte pas certaines clauses contractuelles comme le bus. On a entamé un process et on va vers une probable rupture de contrat. One All Sports ne respecte pas les accords » avait-il déclaré.

One all Sports et les Lions Indomptables c’est donc terminé. Cinq mois plus tard, la décision est donc actée. L’équipementier américain aura donc habillé les Lions Indomptables au mondial 2022 et à la CAN 2023.

Le dernier clou dans le cercueil de ce triste feuilleton est survenu le 3 juin, lorsque le bus contenant le matériel d’entraînement quitte brusquement l’hôtel des joueurs pour faire demi-tour jusqu’au siège de la FÉCAFOOT, obligeant Marc Brys à acheter lui-même des ballons, et les joueurs à s’entraîner dans un gymnase : « On n’a pas de ballons, on n’a pas de matériel, on n’a pas d’équipements. Déjà deux jours que c’est comme ça. Ça fait 26 ans que je fais ce métier et je n’ai jamais vu ça », s’est emporté le Belge sur RIS Radio.

Perspectives et Enjeux Futurs

Les Lions indomptables, qui ont échoué à se qualifier pour la prochaine Coupe du monde 2026, débutent, mercredi 24 décembre, en Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025, par un match contre le Gabon. Quel objectif avez-vous fixé aux Lions indomptables pour cette CAN ?

Dans un pays où le président Paul Biya fait figure de maître absolu, Samuel Eto’o devra donc faire attention à ne pas trop jouer avec le feu, sous peine de se faire lâcher par l’élite politique et en sachant que son aura d’ancien joueur ne saurait être éternelle, surtout si les Lions indomptables continuent d’enchaîner les contre-performances. En attendant, le Cameroun n’a plus rien gagné depuis la CAN 2017, et l’État n’a cessé d’investir pour soutenir financièrement la sélection.

Événement Date Description
Dissolution de l'exécutif de la FECAFOOT par la FIFA 23 août 2017 Suite à l'annulation de l'élection du président par le TAS.
Élection de Samuel Eto'o à la présidence de la FECAFOOT Décembre 2021 Ancien attaquant prend les rênes de la fédération.
Nomination de Marc Brys comme sélectionneur 2 avril Décision contestée par Samuel Eto'o.
Fin du contrat avec One All Sports Juillet 2024 Rupture due à des manquements contractuels.

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