Győri Audi ETO KC: Histoire d'un géant du handball hongrois

Győri Audi ETO KC est bien plus qu'un simple club de handball. C'est une institution sportive en Hongrie, avec une histoire riche et un palmarès impressionnant, tant au niveau national qu'européen. Principalement reconnu pour son équipe féminine, le club a également connu des succès notables avec son équipe masculine. Cet article explore l'histoire, les réalisations et l'actualité de ce club emblématique.

Les débuts et l'ascension de la section masculine

Bien que Győr soit surtout connu pour sa section féminine, la section masculine a également connu des moments de gloire. Dans les années 1980, l'équipe masculine a dominé la scène nationale et a remporté la Coupe IHF en 1986. Elle a également remporté trois titres de champion de Hongrie (1987, 1989, 1990) et trois Coupes de Hongrie (1985, 1986, 1987).

Après une période d'anonymat due à la domination de Veszprém et Szeged, la section masculine a été intégrée à son homologue féminine en 2013. L'équipe est remontée en D1 l'été dernier et occupe actuellement la 5e place. Cette saison, l'équipe est emmenée par l'ancien international slovène Dean Bombac, élu meilleur demi-centre de la Ligue des champions en 2016.

La consécration de la section féminine

La section féminine de Győr est l'une des meilleures équipes d'Europe.

Chronologie des succès :

  • 1948: Ouverture de la section de handball féminin sous le nom de Győri Egyetértés Torna Osztály Kézilabda Club (Département de Gymnastique du Consensus de Győr Handball Club).
  • 1957: Premier titre de Champion de Hongrie.
  • 1993: Réouverture de la section handball féminin.
  • 1994: Demi-finaliste de la Coupe de Hongrie.
  • 1997: Quart de finaliste de l'EHF City Cup.
  • 2005: Finaliste de la Coupe EHF et Champion de Hongrie.
  • 2006: Finaliste de la Coupe d'Europe des vainqueurs de coupe et Champion de Hongrie.
  • 2007: Vainqueur de la Coupe de Hongrie et changement de nom en Györi Audi ETO KC.
  • 2008: Champion de Hongrie.
  • 2009: Finaliste de la Ligue des champions et Champion de Hongrie, Vainqueur de la Coupe de Hongrie.
  • 2010: Champion de Hongrie.
  • 2011: Champion de Hongrie.
  • 2012: Finaliste de la Ligue des champions et Champion de Hongrie.
  • 2013: Vainqueur de la Ligue des champions et Champion de Hongrie.
  • 2014, 2017, 2018, 2019, 2024: Vainqueur de la Ligue des champions.

Györi Audi ETO KC 🆚️ Storhamar Handball Elite | HIGHLIGHTS | EHF Champions League Women 2025/26

Domination nationale et ambitions européennes

En plus de ses succès européens, Győr domine également le championnat hongrois. Le club a remporté de nombreux titres nationaux et continue de viser le sommet chaque saison. L'équipe est composée de joueuses talentueuses, dont certaines sont des stars internationales.

Le championnat magyar de handball passe pour être l’un des plus relevés d’Europe. Et l’un de ses protagonistes, le Györi Audi ETO KC, le club de Györ, petite ville provinciale du nord-ouest du pays, sur les bords du Danube, est, depuis deux décennies, l’un des acteurs phares de la scène continentale.

Celui que la plupart des Hongrois désignent sous le nom d’ETO - acronyme d’un autre temps pour « centre d’apprentissage de la gymnastique » - est, ni plus ni moins, présenté comme le « Real Madrid du handball féminin » : s’il peut s’enorgueillir d’avoir remporté dix-sept championnats nationaux, il a surtout décroché six fois la Ligue des champions européenne.

Győr en lice pour le titre national et la Ligue des Champions

Récemment, Győri Audi ETO KC a pris la tête du championnat hongrois en battant FTC-Rail Cargo Hungaria 32-24. Le match a été serré en première mi-temps, avec FTC menant 14-13 à la pause. Cependant, Győr a accéléré le jeu en seconde période, grâce notamment à une performance exceptionnelle de Diane Housheer, auteure de neuf buts. Les locales ont infligé un 8-0 à leurs adversaires, creusant un écart décisif.

L'entraîneur de Győr, Per Johansson, s'est montré satisfait de la victoire, mais a souligné qu'il ne fallait pas crier victoire trop tôt. La capitaine Estelle Nze Minko a salué la performance collective de l'équipe, soulignant l'agressivité, l'excellence de l'attaque et la créativité de la défense. C'était un grand jour pour la capitaine des Bleues qui avait été éloignée des parquets depuis plus d'un mois pour des soucis de circulation sanguine.

Avec cette victoire, Győr prend une option sérieuse sur le titre national, mais devra confirmer lors des deux derniers matchs de la saison pour s'assurer de la première place. Le club hongrois a également dans le viseur sa demi-finale de la Ligue des Champions lors du Final4 organisé début juin à Budapest.

L'Europ'A Cup : Un nouveau défi

Győr pourrait croiser Nantes, l'autre club masculin invité au tournoi strasbourgeois d'avant-saison, l'Europ'A Cup.

Transfert de Thale Rushfeldt Deila à Győr

Sensation sur le marché européen : alors qu’elle était liée à Odense Handbold jusqu’à l’été 2027, Thale Rushfeldt Deila rejoindra finalement Győri Audi ETO KC dès 2026. Arrivée au Danemark en 2023, Thale Rushfeldt Deila n’aura pas mis longtemps à s'imposer. Championne du Danemark 2025, invaincue (26 victoires en 26 matchs), elle a mené Odense à une saison historique. Cerise sur le gâteau : une victoire en finale contre la Team Esbjerg de sa sœur jumelle Live. La même année, Odense vivait son premier Final Four de Ligue des Champions, porté par une Deila incandescente : 6 buts contre Metz en demi-finale, avant de s’incliner en finale, contre Győr, son futur club.

« Thale est l'un des plus grands talents de sa génération. Sa progression ces dernières saisons a été fantastique, et elle est également une personne d'une grande qualité. C'est une joueuses très explosive et puissante, capable d'évoluer aux trois postes centraux. Face à l'ETO, elle est toujours extrêmement difficile à arrêter. Thale possède également d'excellentes qualités défensives, un atout essentiel pour prétendre à une place de titulaire à l'ETO. Ce transfert, qui peut déjà être considéré comme l’un des plus marquants de la saison, illustre une nouvelle fois la stratégie d’anticipation de Győr.

Le club hongrois, toujours invaincu cette saison toutes compétitions confondues, frappe un grand coup en attirant l’une des joueuses les plus convoitées du continent. La Norvégienne débarquera dans une base arrière où peut évoluer à tous les postes, avec une préférence à gauche. Elle sera en concurrence avec Kelly Dulfer (prolongée jusqu’en 2028), Véronika Kristiansen (2027), Bruna de Paula ou encore Kristine Breistøl. Outre la base arrière, le poste d’arrière droit reste verrouillé avec Dione Housheer, sous contrat jusqu’en 2030. La néerlandaise est devenue l’une des référence à son poste avec le club Hongrois.

En recrutant Thale Rushfeldt Deila, Györ n’envoie pas seulement un message à l’Europe : il confirme sa volonté de régner durablement sur la Ligue des Champions.

Affaire de racisme : Hatadou Sako victime d'insultes

La gardienne internationale française avait été victime d’insultes racistes lors d’un match de son club Györ contre le Motherson Mosonmagyarovar KC, dans le championnat hongrois. Le 10 septembre dernier, lors d’un déplacement de son club hongrois de Györ sur la pelouse du Motherson Mosonmagyarovar KC, la gardienne de l’équipe de France Hatadou Sako a été victime d’insultes racistes de la part de supporters locaux.

Une situation condamnée par ses coéquipières et pour laquelle le club s’était excusé. La Fédération hongroise avait directement lancé une procédure disciplinaire, et la commission d’éthique et de discipline a rendu son verdict ce lundi 22 septembre. Le Motherson Mosonmagyarovar KC devra payer une amende de 400 000 forints (un peu plus de 1000 euros), est obligé de fermer sa tribune de supporters lors du prochain match et devra engager à ses propres frais un inspecteur fédéral pour les deux prochains matches de Championnat.

Amandine Leynaud : Une légende à Győr

Gardienne hors pair, personnalité admirée, respectée et reconnue, la native d’Aubenas s’est bâtie un palmarès colossal au fil des années, en s’imposant comme l’une des toutes meilleures gardiennes de l’histoire de notre sport, si ce n’est la meilleure. Dévoilée à Bourg de Péage, c’est à Metz que la carrière professionnelle d’Amandine Leynaud a débuté, « Bourg de Péage et Metz, mes deux clubs formateurs, occupent une place particulière pour moi dans ma vie de sportive et de femme » évoque l’intéressée.

Gravement blessée au genou alors qu’elle n’avait que 17 ans, elle a été tenue éloignée des terrains pendant plus d’un an. Un épisode marquant qui aurait pu freiner la progression de la jeune pépite qu’elle était à l’époque, mais il n’en a rien été. Déterminée, Amandine Leynaud a pris la décision de signer à Metz, « Je n’avais pas mis un pied sur un terrain pendant un an, et Metz m’a fait signer mon premier contrat professionnel et à l’époque ce n’était pas rien. Les gens ne comprenaient pas mon choix de rejoindre aussi jeune une machine comme Metz, alors que je revenais de blessure. » explique t-elle, avant d’ajouter : « j’avais tellement envie de progresser, qu’il fallait que je m’entraîne avec les meilleurs et à cette époque il n’y avait pas meilleur que ce club en France. J’ai eu la chance d’avoir du temps de jeu rapidement, et pour la jeune gardienne que j’étais, ça m’a permis de progresser énormément.« . Un choix payant.

Dès son arrivée à Metz, Amandine Leynaud marque les esprits, s’impose rapidement dans les buts lorrains, et se retrouve convoquée avec l’équipe de France. Le début d’une épopée fantastique, qui la propulsera sur les sommets du handball international. « Metz est le club qui m’a permis de devenir Amandine Leynaud, d’évoluer dans les plus grands clubs européens. Championne de France à six reprises avec le Metz Handball, désignée meilleure gardienne du championnat de France de 2008 à 2011, Amandine Leynaud était installée dans un fauteuil en France, intouchable.

Au sommet de son art, elle va alors prendre la décision de partir à l’étranger en 2012, avec la volonté de progresser encore et toujours, « Je voulais me mettre en danger, pour apprendre et progresser, avec la volonté de gagner le plus beau titre : la Ligue des Champions. J’ai toujours eu ce besoin d’apprendre« . Des débuts à l’étranger qui n’ont pas été simples, avec une première expérience à Valcea perturbée par une blessure et la mise en faillite du club roumain.

C’est en Macédoine que l’internationale française va briller aux yeux de tous. Arrivée au Vardar Skopje en 2013, Amandine Leynaud va enchaîner les campagnes européennes avec une obsession : gagner la Ligue des Champions. Brillante dans les buts du champion macédonien, le graal va lui échapper à plusieurs reprises, malgré cinq participations au prestigieux Final 4 avec le Vardar (2014, 2015, 2016, 2017, 2018). Recrutée par Györ en 2018, le destin va enfin lui sourire l’année suivante avec une Ligue des Champions remportée en finale contre Rostov, et une performance XXL réalisée par la gardienne tricolore.

Une période enrichissante, qui lui a permis de grandir encore « Cela va faire dix ans que je joue à l’étranger. Ces années ont été une vraie expérience handballistique et humaine. Des périodes difficiles aux grandes épopées, elle s’est imposée comme un élément déterminant dans la construction des succès que les Bleues ont connu. Après de nombreuses années de bons et loyaux services, elle a décidé de prendre sa retraite internationale après les Jeux-Olympiques de Tokyo.

Une retraite dorée sur les toits de l’olympe, « C’est totalement fou d’avoir terminé ma carrière internationale sur un titre olympique. » admet l’intéressée, avant d’ajouter : « Quand on gagne des médailles comme nous l’avons fait ces dernières années, tu en veux toujours plus. Mais la médaille d’or des Jeux Olympiques reste la plus belle des médailles, que tout sportif rêve d’avoir une fois dans sa carrière. Finir sur ça c’est un honneur, et je me sens chanceuse.« . Un timing parfait, et un retrait en toute sérénité, conforté par une relève assurée par des gardiennes de talent comme Cléopatre Darleux et Laura Glauser, « J’ai eu la chance d’évoluer avec Cléopatre et Laura en l’équipe de France. C’est un nouveau binôme et elles ont réalisé un très beau Mondial. Elles ont été performantes, dans des moments importants. J’ai toujours été attachée aux deux, et humainement ce n’était jamais facile de voir une co-équipière déçue ou triste.

Si sportivement Amandine Leynaud a pris ses distances avec l’équipe de France, elle est resté au plus prêt des Bleues pendant le Mondial 2021 organisé en décembre dernier en Espagne, avec un rôle de consultante pour beIN SPORTS, diffuseur officiel de la compétition. « Les choses se sont faites un peu au dernier moment. J’ai été invitée par beIN en tant que consultante et c’est vrai que dans ma tête, je n’y avais pas forcément pensé. Je m’entraînais avec Györ, et c’était tout nouveau pour moi de ne pas être avec l’équipe de France. Je n’avais pas calculé que j’allais avoir mes week-ends de libre, ça ne m’était jamais arrivée depuis 20 ans. » explique t-elle.

Une nouvelle expérience qui a beaucoup plu à la gardienne de Györ, qui connaît parfaitement les rouages de l’équipe d’Olivier Krumbholz, « Ça a été une superbe expérience, j’ai été très bien entourée par l’équipe de beIN et Mary Patrux, et j’ai pu évoluer dans de très bonnes conditions. J’étais là pour parler de l’équipe de France, qui représente beaucoup pour moi. Parler des filles, de ce qu’elles font… J’ai énormément apprécié cet exercice. Je sais comment les choses se déroulent à l’intérieur, c’est l’un des plus beaux sports au monde« .

Une consultante de luxe, qui a eu le temps de prendre du recul sur sa décision de se retirer de la sélection, « Je me suis posée plusieurs fois la question pendant le Mondial, pour être sûre de la décision que j’ai prise de prendre ma retraite avec l’équipe de France. La sensation que j’ai eue c’est que j’étais à ma place tout simplement. Je suis très heureuse d’avoir pu arrêter sur un titre olympique. Je me sens hyper privilégiée et je sais tous les efforts qu’il faut accomplir au quotidien, pendant une longue période, loin de ma famille… J’ai très bien vécu le fait d’être de « l’autre côté », et en même temps j’ai été très fière de leur parcours.

Ce weekend, Metz se déplace à Györ dans le cadre de la dixième journée de la phase de groupe de la Ligue des Champions. Amandine Leynaud n’a pas manqué de souligner la qualité du collectif lorrain, qui avait posé pas mal de problèmes à son club au match aller, « C’est toujours difficile de gagner à Metz, nous avons pu le voir au match aller. Elles ont une très belle équipe avec de jeunes talents et des joueuses plus expérimentées. C’est un collectif complet et elles ont vraiment les armes pour aller loin dans cette compétition, et retourner au Final 4 est quelque chose de tout à fait possible.« .

Interrogée sur la longévité du club lorrain au plus haut niveau, Amandine Leynaud n’a pas tari d’éloges à propos de son club de coeur, « Toutes les jeunes joueuses françaises rêvent de jouer une fois dans leur carrière à Metz. C’est une référence dans le handball féminin. Il y a toujours eu Metz, et il y aura toujours Metz. Il y a une constante remise en question dans ce club et ils progressent toujours en allant chercher de jeunes pépites, en les formant.

Les larmes des trois derniers Final Four (finale en 2022, demies en 2021 et 2023) sont séchées pour les Hongroises, qui retrouvent leur bien laissé de 2021 à 2023 à Kristiansand. Johansson s'est permis le luxe de laisser sur le banc pendant tout le match la gardienne du Danemark Sandra Toft, pourtant décisive en demi-finales contre le club danois d'Esbjerg (24-23), mais à qui a été préférée celle de la Norvège, Silje Solberg. «Mon parcours à Györ a une vraie histoire (elle a eu du mal à s'adapter au début, NDLR), donc réussir à aller au bout du truc au quatrième Final Four, c'est fort.

tags: #gyori #audi #handball