L'Étoile Rouge de Belgrade : Histoire d'un Club Légendaire et ses Confrontations avec le PSG

Qu'on se le dise, l'Étoile Rouge est un club historique. Son palmarès est là pour l'attester : à côté de ses 28 titres nationaux, la "Coupe aux grandes oreilles" garnit fièrement la vitrine de l'équipe la plus populaire de Serbie, contrairement à celle du Paris Saint-Germain, qu'elle affronte justement en Ligue des champions.

Un Monument du Football Mondial

Plus qu'un club de foot, l'Étoile Rouge est un monument. Vestige d'une époque, celle de la Coupe d'Europe des clubs champions, et d'un pays aujourd'hui disparu, la Yougoslavie. Le club le plus populaire de Serbie (28 titres) rappelle d'innombrables souvenirs aux plus anciens d'entre nous. Des souvenirs parfois même douloureux pour quelques supporters français.

Club de la jeunesse communiste et anti-fasciste, fondé en 1945, l'Étoile Rouge de Belgrade ("Crvena Zvezda", en version originale) est la première équipe slave de l'histoire à avoir remporté la Ligue des champions. C'était le 29 mai 1991, à Bari, au terme d'un match au suspense haletant et d'une séance de tirs aux buts cruelle face à l'Olympique de Marseille (0-0, 5 t.a.b. à 3). À ce jour, aucune équipe slave n'a jamais réussi à égaler la performance des coéquipiers de Siniša Mihajlović, Robert Prosinečki et Dejan Savićević.

En 1945, le club de la capitale est créé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par une ligue d'étudiants communistes et antifascistes. Au fur et à mesure des années, il devient le club le plus populaire de Yougoslavie, puis de Serbie, ainsi que le plus titré et, ce, pas qu'en football puisque l'Etoile Rouge compte aussi des sections comme le basket, water-polo ou handball.

Son stade, le Marakana, en référence au célèbre Maracana brésilien, sort de terre dans les années 1960 et pouvait accueillir près de 100 000 personnes, même si ce chiffre est aujourd'hui limité à environ 50 000. Le PSG s'y déplacera le 5 décembre.

Le 29 mai 1991, à Bari (Italie), l'Etoile Rouge grimpe sur le toit de l'Europe en remportant sa première, et unique, Coupe des clubs champions (C1). Contre l'Olympique de Marseille, au bout de l'ennui (0-0 a.p., 5-3 t.a.b.), grâce à cinq tentatives serbes réussies et un échec de Manuel Amoros côté phocéen.

Ligue des champions : l'Étoile Rouge de Belgrade, histoire d'un club aux deux visages

Une (Très) Longue Traversée du Désert

Vainqueur de la C1 en 1991, l'Étoile Rouge retrouve pour la première fois depuis 27 ans le parfum de la plus prestigieuse des Coupes d'Europe. Le club serbe, opposé au PSG, effectue son premier déplacement en Ligue des champions depuis la phase de poules 1991-1992. Plombée par des décisions politiques et sa rivalité exacerbée avec le Partizan, l'autre équipe de Belgrade a buté à six reprises sur le 3e tour préliminaire de la Coupe aux grandes oreilles.

Cette année, la meilleure équipe de Serbie depuis deux ans a passé l'obstacle. Après avoir affronté les Lettons du Spartaks Jurmala, les Lituaniens du Sūduva Marijampolė et les Slovaques du Spartak Trnava, les hommes de Milojević n'ont pas laissé passer leur chance. Ils ont remportés leur barrage contre Salzbourg (0-0, 2-2) grâce aux buts marqués à l'extérieur.

Le Club au Cœur d'une Histoire Tragique

L'Étoile Rouge, fondé en 1945 comme le club de la jeunesse communiste et anti-fasciste, avant de devenir rapidement celui de la police - le Partizan Belgrade est celui de l'armée - s'est également trouvé au cœur d'une histoire tragique : celle de l'éclatement de la Yougoslavie, toujours à l'aube des années 1990.

À cette époque, l'unité de l'État vacille, et les tribunes s'en font l'écho. Le futur président Slobodan Milosevic, alors à la tête du Comité central de la Ligue des communistes de Serbie, craint d'ailleurs de voir les supporters de l'Étoile Rouge, les Delije ("héros" ou "braves"), se retourner contre lui.

Chef paramilitaire et criminel ardemment recherché par Interpol, Zeljko Raznatovic, plus connu sous le pseudonyme d'Arkan, est alors chargé, dès 1986, d'infiltrer le groupe, d'en prendre la tête, et de le transformer en milice prête à en découdre, comme le raconte Le Monde dans un récent article.

C'est ce qui arrive le 13 mai 1990. En Croatie, la rencontre entre les Bad Blue Boys du Dinamo Zagreb et quelque 3.000 Delije tourne à l'émeute, quelques semaines après le résultat des élections parlementaires en faveur d'une indépendance de la Croatie. Au milieu des gaz lacrymogènes, 138 personnes sont blessées, par des balles ou des coups de couteaux, selon un bilan officiel.

L'image qui reste, c'est aussi celle de Zvonimir Boban, le capitaine du Dinamo, qui envoie un grand coup de pied à un policier en train de molester un de ses supporters. En Croatie, l’événement est même considéré comme le déclencheur symbolique de la guerre d'indépendance croate, qui s'ouvre officiellement en août, et qui se déroule jusqu'en 1995.

Côté serbe, plusieurs joueurs de l'Étoile Rouge, comme Sinisa Mihajlovic, fils d'une mère croate et d'un père serbe et fervent supporter de Milosevic, continuent à soutenir Arkan, y compris après son inculpation en 1997 pour crimes de guerres par le tribunal international de La Haye, et son assassinat en 2000.

Miné par ses Hooligans, Criblé par les Dettes

Aujourd'hui encore, la tribune nord du "Marakana", le stade de l'Étoile Rouge, reste le théâtre de revendications nationalistes, notamment en ce qui concerne le Kosovo. Le hooliganisme atteint des sommets au moment du derby belgradois, l'un des événements les plus redoutés par les forces de l'ordre du pays. En 2015, le match entre le Fudbalski klub Crvena zvezda et le Partizan se solde par un bilan de 35 policiers blessés et 41 "hooligans" arrêtés.

Le président de la Serbie, Aleksandar Vucic, est lui un ardent supporter de l'Étoile Rouge. En 2014, alors qu'il est encore vice-Premier ministre, c'est lui qui annonce le soutien financier apporté par l'État au club, qui a accumulé près de 60 millions d'euros de dettes.

Rencontres Mémorables avec le PSG

Les rencontres entre l'Étoile Rouge de Belgrade et le Paris Saint-Germain ont été marquées par des moments mémorables en Ligue des Champions. Ces matchs ont mis en lumière des performances individuelles exceptionnelles et des dynamiques d'équipe intéressantes.

Le Match du 3 Octobre 2018: PSG - Étoile Rouge (6-1)

Un match mémorable s'est déroulé au Parc des Princes, où le PSG a dominé l'Étoile Rouge de Belgrade avec un score impressionnant de 6-1. Face au PSG, elle a cédé après 20 minutes et un splendide coup franc, signé par un Neymar de plus en plus consistant.

Moments Clés du Match:

  • 14': Le PSG s'installe dans le camp de Belgrade.
  • 20': Coup franc de Neymar qui termine près de la lucarne de Borjan.
  • 22': Une-deux entre Neymar et Mbappé, conclusion par Neymar.
  • 37': But de Cavani après une frappe contrée.
  • 41': But de Di Maria sur une passe de Meunier.
  • 70': But de Mbappé sur une passe de Neymar.
  • 74': But de Marin pour Belgrade.
  • 81': Triplé de Neymar sur coup franc.

Statistiques du Match:

  • Vingt-sept tirs
  • Dix cadrés dont six buts
  • 74% de possession de balle en moyenne
  • Treize corners
  • Seulement deux tentatives concédées

Tableau des statistiques du match PSG - Étoile Rouge (6-1):

Statistique PSG Étoile Rouge
Tirs 27 2
Tirs cadrés 10 1
Possession 74% 26%
Corners 13 0

Soupçons de Trucage et Enquête

Le parquet national financier (PNF) a décidé de classer sans suite les soupçons de match truqué entourant le match entre le PSG et l’Étoile Rouge Belgrade (6-1), qui s’était déroulé le 3 octobre 2018. Selon les informations de l’Equipe, faute de matériaux probants, la justice a choisi d’abandonner ses investigations.

Pour rappel, le deuxième match de Ligue des champions du club parisien s’était terminé sur une large victoire (6-1). Mais un mystérieux informateur aurait averti l’UEFA qu’un « très haut dirigeant » du club serbe souhaitait miser 5 millions d’euros sur une défaite de son équipe par cinq buts d’écart en comptant demander à des joueurs de lever le pied.

La large victoire parisienne (6-1), à domicile, avait donné du poids aux soupçons initiaux. Mais les enquêteurs français, qui n'ont pu avoir accès à l'informateur de l'UEFA, ont bouclé leurs investigations sans preuves consistantes.

Sollicité, ce dernier explique que cette affaire a été classée « pour infraction insuffisamment caractérisée ». « Le PNF a diligenté de nombreuses investigations dans ce dossier qui n'ont pas permis de rapporter la preuve matérielle d'un trucage, ni d'identifier un ou des auteurs », développe l'institution judiciaire, en ajoutant « que la poursuite d'éventuels complices n'est pas juridiquement envisageable dès lors qu'aucune infraction n'est démontrée ».

Réactions et Conséquences

« Ce n'est pas une surprise », a commenté après-coup Me Antoine Vey, l'avocat français du club serbe, au sujet de ce classement sans suite. Quant au PSG, qui fut rapidement mis hors de cause, il a parlé d'une affaire « qui a fait "pschitt", avec beaucoup de bruit pour rien », par la voix de son conseil dans ce dossier, Me Francis Szpiner.

Marco Verratti n’élude aucune question. « Que c’était un match truqué ? », lui redemande poliment Verratti. « Non, pas du tout. Ce sont des choses que l’on n’a pas senties. Les choses dont parle le journal (L’Équipe, N.D.L.R.), il n’y a rien de vrai. On a joué au football et on a réalisé un grand match. Ce n’est pas la première fois que l’on gagne avec cinq buts d’écart. Ce sont des problèmes qui ne nous intéressent pas. »

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