Plus qu’un simple match de football, le Der Klassiker est devenu l’un des rendez-vous les plus attendus du calendrier sportif européen. À chaque confrontation entre le Borussia Dortmund et le Bayern Munich, c’est toute l’Allemagne qui retient son souffle.
Si le Bayern Munich (fondé en 1900) et le Borussia Dortmund (créé en 1909) ont des racines anciennes, leur confrontation n’a pas toujours été au sommet du football allemand. Jusqu’aux années 1980, d’autres clubs, comme le Borussia Mönchengladbach ou Hambourg, dominaient la scène nationale. Ce n’est véritablement qu’à partir des années 1990 que la tension entre Dortmund et le Bayern s’intensifie.
Le BVB, alors dirigé par Ottmar Hitzfeld, remporte plusieurs titres de Bundesliga et une Ligue des champions en 1997. Le Bayern Munich, souvent surnommé le « FC Hollywood » pour sa richesse, son nombre de stars dans l’équipe et sa couverture médiatique, incarne la réussite, la rigueur et la constance. Le club bavarois est reconnu pour son organisation sans faille, son attractivité financière et sa capacité à attirer les plus grands joueurs du monde.
En face, Dortmund se positionne comme un club formateur mais aussi révélateur de nombreux talents comme Jadon Sancho, Erling Haaland ou encore Jude Bellingham. Son jeu rapide, offensif et spectaculaire séduit les amateurs de football romantique.
Le 25 mai 2013 reste une date gravée dans les mémoires : pour la première fois, deux clubs allemands s’affrontent en finale de Ligue des champions. Dans le cadre mythique de Wembley, le Bayern Munich s’impose 2-1 face à Dortmund au terme d’un match spectaculaire. Arjen Robben, héros de la soirée, inscrit le but de la victoire à la 89e minute, brisant les espoirs du BVB.
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La finale de la Ligue des Champions 2013 : Un moment d'anthologie
Battus en finale en 2010 mais surtout l’an dernier, dans leur Allianz Arena, les Bavarois n’ont cette fois-ci pas failli à l’heure de soulever leur première C1 depuis 2001. Cette première finale de Ligue des champions 100 % allemande a tenu toutes ses promesses en termes de jeu et de scénario.
Mario Mandzukic a ouvert le score pour le Bayern en première période (60e) malgré la domination de Dortmund, Ilkay Gündogan a égalisé après l’heure de jeu (68e) avant que Robben ne scelle la victoire à une minute de la fin du temps réglementaire (89e).
La première période de cette finale aura été celle des gardiens de but, avec plusieurs arrêts de grande classe de Manuel Neuer et de Roman Weidenfeller. Parfaitement décomplexés, les joueurs de la Ruhr se sont montrés les plus dangereux dès l’entame de la rencontre en ne se procurant pas moins de quatre occasions brûlantes entre la 10e et la 19e minute.
Pressé haut, nerveux et incapable de produire son jeu habituel, le Bayern a dû se contenter de quelques contre-attaques et de ballons perdus en défense au cours des 45 premières minutes. Au retour des vestiaires, le Bayern a commencé à jouer de manière plus fluide et l’équipe de Jupp Heynckes a rapidement été récompensée en trouvant l’ouverture du score.
Déjà plaisante à regarder avant ces deux buts, cette finale s’est emballée dans le dernier quart d’heure du temps réglementaire avec chacune des deux équipes cherchant le but du break. Au bout du compte et d'un match vraiment plaisant, la victoire du Bayern semble méritée, même si elle est cruelle pour un Borussia qui visait un deuxième sacre après celui de 1997 et auquel Götze a tout de même beaucoup manqué.
Mais le football allemand a réussi sa fête car le spectacle a été partout. Sur le terrain, bien sûr, mais aussi au bord, où Klopp a donné un récital de mimiques, moulinets de bras et serrage de poings. Dans les tribunes, enfin, où tout le monde parlait la langue de Götze et où l'ambiance a été magnifique, chaque camp répondant à l'autre en chantant encore un peu plus fort.
L'Allemagne peut continuer à voir grand et le Bayern peut rêver d'être la première équipe depuis l'AC Milan en 1990 à conserver son trophée. Car la saison prochaine, c'est Pep Guardiola qui débarque et on a déjà hâte de voir ça.
MUNICH - DORTMUND : 2-1 (0-0)
Spectateurs : 86.298.
Arbitre : N.
BUTS.
Bayern : Mandzukic (60'), Robben (88').
AVERTISSEMENTS.
Dortmund : Grosskreutz (73).
DORTMUND : Weidenfeller (cap) - Piszczek, Subotic, Hummels, Schmelzer - Blaszczykowski (Schieber 90+1), S. Bender (Sahin 90+1), Reus, Gündogan, Grosskreutz - Lewandowski.
BAYERN MUNICH : Neuer - Lahm (cap), Boateng, Dante, Alaba - Robben, Javi Martinez, Müller, Schweinsteiger, Ribéry (Luiz Gustavo 90+1) - Mandzukic (Gomez 90+4).
Avec ce cinquième trophée, le grand club bavarois rejoint Liverpool au troisième rang des équipes les plus titrées en C1, derrière le Real Madrid et l'AC Milan. Il s'offre aussi la possibilité de réussir un fantastique triplé puisque, déjà champion d'Allemagne, il jouera le 1er juin la finale de la Coupe face à Stuttgart.
Samedi à Wembley, les hommes de Jupp Heynckes (qui emporte de son côté une deuxième C1, à 68 ans) ont aussi confirmé leur remarquable parcours dans l'épreuve, même s'ils ont tout de même été moins brillants que contre la Juventus en quart de finale (2-0; 2-0) et le FC Barcelone en demie (4-0; 3-0).
Le grand homme du match aura été Arjen Robben, auteur d'une passe décisive pour Mandzukic sur l'ouverture du score (60e) et surtout du but de la victoire en profitant à la 89e minute d'une talonnade plutôt heureuse d'un Ribéry assez moyen mais impliqué sur les deux buts.
Entre-temps, les Bavarois ont pu croire revivre le traumatisme de la finale perdue l'an dernier à domicile contre Chelsea, Dortmund étant parvenu à revenir à la marque en transformant par Gündogan un penalty concédé par Dante d'un geste très maladroit sur Reus (68).
Auparavant, la première période avait été celle des deux gardiens. Neuer, d'abord, qui a permis au Bayern de rester dans sa finale à un moment où le club bavarois était en grande souffrance.
Car Jürgen Klopp avait bien préparé son affaire et c'est l'outsider Dortmund qui est le mieux entré dans le match, gênant considérablement le Bayern par son pressing et par la sûreté technique de Gündogan, Reus ou Lewandowski.
Neuer devait donc faire des miracles devant Lewandowski (14, 35), Blaszczykowski (15), Reus (19) ou Bender (22). Cela faisait déjà beaucoup, d'autant qu'en face, il n'y a longtemps rien eu du tout.
Mais un peu avant la demi-heure de jeu, le Bayern a enfin trouvé quelques solutions, en jouant un peu plus direct, un peu plus dur, aussi. Et c'est alors Weidenfeller qui est entré en scène avec une première claquette sur une tête de Mandzukic (26). Le portier de Dortmund a ensuite remporté deux duels face à Robben, dont on a alors pensé qu'il n'était vraiment pas fait pour les finales.
A la 30e, le Néerlandais a d'abord buté sur Weidenfeller dans une action qui rappelait un peu son face-à-face perdu face à Casillas en finale du Mondial-2010. Sur le coup, un pied droit aurait été bien utile à Robben.
A la 43e, il était ensuite assez malheureux de voir son tir repoussé du... menton par le gardien du Borussia.
La deuxième période allait être plus débridée encore, les meilleures occasions étant bavaroises par Alaba (76) et Schweinsteiger (86), Subotic dégageant aussi 20 centimètres devant sa ligne un ballon de Müller que Robben pouvait encore reprendre (72).

Arjen Robben marque le but de la victoire contre Dortmund, le 25 mai 2013 à Wembley.
Au bout du compte et d'un match vraiment plaisant, la victoire du Bayern semble méritée, même si elle est cruelle pour un Borussia qui visait un deuxième sacre après celui de 1997 et auquel Götze a tout de même beaucoup manqué.
Mais le football allemand a réussi sa fête car le spectacle a été partout. Sur le terrain, bien sûr, mais aussi au bord, où Klopp a donné un récital de mimiques, moulinets de bras et serrage de poings.
Dans les tribunes, enfin, où tout le monde parlait la langue de Götze et où l'ambiance a été magnifique, chaque camp répondant à l'autre en chantant encore un peu plus fort.
L'Allemagne peut continuer à voir grand et le Bayern peut rêver d'être la première équipe depuis l'AC Milan en 1990 à conserver son trophée.
Le Bayern champion sur le gong
La dernière journée de Bundesliga a offert un scénario incroyable pour le titre alors que le Borussia Dortmund était déjà assis sur le trône avant le coup d'envoi, n'attendant plus que sa couronne. Irrésistible en 2023, le club de la Ruhr a-t-il été rattrapé par la pression de l'évènement ?
En tous cas, dans la foulée de l'ouverture du score du Bayern Munich à Cologne, sur une merveille de frappe enveloppée de Kingsley Coman (8e), le leader a cédé par deux fois en première période face à Mayence. D'abord sur une tête au premier poteau signée Hanche-Olsen, qui a coupé un corner (0-1, 15e), puis suite à une autre tête d'Onisiwo, qui a profité d'une erreur de marquage pour doubler le score sur un centre de Lee (0-2, 24e).
Entre ces deux réalisations, Sébastien Haller a raté un pénalty (19e) qui aurait pu permettre à son équipe de sortir la tête de l'eau. Au contraire, le Borussia est rentré à la pause avec un débours de deux buts, tandis que le Bayern, lui, regagnait le vestiaire avec un avantage psychologique.
Après la pause, ce sont encore les joueurs de Mayence qui se montraient les plus dangereux en contre, frôlant même le troisième but, tandis qu'Haller était trop court sur un centre (59e). Dans le même temps ou presque, Yann Sommer réussissait une parade exceptionnelle (60e), préservant le très court avantage du Bayern.
Du côté du Signal Iduna Park, chauffé par une ambiance exceptionnelle, Dortmund allait-il réussir un renversement historique ou sombrer un peu plus sur le plan défensif ? En marquant du droit à la 69e, avec l'aide du poteau, Raphaël Guerreiro a un peu plus enflammé le volcan local, si c'était possible ! Mais, malgré plusieurs occasions, le Borussia n'a pas ajouté de but.
Son salut allait-il venir de Cologne ? En égalisant sur un pénalty de Ljubicic (81e), l'adversaire du Bayern lui a offert pendant quelques minutes un neuvième titre de champion d'Allemagne. Mais Jamal Musiala a surgi à la 89e minute pour valider le onzième sacre consécutif du Bayern, au terme d'un après-midi dantesque !
L'Europe : l'Union Berlin en C1
Dortmund, le Bayern et Leipzig déjà qualifiés pour la Ligue des champions, il restait un fauteuil à attribuer avant cette ultime journée. C'est l'Union Berlin, victorieux (1-0) du Werder Brême en fin de rencontre, qui accompagnera le trio de tête. Fribourg (5e), vaincu à Francfort (1-2), se contentera donc de l'Europa League. Le Bayer Leverkusen (6e) disputera, quant à lui, les barrages de la Conference League malgré sa lourde défaite à Bochum (0-3). Les hommes de Xabi Alonso ont profité de la défaite à domicile de Wolfsburg, qui avait portant ouvert le score face au Hertha Berlin, déjà relégué, avant de s'effondrer (1-2).
Le maintien : Schalke relégué, Stuttgart barragiste
Bochum a profité de son large succès pour s'extraire de la zone rouge et laisser sa place de barragiste à Stuttgart, tenu en échec à domicile par Hoffenheim (1-1). Derrière, il n'y a pas eu de miracle pour Schalke 04, étrillé par Leipzig (2-4) malgré un sursaut pour revenir de 0-2 à 2-2. Le club de la Ruhr accompagnera le Hertha Berlin à l'échelon inférieur.
Moments clés des Klassikers en Ligue des Champions
Au fil des saisons, le Klassiker a offert des moments d’anthologie : des festivals offensifs, des égalisations de dernière minute, des cartons rouges et des gestes techniques venus d’ailleurs. Des joueurs comme Robert Lewandowski, Mario Götze ou Mats Hummels, passés d’un camp à l’autre, ont ajouté une couche de piment à cette rivalité.
Chaque rencontre dépasse le simple cadre sportif. C’est un bras de fer pour la suprématie en Bundesliga, une bataille d’influence sur le football allemand. Le vainqueur du Klassiker gagne en crédibilité, en confiance et prend souvent une option morale sur le titre, même si le Bayern garde un net avantage au palmarès.
Avec une diffusion dans plus de de nombreux pays, le Klassiker est devenu un produit phare du football mondial. Les stades pleins, les tifos impressionnants et l’intensité des rencontres en font un événement suivi par des millions de fans. Pour les sponsors et les marques, c’est une vitrine idéale. Pour les jeunes talents, un tremplin vers les sommets.