Si je vous dis « voyage », « héritage », « pays d’accueil », peut-être pensez-vous à une aventure au bout du monde ? Pour moi, ces mots résonnent différemment : je pense à l’Étoile Rouge de Belgrade, club mythique au cœur du sport européen. Pourtant, au-delà de son histoire sur le terrain, c’est son impact culturel et son influence dans les pays qu’il traverse qui attire mon attention en tant que passionné d’analyse et d’histoires sportives.
L’Étoile Rouge de Belgrade n’est pas seulement un nom. C’est une institution qui porte fièrement l’histoire de la région des Balkans et de la Serbie.
Fondation et Premières Années
Fondé en 1945, ce club a vu le jour dans un pays en pleine reconstruction après la Deuxième Guerre mondiale. Le club est fondé en 1945 au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par un groupe d'étudiants communistes et antifascistes. A la chute du régime et la création de la République fédérative socialiste de Yougoslavie en 1945, les anciens clubs de football jugés « collabos » furent dissous et remplacés par des « nouveaux » clubs, basés sur les anciennes entités qui avaient disparu. Le SK Jugoslavija fut l’une des plus importantes victimes. L’Étoile rouge gagne le championnat serbe en 1946, lui permettant d’accéder à la première division yougoslave dès son retour pour la saison 1946-1947. La première saison du club à l’échelle nationale est bonne, les Crveno-beli (les rouges et blancs) finissent troisièmes, mais loin derrière l’intouchable Partizan de Stjepan Bobek.
Le club gagne enfin le titre, après plusieurs saisons dans les places d’honneur, en 1951, grâce à un meilleur goal-average que le Dinamo Zagreb. Le club gagne le titre à nouveau lors de la saison 1952-1953, mais ce sont les changements au sein de la structure du club qui permettent à l’Étoile rouge de dominer le championnat yougoslave et de devenir un concurrent sérieux à l’Europe pour la première fois de son histoire.
Au milieu de la décennie, Dušan Blagojević devient président, Slobodan Ćosić agit en tant que secrétaire général et Aca Obradović devient quant à lui le directeur technique et sportif du club. Ensemble, ils ouvrent la voie à une génération glorieuse : le gardien de but Vladimir Beara, les défenseurs Vladimir Durković et Branko Stanković, les milieux de terrain Vladica Popović et Dragoslav Šekularac et les attaquants Rajko Mitić et Bora Kostić.
Cette équipe fait la loi dans le championnat yougoslave, devenant championne en 1956, 1957, 1959 et 1960. La fin de cette génération dorée et de la domination belgradoise laisse place à une période trouble dans l’histoire du club.
C’est le Partizan Belgrade, éternel rival, qui devient l’équipe dominante du pays. Les résultats de l’Etoile rouge atteignent des niveaux jamais vus auparavant : de second en 1961, elle chute à la quatrième place l’année suivante avant de toucher le fond en 1963, les hommes de Milorad Pavić finissant septième. C’est le pire résultat en championnat de l’histoire du club.
Ces échecs peuvent néanmoins s’expliquer par un évènement : le club doit jouer de 1960 et 1963 dans le Stadion JNA du Partizan, suite à la destruction de l’ancien stade du SK Jugoslavija, qui n’avait pas été rénové depuis les années 1920.
En 1963, le Stadion Crvena zvezda est enfin construit et l’Étoile rouge retrouve son stade, surnommé Marakana en hommage au stade carioca du même nom. En 1966, Miljan Miljanić arrive à Belgrade pour devenir le nouvel entraîneur du club. Il amorce un renouveau complet de l’effectif en le rajeunissant.
La nouvelle génération de joueurs, une des plus belles de l’histoire du club, est menée par le fabuleux ailier gauche Dragan Džajić. Elle gagne le championnat trois années de suite, exploit qui n’avait jamais été fait auparavant (1968, 1969 et 1970).

Stade Crvena Zvezda, surnommé Marakana
L’Etoile rouge atteint les demi-finales de la Coupe des clubs champions européens en 1971, battu 4-4 aux buts à l’extérieur par le Panathinaïkós de Ferenc Puskás. Le club remporte une nouvelle fois le titre en 1973 et va jusqu’en quarts de finale de la C1 en 1974 en parvenant à éliminer le champion en titre, Liverpool, en les battant 2-1 au Marakana et sur le même score à Anfield, devenant la première et seule équipe à réussir à battre les Reds chez eux dans la plus grande des compétitions européennes durant le XXe siècle.
Après quelques années pendant lesquelles le titre change de mains régulièrement, Gojko Zec devient entraîneur à Belgrade en 1976. Sa première saison fut un chef d’œuvre, l’Étoile rouge gagnant de nouveau le titre avec une avance de neuf points sur son dauphin zagrébois. C’est le plus gros écart jamais enregistré à l’époque dans le championnat yougoslave.
Les deux saisons suivantes voient l’Étoile rouge finir à la deuxième puis la troisième place du championnat, envoyant le club en Coupe de l’UEFA. C’est donc en C3 que l’Étoile rouge atteint pour la première fois de son histoire une finale européenne, en 1979. Après avoir sorti le BFC Dynamo dans un Marakana en feu grâce à un but qualificatif à la 89e minute, puis le Sporting Gijon, Arsenal, West Bromwich et finalement le Hertha Berlin, les hommes de Branko Stanković, remplaçant de Zec, font match nul contre le Borussia Mönchengladbach de Kevin Keegan et Berti Vogts, entraîné par Udo Lattek, dans un Marakana plein à craquer avant de perdre sur un penalty de l’attaquant danois au match retour.
La saison 1979-1980 voit l’Étoile rouge devenir champion mais un événement particulier a lieu, éclipsant totalement le championnat et annonçant le déclin progressif du pays : le 4 mai 1980, l’Hajduk Split reçoit l’Étoile rouge pour la 25e journée du championnat. A la 41e minute, trois hommes rentrent sur le terrain et font arrêter le match. Le président de l’Hajduk, Ante Skataretiko, annonce la mort du maréchal Josip Broz Tito. La foule se met à pleurer et certains joueurs comme Zlatko Vujović, attaquant de l’Hajduk et futur joueur des Girondins et du PSG, s’effondrent. Le public se met ensuite à chanter « Druže Tito, mi ti se kunemo », chant à la gloire du Camarade Tito.
L'âge d'or et le triomphe en Coupe d'Europe
Des changements importants ont lieu au club en 1986. Dragan Džajić, devenu directeur technique et sportif du club, commence à construire une équipe qui pourrait rivaliser avec les plus grosses écuries européennes de l’époque. Un plan quinquennal est mis en place en 1987 avec l’objectif d’être champion d’Europe d’ici 1992. L’Étoile rouge recrute Dragan Stojković et Robert Prosinečki, deux jeunes joueurs yougoslaves en provenance des clubs rivaux.
Entre 1987 et 1992, le club remporte le championnat à quatre reprises. A la fin de la saison 1989-1990, l’Étoile rouge devient champion avec une avance de 11 points sur le dauphin zagrébois, battant le record de 1976. Le club continue sa politique de recrutement des meilleurs joueurs du championnat en achetant Darko Pančev, Dejan Savićević, Siniša Mihajlović et en faisant monter en équipe première deux jeunes espoirs du centre de formation : Stevan Stojanović et Vladimir Jugović.
Cette équipe, avec l’arrivée du transfuge roumain Miodrag Belodedici, gagne la Coupe des clubs champions européens en 1991 en battant tour à tour le Grasshopper Club Zurich, les Glasgow Rangers, le Dynamo Dresde, le Bayern Munich puis l’Olympique de Marseille en finale à Bari. Ils remportent ensuite la Coupe Intercontinentale 1991, (qui opposait le vainqueur de la C1 au vainqueur de la Copa Libertadores), en battant Colo-Colo sur le score de 3 buts à 0.

L'équipe victorieuse de l'Étoile Rouge en 1991
L'équipe de l'Étoile Rouge de Belgrade en 1991 comprenait des joueurs exceptionnels, notamment:
- Stevan Stojanovic
- Vladimir Jugovic
- Robert Prosinecki
- Sinisa Mihajlovic
- Darko Pancev
D'autres joueurs marquants de l'histoire du club incluent:
- Dejan Stankovic
- Dejan Savicevic
- Dragan Dzajic
- Anto Drobnjak
- Ilija Najdoski
- Milenko Acimovic
- Marko Pantelic
- Dragan Stojkovic
- Nemanja Vidic
- Miodrag Belodedici
Au fil de son histoire, le club a exprimé sa reconnaissance envers ses anciennes gloires en leur attribuant les "étoiles de l’Étoile Rouge".
Le Derby Éternel de Belgrade
Pour comprendre pleinement la passion et l’intensité qui entourent le Derby Éternel de Belgrade, il est essentiel de plonger dans son histoire. Fondés la même année en 1945, l’Étoile Rouge et le Partizan Belgrade ont rapidement émergé comme les rivaux les plus féroces du football serbe.
À l’époque de la Yougoslavie, ces deux clubs étaient bien plus que de simples équipes de football ; ils étaient les symboles de différentes idéologies et identités. L’Étoile Rouge était souvent associé à l’identité serbe, tandis que le Partizan, fondé par l’armée yougoslave, était plutôt lié au régime de Tito. Cette rivalité s’est intensifiée au fil des décennies, alimentée par des facteurs politiques, sociaux et culturels.
Le Derby Éternel de Belgrade est bien plus qu’un simple match de football C’est un événement chargé d’histoire, d’émotion et parfois même de danger. L’une des caractéristiques les plus marquantes de ce derby est son historique de hooliganisme profondément enraciné dans le football serbe.
En effet, le derby est régulièrement le théâtre de violences et de troubles, faisant de lui l’un des plus violents d’Europe. L’atmosphère de ce derby est si unique qu’elle a attiré l’attention du Samos Football Tour. Cet événement est riche en histoires liées au football, aux ultras et aux tribunes, mais il dépasse également les limites du terrain.
Contrairement à la plupart des derbies où chaque équipe affiche fièrement ses couleurs, au Derby Éternel, il est recommandé de porter des vêtements neutres, voire sombres, pour éviter les ennuis. Cette atmosphère particulière est le résultat d’une histoire complexe de hooliganisme en Serbie, qui remonte aux années 1990.
Les hooligans ont souvent été utilisés par les autorités serbes et entretenaient des liens étroits avec la politique. Cette relation entre politique et football est plus pertinente que jamais, comme en témoigne le passé d’ultra de l’actuel président, Aleksandar Vucic, qui aurait même été un ancien hooligan.
L’histoire sombre du hooliganisme en Serbie est illustrée de manière poignante par le meurtre tragique de Brice Taton lors d’un match entre Toulouse FC et le Partizan en 2009.

Ambiance électrique lors du Derby Éternel de Belgrade
Arkan et l'Influence Politique
L’histoire d’Arkan, surnommé le Tigre des Balkans, est une sombre saga qui a profondément marqué l’histoire de la région. En 1989, Slobodan Milosevic, conscient du potentiel de danger que représentaient les hooligans s’ils se retournaient contre ses politiques, nomme Željko Ražnatović, mieux connu sous le nom d’Arkan, chef des Delije, les ultras de l’Étoile Rouge.
Cette nomination intervient dans un contexte tendu, alors que la Yougoslavie est sur le point de se fragmenter. En mai 1990, lors d’un match à Zagreb entre l’Étoile Rouge et le Dinamo Zagreb, une véritable guérilla éclate dans les tribunes entre les Croates et les 3000 Delije ayant fait le déplacement. Ces événements marquent le début de la guerre des Balkans, déchirant les pays de la région et causant d’innombrables souffrances.
Arkan, profitant du chaos, crée alors les « Tigres d’Arkan », un groupe paramilitaire impliqué dans des actes d’ethnic cleansing, de massacres et d’atrocités. Ces actions ne sont pas uniques à un seul camp, les forces croates étant également impliquées dans des actes similaires.
La guerre des Balkans, qui a ravagé des pays comme la Bosnie et la Slovénie, a coûté la vie à plus de 100 000 personnes et a laissé des cicatrices profondes dans les deux camps. Même si le conflit en Croatie a officiellement pris fin en 1995, les blessures demeurent ouvertes et la mémoire de ces événements tragiques continue de hanter la région.
Enfin, il est intéressant de noter qu’en 2019, le club a installé un char de guerre utilisé pendant la guerre d’indépendance croate comme attraction.
L'Expérience du Derby
Le jour tant attendu du derby est finalement arrivé, et une excitation indescriptible envahit l’atmosphère. Alors que nous nous approchons lentement mais sûrement de la zone à haut risque, nos cœurs battent de plus en plus fort. Pourquoi tant d’engouement pour le derby éternel de Belgrade ? C’est quelque chose que l’on ne peut véritablement comprendre qu’en le vivant.
Ceux qui ont eu cette chance en reviennent toujours avec des souvenirs incroyables, des souvenirs qui transcendent le simple fait d’assister à un match de football. Le tunnel qui amène sur la pelouse est un endroit mythique chargé d’une atmosphère électrisante.

Le tunnel menant au terrain, un lieu mythique
Il est célèbre, connu de tous les supporters. Lorsque les joueurs y pénètrent, c’est comme s’ils entraient dans l’arène des gladiateurs. Le passage est long, sombre, intimidant. On ressent une tension palpable, une concentration extrême. C’est un espace à la fois effrayant et exaltant, où l’on se sent à la fois seul et connecté aux autres.
Au moment où l’Étoile Rouge marque, le stade entier gronde avec une explosion de joie et d’enthousiasme qui envahit l’air, déclenchée par le poumon du stade : les « Delije ». Leurs fumigènes et autres pots de fumée illuminent le ciel nocturne, créant un spectacle visuel saisissant.
L’aventure lors de ce derby éternel a été marquée par une anecdote inattendue. Alors que Samos tentait de rejoindre le reste du groupe dans la tribune latérale, il s’est retrouvé par erreur au cœur même de la tribune des ultras.
Il faut avouer qu’il a été surpris qu’on le laisse passer à ce moment-là mais il a continué son chemin. Alors qu’il essayait désespérément de valider leur ticket, rien ne fonctionnait. Face à ce bug, il a opté pour une approche plus traditionnelle, profitant du manque de surveillance.
Le lendemain du derby, l’image qui se présente est celle d’une tribune dévastée. Une véritable scène de chaos se dessine devant eux. Une partie des sièges a été arrachée, témoignant de la violence de l’affrontement. Des petits feux improvisés ont éclaté, laissant des marques de destruction. La tribune, retournée, est méconnaissable dans son état dévasté.
Ils remarquent un t-shirt des ultras adverses, brûlé dans un geste de provocation. Malgré les tentatives, le feu n’a pris que timidement, mais l’intention est claire. C’est un spectacle impressionnant, presque surréaliste. Des restes de fumigènes jonchent le sol, témoignant de la passion débordante des supporters.
L'Étoile Rouge et son Impact Culturel
Lorsque l’Étoile Rouge se déplace en Europe pour jouer des matchs, c’est tout un pan de sa culture qui s’exporte. Le vécu des joueurs et des supporters dans les pays d’accueil est riche en enseignements. Prenons Londres, par exemple. À chaque match à l’extérieur, un certain parfum de réciprocité tend à surgir entre les peuples.

La passion des supporters de l'Étoile Rouge
En tant que journaliste qui a eu le privilège d’assister à des rencontres inoubliables, ce que j’adore, c’est observer cette passion commune, même si les deux parties veulent que leur camp gagne. Un simple échange entre supporters peut transformer une rue de Munich en un point de fusion culturelle où s’échangent bibelots, anecdotes, voire recettes de famille.
En dehors du rectangle vert, les voyages de l’Étoile Rouge éveillent également l’intérêt des artistes, écrivains et cinéastes fascinés par cet aspect dramatique et éclatant des matches internationaux. Qui n’a jamais entendu parler du célèbre fan des Beatles rencontré par hasard pendant l’une de ces échappées européennes ?
À travers ses voyages, l’Étoile Rouge ne construit pas seulement sa propre histoire, mais laisse aussi une empreinte significative dans les pays hôtes et les villes visitées. L’organisation de ces événements attire l’attention et renforce le tissu économique local.
Tout comme moi qui trottine tôt le matin dans les rues de ces villes historiques, l’afflux massif de supporters entretiendra indéniablement le business du café local… Il n’est donc pas étonnant que certains entrepreneurs avisés commencent leurs journées en célébrant cette effervescence économique lors des matchs de l’Étoile Rouge.
Mais l’influence va au-delà de l’économie et touche aussi la mode. Un autre domaine qui passionne autant qu’il fascine : les couleurs du club étoilées rouge et blanc imprègnent la créativité, modifiant et inspirant les nouvelles tendances vestimentaires.
Profiter d’une tasse de café vibrant tout en écoutant les récits d’anciens joueurs du club a élargi ma vision du sport. Chaque endroit visité dans le cadre d’un match de l’Étoile Rouge devient un souvenir où les rires et les histoires s’entrelacent mijotant de façon savoureuse l’identité du sport.
Même si notre attachement aux équipes peut être profondément ancré, il existe aussi ce partage d’expériences humaines. La beauté du sport réside dans sa simplicité mystique et magnétique : le supporteur inconnu qui devient ami, la chanson de stade réutilisée lors d’un concert de rock. Plus qu’une chaîne de moments, le football passionne universellement.
De 1992 à aujourd'hui
Néanmoins, la période suivant la mort du Maréchal Tito voit également la montée des extrémismes ethniques au sein d’une Yougoslavie de plus en plus morcelée en l’absence de sa figure totémique. Le 13 mai 1990, lors d’un match au Maksimir de Zagreb, le Dinamo affronte l’Etoile rouge pour un match sportivement sans conséquence : L’Etoile rouge était déjà championne et le Dinamo avait également assuré sa seconde place. Politiquement, le match est un symbole fort car il a lieu une semaine après les élections législatives croates qui ont porté Franjo Tuđman et l’Union démocratique croate au pouvoir au sein de la République socialiste de Croatie.
Le match est annulé, les Bad Blue Boys croates et les Delije serbes se battant et s’insultant dans les tribunes, obligeant la police à venir calmer l’émeute. Zvonimir Boban, capitaine du Dinamo et international yougoslave, se fait remarquer pour un coup de genou donné à un policier en train de frapper un supporter croate.
L’Étoile rouge gagne à nouveau le titre en 1992 mais le championnat ne comporte plus d’équipes croates et slovènes à la suite de l’indépendance de ces deux pays. Les sanctions des Nations Unies, l’inflation et la guerre civile font beaucoup de mal au club qui voit partir tous les joueurs ayant gagné la Coupe d’Europe en 1991.
Les années suivantes voient le Partizan Belgrade gagner le titre dans un championnat devenu un championnat serbo-monténégrin, l’Étoile rouge ne retrouvant la première place qu’en 1995 avec une nouvelle génération incarnée par Dejan Petković, Darko Kovačević ou Dejan Stanković.
Mais ce titre ne sera qu’une éclaircie dans un ciel sombre, le Partizan étant champion en 1996, 1997 et 1999. Si l’Étoile rouge gagne le titre en 2001 et 2004, ses performances européennes font pâle figure, éliminée lors du deuxième tour par le Celta Vigo en Coupe de l’UEFA en 2001, puis par l’Arsenal Kiev lors du premier tour de la C3 en 2002, puis par la Lazio Rome au même stade de la compétition l’année suivante.
Malgré tout, le club continue de faire progresser des joueurs de son académie, tel que Milenko Ačimovič, Branko Bošković ou Nemanja Vidić. L’Étoile rouge gagne le dernier titre avant l’indépendance du Monténégro, en 2006.
Les performances européennes continuent d’être décevantes et le club ne gagne le championnat qu’en 2007 avant de voir le Partizan enchaîner six titres consécutifs. Entre 2005 et 2014, 16 entraîneurs et cinq présidents se succèdent à la tête du club. En début d’année 2010, la situation économique du club est telle que l’Etoile rouge doit demander des donations par téléphone allant dans un fond pour essayer de rester à flot.
Malgré le titre de 2014, le club ne peut participer à la Ligue des Champions 2014-2015 à cause d’un mauvais bilan financier. En décembre 2014, le candidat incontesté Svetozar Mijailović devient président de l’Étoile rouge, amenant enfin de la stabilité dans un club qui en avait terriblement besoin.
Après avoir gagné le titre en 2016, c’est en 2017-2018 que l’Etoile rouge revient en Europe, en atteignant les phases de poules de l’Europa League pour la première fois depuis 10 ans. Dans un groupe composé d’Arsenal, Cologne et le BATE Borisov, les Serbes parviennent à se qualifier pour les phases finales, pour la première fois depuis 25 ans, en finissant derrière Arsenal avant de se faire éliminer en 16e de finale par le CSKA Moscou.
L'Étoile rouge de Belgrade, le plus grand club de football des Balkans
L’Étoile rouge remporte à nouveau le championnat en 2018 puis 2019 mais ne passe pas la phase de groupes de la Ligue des Champions.
| Compétition | Nombre de titres |
|---|---|
| Championnat de Yougoslavie | 19 |
| Coupe de Yougoslavie | 12 |
| Championnat de Serbie | 7 |
| Coupe de Serbie | 4 |
| Ligue des Champions | 1 |
| Coupe Intercontinentale | 1 |