On a tous encore en tête la ferveur suscitée par l'équipe masculine de football du Maroc à l'occasion de la dernière Coupe du Monde au Qatar qui a vu les Lions de l'Atlas se hisser jusqu'en demi-finale avant d'être éliminés par les Bleus malheureux mais valeureux finalistes.
Bis repetita pour la surprise créée et c'est tant mieux avec les féminines qui écrivent l'histoire à leur tour après une victoire ce jeudi 3 août face à la Colombie. Ce 3 août 2023, Anissa Lahmiri, francilienne native de Saint-Cloud, s'offre son premier but international et permet à la sélection marocaine de se qualifier pour les huitièmes de finale du Mondial, suite au match nul de l'Allemagne face à la Corée du Sud. Émotion sur le terrain et derrière les écrans. Elles l'ont fait. Si peu y ont cru mais si nombreux désormais y croient.
Afficher et revendiquer le sport comme acteur et fer de lance d'un Royaume qui prouve que tradition, modernité et mixité s'accordent plus que jamais au féminin est le leitmotiv d'un Maroc qui croit au sport comme fédérateur et émancipateur et qui mise plus que jamais sur sa promotion pour s'adresser à une jeunesse rêveuse et ambitieuse.
Aujourd'hui, la population des 15-29 ans dans la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (MENA) représente plus de 100 millions d'habitants, soit environ un tiers de la population totale. Au Maroc les 15-24 ans sont près de 6 millions. Cette jeunesse constitue à la fois une chance et un immense défi. Celui de l'action mêlée à l'innovation pour gagner clairement en attractivité et productivité. Alors que la société marocaine est en profonde mutation, le moment est venu d'afficher des ambitions partagées et, par le sport, de les concrétiser.
Dans ce même élan de construire et bâtir un Maroc au service d'une jeunesse actrice du pays, le 6 avril dernier, le Ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, M. Ces dernières années, les plans d'aménagement et d'accès au sport pour toutes et tous se sont multipliés dans le royaume. L'impact aura été porté et pleinement consacré par le ballon rond, un football qui a rassemblé tout un peuple et bien au-delà des frontières puisqu'il s'agit de la discipline sportive la plus suivie et la plus pratiquée dans le pays.
Au total, plus de 66 % des téléspectateurs en France ont suivi la rencontre France - Maroc, soit plus de 20 millions selon les données Médiamétrie pour des Lions de l'Atlas emmenés par Walid Regragui pour écrire une des plus belles pages de l'histoire du sport africain, faisant de l'équipe marocaine le porte-drapeau d'un continent en quête de reconnaissance et à la conquête du monde.
Et si le prochain match, France - Maroc de mardi 8 août changeait encore un peu plus le cours de l'histoire ? Et si, par la force du sport, le message était encore une fois envoyé plus vite, plus haut et plus fort ? Celui d'un sport à l'écoute de ses joueuses et de leurs spécificités. Oui, la ferveur n'est pas encore la même. La popularité non plus. Mais le talent et l'authenticité sont là.
Sous l'impulsion du coach Reynald Pedros (51 ans, 25 sélections), ancien international français et ancien entraîneur de l'OL Féminin, la belle histoire se poursuit même si face aux bleues, il le sait, les lionnes ne partent pas favorites. "On vient de réaliser un exploit sur trois matchs, maintenant ce sont des matchs à élimination directe, tout est possible. Ce sera un match très difficile mais on fera tout pour se qualifier." Le ton est donné et la mission claire : ne rien lâcher, jouer sans complexe et s'affirmer. Des exploits attendus qui à chaque fois qu'ils se réalisent font écho à cette volonté de créer l'engouement et l'héritage qui va avec.
Chebbak offre son premier Ballon d'Or africain au Maroc en football féminin
Le Football Féminin : Un Investissement d'Avenir
Avec l'organisation de la CAN 2022 des féminines qui s'est tenue du 2 au 23 juillet dernier et un budget de 2,4 millions de dollars alloué à la compétition contre 1 million pour l'édition de 2018, le Maroc affiche ses ambitions : bâtir et réussir par le sport. Un pari réussi dans le pays qui a vu ses joueuses se hisser en finale de la CAN 2022 et un bel intérêt avec une affluence record pour les demi-finales : 45 000 spectateurs dans les gradins à Rabat pour assister au match des Lionnes de l'Atlas contre les Super Falcons du Nigeria.
Côté ballon rond, il faut capitaliser sur le succès et la popularité de l'équipe masculine et miser sur la pratique féminine. La Fédération royale marocaine a d'ailleurs choisi d'investir dans le football féminin pour changer les mentalités. Le royaume dispose de deux divisions professionnelles, dont les clubs, 42 au total, s'engagent à former des équipes de moins de 17 et 15 ans. Ce sont de petites avancées mais au service d'une grande vision du sport qu'il faut promouvoir et renforcer tant l'impact sur les jeunes filles peut être décisif avec gain de confiance, détermination et affirmation de soi.
Ce même événement voyait un symbole fort se confirmer : le parrainage et la promotion de la championne du monde de boxe Khadija El Mardi, maman de trois enfants, qui participe à déconstruire les stéréotypes et à porter un message sociétal puissant à l'heure où la participation des femmes marocaines aux compétitions internationales demeure encore faible malgré la promotion des institutions nationales à la pratique sportive.
Souvenez-vous, en athlétisme, la première fois qu'une femme africaine et arabe remportait une médaille d'or : 1984 avec la championne Nawal El Moutawakel qui brille à Los Angeles, aujourd'hui membre du CIO. C'est aussi tout simplement la première médaille d'Or olympique pour le royaume. À jamais la première. À jamais dans l'histoire.
Aujourd'hui, l'éducation et le sport sont les défis majeurs d'un royaume qui se veut moderne et en plein développement.
