L'équipe de Serbie de volley-ball s'est taillée une place de choix dans l'histoire de ce sport, en particulier sur la scène européenne. Avec plusieurs titres continentaux à son actif, elle a su marquer les esprits grâce à son talent, sa détermination et son esprit d'équipe. Cet article explore les moments clés de son parcours, ses joueurs emblématiques et ses rivalités mémorables.

L'équipe de Serbie de volley-ball lors d'un match du Championnat du Monde Masculin de la FIVB en Pologne, 2014.
Triomphe à l'Euro 2019: Un Moment de Gloire
Une équipe vêtue de bleu a soulevé, le dimanche 29 septembre, le trophée européen sous les confettis de Bercy. Après avoir brisé le rêve français, la Serbie s’est adjugé le titre de championne d’Europe en prenant le meilleur sur la Slovénie en quatre manches (19-25, 25-16, 25-18, 25-20). Comme face aux Bleus, les Serbes ont été dominés dans le premier set par le coorganisateur de la compétition, qui disputait son premier match hors de ses bases.
Mais portés par leur pointu, Aleksandar Atanasijevic, les hommes de Slobodan Kovac ont par la suite été supérieurs dans tous les domaines. Dans un Palais omnisport de Paris-Bercy ayant fait le plein (12 654 spectateurs), l’Euro 2019 de volley s’est achevé sous les cris de joie des joueurs serbes. Déjà battus en 2015, en finale de l’Euro remporté par les Français, les Slovènes doivent se contenter de l’argent continental.
Incapables de rééditer une performance à la hauteur de celles les ayant vu éliminer successivement la Russie, championne d’Europe (alors), et la Pologne, championne du monde, la Slovénie n’a pas du profiter du fort contingent de supporteurs vêtus de vert venu les encourager à Paris. Et décrochent sans trembler leur troisième couronne continentale, après 2001 et 2011. Nouveaux champions d’Europe, comme leur équipe féminine sacrée il y a peu, les Serbes n’ont pas pour autant décroché un ticket pour les prochains Jeux olympiques. Dès janvier, ils devront ferailler à Berlin pour le dernier billet pour Tokyo. Face à eux, leur victime du soir slovène, mais aussi les Allemands ou la Bulgarie. Et la France, qui pourra tenter de consoler ses rêves déchus en se disant qu’ils ont rendu les armes face aux futurs vainqueurs, invaincus lors de la compétition.
Le Sacre Européen de 2011: Ivan Miljkovic au Sommet
Après avoir fait tomber, la veille, le favori russe, la Serbie s'est offert dimanche l'or continental au détriment de l'Italie (3-1) et est qualifiée pour les JO de Londres. Six matches, six victoires et, au bout, le premier sacre européen de son histoire*. Après avoir d'emblée affiché sa force, lors d'un premier tour totalement maîtrisé (un seul set concédé), puis écarté la France en quarts de finale avant de dominer le favori russe, la Serbie a poursuivi jusqu'au bout son fabuleux parcours en terres austro-tchèques.
En clôture d'une journée qui avait vu le tenant du titre, la Pologne, se consoler avec la médaille de bronze, l'équipe serbe a maîtrisé l'Italie (17-25, 25-20, 25-23, 26-24), dimanche à Vienne. * L'ex-Yougoslavie avait été sacrée championne d'Europe en 2001, avant son éclatement. Cette fois, pour le plus beau métal.
L'affiche inattendue de cette finale était en effet un remake de la "petite finale" du Mondial 2010. La Serbie avait battu l'Italie (3-1) à Rome, pour se signaler à nouveau sur l'échiquier du volley en empochant le bronze, donc. Ce dimanche, la sélection d'Igor Kolakovic a mal démarré les débats, car incapable de tenir le choc près du fil, face à des Transalpins encore sur un nuage après leur éclatante victoire sur le tenant du titre polonais (3-0).

Mais la Serbie possède dans ses rangs un pointu génial, expérimenté, et qui a semblé connaître une seconde jeunesse, à 32 ans : Ivan Miljkovic. Après avoir par exemple laissé sans voix Antonin Rouzier en quarts de finale, "Ivan le Terrible" a encore frappé et remis en marche l'attaque serbe. Pour l'ensemble de son oeuvre, il a d'ailleurs été élu MVP du tournoi.
Si l'attaque a mis à mal le block des Transalpins, c'est surtout grâce à sa défense que la Serbie a écoeuré son adversaire. En n'abdiquant sur aucun point, en gardant en jeu des balles qui semblaient perdues, le surprenant Milos Terzic et ses coéquipiers ont préservé leur avance au plus fort de la révolte italienne, plaçant en prime plusieurs aces fatals.
Domination Mondiale Féminine: Doublé Historique
La Serbie n'a pas fait de détails, samedi soir en finale du Mondial féminin face au Brésil (3-0), pour conserver sa couronne planétaire. Il y a les Serbes et les autres. Quatre ans après avoir remporté le premier titre mondial de leur histoire face à l'Italie, la sélection dirigée par l'Italien Daniele Santarelli a réalisé le doublé, samedi soir à Apeldoorn, aux Pays-Bas, en dominant le Brésil de la tête et des épaules (3-0).
Après un premier set accroché (26-24), le reste du match, sifflé par l'arbitre français Fabrice Collados, a ressemblé à un long calvaire pour les Auriverde, incapables d'arrêter la marche en avant de leurs adversaires (25-22, 25-17). Une nouvelle fois, la pointue et capitaine Tijana Boskovic a fait parler sa puissance et sa technicité, inscrivant 24 points, tandis que de l'autre côté du filet, aucune Brésilienne n'a atteint la barre des 10 points.
Médaillées de bronze aux JO Tokyo et finalistes de l'Euro 2021 après avoir remporté les deux précédents, la Serbie a retrouvé sa place : sur le toit du monde. Dans le match pour la troisième place, les championnes d'Europe italiennes ont facilement surclassé les États-Unis (25-20, 25-15, 27-25), grâce notamment aux 26 points de la phénoménale Paola Egonu.
La Serbie est devenue samedi, au Japon, championne du monde de volley féminin pour la première fois de son histoire. Opposées à l'Italie, les Serbes ont réussi à arracher une cinquième manche, dont les derniers points ont été complètement fous, afin d'obtenir ce premier sacre mondial (21-25, 25-14, 23-25, 25-19, 15-12). L'Italie, championne du monde en 2002, qui avait terminé deux fois quatrième sur les trois éditions précédentes, doit se contenter de la première médaille d'argent de son histoire.
Troisième il y a deux ans à Rotterdam (Pays-Bas), la Serbie a renoué avec le sacre européen, dimanche, à Bakou. Les Serbes, opposées aux Pays-Bas, ont assez facilement dominé la finale de la compétition (25-20, 25-22, 18-25, 25-18), remportant ainsi le deuxième titre européen de leur histoire après celui de 2011, glané à domicile. Parmi les favoris de la compétition, la Serbie a assumé ce statut de bout en bout puisqu'elle n'a perdu que deux sets sur les six matches disputés.
Qualifié de justesse en finale après sa victoire contre l'Azerbaïdjan (3-2), les Pays-Bas n'ont pas réussi à entretenir le suspense, arrachant le troisième set avant de laisser leurs adversaires profiter d'un sacre qui leur tendait les bras.
Tableau des Titres Majeurs de l'Équipe de Serbie de Volley-Ball
| Compétition | Années de Victoire |
|---|---|
| Championnat d'Europe Masculin | 2001, 2011, 2019 |
| Championnat du Monde Féminin | 2018, 2022 |
Ce tableau résume les principaux titres remportés par les équipes masculine et féminine de Serbie, illustrant leur succès continu sur la scène internationale.
Le résumé vidéo de Brésil-Serbie - Volley - Ligue des nations
Rivalités Historiques et Moments Mémorables
L'histoire de l'équipe de Serbie de volley-ball est également marquée par des rivalités intenses et des confrontations mémorables contre d'autres grandes nations de ce sport.
- France : Les confrontations entre la France et la Serbie ont souvent été serrées et décisives, comme lors de l'Euro 2003 et de la Ligue mondiale 2015.
- Italie : Les matchs contre l'Italie, que ce soit en championnat du monde ou en championnat d'Europe, ont toujours été des moments de haute tension. Les Serbes sont devenues championnes du monde de volley, un an après avoir conquis le titre européen, en battant l'Italie 3 à 2 (21-25, 25-14, 23-25, 25-19, 15-12) dans une superbe finale, samedi à Yokohama. La Serbie poursuit sa montée en puissance après avoir été aussi médaillée d'argent olympique à Rio il y a deux ans. C'était sa première finale dans un Championnat du monde.
En finale comme pendant tout le tournoi, l'équipe s'est appuyée sur sa formidable attaquante de pointe, Tijana Boskovic (26 ans). La gauchère, âgée de 21 ans, a été bien épaulée par la puissante Brankica Mihajlovic, d'origine bosnienne (19 points en finale). Ces deux joueuses-clefs avaient déjà inscrit 29 et 23 points lors de la victoire sur les Pays-Bas (3-1) en demi-finale dans un "remake" de la finale de l'Euro-2017.
Samedi, elles ont gagné leur duel avec la paire italienne Paola Egonu et Miryam Sylla, décisive en demi-finale contre la Chine, championne olympique en titre (3-2). Egonu, 19 ans seulement, a encore marqué 33 points (45 la veille!), mais elle a commis quelques erreurs aux moments cruciaux. Ce tournoi, dont la Chine a pris la troisième place en battant les Pays-Bas (3-0), a chamboulé la hiérarchie mondiale. C'était la première fois depuis 62 ans que deux nations européennes s'affrontaient en finale.
Les États-Unis, tenants du titre, la Russie, sacrée en 2006 et 2010, et le Brésil, qui avaient pris à eux trois les trois-quarts des médailles des quatre dernières éditions (8 sur 12), ne se sont même pas qualifiés pour le dernier carré. Les Américains ont décroché le bronze mondial, dimanche, face à la Serbie (23-25, 25-17, 32-30, 25-19). C'est leur première médaille dans un Championnat du monde depuis 1994 (bronze également).
Les Etats-Unis repartent avec le bronze du Championnat du monde. Battus la veille par la Pologne, les Américains ont dominé la Serbie lors de la consolante (23-25, 25-17, 32-30, 25-19). Ils ont fait basculer la rencontre en leur faveur dans une fin de troisième set dantesque au cours de laquelle ils ont sauvé plusieurs balles de deux manches à une en faveur de leurs adversaires.
Avec ce bronze, ils remontent pour la première fois sur un podium mondial depuis 1994 où il avait également terminé troisièmes. Plus de 20 ans d'attente pour obtenir une médaille, c'est presque une anomalie pour les Etats-Unis étant donné leur réussite aux JO (or en 2008 et bronze en 2016).

Tijana Boskovic a encore brillé mercredi soir avec la Serbie.
Victorieuses face aux championnes olympiques américaines (3-1), les Serbes s'offrent une nouvelle finale de Championnat du monde.
Les championnes du monde avaient été bousculées par la Pologne en quarts de finale (3-2), mais mercredi soir les volleyeuses serbes ont fait honneur à leur statut. Grâce notamment à l'excellente Tijana Boskovic, meilleure marqueuse du match (33 points), les Serbes ont pris leur revanche en quatre sets (25-21, 25-20, 17-25, 25-23) sur les États-Unis, qui les avaient battues en demi-finale du tournoi olympique (3-0).
La Serbie connaîtra jeudi soir son adversaire pour la finale mondiale, prévue samedi, à l'issue de la seconde demi-finale, entre le Brésil et l'Italie, ce jeudi soir (20h).