Analyse du Top 100 NBA d'ESPN : Légendes et Surprises

À l'approche du soixante-dixième anniversaire de la NBA, il est temps de plonger dans son histoire riche et de classer ses meilleurs joueurs. Cette analyse se penche sur les résultats du classement des 100 meilleurs joueurs de l'histoire de la NBA, dominé sans surprise par Michael Jordan, suivi de près par Kareem Abdul-Jabbar, Wilt Chamberlain et Bill Russell.

Michael Jordan et Kobe Bryant lors du All Star Game 2003. (NBA/Getty Images)

Une Approche Mathématique

Dans un sport où les chiffres occupent une place prépondérante, il était essentiel d'adopter une approche mathématique. Plusieurs critères ont été listés pour éviter un classement subjectif. La question se pose alors : Magic Johnson a-t-il davantage marqué son époque que Larry Bird ? Qui de Wilt Chamberlain ou de Bill Russell est le meilleur pivot des années 1960...

Les Obstacles de l'Objectivité

L'approche mathématique et factuelle s'est heurtée à l'absence de « magie » ou d'émotion. Nous pouvons aussi remarquer à travers l'exemple du classement des pivots Dwight Howard (36e) et Patrick Ewing (54e) que la concurrence de l’époque est peu prise en compte. Pour beaucoup, l’ancien pivot des Knicks a davantage marqué l’histoire de la NBA, largement plus que celui des Rockets, qui a brillé dans une période pauvre en big men. Il a ainsi été nommé cinq fois dans le cinq de l’année, a été élu trois fois meilleur défenseur et compte plusieurs titres de meilleur rebondeur. Patrick Ewing, pour sa part, a évolué face à des géants comme Kareem Abdul-Jabbar, Hakeem Olajuwon, David Robinson ou Shaquille O’Neal. Il compte une seule présence dans le meilleur cinq et n’a jamais été dans les trois meilleurs rebondeurs de l’année.

Cette étude n’a utilisé que les données de la NBA. Les statistiques et récompenses gagnées dans l’ABA sont absentes. Elles peuvent justifier la place de Julius Erving et Rick Barry, respectivement 37e et 41e, et très hauts dans l’inconscient collectif comme Pete Maravich, davantage marquant en NCAA qu'en NBA. Les statistiques de l'Université ou lors des compétitions internationales sont également exclues.

Absents Notables

D’illustres basketteurs sont absents de notre classement. Les retraités comme Chris Mullin, Tim Hardaway, Mark Price, Lenny Wilkens, David Thompson ou Nate Thurmond, ou les joueurs en activité comme Rajon Rondo, Russell Westbrook, James Harden ou Derrick Rose n’ont pas suffisamment de palmarès ou de récompenses individuelles. Le meneur de Chicago fait figure d’exception. Il est le seul MVP à être absent de notre classement. La faute à une succession de blessures aux genoux depuis son sacre en 2011 et un retour au jeu à un niveau moindre.

La Diversité Internationale

Ce top 100 n’est pas très cosmopolite. Ils ne sont que six « étrangers », Dirk Nowitzki, Steve Nash, Tony Parker, Pau Gasol, Manu Ginobili et Dikembe Mutombo, au milieu de 94 Américains. La NBA s’est ouverte au monde à la fin des années 1980 avec l’arrivée d’Hakeem Olajuwon (devenu Américain depuis), Rik Smits ou Detlef Schrempf. Les joueurs étrangers de premier plan n'ont réussi à émerger qu'à l'aube des années 2000 avec Dirk Nowitzki, Steve Nash et Tony Parker.

Les Équipes les Plus Récompensées

Le palmarès de la NBA est dominé par les Boston Celtics (17 titres), suivis des Los Angeles Lakers (16 titres) et des Chicago Bulls (6 titres). Ce top 100 fait la part belle aux équipes les plus récompensées. Dix-sept joueurs ont remporté au moins un titre avec la franchise du Massachussets, pour un total de 66 bagues. Un bilan largement supérieur aux autres formations en raison de la domination de la génération Bill Russell, vainqueur de onze titres en treize ans. Les Lakers suivent avec douze joueurs sacrés pour un total de 34 titres. Les Philadelphia Sixers (et les Syracuse Nationals) complètent le podium avec huit joueurs ayant remporté au moins un titre. Les Chicago Bulls ne présentent que quatre joueurs dans ce classement, pour un total de 16 succès. Un de plus que les Spurs de Tony Parker, Tim Duncan, Manu Ginobili et David Robinson, vainqueurs de 15 Trophées Larry O'Brien.

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Comparaison avec d'Autres Médias

A quelques semaines des soixante-dix ans de la NBA, chaque média américain y va de son classement. Bleacher Report a publié le sien à la fin de la saison dernière, et a pris le parti des statistiques. Michael Jordan y devance Kareem Abdul-Jabbar et Bill Russell. Les sept premiers sont les mêmes, dans le désordre. Le top 100 d'ESPN est dominé par l'ancien arrière des Chicago Bulls, devant KAB et, surprise, LeBron James. Tony Parker est 58e. Le trio de tête de Sport Illustrated est le même que celui de notre classement. En revanche, Bill Russell, légende vivante des Celtics, n'est que huitième de son top 50, derrière un de ses successeurs Larry Bird.

Couverture Médiatique et Biais

Les Playoffs approchent à grand pas, et avec ceux-ci, un flot continu de couverture médias sur les télés nationales des Américains, soir après soir, jour après jour. Evidemment, certaines équipes seront plus médiatisées que d’autres, et les débats sur la legacy de tel ou tel joueur vont prendre le pas sur les prestations d’autres joueurs. On y est habitués, chaque année les mêmes choses sont plus ou moins servies aux spectateurs. Et pourtant, on en a marre… La télé américaine à des problèmes avec sa couverture médiatique, problèmes que nous allons tenter d’expliquer dans cet article : pourquoi les émissions de télé nationale sont elles mauvaises pour les fans ?

Les émissions de télévision américaines offrent un contenu de plus en plus pauvre au consommateur. Les médias sont la pour faire du buzz, de l’audience. Les gros budgets suivent aux gros budgets, et les émissions quotidiennes parlant d’actualité doivent retranscrire et débattre des performances des équipes ou joueurs. En théorie, les débats devraient donc se répartir en fonction des performances plus ou moins bonnes de chacun. L’idée n’est pas ici de ne pas prendre en considération les belles saisons de L.A ou des Warriors (respectivement 3èmes et 7èmes de l’Ouest), mais bien de souligner le manque de coup de projecteur sur des sujets moins « hype ». Sur ESPN ou TNT, on entends rarement parler des Clippers, des Pacers, ou même des Cavaliers, pourtant 1ers de l’Est ! Comment créer de l’intérêt pour les équipes qui jouent le mieux sans les présenter correctement ?

De plus, les éternels débats du GOAT ou de « top combien All-Time » pour tel ou tel joueur, affaiblissent énormément la qualité du débat médiatique. Tous les deux jours, Shannon Sharpe et Stephen A. Sur TNT, les takes se multiplient sur le fait que telle ou telle franchise n’a pas ce qu’il faut pour aller chercher le titre, on recherche des phrases chocs pour décrédibiliser, pour se moquer même. Les programmes sont fait pour faire du buzz, mais ceux qui créent la séquence sont avant tout les journalistes. Les exemples très récents se multiplient ; Shaquille O’Neal qui revient avec sa comparaison Bol Bol-Victor Wembanyama, Kendrick Perkins qui annonce que « les Lakers sauvent la saison NBA », ou encore les commentaires ridicules du beef Lebron James-Stephen A. Smith, évidemment surmédiatisés. Les intervenants sur les plateaux sont donc un facteur crucial du problème.

Cependant, il faut souligner que les intervenants ne sont pas seulement mauvais de par les volontés de chacun de lancer la première idiotie venue, mais aussi du fait des egos surdimensionnés de ceux-ci, prenant la place par rapport à un débat intéressant. Combien de fois Shaq a-t-il réagi comme un enfant en amenant sur la table ses bagues de champions pour se sortir d’un débat difficile ? Pourquoi Perkins s’accorde-t-il le crédit des superbes saisons du Thunder de KD et Westbrook?

Evidemment, les chaines veulent continuer sur ce modèle : Stephen A. Smith à été prolongé pour 100M de dollars et Shannon Sharpe (un ancien joueur de football américain) est également glorifié à l’antenne. Après tout, peut être que les défauts énoncés plus tôt sont justifiés, et qu’ils n’en sont pas finalement. C’est vrai, les consommateurs veulent peut être un débat du GOAT tous les 3 jours, ou des débats de classement all-time, ou bien de parler des Lakers plus que des Cavs et du Thunder, dominants pourtant le reste de la ligue. Le fan de NBA est surement a l’affut de débats où celui qui a gagné le plus de titres gagne, ou bien lorsque celui qui crie le plus fort l’emporte, c’est bien connu.

En se cachant derrière l’excuse de la volonté du spectateur, les chaines oublient qu’elles n’essaient même pas d’offrir un contenu plus attaché à l’explication de ce qui marche ou pas pour les équipes, et en se focalisant sur ce qui fait des bons joueurs des bons joueurs. Le meilleur exemple étant la poussée d’agenda pour faire passer Draymond Green en leader de la course au DPOY, qui démontre bien l’incroyable influence de la télévision sur les thèmes que le spectateur est censé aimer.

Les télés américaines ont un problème : leur modèle. Les intervenants et les biais des chaines censées présenter l’actualité NBA faillent à leur devoir à cause de recherches ridicules de buzz et de clics. Un bon rafraichissement ne semble pas en vigueur bien que nécessaire, mais heureusement chaque fan peut trouver son bonheur grâce à la multiplicité des plateformes disponibles. Cependant, pour être vraiment au fait de ce que la télé ne vous dit pas, lisez Le Roster.

Classement des Joueurs : 50 à 21

Voici un aperçu des joueurs classés de la 50e à la 21e place, avec une brève analyse de leurs qualités et de leur impact.

  1. Lauri Markkanen (50) : Un intérieur moderne capable de s’écarter du cercle tout en étant solide aux rebonds.
  2. Brandon Ingram (49) : Plus mûr et agressif, il a pleinement pris conscience de ses capacités.
  3. Malcolm Brogdon (48) : Sobre, propre et efficace, il est adroit d’un peu partout.
  4. Lou Williams (47) : Le meilleur remplaçant en NBA, une machine dans les fins de parties serrées.
  5. Nikola Vucevic (46) : Une évolution récompensée avec une sélection All-Star.
  6. D’Angelo Russell (45) : Fluide, à l’aise balle en main, adroit de loin et doté d’une très bonne vision du jeu.
  7. Marc Gasol (44) : Un rôle important lors de la campagne victorieuse des Toronto Raptors.
  8. Kevin Love (43) : Un retour en forme pourrait éventuellement bouleverser la hiérarchie en NBA.
  9. De’Aaron Fox (42) : L’un des joueurs les plus prometteurs de la NBA à son poste.
  10. Trae Young (41) : Une jeune star en pleine ascension, avec une vision du jeu incroyable.
  11. Bradley Beal (30) : Un vrai joueur de basket et un All-Star en puissance.
  12. Kobe Bryant (29) : Sa rage de vaincre est peut-être même son principal atout au moment de faire son retour.
  13. Dwyane Wade (28) : L’un des meilleurs joueurs de la ligue lorsqu’il est en pleine possession de ses moyens.
  14. Tim Duncan (27) : Même au bord de la maison de retraite, l’icône des San Antonio Spurs parvient encore à avoir un impact sur le jeu.
  15. Marc Gasol (26) : Se distingue d’abord par son QI basket. Il sait comment rendre ses coéquipiers meilleurs.
  16. Goran Dragic (25) : Il s’est imposé comme l’un des meilleurs meneurs de la NBA et il attaque la meilleure période de sa carrière.
  17. Kawhi Leonard (24) : Ses qualités athlétiques hors du commun et sa faculté à impacter le jeu des deux côtés du parquet sont extrêmement précieux pour l’équipe de Gregg Popovich.

Les Tendances Actuelles de la NBA

Le Thunder (45-14) maintient sa position de leader, bien que l’équipe soit actuellement privée de plusieurs éléments clés. Malgré ces absences, la victoire de dimanche contre les Cleveland Cavaliers a été particulièrement impressionnante. L’équipe a dominé une formation de Cleveland pourtant en forme, sans Shai Gilgeous-Alexander, Jalen Williams, Alex Caruso et Ajay Mitchell. Dans la Conférence Est, les Detroit Pistons ont retrouvé leur réputation de Bad Boys, notamment après leur récente confrontation avec les San Antonio Spurs lundi dernier.

Les Spurs devront d’abord dominer la Conférence Ouest, où ils livrent un duel serré avec les champions en titre d’Oklahoma City. Historiquement, 78 des 79 équipes championnes NBA étaient classées dans le top 4 de leur conférence - seuls les Rockets 1994-1995 ont remporté le titre en tant que sixième tête de série.

L'Évolution de la NBA

Après la fusion de la BAA et de la NBL en 1949, la NBA a connu une première expansion modérée durant les années 50, avant de réellement exploser dans les années 1980 grâce à la rivalité emblématique entre les Boston Celtics de Larry Bird et les Los Angeles Lakers de Magic Johnson. Dans les années 2000, la NBA s'internationalise de plus en plus avec l'émergence de stars non-américaines comme Dirk Nowitzki, Manu Ginóbili ou Tony Parker.

Le Naismith Memorial Basketball Hall of Fame

Inauguré en 1959 à Springfield (Massachusetts), le Naismith Memorial Basketball Hall of Fame tire son nom de l'inventeur du basket-ball, James Naismith. Le Hall of Fame honore les joueurs, entraîneurs, arbitres et contributeurs importants du basket. Des légendes comme Michael Jordan, Larry Bird ou Kobe Bryant y sont immortalisées.

Depuis 2018, les joueurs deviennent éligibles après quatre saisons de retraite sportive. Par exemple, Tony Parker a été éligible quatre ans après sa retraite en 2019, rejoignant ainsi ce club prestigieux dès 2023. Les candidatures sont examinées par plusieurs comités spécialisés : comité nord-américain, comité féminin, comité des vétérans et comité international. Ce processus rigoureux garantit que seuls les acteurs les plus influents atteignent cet honneur ultime.

Les prétendants actuels au titre de MVP

La question de savoir qui est le meilleur joueur de la NBA est un sujet de débat constant parmi les fans, les analystes et les experts du basketball. Plusieurs classements tentent de répondre à cette question en se basant sur divers critères tels que les performances individuelles, l'impact sur l'équipe et les statistiques. L’occasion d’actualiser la course au titre de MVP de la saison régulière.

Nikola Jokic

Trois fois MVP au cours des quatre dernières années, et champion NBA en 2023, Nikola Jokic reste sur le trône. Le pivot serbe a été désigné meilleur joueur (MVP, « Most Valuable Player ») de la saison régulière de la NBA pour la troisième fois de sa carrière. Déjà élu « MVP » en 2021 et 2022, le pivot des Denver Nuggets a compté en moyenne 26,4 points, 12,4 rebonds et 9 passes décisives au cours de la saison régulière.

Shai Gilgeous-Alexander

Deuxième meilleur marqueur de la ligue en mars, l’ancien meneur de Dallas n’est pas si loin du triple-double. Troisième meilleur marqueur, meilleur rebondeur et deuxième meilleur passeur de la NBA au mois de mars. Dans son sillage, OKC continue de rouler sur la concurrence, avec une seule défaite sur le mois écoulé. En tête de notre classement mensuel pour la quatrième fois d’affilée.

Victor Wembanyama

Auteur d'un début de saison tonitruant avec les San Antonio Spurs, Victor Wembanyama prétend déjà au titre de meilleur joueur de NBA. Logiquement élu joueur de la semaine de la Conférence Ouest après le début de saison parfait des Spurs (4-0), « Wemby » affiche après quatre matchs une ligne de statistiques démentielle : 31,8 points (avec une adresse au tir supérieure à 60%), 13,8 rebonds et 4,8 contres (!) de moyenne.

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