C'est l'histoire habituelle en Coupe de France entre le petit poucet face à l'ogre PSG. Le 15 janvier, le FC Espaly (National 3) affrontait le Paris Saint-Germain en 16e de finale de la Coupe de France. Pour l'occasion, le match a été délocalisé à Clermont-Ferrand au stade Marcel-Michelin.
Le match du PSG contre le FC Espaly en 16e de finale de la Coupe de France de football s'est joué à guichets fermés. Les 12.000 places mises en vente se sont arrachées en moins d'une heure. Le match, qui se jouera à guichets fermés, comptera 14 000 spectateurs.
Les joueurs amateurs d'Espaly, qui ont vécu le tirage comme un ticket gagnant du loto, se réjouissent de pouvoir affronter les stars du PSG qu'ils regardent à la télé, et pour certains, qu'ils supportent.
Avec l’organisation de ce match historique, le club altiligérien va récolter beaucoup d’argent en affrontant l’ogre du football français.
Ce lundi en conférence de presse, le club annonçait avoir démonté et emmené les cages du Viouzou au stade Marcel-Michelin. Un geste superstitieux pour provoquer la chance, avait expliqué le président du club.
Les supporters ont commencé à poser des affiches sur les sièges pour ceux qui feront le déplacement au stade Marcel-Michelin.
Le premier car des supporters d'Espaly vient d'arriver au stade Marcel-Michelin de Clermont-Ferrand. Le bus est rempli de supporters bénévoles.
Dans les soutes du car : 3 000 écharpes et 1 000 drapeaux aux couleurs du club espaviot. Dans les enceintes ? En Rouge et noir de Jeanne Mas... Un des nombreux cartons remplis d'écharpes et de drapeaux du club.
Espaly a totalement réussi son 16e de finale, dans des proportions inattendues que seule la Coupe de France, ce rêve de revanche sociale du petit face au gros, de révolution façon guillotine, autorise.
Malgré la qualification pour les 8es de finale de la Coupe de France, le PSG a été grandement mis en difficulté par un Espaly héroïque qui a vite ouvert le score via Gjeci, et même égalisé avec Fournel. Paris peut remercier ses buteurs Zaïre-Emery, Doué, Barcola et Ramos.
Le Match : Un Parcours Semé d'Embûches pour le PSG
Le PSG a attendu la 88e minute pour faire la différence contre Espaly (4-2), une équipe de National 3. Le club parisien rejoint les huitièmes de finale de la Coupe de France.
Le rêve a tenu un peu plus d'une demi-heure, 34 minutes exactement. Le temps pendant lequel le FC Espaly a mené au score face au PSG, invaincu cette saison sur la scène nationale. Les pensionnaires de National 3 espéraient faire bonne figure face au tenant du titre, pour un 16e de finale de Coupe de France magique à leurs yeux. Ils ont fini par s'incliner mais les amateurs ont été à la hauteur de l'événement au-delà de leurs espérances, sans doute.
Leur ouverture du score rapide - récupération dans leur camp, percée de Fournel, centre de Mezaber contré par Lucas Hernandez qui lobe Tenas, tête de Gjeci dans le but vide (1-0, 3e) - traduisait autant leur énorme envie que les approximations du club de la capitale.
Débordés en première période par l'euphorie et l'engagement remarquable de leur adversaire, à l'image du gardien Jordan Étienne qui remportait avec brio deux duels brûlants devant Doué (17e) et Mayulu (30e), les Parisiens ont échappé à une des plus grandes surprises de l'histoire de l'épreuve.
Il fallut une frappe limpide de Zaïre-Emery des 20 mètres au ras du poteau pour permettre au PSG d'égaliser avant la pause (1-1, 37e).
Le leader de la L1 retrouva de la maîtrise et se mit alors à éprouver les Espaviots, qui résistaient sous les coups de boutoir. Il prit l'avantage sur une attaque éclair plus conforme au statut de son équipe, sur un service parfait de Barcola (2-1, 67e).
On pensait l'affaire pliée mais les joueurs de Lionel Vaillant, le coach d'Espaly, s'arrachèrent pour s'offrir un final à suspense.
Fournel profitait d'un centre d'Allaigre mal dégagé par Tape, pour égaliser en deux temps (2-2, 71e).
Les Parisiens poussaient, poussaient, mais ne parvenaient pas à trouver la faille et ils s'énervaient. Ils allaient finalement faire la décision dans le finish, sur un centre de Nuno Mendes repris en force par Barcola (3-2, 88e) puis un penalty cruel transformé par Ramos après une main de Bendriss (4-2, 90e+ 1). Le tenant du titre a évité le piège sur le fil et poursuit sa route en 8es, sans rassurer pleinement à une semaine de la réception des Citizens de Pep Guardiola.
Bradley Barcola a réussi prendre le dessus à deux minutes de la fin du match.
Paris proche d'enfoncer le clou, avec Doué servi seul dans la surface. Un peu décalé à gauche, l'ailier voit sa frappe du droit toucher le poteau d'Etienne.
Le PSG se met à l'abri ! Du droit, Ramos met de la puissance dans son tir, et prend à contre-pied Etienne, tout en trouvant la lucarne. 2-4 !
Le PSG gagne un penalty suite à une main de Bendriss dans la surface sur un centre de Mendes. Ramos va le tirer.
Barcola délivre Paris ! Sur le flanc gauche, Doué sert Mendes qui enchaine avec un centre parfaitement coupé par Barcola qui a surgi au second poteau. 2-3 !
Espaly craque au pire des moments ! Sur une transition rapide, Nuno Mendes adresse un superbe centre que Barcola reprend au deuxième poteau. Paris reprend les devants !
Quel scénario incroyable au stade Marcel-Michelin, avec Espaly qui ne cesse de bousculer des Parisiens très fébriles défensivement dans ce match.
Le PSG s'est imposé (2-4) en Auvergne, face aux amateurs d'Espaly, auteurs d'une prestation héroïque en 16es de finale de la Coupe de France.

Les Réactions
"Il n’y a pas que le foot dans la vie", Barcola reconnait traverser un moment difficileAuteur de son premier but depuis deux mois mercredi contre Espaly (2-4) en Coupe de France, Bradley Barcola reconnaît traverser un moment difficile.
"Dans la vie, on peut ne pas être bien, il n’y a pas que le foot dans la vie. Je traverse des moments un peu plus difficiles que d’autres, j’essaie de me remettre à fond dedans et de penser à 100% au football et me donner à fond pour retrouver ce niveau-là."
Luis Enrique en conférence de presse : “Ils ont joué avec élégance, sans faire usage de certaines choses qu’on peut voir parfois dans le football. Ils ont eu un excellent niveau, ils ont marqué dès leur première occasion, ce qui a compliqué les choses. C’est compliqué de jouer à l’extérieur avec notamment une qualité de pelouse qui peut porter préjudice. Mais Espaly a vraiment bien défendu (...) C’est une compétition difficile et qui l’est encore plus rendue par l’absence du VAR. Une erreur d’arbitrage est impossible à modifier.
L'entraîneur espagnol a insisté sur le stade Marcel-Michelin, qui accueille les matchs de l'ASM en rugby : "Le stade est très bien pour jouer au rugby mais pour jouer au football, un bon football, c’est pratiquement impossible avec tout mon respect. Le ballon rebondit constamment. Je ne le prends pas comme une excuse car on doit pouvoir jouer partout. On est ravi que cette compétition existe, où des petits clubs peuvent jouer contre des grands. On est venu ici avec beaucoup de plaisir mais les conditions mériteraient d’être meilleures pour le bien de tous."
La réaction de Luis Enrique après la victoire, au micro de Bein Sports : "J'aimerais féliciter Lionel Vaillant et Espaly, ils ont donné du fil à retordre. On a eu du mal à accéder à cette victoire, ils nous ont mis en danger. C'était un match délicat. Je ne cherche pas d'excuses mais c'est habituellement un terrain de rugby. Ils étaient très bien organisés."
L'entraîneur Lionel Vaillant, au micro d'Espaly : "Il y a beaucoup de fierté d'avoir accroché le PSG, nous le petit club de N3. Je suis très fier de mes joueurs, qui ont été plein de courage. Cela se joue à pas grand-chose, c'est le football de haut niveau. On a donné une belle image de notre équipe et du football amateur. Ils ont rendu la copie parfaite, il faut les féliciter. On voulait montrer la meilleure image possible, on a joué cranement notre chance. On met quand même deux buts au PSG, ce n'est pas rien. Ca restera un bon souvenir, même si on est un peu frustré. C'est le football, je n'ai rien à reprocher, on peut sortir la tête haute.
Joachim Ichane, capitaine d'Espaly, au micro de Bein Sports : "Malgré la défaite, on peut être fiers de nous. On a fait le match qu'il fallait, on mène rapidement au score. On les a fait douter, ils arrivent à revenir avant la pause. Même après le deuxième but on revient. Physiquement, on a peu baisser le pied avec leurs remplaçants qui nous ont fait mal aussi. Je suis très fier de l'équipe et de l'image qu'on a donné. On y a cru jusqu'au bout, on a pris ce troisième but qui nous a tué à la fin, c'est comme ça. On n'a pas de regrets, on a tout donné. Mais ça valait le coup."
Le Joueur : Gjeci Récidive
Déjà auteur du but en 32e finale face à Dijon qui avait permis d'égaliser et de se qualifier aux tirs au but, l'attaquant d'Espaly Kevis Gjeci (28 ans) a été à l'image de son équipe. Courageux, audacieux, admirable, il a vite donné la tonalité de la soirée en ouvrant le score dès la 3e minute, à la conclusion d'un mouvement collectif. Impliqué dans la plupart des situations des joueurs d'Epaly, quand il n'en était pas à l'origine, il a été un poison constant pour les Parisiens, y compris en apportant sa hargne sur les relances du champion de France.
« Si on m'avait dit qu'il y aurait match nul à la mi-temps, j'aurais signé tout de suite, soufflait-il à la pause au micro de beIN Sports. L'équipe joue bien, il faut qu'on arrive à tenir en seconde mi-temps. » Après le repos, il paya ses efforts mais fut encore à l'origine de la principale occasion d'Espaly avant le but égalisateur de Fournel (71e), en obtenant un coup franc sur lequel Curt alerta Tenas (62e). Remplacé à la 74e minute sous les acclamations, cet ancien international albanais chez les jeunes, arrivé à Espaly en 2017, a connu son moment de gloire sous les yeux de sa famille qui avait fait le déplacement depuis les Balkans pour l'événement.
Auteur du troisième but du PSG qui ouvrait la voie vers la qualification, Bradley Barcola a mis fin à une série de 10 matches sans marquer, toutes compétitions confondues.
Les Qualifiés pour les 8es de Finale de la Coupe de France
- Ligue 1: Paris, Nice, Lille, Toulouse, Strasbourg, Brest, Reims, Angers
- Ligue 2: Guingamp, Troyes
- National: Le Mans
- National 2: Saint-Brieuc, AS Cannes
- National 3: Dives-Cabourg, Bourgoin-Jallieu
Le 16e qualifié sera connu la semaine prochaine. Programmé mardi, le match Haguenau (N2)-Dunkerque (L2) a été reporté en raison du gel. Le match sera joué la semaine prochaine.
Les huitièmes de finale auront lieu début février.
