Très en vue au XXIe siècle, la sélection espagnole constitue aujourd’hui l’une des références du football mondial. Entre 2008 et 2012, la Roja a dominé le football européen et mondial avec un style unique basé sur la possession.
Le 14 juillet dernier, l'Espagne a remporté l'édition 2024 du championnat d'Europe de football. Avec son succès le 14 juillet dernier, l'Espagne est la seule détentrice du record de victoires finales dans la compétition avec 4 sacres. Les Espagnols se sont imposés en 1964, 2008, 2012 et 2024.
Euro Espoirs 2019 - Analyse tactique de Espagne-Allemagne
Les Héros de la Roja
Plusieurs joueurs ont marqué cette époque dorée. Voici un aperçu des figures emblématiques de cette équipe :
Iker Casillas
Iker Casillas est devenu titulaire en sélection juste avant le Mondial 2002, suite à la blessure de Santiago Cañizares… avec une bouteille de parfum. Auteur d’un excellent tournoi, San Iker va ensuite profiter du départ de Raúl en 2006 pour devenir le capitaine emblématique de la génération dorée qui s’annonce. Il est d’ailleurs élu meilleur gardien des trois compétitions remportées par l’Espagne entre 2008 et 2012. Son arrêt décisif face à Arjen Robben en finale du Mondial 2010 reste gravé dans les mémoires.

Iker Casillas, gardien emblématique de la Roja.
Sergio Ramos
Appelé en sélection à 18 ans en 2005, Sergio Ramos devient rapidement un pilier de la défense espagnole grâce à sa polyvalence. Avec le nombre de défenseurs centraux de métier (Marchena, Puyol, Piqué), il s’impose d’abord au poste de latéral droit. Le forfait de Puyol lui permet ensuite de jouer en défense centrale à l’Euro 2012. La légende du Real fait d’ailleurs partie des sept joueurs présents sur le terrain lors des trois finales victorieuses entre 2008 et 2012.
Carles Puyol
Redoutable dans les duels, Carles Puyol a incarné le cœur de la défense espagnole pendant plus d’une décennie. Sa simple présence suffisait à rassurer ses coéquipiers et à intimider ses adversaires. Joueur réputé pour son fair-play et sa sérénité, Puyol a souvent permis d’apaiser les tensions dans le vestiaire de la Roja, à une époque où la rivalité entre le Barça et le Real était à son paroxysme.

Carles Puyol, le roc de la défense espagnole.
Gerard Piqué
Très en vue avec le Barça, Gerard Piqué a fait des débuts fracassants avec l’équipe d’Espagne en 2009 grâce à sa lecture du jeu et sa technique. Formé à La Masia, sa qualité de relance s’inscrivait parfaitement dans le style de jeu espagnol. Piqué est champion du monde dès sa première compétition internationale en 2010. Il forme alors une charnière centrale parfaitement complémentaire avec Carles Puyol.
Jordi Alba
Arrivé en sélection en 2011, Jordi Alba s’impose immédiatement grâce à sa vitesse et son apport offensif. Pour sa première compétition internationale, il remporte l’Euro 2012 et est nommé dans l’équipe type de la compétition. Il marque d’ailleurs le deuxième but en finale contre l’Italie. Pendant plus d’une décennie, le latéral gauche va rester indiscutable et multiplier les courses dans le dos des défenses.
Xabi Alonso
Malgré la concurrence de Sergio Busquets, nous avons choisi Xabi Alonso en pointe basse de ce onze de légende Espagne. Le Basque a longtemps incarné l’équilibre parfait du milieu espagnol. Sa vision du jeu, son impact à la récupération et ses passes longues ont été complémentaires au tiki-taka prôné par ses coéquipiers barcelonais.
Xavi
Xavi a été le cerveau de la grande équipe d’Espagne. Le Catalan dictait le rythme des matchs de la Roja grâce à sa précision dans les passes courtes et sa vision du jeu exceptionnelle. Meilleur joueur de l’Euro 2008, il marque un but en demi contre la Russie avant d’adresser une passe décisive à Fernando Torres en finale contre l’Allemagne. Il est élu joueur du match contre le Portugal et l’Allemagne durant la Coupe du Monde 2010.
Andrés Iniesta
En plus d’être considéré comme le magicien de la Roja, Andrés Iniesta avait le don pour briller dans les grandes occasions. En 2010 et 2012, il est élu meilleur joueur de la finale. Son but en prolongations contre les Pays-Bas permet à l’Espagne de devenir championne du monde pour la première fois de son histoire.
David Silva
Avec un rôle souvent plus offensif en sélection qu’au Barça, le meilleur joueur de l’Euro 2012 combinait une grande qualité technique, notamment dans les petits espaces, avec une vision du jeu exceptionnelle. Autre magicien de la Roja, David Silva n’a pas toujours la reconnaissance qu’il mérite, la faute peut-être à sa discrétion. Sa créativité et ses nombreux buts ont néanmoins grandement contribué aux succès de l’Espagne. Buteur en demi contre la Russie en 2008, El Mago est moins en vue durant la Coupe du Monde 2010. Il brille particulièrement lors de l’Euro 2012 où son influence s’avère déterminante (2 buts, 3 passes décisives). C’est d’ailleurs lui qui ouvre le score en finale contre l’Italie.
Fernando Torres
Auteur du seul et unique but de la finale de l’Euro 2008, Fernando Torres met fin à 44 ans d’attente pour l’Espagne. Auparavant, le joueur formé à l’Atlético avait déjà été en vue au Mondial 2006 (3 buts). Attaquant très mobile, sa vitesse et ses appels dans la profondeur complétaient parfaitement le jeu de possession espagnol. Il fait partie des sept héros de la Roja (avec Casillas, Ramos, Xabi Alonso, Xavi, Iniesta et David Silva) à avoir disputé les trois finales victorieuses.
David Villa
Meilleur buteur de l’Euro 2008 (4 buts) et co-meilleur buteur du Mondial 2010 (5 buts), David Villa a incarné l’efficacité offensive de la grande équipe d’Espagne. Souvent buteur en phase de poules, il marque également le but de la victoire en huitièmes contre le Portugal en 2010. Son aisance technique et son sens du placement lui permettaient d’évoluer sur tout le front de l’attaque. À l’instar de Puyol, il manque l’Euro 2012 pour cause de blessure.
Les Sacres de l'Espagne
L'Allemagne arrive sur la deuxième marche du podium avec 3 victoires finales. Deux nations comptent quant à elles deux victoires. L'Italie, vainqueure en 1968 et 2020, mais aussi la France qui a soulevé le trophée Henri Delaunay à deux reprises. Emmenés par leur capitaine Michel Platini (9 buts, record sur une seule édition), les Bleus se sont imposés une première fois en 1984 face à l'Espagne en finale. Six autres pays complètent le palmarès avec une victoire chacun.
Dominatrice, l'Espagne aura dû attendre la fin de match avant de voir Mikel Oyarzabal inscrire le but d'une victoire somme toute méritée contre l'Angleterre. Record battu, la Roja est quadruple championne d'Europe ! Il était l'heure de connaître le vainqueur de l'Euro 2024.
À l'Olympiastadion de Berlin, l'Espagne était logiquement favorite pour aller chercher un quatrième titre qui lui permettrait de dépasser l'Allemagne en terme de sacres. Mais l'Angleterre, finaliste malheureuse voilà trois ans, entendait bien enfin mettre fin à une disette de trophées qui courait depuis 1966 ! Néanmoins, ce sont logiquement les Espagnols qui se sont installés d'emblée dans le camp adverse.
Acculés et privés de ballons, les Anglais faisaient le dos rond en attendant des jours meilleurs. Ces jours ont failli arriver en toute fin de première période sur coup de pied arrêté, mais l'angle était trop fermé pour que Phil Foden puisse réellement inquiéter Unai Simon. Ainsi, l'Espagne avait 65% de possession de balle à la pause, mais c'est un piètre 0-0 qui sanctionnait cette bouillie de football.
Mais à peine plus d'une minute après le retour des vestiaires, Lamine Yamal trouvait enfin de l'espace sur son aile, et servait magnifiquement Nico Williams, qui trompait Jordan Pickford d'une frappe croisée et lançait enfin la finale. KO debout, les Anglais manquent de sombre dans la foulée sur une frappe trop croisée de Dani Olmo.
Loin d'être désunis, les Espagnols repartent au combat, monopolisent de nouveau la balle, et manque de trouver l'ouverture quand Dani Olmo bute encore sur un excellent Pickford (81e), qui vient enlever une balle de but à Oyarzabal dans la foulée. Pourtant, c'est bien ce dernier qui allait débloquer la situation sur une combinaison parfaite initiée par Olmo et magnifiée par Cucurella, qui semble offrir le Graal à la Roja (86e).
Mais c'est bien l'Espagne qui s'impose 2-1 et rafle son quatrième titre européen, battant le record de l'Allemagne... en Allemagne.
Tableau des Victoires à l'Euro
| Pays | Nombre de Victoires | Années de Victoire |
|---|---|---|
| Espagne | 4 | 1964, 2008, 2012, 2024 |
| Allemagne | 3 | 1972, 1980, 1996 |
| Italie | 2 | 1968, 2020 |
| France | 2 | 1984, 2000 |
L'Après-2012 : Un Nouveau Chapitre
La Roja n'a pas remporté de tournoi majeur ces dernières années. Depuis l'Euro 2012 la Roja n'est plus que l'ombre d'elle-même, mais cette nouvelle génération créera peut-être la surprise.
Comme dans beaucoup de sélections, l'Espagne a eu son passage à vide, mais pour cet Euro les coéquipiers d'Alvaro Morata feront tout ce qui est possible pour inverser la tendance.