L'équipe espagnole de football est l'une des équipes nationales les plus réputées au monde. Elle a toujours été parmi les favories pour jouer les phases finales et pour remporter les compétitions internationales auxquelles elle a participé. À partir du 21e siècle, plus précisément depuis 2008, La Roja espagnole atteindra son apogée et sera à la hauteur des attentes toujours engendrées.
Mais les triomphes du football ne tombent pas du ciel. Ils sont souvent le produit de longues périodes de maturation, de la force et de la passion des adeptes qui ne faiblissent jamais et de la culture footballistique d'une nation, de la haute compétition de la Ligue espagnole, des Clubs de football et de leur excellent travail, les écoles de football, le professionnalisme des entraîneurs. Ce qui s'est passé en Espagne dans le domaine du football depuis 2008 était prédestiné, faisait partie d'une maturation et c'est ce que nous verrons ensuite; la tradition et l'héritage de cette équipe espagnole de football.
Ce lundi à 18h, au Stade Auguste Delaune à Reims, l'Espagne va défier les États-Unis, la meilleure nation de l'histoire du football féminin. Pour obtenir un résultat face aux triples championnes du monde en titre (1991, 1999 et 2015) et quadruples médaillées d'or aux JO (1996, 2004, 2008 et 2012), les Espagnoles - sorties de leur poule, juste derrière l'Allemagne - pourront compter sur leurs meilleures joueuses, à savoir les Barcelonaises Vicky Losada et Marta Torrejon, finalistes de la dernière Ligue des champions, et l'attaquante de l'Atlético de Madrid Jennifer Hermoso, passée par le Paris Saint-Germain.
Si la tâche s'annonce compliquée pour la Roja, malgré la confiance affichée par son sélectionneur Jorge Vilda, l'avenir s'annonce radieux pour le football espagnol chez les femmes. Depuis 2015 et la première participation de l'Espagne à une Coupe du monde féminine, le phénomène a pris une ampleur considérable, avec une augmentation, selon la FIFA, de près de 30% du nombre de licenciées depuis 2014, en comptabilisant 42 000 à l'heure actuelle. En à peine trois ans, les effets de ce boom du nombre de joueuses ont été spectaculaires.
Spain v USA | FIFA Women’s World Cup France 2019 | Match Highlights

L'ascension du football féminin en Espagne
Alors qu'elles défient les États-Unis ce lundi à 18h lors du deuxième match de groupe du Mondial 2019, les Espagnoles récoltent depuis plusieurs années les fruits d'un travail de formation conséquent, calqué sur le modèle masculin. Si le palmarès des A est pour l'heure vierge, les sélections de jeunes raflent tout sur leur passage.
Ainsi en 2018, la sélection des moins de 20 ans a remporté l'Euro et a terminé deuxième de la Coupe du monde, alors que les moins de 17 ans ont réussi l'exploit de rafler à la fois le titre européen et le titre mondial. Ces succès font d'ailleurs de l'Espagne la nation la plus titrée du football féminin sur l'année dernière. Avant cette razzia, les jeunes Espagnoles étaient déjà en grande forme, avec des titres de championnes d'Europe, en 2015 pour les U17, en 2017 pour les U19 et de vice-championnes, d'Europe en 2014, 2015 et 2016 pour les U19, en 2016 et 2017 pour les U17.
A la base de ce succès, la volonté de la Fédération de se calquer sur le modèle masculin, couronné de succès ces dernières années, avec une génération dorée composée d'Andrés Iniesta, Xavi, Sergio Ramos ou encore Fernando Torres, qui ont glané deux titres de champions d'Europe en 2008 et 2012 et un sacre mondial en 2010. Un modèle masculin qui s'appuie sur un football technique et fortement axé sur la possession de balle. "Nous pratiquons un football que les filles aiment beaucoup, qu'elles comprennent bien et dans lequel elles ont confiance" explique notamment Toña Is, la sélectionneuse des U17 espagnoles.
La relève du football espagnol
Derrière les Losada, Hermoso et autres Corredera, la relève est bien présente et pourrait bien faire des ravages dans les années à venir. En première ligne, Patri Guijarro, 21 ans, qui pour son deuxième Mondial U20 d'affilée en août dernier, a remporté le Ballon d'Or de la compétition, récompensant la meilleure joueuse. Auteure d'un triplé dès son premier match, Guijarro a totalisé six buts pendant le tournoi et a mené son équipe en finale, s'inclinant face au Japon (3-1).
Claudia Pina, attaquante du FC Barcelone âgée de seulement 17 ans, devrait également faire parler d'elle très rapidement. Passeuse géniale et capable également de trouver le chemin des filets, Pina fait partie des très grands espoirs féminins au niveau mondial, ayant été élue meilleure joueuse de la Coupe du monde U17 en décembre dernier, totalisant 7 buts en 6 matchs.
Dans la même génération, figure également Catalina Coll, gardienne de but infranchissable de la Rojita, évoluant dans le club espagnol de Collerense.
Espagne - États-Unis : Un match mémorable
Toutes les séries prennent fin un jour. Même pour cette équipe d'Espagne que l'on pensait invincible et intouchable depuis son titre de championne d'Europe. Une série d'invincibilité qui ne devait surtout pas s'achever face aux Etats-Unis, rescapé de dernière minute après un succès inespéré face à l'Egypte (3-0) lors de son dernier match de groupe. C'est ce qui fait la beauté du football. Rien n'est jamais acquis. Battus par les hommes de Bob Bradley (2-0), les Espagnols quittent la compétition au stade des demi-finales et voient leur invincibilité de 35 matches réduite à néant.
Le favori ibérique, avec trois victoires en autant de matches, huit buts marqués et aucun encaissé, se présentait en pleine confiance du côté de Bloemfontein. Un statut et un état d'esprit qui ne leur avaient jusqu'alors joué aucun mauvais tour. Mais voilà, en face, les Américains, déjà heureux d'arriver à ce stade de la compétition, ont tout de l'équipe surprise. Une qualification au finish, un collectif soudé et des individualités qui vont faire parler d'elles (Altidore, Onyewu).
Redoutés pour leur jeu court et rapide, les hommes de la Roja sont tombés sur un bloc équipe très efficace, regroupé autour d'un Tim Howard rarement aussi serein dans ses buts. Après trente minutes de jeu, les Etats-Unis menaient au score grâce à un but plein de sang-froid de Jozy Altidore (1-0, 27e), suite à une action collective de toute beauté. En seconde période, même scenario, aux Ibériques la possession de balle et les occasions de buts. Une domination stérile. En face, les coéquipiers du capitaine Carlos Bocanegra faisaient parler leur réalisme en inscrivant le but de la qualification par Clint Dempsey, qui profitait d'une erreur de benjamin de Sergio Ramos (2-0, 74e). Deux tirs cadrés, deux buts. Qui dit mieux?
A un an de la Coupe du Monde, la sélection américaine a montré qu'aucune nation n'était invincible. La Roja ne peut que confirmer. Pas de conclusions hâtives, mais face au bloc défensif des Américains, les coéquipiers de Fernando Torres, n'ont pas réussi à trouver la solution. L'apport des joueurs de couloirs est une des raisons à cet échec. Que ce soit Ramos, Capdevilla ou Riera, très peu de décalages sont venus des ailes. Ce qui rendait le jeu espagnol beaucoup trop lisible. A méditer pour les mois à venir.
Réactions après le match
Vicky Losada débarque en zone mixte avec un oeil au beurre noir. La milieu espagnole a pris un coup en milieu de première période qui a entraîné son remplacement à la demi-heure de jeu. « Je voulais continuer mais je ne voyais plus rien sur ma droite », explique-t-elle.
Un choc qui témoigne de l'intensité du duel ayant opposé ce lundi après-midi la Roja aux championnes du monde. Les deux équipes se sont rendu coup pour coup, au sens littéral comme au figuré. Mais ce sont les Américaines qui verront la France et le Parc des Princes, vendredi. « Je pense qu'on méritait mieux mais parfois c'est comme ça, reprend Losada. Nous devons penser à l'avenir. Nous avons tant de jeunes joueuses talentueuses, ce n'est qu'une question de temps avant que l'Espagne ne soit au sommet. »
Sa partenaire Mariona Caldentey voyait aussi l'avenir en grand : « La sensation, c'est qu'on est tout près, qu'on peut tenir tête à tout le monde. On travaille très bien, on a toujours dit que l'avenir pouvait nous appartenir. C'est un jour pour être tristes mais l'Espagne va se lever. » Les Américaines ne l'ont d'ailleurs pas spécialement impressionnée : « Ce sont les meilleures, je ne sais pas si elles l'ont montré mais elles nous ont battues. Et la sensation, c'est qu'on aurait pu passer. On les a regardées les yeux dans les yeux. »
Jorge Vilda a affiché sa fierté de voir ses joueuses réaliser une telle performance. « Ce Mondial va nous servir énormément, a-t-il expliqué. Je suis sûr qu'il y a plein de petites filles et de filles moins petites qui vont se mettre au foot. Le projet de notre Fédération, c'est de croître en nombre pour croître en qualité. »
Invitée à commenter l'action du deuxième penalty, sur laquelle elle est jugée fautive, Virginia Torrecilla a donné sa version des faits : « Je ne touche pas. À aucun moment, je ne vais pour faire faute, je touche le ballon. C'est sûr qu'ensuite je la touche parce qu'elle (Lavelle) arrive par derrière. Mais à aucun moment je ne fais faute. Ça te laisse un sale goût dans la bouche par le scénario, mais on doit continuer à travailler.
Quelques légendes du football espagnol
Et puisque les buts ne viennent pas seuls, nous rendons hommage à certaines des grandes légendes du football espagnol de tous les temps. Certaines sont inconnues, mais à l'époque ces joueurs faisaient trembler les stades avec leurs jeux et leurs buts.
- Ricardo Zamora: Surnommé le Divin, il est considéré comme l'un des meilleurs gardiens de but de football au monde dans les années 1920 et 1930.
- Telmo Zarra: Un grand buteur dans l'histoire du football espagnol, détenant toujours le record du meilleur buteur de la Coupe avec 81 buts.
- Alfredo Di Stefano: Joueur historique et président d'honneur du Real Madrid, considéré comme le meilleur joueur espagnol du 20e siècle.
- Emilio Butragueño: L'attaquant, à la tête de la Quinta del Buitre, le groupe de joueurs du Real Madrid qui a marqué une époque dans le football espagnol.
- Raúl González: Sans doute le meilleur attaquant que l'Espagne ait jamais produit, connu pour son sens du jeu et sa précision chirurgicale.
- Xavi Hernández: Le lutin catalan était la pièce maîtresse du tiki taka mis en place par Pep Guardiola, meilleur passeur de son temps.
Résultats significatifs de l'équipe nationale d'Espagne
Regardons le record de l'équipe espagnole et nous réaliserons sa hauteur dans le football mondial.
| Compétition | Résultat |
|---|---|
| Coupe du Monde 1934 Italie | Quart de finale |
| Coupe du Monde 1950 Brésil | Quatrième place |
| Coupe du Monde 1986 Mexique | Quart de finale |
| Coupe du Monde 1994 États-Unis | Quart de finale |
| Coupe du Monde Corée du Sud et Japon 2002 | Quart de finale |
| Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud | Champion |
| Championnat d'Europe 1964 | Champion |
| Championnat d'Europe France 1984 | Vice-champion |
| Championnat d'Europe Angleterre 1996 | Quart de finale |
| Championnat d'Europe Belgique et Pays-Bas 2000 | Quart de finale |
| Championnat d'Europe Autriche et Suisse 2008 | Champion |
| Championnat d'Europe Pologne et Ukraine 2012 | Champion |
| Jeux Olympiques Anvers 1920 | Médaille d'Argent |
| Jeux Olympiques Amsterdam 1928 | Quart de finale |
| Jeux Olympiques Barcelona 1992 | Médaille d' Or |
Comme nous pouvons constater, l'Espagne fait partie des équipes les plus performantes du monde.