Éric Bouvier : Parcours d'un Pionnier du Volley-Ball Français et Reconversion Réussie

Éric Bouvier est une figure emblématique du volley-ball français, ayant marqué les années 1980 avec une génération talentueuse. Son parcours, riche en expériences tant sportives que professionnelles, témoigne d'une carrière menée avec passion et détermination.

Bouvier a fait partie d'une des très belles générations du volley français, dans les années 1980. Il garde d'excellents souvenirs de cette période, qui était à la fois une superbe équipe, et une période assez unique.

Une Époque Précurseur et Mémorable

Il y a eu la fameuse aventure des 18 mois (la très longue préparation des Bleus pour le Mondial 1986 en France, ndlr). Il n'a pas fait les 18 mois, il a dû en faire seulement 14, mais c'était quelque chose de précurseur pour l'époque. Une superbe expérience avec un esprit de pionniers, d'aventuriers. On ne gagnait quasiment pas d'argent en jouant au volley... Il y avait une sorte de fraîcheur.

Pour Éric Bouvier, c'est un souvenir extraordinaire, même si les résultats n'ont pas été à la hauteur de ce qu'on aurait voulu faire et surtout de ce qu'on aurait pu faire (une médaille de bronze à l'Euro 85, une médaille d'argent à l'Euro 87). Mais c'est comme ça. Il n'a pas de regrets par rapport à ça.

Reconversion Réussie dans le Monde des Affaires

Il a arrêté le volley en 1992. Officiellement, oui. Il a rejoué un peu après avec son club de Lyon dont il s'occupait, mais c'était plus pour le plaisir et pour rendre service. Il considère que sa carrière s'est vraiment arrêtée en 1992. Ensuite, il a quitté le monde du volley et s'est mis à travailler.

Il est rentré dans un groupe français qui s'appelle bioMérieux, comme commercial. Il avait fait un MBA en sortant des Jeux Olympiques de 1992 pour renforcer sa formation. Il est donc rentré comme vendeur, et il est rapidement passé au marketing international. En 1999, il est devenu directeur marketing monde pour bioMérieux.

Ensuite, il a eu d'autres expériences. Il a travaillé pour monter un site Internet dans le monde du sport, puis il a aussi été en charge d'une région pour le groupe Adecco. Après, il est retourné chez bioMérieux pour s'occuper de programmes de recherche, avant de partir gérer la filiale américaine.

Il a vécu aux Etats-Unis pendant trois ans, en tant que directeur de bioMérieux USA et Canada. Il est revenu en France de 2006 à 2011 pour en devenir le directeur général adjoint. Par la suite, il est parti en Allemagne pour s'occuper de la filiale du groupe américain Leica. Il était président de cette société, qui s'occupait de la partie microscopique.

Puis, il a géré une start-up à Boston (BG Medicine), qui travaillait dans le domaine cardiaque. Enfin, il est revenu en France il y a moins de trois ans, et il est maintenant directeur général de la société familiale, que son épouse avait reprise en 1980. C'est une société de cosmétiques (Strand Cosmetics). Il est au conseil d'administration, et ils sont les actionnaires majoritaires.

Un Parcours Universitaire et une Absence d'Intérêt pour l'Entraînement

Il avait fait des études avant d'arrêter sa carrière dans le volley. Oui, il était pharmacien. Il avait démarré ses études bien avant d'intégrer l'équipe de France, donc il était hors de question qu'il les arrête. Et ils étaient l'une des dernières générations à ne pas être professionnels. Ils étaient tous plus ou moins étudiants.

Il n'a jamais été tenté de continuer dans le volley, en tant qu'entraîneur. Non, jamais. Ça ne l'intéressait vraiment pas du tout, et il ne sait pas trop pourquoi. Il aimait bien le volley, mais l'entraînement ne l'a jamais passionné. Pourtant, parmi ses coéquipiers de l'époque, il y a des entraîneurs reconnus comme Laurent Tillie ou Philippe Blain.

Oui, il y a aussi Hervé Mazzon, Stéphane Faure... Mais lui ça ne l'a jamais vraiment tenté. Oui, il les a régulièrement au téléphone. Ce sont des gars qu'il aime beaucoup. Il le répète, le volley représente vraiment pour lui une période merveilleuse.

Souvenirs Marquants et Regrets

Il y a par exemple les stages d'altitude que l'on faisait à Font-Romeu. On passait beaucoup de temps ensemble. Ces moments-là, ça forge une équipe. Il y a aussi eu des moments très forts comme la qualification olympique en 1987.

Les premiers bons résultats aussi, comme le championnat d'Europe 1985, le "top ten" en Corée où on joue la finale contre les Russes, alors que l'équipe était en pleine ascension. Mais ensuite, il y a eu de grandes déceptions, comme le fait de ne pas être en demi-finale à Paris au Mondial 86, alors qu'on misait largement là-dessus. Il a mis beaucoup de temps à digérer ça.

Et puis les Jeux Olympiques à Séoul en 1988, où on aurait aussi pu ramener une médaille. On n'a jamais su franchir ce cap-là, à part au niveau européen, en 1985 et 1987. C'est dommage, parce qu'il pense qu'on avait le potentiel pour le faire.

Un Œil Attentif sur l'Équipe de France Actuelle

Il suit régulièrement les performances de l'équipe de France, et il essaye de regarder les matches quand il le peut. Il a gardé contact avec Laurent Tillie. Il trouve que ce qu'il fait est superbe. Il a enfin ramené le premier titre, et ça c'est magnifique.

Il s'intéressait beaucoup au jeu, mais il ne pensait pas qu'il en ferait son métier. Il était kiné à l'époque. Il a d'ailleurs commencé sa carrière en tant que kiné, mais ensuite il s'est pris au jeu. Il trouve la façon dont il manage son groupe assez remarquable. C'est pensé, réfléchi, basé sur une longue expérience, sur beaucoup de travail, sur la patience. C'est un exemple.

En ce qui concerne le style de jeu, il a les joueurs pour jouer de cette façon. On avait un peu ce style de jeu il y a 30 ans aussi. On n'était pas bien grands, et on jouait très vite. C'était le jeu de prédilection d'Alain Fabiani, notre passeur.

Mais ce qui lui plaît dans l'équipe de Laurent, c'est sa réflexion. Il est toujours en train de réfléchir à comment il peut améliorer les choses. Il utilise beaucoup ce qu'il a appris dans toutes ses expériences, et notamment celle de 1986. C'est fort d'avoir su s'enrichir de tout ça, et de le ressortir pour obtenir d'aussi bons résultats. Même au Tournoi de Qualification Olympique, où ils perdent contre les Russes en finale, il a poussé le groupe à son maximum.

Il pense qu'ils ont de très bonnes chances de se qualifier, et d'y réaliser une très bonne performance. Parce qu'on ne va pas aux J.O. juste pour regarder les J.O. On avait fait cette bêtise en 1988, où c'était une fin en soi d'aller aux J.O. Et il leur souhaite aussi de construire une équipe qui soit pérenne, et pas comme l'équipe de France 1985-86, qui s'est un petit peu étiolée après 1988 avec l'arrêt de carrière des certains joueurs. Il faudrait arriver à faire ce qu'a fait le handball. Ils ont construit à partir de 1992, et ils sont toujours là.

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Tableau Récapitulatif du Parcours d'Éric Bouvier

Période Événement / Poste
Années 1980 Membre de l'équipe de France de volley-ball
1985 Médaille de bronze à l'Euro
1987 Médaille d'argent à l'Euro
1992 Arrêt de sa carrière de volleyeur
1992 MBA après les JO
1992 Commercial chez bioMérieux
1999 Directeur marketing monde pour bioMérieux
2006-2011 Directeur général adjoint de bioMérieux France
... Président de la filiale allemande de Leica
... Directeur d'une start-up (BG Medicine) à Boston
Actuellement Directeur général de Strand Cosmetics

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