L'ascension fulgurante du Soudan du Sud au basketball : Une composition d'équipe prometteuse pour les JO

Le Soudan du Sud, nation indépendante depuis 2011, a connu une ascension fulgurante sur la scène internationale du basketball. Qualifiée pour les Jeux olympiques de Paris en 2024, l'équipe masculine des Bright Stars représente un symbole d'espoir et de fierté pour tout un pays. Retour sur un parcours exceptionnel et présentation de la composition de cette équipe prometteuse.

Leurs débuts aux Jeux olympiques ne se sont pas passés tout à fait comme prévu. Alors qu'ils s'apprêtaient à disputer le premier match aux JO de leur histoire dimanche, les basketteurs sud-soudanais ont eu la mauvaise surprise d'entendre l'hymne du Soudan être diffusé au Stade Pierre-Mauroy, avant que l'erreur ne soit rectifiée. Un couac qui ne les a pas empêchés de s'imposer contre Porto Rico (90-79).

L'ascension fulgurante du basketball du Soudan du Sud jusqu'aux Jeux olympiques

Un pays qui se construit à travers le basketball

Indépendant seulement depuis 2011 et pris dans une guerre civile jusqu'en 2018, le pays a dû se construire entièrement au niveau du basketball. 33e au classement Fiba, le Soudan du Sud est la nation la moins bien classée à participer au tournoi olympique.

Depuis son premier match officiel en 2017, le Soudan du Sud a connu une ascension fulgurante. Après une première participation au championnat d'Afrique en 2021, puis au Mondial en 2023, il est la seule équipe africaine qualifiée aux JO de Paris et est devenue la première nation africaine à remporter un match de basket 5×5 aux Jeux olympiques depuis ceux d’Atlanta en 1996.

En match de préparation, les Bright Stars ont frôlé l'exploit face aux géants américains, ne s'inclinant que d'un petit point (100-101) à une semaine des JO. Des Américains qu'ils vont retrouver mercredi soir à 21h pour leur deuxième match dans le groupe C.

Le Soudan du Sud est la dernière équipe à annoncer son groupe de douze pour les Jeux. Mauvaise nouvelle annoncée récemment, les Sud Soudanais ne pourront pas compter sur Bol Bol, probablement leur meilleur joueur. Déjà absent pour la dernière Coupe du Monde, le pivot des Suns a déclaré forfait pour les Jeux olympiques pour raisons personnelles.

Pas de quoi être fataliste, le Soudan du Sud peut tout de même compter sur tout un tas de très bons basketteurs. Luol Deng, le président de la Fédération de basket du pays a d’ailleurs regretté de ne pouvoir amener plus de douze joueurs à Paris.

Luol Deng : L'architecte de ce succès

Et il a pu compter sur Luol Deng, ancien joueur anglo-soudanais qui a accumulé plus de 168 millions de dollars en gains après une carrière NBA au cours de laquelle il a été deux fois All-Star avec les Bulls dans les années 2010. Depuis qu'il est devenu président de la fédération sud-soudanaise en 2021, il a en effet payé de sa poche la plupart des dépenses qui ont permis à l'équipe de se développer.

"Il paye pour les gymnases, les hôtels, les billets d’avion… tout. Gros respect à Luol et au staff. Nous n’aurions pas été capables de rassembler cette équipe sans eux. Nous n’avons pas le plaisir d’avoir un gymnase, des dortoirs ou d’autres infrastructures. Luol Deng a tout financé de sa poche depuis quatre ans", a confié dans un entretien Royal Ivey, l'entraîneur américain des Bright Stars depuis 2021.

Le Soudan du Sud, qui a rejoint la Fédération internationale de basket-ball (FIBA) en 2013, a pu compter sur l’investissement permanent de Luol Deng, président de la fédération depuis 2019. Il a également su trouver des ressources financières importantes, notamment du côté du gouvernement local. Ce dernier, selon différentes sources, aurait contribué à hauteur de près d’un million d’euros pour que la sélection prépare la Coupe du monde dans les meilleures conditions.

Une équipe soudée et talentueuse

Depuis qu’il a été nommé, en 2021, le sélectionneur américain Royal Ivey, ancien joueur des Houston Rockets en NBA, ne peut compter que sur des expatriés en raison de la faiblesse du championnat local, amateur et peu structuré. Le Soudan du Sud ne compte en effet aucun terrain de basket couvert. Dans ce pays ayant gagné son indépendance après des décennies de guerre contre le pouvoir central soudanais, certains joueurs ont vécu des histoires personnelles dramatiques.

La fédération sud-soudanaise a également réussi à convaincre l’Américain Carlik Jones, sous contrat avec les Chicago Bulls, de prendre la nationalité du pays. Lors de la Coupe du monde, le meneur de jeu a été l’un des principaux artisans de la qualification des Bright Stars pour les JO. A la mène, c’est probablement Carlik Jones qui sera titularisé. L’ancien des Mavericks, Nuggets et Bulls envoyait 21 points et 10,4 passes de moyenne à la dernière Coupe du monde.

Au poste d’arrière, Marial Shayok qui a planté 27 points dans la victoire contre le Royaume-Uni en préparation devrait tenir sa place. Peut-être que le rédacteur a un problème avec Khaman Maluach, mais peut-être aussi que Khaman Maluach est un futur joueur profil All-NBA. A seulement 18 ans, le futur intérieur de Duke est le meilleur rebondeur de la Basketball Africa League, avec 13.5 prises de moyenne. Capable de faire des matchs à sept contres mais aussi de s’écarter du cercle en attaque, le géant du South Sudan en est déjà à sept sélections dans une équipe nationale qui le convoquait déjà quand il n’avait que seize ans. Aperçu au Nike Hoop Summit, Khaman s’impose peu à peu comme l’un des joueurs les plus prisés pour la Draft de 2025. Et après sa bonne Coupe du Monde 2023, on a hâte de voir ce que va donner Khaman aux Jeux olympiques de Paris.

« Cela fait plus de deux ans que Royal Ivey s’appuie sur la même base de joueurs. On voit que c’est un collectif bien rodé, avec un jeu réfléchi, une défense agressive, un bon niveau athlétique, observe Cheikh Sarr. Bien sûr, le Soudan du Sud a ses défauts, fait parfois preuve de naïveté, mais sa progression est assez incroyable, même si elle n’est pas surprenante. »

« Cette équipe parle aux Sud-Soudanais, car beaucoup de joueurs ont dû fuir le pays avec leur famille pour échapper à la guerre. Ici, de nombreuses familles ont connu cela », reprend Stefano Cusin. « Cette sélection dégage une énergie incroyable. J’avais hâte que les matchs s’achèvent… Et j’observais également les joueurs au bar de leur hôtel : ils semblaient soudés, riaient ensemble. Ils semblent également liés par une fibre patriotique immense, une volonté de donner une autre image de leur pays. Cela leur donne selon moi une force supplémentaire. »

"Royal Ivey et son staff ont mis en place une très bonne équipe qui joue un basket-ball moderne, avec du spacing, du tir à 3-points, de l’agressivité… C’est assez spectaculaire et remarquable", a loué le coach de la Team USA, Steve Kerr.

Le Soudan du Sud n’a pas de superstar dans ses rangs, pas de joueur qui sorte spécialement du lot. Mais le groupe se connaît très bien. Les joueurs ont progressé depuis septembre et les rotations sont fluides puisque le niveau des remplaçants et des titulaires n’est pas si éloigné. Ce n’est pas parce qu’on est un petit nouveau qu’on est condamné à la sous-performance. L’équipe des Bright Stars peut se permettre de rêver, ils ont le potentiel pour accrocher une place en quarts en faisant partie des meilleurs troisièmes.

Pour Emmanuel Mavomo, ancien sélectionneur de l’Angola puis de la République démocratique du Congo (RDC), rien ne semble pouvoir arrêter la progression de cette équipe. « Il y a un projet olympique depuis quatre ans. Le Soudan du Sud est aujourd’hui au-dessus du lot en Afrique et cela devrait durer, car il a beaucoup avancé alors que les autres pays, notamment l’Angola, ont régressé. Luol Deng et Royal Ivey, qui ont la mentalité et la rigueur de la NBA, y sont pour beaucoup. »

Les JO de Paris 2024 : Un défi de taille

Dans un groupe C où se trouve l’ultra favori pour la victoire finale et l’équipe emmenée par le MVP de NBA en titre, il est dur d’imaginer le Soudan du Sud se qualifier pour les quarts de finale. D’autant que l’équipe de Porto Rico de ce filou de Jose Alvarado est une autre équipe expérimentée qui ne sera pas facile à battre, et contre qui les Sud Soudanais se sont inclinés à la dernière Coupe du Monde.

S’il veut faire quelque chose pour son premier tournoi olympique, d’entrée il faudra museler l’équipe de Porto Rico emmenée par Jose Alvarado. Les Sud Soudanais ne sont pas très expérimentés, sur les lignes arrières pas si bien équipés, mais qu’est-ce que vous voulez, ils donnent envie qu’on parie sur eux.

Pour cela, il faudra frapper fort d’entrée et donner une bonne leçon à Porto Rico. Ensuite, limiter la casse contre les États-Unis et la Serbie et le tour est joué. Il y a un espoir. Le Soudan du Sud n’a pas le choix.

En battant l’Angola, les Philippines et la Chine lors de la Coupe du monde, l’équipe masculine des Bright Stars s’est qualifiée pour les Jeux olympiques de Paris en 2024. L’histoire sportive du Soudan du Sud, dernier Etat africain à avoir obtenu son indépendance, en 2011, restera à jamais associée à la ville de Quezon City, aux Philippines, un des trois pays, avec le Japon et l’Indonésie, à organiser la Coupe du monde de basket-ball, du 25 août au 10 septembre. Samedi 2 septembre, la victoire de sa sélection masculine face à l’Angola (101-78), faisant suite à celle obtenue contre les Philippines (87-68), lui a permis de se qualifier pour les Jeux olympiques (JO) de 2024 à Paris. Une performance historique pour les Bright Stars, dont la progression est l’une des plus spectaculaires du basket mondial ces dernières années.

Présent dans la capitale lors de cette journée historique, l’Italien Stefano Cusin, sélectionneur de l’équipe sud-soudanaise de football, a pu mesurer l’enthousiasme généré par cette qualification pour les JO. « Les gens sont sortis dans les rues, ils ont dansé, chanté. Il y a beaucoup de fierté, de joie. Pour eux, c’est important de voir que leur pays peut gagner, alors qu’on n’en parle pas toujours de manière positive. »

Lors du premier tour de cette Coupe du monde, le Soudan du Sud, bien que battu par Porto Rico (96-101) et la Serbie (83-115), deux sélections notoirement supérieures, avait une première fois flatté la fibre patriotique en dominant largement la Chine (89-69). « Je ne suis pas étonné par leur progression, car les joueurs évoluent aux Etats-Unis, en France ou en Australie, donc dans des ligues de haut niveau », analyse le Sénégalais Cheikh Sarr, sélectionneur du Rwanda, dont l’équipe avait affronté les Bright Stars lors des qualifications pour la Coupe du monde.

Ainsi, Peter Jok a perdu son père, général dans l’Armée de libération des peuples du Soudan (SPLA), ainsi qu’un de ses grands-pères, tous deux tués lors du conflit contre Khartoum. Nuni Omot, lui, est né dans un camp de réfugiés au Kenya, tandis que Majok Deng a passé plusieurs années dans un de ces camps après avoir fui Bor, sa ville natale, à l’âge de 8 ans.

Belle histoire. Le Soudan du Sud, la plus récente nation sur la planète, a gagné son billet pour le tournoi masculin de basket-ball aux Jeux de Paris 2024. Classée à la 62ème place mondiale par la FIBA, l’équipe nationale a décroché sa place lors de la Coupe du Monde, qui se dispute actuellement en Indonésie, au Japon et aux Philippines, en étant la mieux placée des nations africaines. Selon les statistiques de la FIBA, le Soudan du Sud est également l’équipe la moins bien classée à se qualifier pour un tournoi olympique masculin depuis les Jeux d’Athènes en 2004. Les Soudanais ont assuré leur place pour les Jeux de Paris 2024 en dominant l’Angola (101-78), onze fois champion d’Afrique. Indépendant du Soudan depuis 2011, le pays avait fait ses débuts aux Jeux olympiques à Londres 2012, en envoyant son premier athlète, mais il avait participé aux compétitions sous le drapeau olympique. Quatre ans plus tard, à Rio 2016, sa délégation comptait trois athlètes, présents pour la première fois sous les couleurs et le drapeaux nationaux. Deux autres ont participé aux Jeux de Tokyo 2020. La Fédération sud-soudanaise de basket-ball est présidée depuis 2019 par Luol Deng, un ancien joueur de NBA, passé notamment par les Chicago Bulls, le Miami Heat et les Los Angeles Lakers. Après avoir réalisé une super Coupe du Monde 2023, s’imposant comme la première nation Africaine en remportant trois matchs, le Soudan du Sud a décroché sa qualification pour les Jeux olympiques. Authentique exploit pour une nation qui a gagnée son indépendance il y a seulement treize ans. Eh bien pour le passé aux JO, on va pouvoir passer rapidement car vous imaginez bien qu’un pays qui a vu le jour en 2011 n’a pas eu l’occasion de participer à beaucoup d’épreuves Olympiques. Les Sud-Soudanais se rendent pour la première fois aux Jeux olympiques à l’édition parisienne de 2024, et c’est déjà un début d’exploit en soi. Pour sa première participation au FIBA AfroBasket en 2021, les Sud-Soudanais se sont placés à la septième position. S’est suivie une phase d’éliminatoires pour la Coupe du Monde pendant laquelle ils ont tout balayé sur leur passage. Onze victoires en douze matchs, merci bonsoir, envoyez le billet pour la Coupe du Monde. Coupe du Monde pendant laquelle ils sont loin d’avoir fait pâle figure. Deux défaites contre la Serbie (115-83) et Porto Rico (101-96) en poules, nations bien plus habituées aux grosses échéances, mais un beau succès face à la Chine (86-69). Et dans les matchs de classement, les Sud Soudanais ont pris le meilleur sur les Philippines (87-68) et sur l’Angola (101-78). Au final, une dix-septième place.

Le drapeau du Soudan du Sud, symbole d'une nation en quête de reconnaissance.

Parcours du Soudan du Sud dans les compétitions internationales
Compétition Année Résultat
FIBA AfroBasket 2021 7ème place
Coupe du Monde FIBA 2023 17ème place
Jeux Olympiques 2024 Première participation

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