Avant le nouveau millénaire, l’université de Florida n’était à proprement parler un poids-lourd du championnat universitaire de basket. Cependant, l'équipe masculine de basket-ball des Gators de la Floride a marqué l'histoire du sport universitaire américain grâce à ses performances exceptionnelles et à ses joueurs emblématiques.

Les débuts prometteurs (2004-2006)
En 2004, le coach Billy Donovan a signé ce qui sera l’une des meilleures promotions de freshmen de l’histoire, mais à l’époque personne ne pensait que ce groupe puisse conduire Florida à deux titres de champion consécutifs. Le site Rivals.com, spécialiste du recrutement des lycéens, n’avait classé la promotion de Florida que quinzième de tout le championnat. Pour leur première saison en NCAA, les jeunes joueurs des Gators ont réalisé une fort belle campagne marquée par le titre de champion de la SEC, vingt victoires, et une qualification au deuxième tour de la March Madness.
Mais ils n’ont joué qu’un rôle mineur au sein de l’effectif derrière le senior David Lee et le junior Anthony Roberson. Seul Corey Brewer parvient réellement à tirer son épingle du jeu avec 7,5 points de moyenne en vingt-quatre minutes de temps de jeu. Joakim Noah ne joue par exemple même pas dix minutes par match pour seulement 3,5 points et 2,5 rebonds.
Non classés au début de la saison 2005-2006, les Gators sont vite rentrés dans le Top 25 après des victoires face à Wake Forest et Syracuse, deux des meilleures équipes du pays. Ils ne vont plus en sortir pendant deux ans. Après un début de saison en fanfare avec dix-sept victoires de rang, les hommes de Billy Donovan connaissant quelques difficultés en match de conférence et termine la saison régulière avec un bilan de 24 victoires pour 6 défaites.
2006 #7 Florida Gators vs. #13 Tennessee Volunteers
Très solides lors du tournoi de la SEC, les Gators conservent leur titre de champion de la conférence et arrivent à la March Madness avec le plein de confiance et une tête de série numéro 3. Ils vont alors tour à tour éliminer South Alabama, Wisconsin-Milwaukee, Georgetown et Villanova pour atteindre le Final Four. En demi-finale, Florida met fin au formidable parcours de George Mason puis triomphe sans aucune difficulté d’UCLA en finale, 73 à 57.

La consécration et le doublé historique (2006-2007)
De retour à Gainesville à l’automne suivant, les Gators sont logiquement présentés comme les grands favoris à leur propre succession et commencent la saison à la première place du ranking. Les premiers matchs de la saison face à des adversaires de faible niveau se passent sans encombre mais les Gators vont subir un coup d’arrêt à Las Vegas face à Kansas avec une défaite par 82 à 80 après prolongation. Cette piqûre de rappel sera suivie par une autre défaite une semaine plus tard sur le parquet de Florida State.
Bousculés à deux reprises dès le premier mois de compétition, l’équipe de Billy Donovan se relance alors avec dix-sept victoires de rang avec notamment des victoires face à Ohio State et sur le parquet de Kentucky. Malgré tout, les Gators sont les grands favoris du tournoi de la SEC dont ils sont les doubles champions en titre. Les coéquipiers de Joakim Noah vont écraser la compétition avec trois larges victoires face à Georgia, Ole Miss et enfin Arkansas en finale avec un écart moyen de vingt points par match.
Tête de série numéro 1 de la March Madness, Florida ne sera jamais vraiment gêné dans sa quête et domine tour à tour Jackson State, Purdue, Butler et Oregon avant de dominer UCLA puis l’équipe d’Ohio State de Greg Oden en finale. En prenant la décision de rester en NCAA pour défendre leur titre de champion fraîchement acquis plutôt que de tenter leur chance en NBA, les joueurs de l’équipe de Florida savaient qu’ils prenaient un risque important pour la suite de leur carrière. Leur choix s’est révélé payant et les Gators sont devenus en 2007 la deuxième équipe à conserver son titre depuis la dynastie d’UCLA dans les années 1960 et 1970.
Dans son histoire, Florida avait atteint au total 5 fois le Final Four. Avant de soulever le titre NCAA, Florida avait échoué auparavant 3 fois : 2 défaites en demi-finale (en 1994, défaite 70-65 face à Duke, puis en 2014, défaite 63-53 face à Connecticut). Et c’est à Indianapolis au RCA Dome que Florida remporte son premier titre face à UCLA (qui disputait sa 13ème finale de son histoire), adversaire dans lequel on retrouve de futurs joueurs NBA (Luc Mbah A Moute, Ryan Hollins, Jordan Farmar, Arron Afflalo, et Darren Collison).
Les hommes du cinq majeur floridien auront été les principaux artisans de cette victoire. Futur international en Equipe de France, Joakim Noah finit meilleur marqueur des Gators avec 16 points à 7/9 aux tirs et n’a pas été loin de frôler le double-double avec 9 prises aux rebonds, effectuant au passage 6 contres. Al Horford signe 14 points et 7 rebonds.
Au départ de la saison jusqu’à la finale de ce soir de 2006, Florida ne faisait pas office de favori pour gagner le tournoi final pouvait-on entendre de la part Taurean Green et de ses coéquipiers. « Nous, on l’a senti depuis le début de l’année. Nous n’avons obtenu de respect. Vous savez, l’équipe entière a eu juste un état d’esprit… ok. Nous savions ce que nous devions faire. Nous étions obligés de prouver quelque chose à tous ceux qui viennent voir nos matchs. Le lendemain de la victoire, une foule de 7000 personnes ont accueilli les champions floridiens et universitaires au Gainesville Raceway, situé dans l’Etat de Floride.
Après avoir rempli leur mission, les cadres des Gators décident de renoncer à leur saison de senior et se présentent à la Draft.

Les figures emblématiques
Dans cette équipe floridienne jouait un dénommé Joakim Noah, l’intérieur français et fils de l’ancien tennisman tricolore. Sans club depuis cet hiver, le joueur français de 36 ans, qui a longtemps brillé à Chicago, a lui-même annoncé la fin d’une « sacrée aventure ». « C’était une sacrée aventure » : Joakim Noah, un des plus beaux palmarès du basket français, deux fois sélectionné pour le All-Star Game et désigné meilleur défenseur en 2014, a mis fin à sa carrière à 36 ans, après treize saisons passionnées en NBA.
En 2014, quand il remporte le trophée de meilleur défenseur de la ligue (il est monté à 618 rebonds avec les Bulls cette saison-là), il fait aussi partie du « meilleur cinq », fort d’une moyenne de 13 points, 11 rebonds, 5 passes, plus d’un contre et d’une interception par match. Il est même 4e des votes pour le titre de MVP.
Ce qui caractérisait le joueur Noah, c’est sa combativité de tous les instants, sa hargne défensive, au rebond et au contre. Son jeu de passes aussi, très supérieur à la moyenne pour un intérieur. Ce qui lui a valu de devenir le deuxième Français après Tony Parker à jouer au All-Star Game, avant que Rudy Gobert les rejoigne dans ce club fermé. Joueur à la technique de tir peu académique et souvent moquée, notamment sur la ligne des lancers francs où sa moyenne autour de 75 % reste correcte, Noah a réussi sept triple-double (trois catégories - points, rebonds, passes, etc. - à plus de 10 unités) en NBA, et 218 double-double, dont 22 en playoffs. Son record en carrière est de 30 points en saison régulière et 25 en playoffs.
Pétard ambulant en attaque, capable de dégainer plus vite que son ombre sur contre-attaque mais aussi et surtout d’avoir des inspirations folles à la passe et au dribble, Jason Williams est souvent associé aux Kings de Sacramento. Billy [Donovan] était à Kentucky quand il a commencé à me recruter. Mais quand il a fallu trancher, [Rick] Pitino voulait un freshman qui soit capable d’assumer des grosses minutes directement. Or, il ne pensait pas que j’étais prêt. Ils ont arrêté de me recruter mais Billy est parti à Marshall. Pendant que j’étais à Fork Union, je savais que j’allais jouer pour Billy à Marshall. Après ça, je l’ai suivi à Florida”, raconte-t-il.
Les Florida Gators champions universitaires aux États-Unis (NCAA)
Les Florida Gators ont été sacrés champions universitaires aux États-Unis (NCAA) après leur victoire en finale de la March Madness, contre Houston (65-63) lundi. Une première victoire depuis un certain… Joakim Noah. Les Florida Gators ont battu les Cougars de Houston (65-63) lors de la finale du championnat NCAA 2025, lundi soir. Ils mettent fin à une disette de 17 ans.
Les confettis orange et bleu, les couleurs des Florida Gators, sont tombés en masse sur le parquet au buzzer final, suivis par les cris de joie de quelque 30 000 supporters en délire à l'Alamodome, à San Antonio. Opposée à Houston en finale du célèbre tournoi masculin universitaire, la « March Madness », lundi soir, l'université de Floride a remporté le titre de champion national au terme d'un match disputé (score final 65-63). C'est le troisième trophée des Gators après leur doublé réalisé en 2006 et 2007. Ils succèdent à UConn au palmarès du tournoi, vainqueur des deux dernières éditions.
L'Alamodome, salle immense habituellement réservée à l'équipe universitaire locale de football américain, accueillait plus de 68 000 spectateurs pour ce match de basket où l'on avait du mal à voir le parquet à partir de la tribune de presse. Peut-être perturbés par cette ambiance délirante autour d'eux, les joueurs des deux équipes ont fait preuve de beaucoup de maladresse en première mi-temps (seulement 37 % de réussite cumulée, 21 % derrière l'arc), rentrant au vestiaire sur un score de 31-28 en faveur de Houston.
Tableau des Titres NCAA des Florida Gators
| Année | Adversaire en Finale | Score |
|---|---|---|
| 2006 | UCLA | 73-57 |
| 2007 | Ohio State | 84-75 |
| 2025 | Houston | 65-63 |
Walter Clayton Jr
Réputés pour la qualité de leur défense, les Texans ont cru avoir fait le plus dur au début de la deuxième mi-temps, comptant jusqu'à 12 points d'avance sur leur adversaire (42-30). Mais les Floridiens se sont accrochés, portés par le retour en grâce de Walter Clayton Jr. Attendu dans le top 15 de la prochaine draft NBA, l'arrière floridien (22 ans) a inscrit l'intégralité de ses 11 points après la pause, ajoutant 7 passes décisives et un fort impact défensif dans le money-time à sa feuille statistique.
Patients, les Gators ont attendu la dernière minute de jeu pour reprendre les devants au score (leur dernier avantage remontait à la 5e minute, 8-6), punissant leurs adversaires sur la ligne des lancers francs, puis forçant une dernière perte de balle adverse pour finalement s'imposer 65-63. « Ce n'est pas que moi. C'est la victoire de tout un groupe ce soir », a commenté Walter Clayton Jr à l'issue du match, élu au passage meilleur joueur du Final Four, le dernier carré du tournoi organisé à San Antonio.
Olivier Rioux
Le Canadien Olivier Rioux a disputé jeudi soir le premier match de sa carrière universitaire avec Florida. Mesuré à 2,36 m (7 pieds et 9 pouces), il est devenu le joueur le plus grand à fouler les parquets de NCAA.
Les 10 000 spectateurs du O'Connell Center l'ont longtemps réclamé et ils ont fini par avoir gain de cause. À l'occasion du match de NCAA (en basket masculin) contre North Florida, l'entraîneur des Florida Gators Todd Golden a fait entrer en jeu Olivier Rioux à deux minutes de la fin d'une partie déjà jouée (104-64, score final). Un moment d'histoire salué par une immense ovation puisque le natif de Terrebonne, juste au nord de Montréal, est devenu le joueur le plus grand jamais aligné en NCAA avec ses 2,36 m sous la toise (soit 7 pieds et 9 pouces).
À 19 ans, Rioux efface la précédente marque, 2,31 m, détenue par deux joueurs : Kenny George (UNC Asheville) et Mike Lanier (Hardin-Simmons/UCLA). À titre de comparaison, le Canadien mesure 12 cm de plus que la star des San Antonio Spurs Victor Wembanyama (2,24 m). En deux minutes sur le terrain, le débutant au niveau universitaire n'a pas enregistré la moindre statistique pour l'équipe championne en titre et 3e meilleure formation du pays selon le dernier classement universitaire en vigueur.