Depuis son exploit face à l'Irlande ce samedi (19-12), retour sur l'histoire du Japon avec la Coupe du monde de rugby.

Yutaka Nagare, Kotaro Matsushima et Ryohei Yamanaka après la victoire face à l'Irlande.
Les débuts en Coupe du Monde
De 1987 à 2019, le Japon n'a jamais raté une seule édition de la Coupe du monde. Et son aventure avec le Mondial a bien failli débuter de la plus belle des manières ce 24 mai 1987 à Brisbane.
Premier match: Japon - USA (18-21), en 1987
Face aux États-Unis, les Japonais sont en effet dans le match pour leur première rencontre de poule, et accrochent leurs adversaires dans la foulée d'un Nofomuli Taumoefolau auteur de deux essais. Mais trop imprécis au pied (aucun de leurs trois essais n'a été transformé !), les Brave Blossoms ratent finalement la victoire de trois points et s'inclinent 21 à 18.
Première victoire: Japon - Zimbabwe (52-8), en 1991
Avant d'affronter le Zimbabwe en 1991 à Belfast, les Japonais n'ont toujours pas connu le goût de la victoire en Coupe du monde. Ils viennent de perdre largement contre l'Écosse (47-9) et face à l'Irlande (32-16) et voient dans cette confrontation une occasion idéale de débloquer leur compteur dans le Mondial. Une occasion qu'ils ne laissent pas passer, y mettant la manière en passant plus de 50 points et neuf essais. Victoire en forme de première 52 à 8.
Déculottée historique: Japon - Nouvelle-Zélande (17-145), en 1995
S'il était difficile d'imaginer autre chose qu'une victoire des All Blacks avant ce Japon - Nouvelle-Zélande, sa proportion va marquer l'édition 1995 et même l'histoire de la Coupe du monde. À Bloemfontein en Afrique du Sud, les Néo-Zélandais marquent au fer rouge de pauvres Japonais complètement impuissants et spectateurs face à la démonstration de leurs adversaires. Bilan pour les Japonais : 21 essais encaissés et plus de 140 points dans les valises (145-17). Une défaite historique et symbole d'un rugby japonais qui n'arrive pas à prendre son envol.

Le miracle: Japon - Afrique du Sud (34-32), en 2015
C'est une équipe japonaise sur une série de 18 matches sans victoires en Coupe du monde qui se présente face à l'Afrique du Sud ce 19 septembre 2015. Le scénario semble écrit d'avance, et personne ne voit les hommes d'Eddie Jones l'emporter. C'est pourtant ce qu'ils réussissent à faire au terme d'une partie qui sera appelée plus tard le « miracle de Brighton ». Complètement transfigurés et portés par Ayumu Goromaru (24 points), les Japonais ajoutent la manière à l'exploit en l'emportant sur un essai inscrit dans les arrêts de jeu par Karne Hesketh. Preuve que leur rugby a pris une nouvelle dimension, cet exploit est confirmé quelques jours plus tard par deux victoires face aux Samoa (26-5) et aux États-Unis (28-18).
The greatest upset in rugby history? 🤯 | South Africa v Japan | Final Minutes | Rugby World Cup 2015
La confirmation: Japon - Irlande (19-12), en 2019
Quatre ans après le « miracle de Brighton », difficile de dire où en sont les Japonais alors qu'ils s'apprêtent à accueillir pour la première fois le Mondial sur leur sol. Face à l'Irlande, ils vont donner la meilleure des réponses possibles, l'emportant sans contestation possible 19 à 12 grâce notamment à un essai de Kenki Fukuoka en deuxième période. Grâce à ce succès, les Brave Blossoms s'ouvrent une voie royale vers les quarts de finale du Mondial. Ce serait la première fois de l'histoire du rugby japonais que cela arriverait.
Les "Brave Blossoms": Une identité forte
À en croire les emblèmes de nations de l'ovalie, on pourrait penser que le rugby est avant tout une histoire de fleurs. Entre la fougère pour les All Blacks, le chardon pour les Écossais, et le trèfle pour l'Irlande, les Japonais sont eux, connus pour être les « Brave Blossoms », les fleurs courageuses. Pour connaître les origines de ce surnom, il faut remonter le temps et atterrir lors de la Coupe du monde 2003 en Australie.
Si les plus jeunes ne se rappellent que du drop de Jonny Wilkinson en finale, d'autres se remémoreront le match entre l'Écosse et le Japon disputé le 12 octobre à Townsville. Battus 32-11 par les Écossais, les Nippons ont livré une bataille incroyable pendant toute la partie. Malgré les petits 17 % de possession, les coéquipiers de Daisuke Ohata ont ce jour-là, conquis le public.
À la fin de la rencontre, un journaliste anglais, Rich Freeman, basé au Japon, parlait du match avec l'un des coaches japonais, Mark Bells, à propos de la « courageuse » (brave) opposition que venaient de livrer ses joueurs. Pendant les jours qui suivirent, tous les journaux locaux ne parlaient plus que des « Brave Blossoms » et non plus des « Cherry Blossoms » leur surnom initial.
Surfant sur la vague, Rich Freeman profita de l'occasion pour qualifier le Japon de « Brave Blossoms » dans les colonnes du Japan Times, le journal anglophone dans lequel il écrit.
« À l'époque, le Japon n'avait pas vraiment de surnom. Ainsi, à partir de 2003, j'ai commencé à utiliser l'expression « Brave Blossoms » de temps en temps plutôt que simplement « Japon, Japon, Japon » et j'en suis resté fidèle. La Fédération n'était pas très satisfaite au début et n'a pas aimé qu'elle soit utilisée. J'écrivais les pages en anglais sur leur site Web et ils la supprimaient toujours et la remplaçaient par « Japon ». Mais en 2009, les classics All Blacks étaient en tournée au Japon et Andrew Mehrtens avait utilisé cette expression lors de l'interview post-match devant toute la foule à Kobé. La Fédé a alors pensé que ce surnom n'était pas une si mauvaise idée. Et depuis la victoire sur l'Afrique du Sud, ils l'ont vraiment commercialisé. Nous voyons maintenant des « We are the Brave Blossoms » dans la rue, sur des chemises et partout, » raconte le journaliste.
Coupe du Monde 2019: Le Japon à domicile

La grande échéance pour le rugby japonais réside dans l’organisation de la Coupe du monde 2019. La curiosité est grande autour de la sélection nationale qui se doit désormais de confirmer le potentiel entrevu quatre ans auparavant. Le chef d’orchestre ne s’appelle plus Eddie Jones, devenu sélectionneur de l’Angleterre, mais Jamie Joseph. Pourtant la partition n’a pas changée. Un plan de jeu parfaitement défini, basé sur la vitesse, le mouvement avec des joueurs qui multiplient les efforts tout le long des 80 minutes, sans jamais baisser d’intensité.
Dans une poule extrêmement ouverte, les Brave Blossoms savent que le moindre faux pas est interdit car il risque de coûter très cher. Pour le match d’ouverture, les hommes de Joseph ne subissent pas la pression et parviennent à se défaire aisément de la Russie en match d’ouverture, grâce notamment à un triplé de l’ailier Kotaro Matsushima, meilleur marqueur d’essai de ce mondial avec cinq essais inscrits.
Le deuxième match les opposent à un des favoris de la compétition : l’équipe d’Irlande, toujours difficile à jouer. Nous assistons à une vraie opposition de style entre le jeu frontal des irlandais et celui fait de dynamisme des japonais. Et c’est à la surprise générale que les outsiders nippons vont l’emporter en ayant renversé les irlandais 19 à 12.
La victoire avec bonus offensif (au moins 4 essais inscrits) contre les Samoa permet aux hommes du capitaine Michael Leitch d’être premiers de leur groupe à la veille du match capital contre les écossais.
Le contexte autour du match va rendre ce dernier atypique. Nous sommes au coeur du typhon Hagibis, l’un des plus puissants de ces cinquante dernières années. L’annulation du match qui entrainerait une qualification des japonais et un retour à la maison pour les écossais est grandement envisageable.
La semaine entourant le match est très mouvementée, l’Ecosse faisant pression pour que ce match se joue. Et il se jouera finalement bel et bien, et à la date prévue. La rencontre est d’une intensité incroyable et voit les japonais prendre les devants à la pause avec quatorze points d’avance et un jeu toujours aussi enthousiasmant.
Mais l’Ecosse réagit et revient à sept points du Japon. Grace à un courage incroyable, les nippons vont endiguer les offensives adverses et préserver leur avantage jusqu’au bout. L’émotion est immense : le Japon a réussi sa mission d’atteindre les quarts, en restant invaincu de surcroît. La performance est tout simplement historique.
Le rugby japonais: Un paradoxe
Cependant cette ascension fulgurante est le fruit d’un paradoxe assez singulier. En effet le rugby japonais est loin d’être un rugby parfaitement structuré et organisé. La professionnalisation de ce sport n’est pour l’instant qu’au stade de projet, soit celui de la création d’une Top League pour 2021, un championnat japonais de douze clubs situés dans les douze villes hôtes de cette coupe du monde. Aujourd’hui un championnat japonais de seize équipes existe déjà, suite à une réforme datant de 2003.
Toutefois ce championnat, bien qu’en partie professionnalisé notamment avec l’introduction de contrats professionnels pour les joueurs, est géré par les entreprises du pays. Pour comprendre cette organisation il faut remonter à l’après guerre, période durant laquelle les grandes entreprises nippones ont instauré le rugby d’entreprise. Une fois la journée de travail terminée, les employés chaussaient les crampons et s’entraînaient généralement entre 18 et 20 heures. Ainsi de grands groupes industriels tels que Toshiba, Yamaha ou Toyota assurent la gestion de ces équipes.
Pour les patrons d’entreprises, bien qu’extrêmement passionnés par le ballon ovale, cette situation est difficilement soutenable car posséder une équipe de rugby au japon n’est absolument pas rentable. Les entreprises investissent à perte, notamment car les stades sont loin de faire le plein. Les dépenses annuelles du rugby japonais s’élevaient en 2017 à 28,6 milliards de yens (242 millions d’euros), ce qui équivaut au troisième budget le plus élevé au monde, derrière le Top 14 et le championnat anglais, mais pour un gain de seulement 3,8 milliards de yens (32 millions d’euros).
L’autre tentative de développement du rugby japonais fut la fondation en 2015 de l’équipe des Sunwolves. Cette équipe a obtenue une place dans le Super Rugby, championnat réunissant les 18 meilleurs équipes de l’hémisphère sud. Mais là encore c’est plutôt un constat d’échec qui s’impose. En effet cette franchise a toujours terminé le championnat à la dernière place, alors que les joueurs qui la composent sont les mêmes que ceux de la sélection nationale.

Enfin la fédération japonaise de rugby connait une stagnation de son nombre de licenciés. Avec un peu moins de 110 000 licenciés, le pays organisateur de la coupe du monde n’est plus le premier pourvoyeur de rugbymen sur le continent asiatique car dépassé par la Chine. Ainsi la progression du rugby japonais demeure particulièrement fascinante et n’est certainement pas terminée compte tenu du vaste chantier auquel doit faire face la fédération.
Le Japon, "c'est le coup de cœur"
Le Japon est "clairement le coup de cœur de tout le monde, l'équipe la plus emballante de la compétition avec la Nouvelle-Zélande", estime ainsi le journaliste Olivier Canton, au micro d'Europe 1. Dans une Coupe du monde marquée par les mauvaises conditions météorologiques , le Japon, pour "son jeu et par la fraîcheur de ce qu'il produit", empêche ce mondial de tourner "au fiasco", dixit Olivier Canton.
"Sur les trente-sept matches, vous retenez quoi ? À par les victoires du Japon et deux ou trois autres matches, ça fait peu dans cette Coupe du Monde interminable", poursuit le journaliste.
Pour sa part convaincu que le Japon deviendra une nation importante du rugby mondial, notre consultant Eric Blanc souhaite voir "le Japon intégrer le four nation", afin "d'affronter l'Australie, la Nouvelle-Zélande et l'Afrique du Sud." Et selon lui, il peut clairement y arriver : le rugby nippon est en plein développement, notamment grâce à l'intégration d'un club japonais dans le "Super rugby".
"Le Japon n'as pas renié son jeu malgré l'enjeu"
Les Japonais ont en tout cas déjà impressionné Eric Blanc. Selon notre consultant, le Japon "n'as pas renié son jeu malgré l'enjeu, en jouant énormément à la main". Notre consultant évoque également le cas de Jamie Joseph, sélectionneur du Japon et ancien international néo-zélandais : "Il est dans la continuité de ce qu'a fait Eddie Jones, il croit en un jeu et s'y tient. Les Japonnais sont très précis, disciplinés et mettent beaucoup de vitesse."
Eric Blanc rappelle également l'importance de Marc Del Maso, ancien entraîneur des avants de la sélection Japonaise : "La mêlée est un secteur ou le Japon s'est largement amélioré avec l'intervention en 2015 de Marc Del Maso. Mais malgré son joli parcours, le Japon ne fera pas office de favori face aux Sud-Africains, qualifiés de "golgoth" par Eric Blanc. Pour cette rencontre, le principal problème sera "la dimension physique" des Japonais, d'après Olivier Canton. Même si, selon lui, "le Japon a historiquement toujours joué en mettant beaucoup de vitesse avec des gabarits moins développés. Déjà en 2015, ils jouaient comme ça.
Le Japon signe l'exploit face à l'Écosse
Il y avait de l’émotion, à Tokyo, dimanche, pour Japon-Écosse. Devant les près de 72 000 personnes rassemblées dans le stade de Yokohama, le rugby s’est d’abord ému pour les 26 personnes, bilan provisoire, avec une minute de silence. Et de l’hommage s’est ensuite écrit l’exploit pour les "Brave Blossoms".
Dès la première période, l’Écosse s’est mis dans la difficulté. Le XV du chardon s’était déjà quasiment sabordé dès l’entame de la seconde période, accusant un retard de 21 points (28-7) après avoir encaissé leur quatrième essai, signé Kenki Fukuoka. Les Écossais ne sont revenus qu’à sept longueurs après deux essais coup sur coup de WP Nel (50') et Zander Fagerson (56'). Mais ils partaient de trop loin après avoir subi les vagues et la vitesse nippones, symbolisées par les deux flèches sur les ailes, Fukuoka et Kotaro Matsushima, alignées par le Néo-Zélandais Jamie Joseph.
Fukuoka, d’une splendide passe après contact à la limite de l’en avant, alors qu’il était quasiment au sol, a trouvé Matsushima (18', 7-7) qui signait ainsi son cinquième essai de la compétition.
Le Japon bat l'Afrique du Sud (34-32) en 2015
Pleine de culot, la sélection nippone a réussi une performance ahurissante en tombant l’Afrique du Sud (34-32) samedi. En dépouillant l'Afrique du Sud, double championne du monde (1995, 2007), d'une victoire unanimement promise (34-32), c'est un séisme d'une magnitude inconnue sur la planète ovale qu'ils ont provoquée. Jamais les Boks, prétendants au titre, n'avaient cédé au premier tour d'une Coupe du monde. Que l'accroc survienne face au Japon, une seule victoire en 25 matches (face au Zimbabwe en 1991), risque d'être vécu au pays comme une infamie.
S'ils ont d'entrée été malmenés, puis surpris par la résistance adverse, les Boks pensaient tout de même avoir assuré l'essentiel avant l'emballage. Jusqu'à ce que les Nippons, dont le pack est entraîné par l'ancien international français Marc Dal Maso, ne tentent le tout pour le tout.
De quoi déclencher l'hystérie des fans japonais, mais aussi l'hébétude des observateurs les plus repus. "Mon cœur continue de battre la chamade après les dernières minutes de ce match", tweetait Jonny Wilkinson. Son entraîneur de 2003 Clive Woodward venait lui de voir "le plus grand match de l'histoire de la Coupe du monde".
Ironie de l'histoire, Eddie Jones, le sélectionneur australien du Japon, était consultant technique de… l'Afrique du Sud lors du sacre de 2007. Lui aussi n'en revenait pas : "C'est un résultat fantastique. On a travaillé vraiment dur pour y arriver. Ce n'est que le début. On veut aller en quarts de finale."
Le rugby, un sport récent au Japon?
Tout a commencé au début des années 1860, quand des militaires anglais ont débarqué à Yokohama pour protéger les ressortissants britanniques, après l'assassinat de l'un d'entre eux, marchand de son état, par des guerriers samouraï. Mais les tensions sont retombées et les officiers du corps expéditionnaire se sont vite retrouvé désoeuvrés. Ils ont alors commencé à faire des parties de ballon ovale pour passer le temps.
"En décembre 1864, il y a des preuves attestant que (les officiers britanniques, NDLR) y jouaient tous les après-midi, avec quelques civils", explique à l'AFP l'historien anglais Mike Galbraith, spécialiste des origines du rugby au Japon.
Un des plus vieux clubs du monde
Début 1866, une quarantaine de ces premiers joueurs ont fondé le "Yokohama Foot Ball Club". Dans un éditorial rapportant cette nouvelle, le Japan Times de l'époque se réjouissait de voir parmi ces fondateurs "deux ou trois" diplômés des écoles de Rugby et Winchester, ce qui promettait selon le journal un excellent niveau de jeu. Selon M. Galbraith, ce serait donc l'une des plus anciennes associations de rugby au monde, du moins dans la catégorie de celles ouvertes à tous, à la différence des clubs fermés des grandes écoles ou d'universités.
Le rugby à XV s'est plus solidement ancré au Japon au tournant du 20ème siècle, quand deux anciens étudiants de Cambridge, Edward Bramwell Clarke et le Japonais Ginnosuke Tanaka, ont introduit le sport à l'université Keio de Tokyo. Sa popularité a par la suite grimpé rapidement dans le pays: la fédération japonaise de rugby à XV a été créée en 1926 et au début des années 1930, certains matches attiraient 20.000 spectateurs, selon M. Galbraith.
La diversité de l'équipe japonaise
Pour cette Coupe du monde, le Japon présente un effectif composé de 15 joueurs nés en dehors de son pays. Parmi eux, certains sont des cadres de l’équipe des Cherry Blossoms. Ainsi, l’ancien clermontois Kotaro Matsushima est né en à Pretoria en Afrique du Sud, le troisième ligne Michael Leitch (qui dispute son quatrième mondial) à Christchurch en Nouvelle-Zélande et le centre Dylan Reiley en Afrique du Sud (Durban).
D'aucuns pourraient penser que ces joueurs, avec l’expérience du haut niveau, sont venus renforcer une équipe qui avait du mal à progresser sur la scène internationale par le passé. 8 joueurs étrangers évoluant pour l’équipe nationale sont originaires des nations du Pacifique (Tonga, Samoa et Fidji). Ces stars font progresser le niveau global du championnat tout en influençant grandement les résultats.
Entraîneur : Jamie Joseph connait bien le Mondial
Jamie Joseph a une histoire à part avec la Coupe du monde. Néo-zélandais d'origine, il dispute la Coupe du monde 1995 avec les All Blacks et participe à la raclée historique face au Japon (145-17) en phase de poules. Quatre ans plus tard, il joue à nouveau le Mondial, mais cette fois-ci sous les couleurs du... Japon !
Après sa carrière de joueur, il devient entraîneur jusqu'à prendre la succession d'Eddie Jones à la tête des "Brave Blossoms" en 2016. Depuis, il a obtenu des résultats notables en faisant par exemple match nul face à la France en 2017 (23-23) ou en battant l'Italie l'année dernière (34-17). Fort de son expérience, l'ancien troisième-ligne va tenter de devenir le premier entraîneur à permettre au Japon de sortir des poules d'une Coupe du monde.
Le groupe : Michael Leitche en capitaine
Pour son Mondial à domicile, le sélectionneur Jamie Joseph a fait confiance à un groupe de joueurs expérimentés comptant tous au moins une sélection. Les "héros de Brighton", tombeurs de l'Afrique du Sud en 2015, sont évidemment bien représentés avec, par exemple, la présence du troisième-ligne et capitaine Michael Leitch ou du deuxième-ligne Luke Thompson.
Le joueur à suivre : le « septiste » Lomano Lemeki
Son nom ne vous dit probablement rien et c'est bien normal. Lomano Lemeki n'est pas le plus connu des rugbymen, et même des rugbymen japonais. Mais il pourrait bien être un atout de poids pour les "Brave Blossoms" durant ce Mondial. À 30 ans, l'ailier a explosé sur le tard et s'est révélé lors des Jeux Olympiques 2016 de rugby à 7, jouant un rôle majeur dans le parcours du Japon, finalement quatrième.
Bon finisseur et capable de buter, il se consacre ensuite au XV en Top League avec le Honda Heat et avec les Sunwolves (province japonaise) en Super Rugby. Des performances qui lui ouvrent les portes de l'équipe nationale. Contre la Russie vendredi, il honorera sa 12e sélection comme titulaire à l'aile.
Tableau des performances du Japon en Coupe du Monde
| Année | Résultat |
|---|---|
| 1987 | Phase de poules |
| 1991 | Phase de poules |
| 1995 | Phase de poules |
| 1999 | Phase de poules |
| 2003 | Phase de poules |
| 2007 | Phase de poules |
| 2011 | Phase de poules |
| 2015 | Phase de poules |
| 2019 | Quarts de finale |