En quelques années, l’équipe de rugby de ce petit archipel du Pacifique, qui compte un peu moins d’un million d’habitants, a pris une place majeure sur la scène mondiale du rugby. Quelle est la relation si particulière qu’entretiennent les Fidjiens avec cette discipline, comment le rugby s’est-il imposé dans leur culture au cours de l’histoire et pourquoi le jeu des rugbymen fidjiens est-il à ce point unique et reconnaissable ?

Un Triomphe Olympique Historique
En 2016, l’équipe de rugby à 7 des Fidji gagne la médaille d’or aux Jeux olympiques de Rio, en dominant la Grande-Bretagne en finale, et devient ainsi la première nation à recevoir cette récompense. Après avoir survolé le tournoi, les Fidji ont surclassé la Grande-Bretagne en finale (41-7) et ont décroché la première médaille olympique de l’histoire du pays, tous sports confondus. Un titre obtenu, un billet de banque à votre effigie offert.
Le retour au pays des Fidjiens après leur sacre olympique au Brésil a été agrémenté de quelques surprises. "Ils ont eu des postes de Ministre des sports, des terrains, des maisons", glisse Jérémy Aicardi, international français (2013-2018) présent aux JO en 2016. "Ils avaient une carotte avec des récompenses, donc logiquement ils ont tout donné", se remémore Aicardi.
Le titre olympique a placé le rugby fidjien et globalement les Fidji sur la carte du monde. Un coup de projecteur unique, inscrit dans une certaine continuité. Vainqueurs du circuit mondial en 2015 et 2016, les joueurs de l’archipel du Pacifique Sud sont doucement montés en puissance. Samisoni Viriviri est élu joueur de l’année 2014, le capitaine Osea Kolinisau est meilleur marqueur de la saison 2014-2015. Signe de l’importance du Sevens sur l’archipel, Kolinisau était porte-drapeau lors de la cérémonie d’ouverture à Rio.
Car très vite, pour la première apparition du rugby à 7 aux JO, les Fidjiens ont fait figure d’immense favori. "Ils dominaient le circuit avec l’Afrique du Sud se souvient Aicardi, entraîneur de Monaco Sevens jusqu’en janvier 2024. Le renfort lors de l’année olympique des quinzistes Tuisova, Nakarawa, Kunatani et Waisea complète l’armada. "Sans ces monstres-là, ils étaient déjà injouables reprend Bouhraoua, ancien demi de mêlée de France 7 (2010-2021). Si un mec se pétait, son remplaçant c’était Tuisova… Le grand public connaît Tuisova et ceux qui jouaient en Top 14. Mais nous, quand on les jouait, il y en avait 12 comme ça."
L'Importance du Rugby à 7 aux Fidji
Malgré une population limitée (920 000 habitants), l’archipel dispose d’un vivier impressionnant, le plus fourni de la planète. Les Bleus ont alors tenté de comprendre pourquoi le rugby à 7 marche si bien là-bas. En 2014, Bouhraoua, Aicardi et l’équipe de France font étape aux Fidji avant de débuter la saison en Australie pour le Gold Coast.
"Ils font des tournois de rugby à 7 partout sur leur archipel, relate Aicardi. C’est aussi pour ça qu’ils étaient au-dessus, ils le pratiquaient beaucoup plus que nous. C’est une culture." Les Bleus y sont retournés en novembre 2023, pour trois semaines de stage en immersion. Les fans découvrent leur qualité technique et leur puissance physique dans les années 2010 avec les réseaux sociaux et la diffusion à l’international. Mais la méthode faisait déjà ses preuves.
Depuis le lancement du circuit mondial en 1999, les Fidji n’ont jamais terminé une année hors du top 4. Avec l’entrée aux Jeux olympiques, il leur fallait appréhender un nouveau format et un autre contexte. "En 2016, il y avait le McDo à volonté dans le village, des fast-foods de partout, lâche avec gourmandise Jérémy Aicardi. Si tu te laisses un peu aller tu peux vite passer à côté de tes JO." Des petits plaisirs coupables qui, dans le passé, ont pu être fatals aux Fidjiens.
Ce qui explique leur réussite par intermittence, par manque de constance. Alors il a fallu trouver un cadre pour gagner dans la durée. Et ils l’ont fait, en étant vainqueurs des deux premiers JO de l’histoire (2016 et 2021), du circuit mondial en 2019 et champions du monde 2022.
"L’explication, c’est Ben Ryan pose Terry Bouhraoua. Ce sont des joueurs qui jouent à l’instinct, sans réel plan de jeu mais avec beaucoup de lecture et d’adaptation. Ce jeu à l’instinct, il est spectaculaire mais il ne paie pas sur la durée. Leur bonne pioche a été Ben Ryan. Il a installé des plans à suivre, ce qui peut inscrire une équipe dans la régularité. Ça a été le mélange de ce qu’ils savent mieux faire, le jeu dans le désordre, et l’organisation qu’a amené Ben Ryan. Et ils ont survolé le circuit et les Jeux."
Le technicien anglais, natif de Wimbledon, débarque en 2013, à la suite d’une expérience qui s’est mal finie avec les Anglais du 7. Il réussit le tour de force de faire comprendre à ces affamés de jeu qu’un minimum de cadre pouvait leur être bénéfique. "J’y suis allé un mois, en 2019, appuie Aicardi. Ils m’ont dit qu’ils ont besoin de gens comme nous, de blancs (sic), pour les canaliser.
Discret mais à l’affût, Ben Ryan a vite compris qu’il ne pouvait pas changer ses joueurs sur le plan du jeu. Il leur laisse volontiers cette partie. "On le savait tous : quand tu joues les Fidji, tout est possible lance Bouhraoua. Avant Ben Ryan, ils étaient aussi capables de perdre contre n’importe qui. Il a trouvé le bon curseur entre leur laisser leur liberté et avoir une organisation en particulier sur la défense."
Le jeu debout pratiqué par les Fidjiens est à son apogée en 2016. Leurs skills sont, déjà, bien au-dessus de la moyenne. Ryan se concentre sur la partie performance et notamment la gestion des temps de récupération entre les matchs et aussi dans l’année, entre les tournois.
Début mars 2016, cinq mois avant les JO. Le circuit mondial s’est donné rendez-vous à Las Vegas pour la cinquième manche de la saison. Les États-Unis ont une réputation à tenir au niveau de la nourriture et notamment des sucreries. À l’hôtel des joueurs, les tentations sont immenses, mais Ben Ryan a compris à quels spécimens il avait affaire.
"Il s’était mis devant le buffet pour éviter que les joueurs se servent en sucré, rigole encore aujourd’hui Jérémy Aicardi ! Moi je voulais prendre des donuts mais il m’avait empêché. Il attendait que ses joueurs descendent au petit-déjeuner pour leur interdire de manger sucré."
Trois jours plus tard, les Fidjiens ont remporté le tournoi. Ces sacro-saints gains marginaux qui sont devenus essentiels, Ben Ryan avait déjà saisi leur importance. "En plus de tout le savoir qu’il a, il a réussi à se fondre dans le décor appuie Bouhraoua. Il est allé aux Fidji, il était vraiment accepté par tout le monde. Ça a été une connexion entre les joueurs et lui, et ça a donné l’une des plus belles histoires de l’histoire du rugby à 7."
Le pays lui a bien rendu puisqu’après le titre de 2016, il collectionne les distinctions. Parmi elles, il a été élevé au rang de "Chevalier de l’Ordre des Fidji". En bonus, il apparaît sur le revers de la pièce de 50 centimes. Son départ de la sélection quelques semaines plus tard a laissé un vide.
Rio a débloqué des choses aux pays : la sélection a obtenu son camp d’entraînement avec un terrain synthétique pour s’entraîner toute l’année. Malgré le deuxième titre olympique en 2021, les Fidji ont plus de mal sur le circuit mondial, qu’ils n’ont plus remporté depuis 2019.
"L’état des Fidji aujourd’hui me surprend, juge Bouhraoua. Ce n’est pas normal. C’est peut-être l’une des conséquences du titre de 2016, qui a multiplié les opportunités pour ces joueurs d’évoluer en Europe avec les salaires qui vont avec. Ça a peut-être empiété sur le réservoir."
Un problème rapidement identifié par la fédération, qui a mis les moyens pour retenir ses joueurs sur l’archipel. Terio Veilawa, sélectionné pour Paris 2024, devait jouer avec Monaco Sevens. Policier aux Fidji, il voulait venir en France mais il a été verrouillé. La fédération lui a fait comprendre que s’il tentait une carrière à l’étranger, il perdrait son poste de policier.
Emmenés par Osea Kolinisau, capitaine en 2016 et aujourd’hui sélectionneur, les joueurs du Pacifique retrouveront les Bleus, jeudi à 15 h 30, lors de la phase de poules des JO. Ils n’ont jamais perdu un match aux Jeux olympiques (2016 et 2021 confondus). Ils ont parfois eu des moments creux ces dernières années mais ils arrivent à se sublimer dès que le parfum olympique approche.
L’hôtel des Fidjiens lors de la préparation, à Libourne, a peut-être osé déposer quelques sucreries pour les déstabiliser. Ce samedi 30 septembre, les Fidjiens, affrontent la Géorgie à 17 h 45 au Matmut à Bordeaux où ils sont hébergés aux Bassins à flot.
Les Symboles de l'Équipe Fidjienne
Leur emblème est un palmier, élément du blason fidjien, composé aussi d’un lion jaune, d’une croix de Saint-George représentant des tiges de cannes à sucre, des bananes et une colombe blanche. Aux Fidji, on utilise cet arbre pour la construction des poteaux de rugby et son fruit, la noix de coco, sert de ballon pour les enfants.
Les All Blacks ont le Haka, et les Fidjiens le Cibi, une danse guerrière traditionnelle qu’ils exécutent depuis 1939 avant le début des rencontres, en en réponse à la danse néo-zélandaise. Depuis cette Coupe du monde 2023, ils entonnent en avant-match l’hymne national « God Bless Fiji », d’abord en langue fidjienne « iTaukei » (Meda dau doka), puis en langue anglaise, alors que seule cette dernière était chantée jusque-là.
On les surnomme les « Fidjiens volants », en référence à leur jeu virevoltant. On ne s’ennuie jamais en regardant jouer les Fidji, avec leurs joueurs rapides, inventifs et incroyablement habiles, comme on a pu le constater face à leur premier match de ce Mondial, à Bordeaux, face au pays de Galles, puis face à l’Australie qu’ils ont gagné.
Treize joueurs du XV des Fidji, gros pourvoyeur du Top 14, évoluent dans les clubs français. Une marque d’eau minérale s’est payé le droit de figurer dans leur nom officiel.

Joueurs Emblématiques
Lorsque le nom du joueur emblématique des Fidji est cité avant chaque coup d’envoi des matchs de ce Mondial disputés par les « Flying Fijians » à Bordeaux, c’est sous les vivats. Botia a rejoint le club de La Rochelle en 2014, alors que celui-ci était en deuxième division, et lui, un parfait inconnu.
C’est le nombre de fois où les colosses du Pacifique sont parvenus à se hisser en quarts de finale de la compétition, en 1987 et en 2007. Cette année-là, ils avaient réussi à battre le pays de Galles lors de la dernière journée de phase de poules, au cours d’un match d’anthologie.
En rugby, les Fidji, ce sont un peu les grands frères des îles du Pacifique : ce sont eux qui partirent en tournée à travers le Pacifique en 1924 pour faire jouer leur premier match aux Samoa et aux Tonga afin de leur montrer comment se massacrer entre soi de façon civilisée. Il faut dire qu’eux avaient mis en place un championnat local depuis 30 ans et pratiquaient déjà depuis plusieurs siècles la bagarre, les guerres tribales, intestines, religieuses, racistes et civiles tout comme le cannibalisme.
Il faut d’ailleurs noter que si le reste est toujours d’actualité sur place, le cannibalisme, lui, a cessé à mesure que le rugby se développait. L’hypothèse la plus probable est que les Fidjiens mangeaient à chaque rencontre la moitié de l’équipe vaincue. Pas fous, ils choisissaient plutôt les avants bien dodus que les demis rachitiques ou les trois quarts tout secs.
Les Fidji ont ainsi longtemps été les meilleurs représentants des îles du Pacifique et, en 1987 ils se qualifient logiquement pour les quarts de finale de la première Coupe du monde devant les Argentins et les Italiens. Le staff, les joueurs et les journalistes français découvrent alors le style de jeu de ces joueurs aux noms imprononçables dont ils ignoraient l’existence même la veille de leur affrontement avec le XV de France.
Un vrai vent de fraicheur qui ne pourrait absolument plus arriver aujourd’hui avec le professionnalisme puisque la plupart des joueurs évoluent en Europe et que les staffs passent leurs journées à regarder les vidéos des matchs de leurs adversaires. Surpris par la vitesse et les passes acrobatiques des joueurs du Pacifique, les Bleus en sont réduits à jouer comme des Anglais pour éviter la défaite.
Heureusement pour eux, les blancs et noirs sont déjà aussi imprévisibles que les décrivent quatre génération de commentateurs sportifs depuis, et sont donc autant capables de slalomer dans la défense française que de perdre le ballon en allant marquer. Mais comme tous les grands frères qui ont longtemps méprisé et martyrisé leurs cadets, arrive l’heure où ces derniers grandissent et leur mettent des peignées à leur tour.
Conscient que l’augmentation en intensité des matchs de qualifications entre les trois nations du Pacifique pourrait avoir des conséquences désastreuses sur l’activité sismique terrestre, l’IRB décide alors de passer une Coupe du monde à 20 participants, en prenant bien soin à ce que ces trois équipes soient systématiquement qualifiées.
En 1999 et 2003, plus que l’équipe, ce sont des individualités qui se révèlent. On peut notamment citer Caucaunibuca lors de l’édition australienne. En 2007, les Fidjiens réitèrent leur performance de 1987 mais cette fois en s’imposant dans un match fou contre le pays de Galles.
Mais de nouveau en 2011, ce sont les voisins tongiens qui brillent même s’ils n’arrivent pas à se qualifier en quarts. Néanmoins la révolution fidjienne est en marche après trois coups d’état et deux putschs. Et pour le rugby, elle passe d‘abord par la mise en faillite des centres de formation briviste et clermontois.
La fédération fidjienne décide en effet de créer en 2017 une équipe pour conserver ses meilleurs jeunes joueurs plutôt que de les voir contraints de partir survivre dans le Massif Central : ce sera les Fijian Drua. Malheureusement pour ces jeunes joueurs, c’est une destination tout aussi inhospitalière et hostile qui les attend avec l’intégration de cette franchise dans le premier championnat national australien tout juste créé.
Dès la deuxième année, les Drua remportent le titre, et une fois les frontières rouvertes et la relocalisation des Sud-Africains en Europe, ils intègrent le Super Rugby Pacific en tant que 6e franchise australienne. Pendant ce temps, l’équipe nationale commence seulement à bénéficier de cet apport de sang frais.
Avant ça, les Fidjiens avaient bien battu la France en 2018 mais c’était celle de Jacques Brunel et il faut se rappeler qu’une semaine avant, elle prenait 50 pions contre l’Écosse. Vu les performances affichées par les Gallois et les Australiens, se qualifier à nouveau en quart de finale semble à portée des Fidjiens. L’espoir est parfois le pire ennemi du rugbyman et les supporters montferrandais pourront vous en parler des heures.
À noter que le jeune 10 est né en Nouvelle Zélande comme Nicky Little, le taulier du poste de 1996 à 2011 et recordman des points en sélection. On lui souhaitera juste de ne pas se blesser lors de la victoire héroïque contre le pays de Galles comme son modèle afin de pouvoir jouer le quart de finale sinon c’est Teti Tela qui devra prendre le relais.
C’est à dire un joueur de 32 ans qui ne comptait que quelques matchs professionnels en NRC et en division del honor espagnole il y a encore deux ans. Tout espoir n’est donc pas perdu pour voir Sébastien Fauqué en équipe de France.
L’ancien pilier international Sitiveni Rabuka a réalisé deux putchs militaires successifs en 1987 pour « rendre les Fidji aux Fidjiens », et a été démocratiquement élu Premier ministre fin 2022, renversant ainsi Frank Bainimarama qui était en poste depuis son propre coup d’état en 2006 (qui faisait suite à un contre-coup d’état en 2000).
Au fond, rien que du très banal pour qui suit un peu l’historique des élections de la FFR. Mais on ne le dira jamais : méfiez-vous toujours quand un ex-rugbyman se lance en politique.
Les Fidjiens débutent leur Coupe du monde par un succès facile contre une équipe galloise composée à 50% de joueurs amateurs, la fédération galloise n’ayant plus de quoi payer 30 joueurs pros. Ils enchainent par une victoire probante contre les Australiens : Eddie Jones blâmant plutôt la presse et les Anglais pour le résultat que son idée de reconversion de Skelton au poste de demi de mêlée.
Au moment de devoir payer les hébergements des équipes à la fin de la phase de poules, la nouvelle présidence de la FFR découvre qu’un certain Bernardo Atchero basé au Panama a détourné 50% du budget de la Coupe du monde et que la Ministre des sports en a réquisitionné 30% pour financer le déficit des JO 2024. La phase finale est alors transformée en tournoi de rugby à 7 pour tenir sur un seul week-end.
Un contre-contre-coup d’état en réponse au putsch suite à l’élection de Rabuka replace Vern Cotter en tant que sélectionneur national. Après une victoire probante face au pays de Galles et une défaite encourageante avec bonus contre l’Australie, les Fidji sont favoris pour l’emporter face à la Géorgie et se qualifier en quart de finale.
Top 10 des Fidjiens Ayant Marqué le Top 14
Voici une liste de 10 joueurs fidjiens qui ont marqué l'histoire du Top 14, le championnat de rugby français :
- Waisale Serevi: Légende du rugby fidjien, il a joué à Mont-de-Marsan et Bordeaux, régalant par sa virtuosité.
- Napolioni Nalaga: Star de Clermont, il a planté 104 essais, terminant meilleur marqueur du Championnat à plusieurs reprises.
- Rupeni Caucaunibuca: Ailier exceptionnel qui a enflammé les terrains avec Agen, marquant 33 essais en deux saisons.
- Josua Tuisova: Star à Toulon, il s'est imposé par sa vitesse et son explosivité, marquant 20 essais en 42 matches.
- Sisa Koyamaibole: Troisième ligne centre surpuissant qui a creusé des sillons sur les pelouses du Top 14 avec Brive.
- Levani Botia: Pilier devenu un pilier à La Rochelle, redoutable en défense et puissant en attaque.
- Emori Bolo-Bolo: Premier Fidjien à jouer en France, il a participé au sacre du Stade Français en 1998.
- Metuisela Talebula: Arrière polyvalent de Bordeaux-Bègles, il compense sa taille par sa vitesse et son agilité.
- Jone Qovu: Deuxième ou troisième ligne puissant, il a marqué le Top 14 avec le Racing et La Rochelle.
- Sireli Bobo: Ailier rapide et technique, il a accumulé 11 saisons sur les pelouses françaises, marquant 49 essais.
D'autres joueurs auraient pu figurer dans ce Top 10, tels que Baï, Nagusa, Matanavou, Lovobalavu, Vulivuli, Waqaniburotu, Radikedike, Murimurivalu, Qera, Delasau, Raiwalui, Matadigo, Samo...
La moitié des joueurs fidjiens retenus pour préparer la Coupe du monde évoluent en France. En novembre dernier, les Fidjiens infligeaient à des Bleus apathiques une défaite historique au Stade de France (21-14). Un succès qui prouvait - s’il en était encore besoin - la qualité des joueurs du Pacifique qui font les beaux jours des clubs français.
Mercredi, la Fédération fidjienne a dévoilé un groupe de 50 joueurs pour préparer la prochaine Coupe du monde. Et presque la moitié d’entre eux évoluent en France, essentiellement en Top 14 (16) mais aussi en Pro D2 (7), avec même l’un d’entre eux, le talonneur Sunia Koto, qui joue à Mâcon en Fédérale 1 (troisième division).
En revanche, les deux ailiers de Montpellier, Nemani Nadolo et Timoci Nagusa, qui ont récemment annoncé leur retraite internationale (après avoir prolongé leurs contrats...), sont logiquement absents. Le président Mohed Altrad souhaitait les avoir au MHR durant les périodes de doublons, au grand dam de Dan Leo, ancien joueur samoan, qui gère l’association « Pacific Players Welfare » (aide sociale aux joueurs du Pacifique).
«La décision de Nemani Nadolo et Jim Nagusa est tout sauf une surprise. Les internationaux fidjiens perçoivent 300 euros par match quand les clubs européens leur dressent des ponts d’or pour blinder leurs contrats. Le combat est tronqué, avait-il enragé dans les colonnes de Midi Olympique. Tant que World Rugby ne répartira pas mieux les richesses, tant que les nations majeures refuseront de faire des tournées dans les petites îles du Pacifique, l’inégalité persistera et la Coupe du monde se déroulera sans les meilleurs rugbymen de la planète. Vous savez, quand les Fidji jouent au Stade de France ou que les Tonga remplissent Cardiff, il n’y a pas un centime qui tombe dans les poches de leurs fédérations.
«Je pense que c'était la bonne décision pour moi et ma famille», avait auparavant estimé Nadolo, 31 ans, qui a inscrit 19 essais en 30 sélections. Nagusa, lui aussi âgé de 31 ans, a dit qu'en représentant son pays sur la scène internationale il avait vécu «les plus beaux moments».
La délégation fidjienne sera réunie à partir du 1er juillet, ils affronteront deux fois les Maoris All Blacks puis participeront à la Coupe des Nations du Pacifique. Le sélectionneur John McKee réduira ensuite ce groupe à 31 joueurs pour le Mondial nippon.
L’autre gros contingent des «Flying Fijians» (Fidjiens volants) vient d’Angleterre (12 joueurs). A noter que le sélectionneur fidjien a également retenus huit joueurs qui évoluent aux Fidji. «Il y a à l’évidence de très bons joueurs locaux qui vont se battre pour une place dans le squad de la Coupe du monde de rugby, a expliqué John McKee.
L’actualité récente de l’équipe fidjienne a été marqué par le départ, cette semaine, de l’entraîneur de la défense Peter Ryan, qui s’occupe aussi de la défense de la franchise australienne des Queensland Reds.
Répartition des 24 joueurs qui évoluent en France :
- Top 14 : 5 avants, 12 arrières
- Pro D2 : 4 avants, 2 arrières
- Féd.