L'histoire de l'équipe du Cameroun de football

L’histoire des Lions Indomptables se confond très vite avec celle du Cameroun indépendant. À partir des années 1960, l’équipe nationale s’impose progressivement comme un facteur d’unité dans un pays marqué par la diversité linguistique, la variété des régions et des trajectoires historiques. Les grandes compétitions internationales ont joué un rôle important dans cette construction collective.

Les campagnes africaines et mondiales des années 1970, 1980 et 1990 ont façonné une légende encore vivace aujourd’hui. Mais cette histoire ne se limite pas aux exploits retentissants. Elle s’écrit aussi dans les tensions internes, les crises institutionnelles, les périodes de doute et d’instabilité. L’équipe nationale connaît des rivalités de vestiaire, des changements d’entraîneurs fréquents, des conflits de management, parfois des drames qui marquent durablement l’opinion. Ces contrastes rappellent que la trajectoire des Lions Indomptables passe par des cycles, entre gloire, reconstruction et interrogations profondes.

Face à la richesse de cet héritage, plusieurs auteurs ont entrepris de le documenter de manière approfondie. Leurs travaux offrent une manière différente de comprendre l’équipe : non pas seulement comme un ensemble de joueurs, mais comme un objet culturel, institutionnel et historique. Les livres écrits sur les Lions ne se réduisent pas à des compilations de résultats ou de souvenirs ; ils intègrent des analyses sociologiques, des données archivistiques, des témoignages directs et des descriptions précises des dynamiques internes. L’étude de ces ouvrages montre aussi à quel point le football occupe une place centrale dans la vie quotidienne camerounaise.

Dans les marchés, les quartiers, les bureaux ou les écoles, les discussions autour des Lions rassemblent et créent un lien intergénérationnel fort. Le premier ouvrage étudié, La fabuleuse histoire des Lions indomptables de Claude Kana, adopte une démarche chronologique et détaillée. L’auteur rassemble l’ensemble des grandes dates, des compétitions importantes et des rencontres marquantes de la sélection camerounaise. L’intérêt majeur du livre réside dans sa volonté de proposer un panorama complet, depuis les premiers championnats coloniaux jusqu’aux générations contemporaines.

Claude Kana intègre de nombreuses photographies d’époque, des portraits de joueurs emblématiques et des récits destinés à restituer l’atmosphère des rencontres les plus importantes. Il donne enfin un relief particulier au lien profond entre football et mémoire nationale. À travers son récit, Claude Kana montre que les victoires des Lions dépassent le simple cadre du sport : elles agissent comme un stimulant social, une forme d’identité en mouvement et un vecteur de reconnaissance internationale.

Cette démarche met en lumière une dimension fondamentale : l’histoire d’une sélection ne se réduit pas aux plus grandes figures. L’ouvrage présente les profils individuels : dates de sélection, parcours en club, contextes de carrière, ainsi que les liens entre les différentes périodes du football camerounais. Ce travail minutieux offre un regard précieux sur la diversité du football camerounais. Les joueurs viennent de toutes les régions du pays, de milieux sociaux variés, avec des parcours parfois linéaires mais souvent semés d'obstacles.

L’inventaire rappelle aussi que le prestige d’une sélection repose sur l’effort collectif, l’abnégation discrète et la passion de centaines d’athlètes souvent peu médiatisés. Avec L'état et l'équipe nationale de football au Cameroun : La lex Lions Indomptables de 1972 à 2014, Claude Bekombo Jabea adopte une approche différente, tournée vers le droit et les institutions. Son livre examine en détail les relations entre l’État, la fédération de football et l’équipe nationale. L’analyse de Claude Bekombo Jabea met en évidence les tensions entre ambitions sportives et réalités institutionnelles.

L’auteur montre comment des problématiques de gouvernance, de financement, de gestion des ressources humaines et de transparence ont influencé les performances de l’équipe. Ce livre permet de comprendre pourquoi certaines périodes de la sélection ont été marquées par des crises ou des controverses. Il montre comment les structures administratives, encore en évolution, ont parfois freiné la construction d’une vision sportive cohérente et durable. Ces trois ouvrages proposent des regards complémentaires sur les Lions Indomptables, une équipe autour de laquelle il y a sans cesse des rebondissements.

Le premier offre une fresque historique, le second un recensement exhaustif des acteurs, le troisième une analyse institutionnelle. Ils rappellent que le football, au Cameroun, ne se vit pas simplement comme un divertissement. Il exprime des attentes collectives, entretient un lien entre les générations et incarne un imaginaire commun. À travers ces lectures, le lecteur découvre une équipe dont l’histoire est intimement liée à celle du pays, mais aussi une institution en mouvement, parfois confrontée à ses propres contradictions.

Dans l'imaginaire collectif, le Cameroun, quart-finaliste surprise là-bas, s'est imposé comme le symbole de l'Afrique du foot. En 1994, Spike Lee, grand réalisateur américain, invitait même la bande du « Vieux Lion » à un pince-fesses made in US. Depuis, l'image se perpétue au fil de ses nombreuses qualifications (1982, 1990, 1994, 1998, 2002, 2006, 2010, 2014) : l'attente autour du Cameroun s'annonce immense comme si le temps s'était figé dans une nuit napolitaine, comme si le mythe survivait à la réalité.

Joseph-Antoine Bell, l'ancien gardien, s'étonne : « On n'a pas su faire fructifier le capital sympathie avec des résultats. Le Cameroun est tombé dans la routine et s'est bercé des pronostics affectifs, en disant chaque fois qu'on allait réussir, sans remise en question. Il aurait fallu construire quelque chose. »

Claude Le Roy, l'entraîneur en 1998 en France, admet : « Il y a un décalage entre le potentiel et les résultats. Il faut éviter des interférences, les joueurs doivent être protégés pour qu'ils restent dans leur bulle. »

Mais les Lions se sont pointés au Qatar avec l'un des effectifs les moins flamboyants de leur histoire. On est loin de 2002, où ils sortaient de deux CAN empochées (2000, 2002) et de JO victorieux (2000).

International camerounais puissant, technique et polyvalent, Geremi Njitap était le footballeur africain le plus titré de l’histoire avant que Samuel Eto’o n’explose. Formé dans sa ville natale, passé par le Paraguay puis la Turquie, il débarque au Real Madrid en 1999 en provenance de Gençlerbirliği. Le Lion indomptable encore peu connu s'adapte vite au rythme espagnol et au système madrilène.

Tantôt milieu défensif, tantôt latéral droit, il a su mettre de la rigueur et de l'efficacité dans son jeu. Peu titulaire, Geremi remporte deux Ligue des Champions avec les Merengue mais ne joue pas les deux finales de 2000 et 2002. Malgré ces contretemps, il est le premier camerounais à s'offrir le prestigieux trophée. Passé par Newcastle UTD, il remballe les crampons sur une dernière pige en Grèce.

Né à Douala, le gamin va rapidement faire du football son activité favorite grâce à son physique et un toucher de balle avantageux. Il représente le quartier de Bali et réalise ses premiers exploits sur le sable sec des terrains du Littoral. À l’occasion d’une rencontre inter-quartiers, il tape dans l’œil d’un de ses aînés, lui-même joueur à l’Éclair de Douala, un certain Roger Milla qui lui demande d'intégrer l'effectif.

International camerounais dès ses 20 ans, Paul est repéré lors de la Coupe des Coupes africaines en 1976 où son club atteint la finale. Appelé par le sélectionneur yougoslave Vladimir Beara, il va vite animer l’attaque du couloir des Lions Indomptables qui, au début des années 80 émergent au niveau Mondial, avec une qualification pour le Mondial espagnol en 1982 puis pour les JO en 1984.

Oscillant entre sa vie française et sa vie africaine, Paul Bahoken est éducateur depuis de nombreuses années dans le monde du football amateur azuréen. Sympathique et attachant, le natif de Sackbayémé débute sa carrière à 18 ans au prestigieux Canon Yaoundé qui cherchait un remplaçant au monument Thomas Nkono parti à l'Espanyol Barcelone.

International à 80 reprises avec les Lions indomptables durant une quinzaine d'années, il a malheureusement du faire face à une rivalité assez rude. À l'été 1989, il est déniché par Rolland Courbis au Sporting Club de Toulon, où il restera trois saisons.

Passé par l'Olympique Lyonnais et le RC Lens, Joseph-Désiré Job a connu un parcours riche en émotions. Né à Vénissieux de parents camerounais, c’est aux Minguettes dans la banlieue Lyonnaise qu'il entame son parcours dans le monde du ballon rond. Repéré par l'OL, il rejoint le centre de formation et va entamer une logique progression vers les sommets. De l’équipe junior en passant par la National 2, ce grand espoir de la génération 1977 de même que Frédéric Kanouté, Christian Bassila et Cédric Uras remplace au pied levée Florian Maurice parti au Paris SG.

C'est alors le début de la tournée des clubs pour Joseph-Désiré Job. D'abord en Angleterre, à Middlesbrough. Vainqueur de la League Cup, il évolue auprès de Gaizka Mendieta, Boudewijn Zenden ou bien encore Juninho Paulista. Un aller et retour par la Lorraine au FC Metz, puis retour à Boro pour trois saisons. Mais les frontières européennes étant trop étroites pour lui, le Camerounais s'envole en Arabie Saoudite, à Al Ittihad. Douze petits mois et puis s'en va, Job revient dans l'Hexagone, à Sedan.

Auteur de 12 réalisations en 32 rencontres dans les Ardennes, le joueur se refait une santé et s'engage à l'été 2007 en faveur de Nice contre 500 000 euros. Sur la Côte d'Azur, l'avant-centre formé entre Rhône et Saône arrive dans l'optique de jouer un rôle important dans un club où l'attaque pèche souvent. Il n'en sera rien. Apparu qu'à neuf reprises en championnat, n'entrant pas dans les plans de Frédéric Antonetti, il quitte le club au début de la saison suivante.

Sa fin de carrière, plus chaotique, l'emmène au Qatar, en Turquie avant de raccrocher les crampons en Belgique à l'âge de 34 ans. Celui qu'on surnommait "Mademoiselle" ne parle désormais du foot que comme d’une passion d’enfance. Au terme de son parcours de joueur pro, il s’est lancé dans les affaires, et pas des moindres.

Samuel Mbappé Léppé était un avant-centre absolument génial, légende de sa génération qui a fait la gloire du Cameroun avant les Lions indomptables (le surnom a été officialisé par décret présidentiel en 1972). Footballeur aux qualités techniques et humaines exceptionnelles, beaucoup de ses coéquipiers de l’équipe nationale et de son club se sentaient parfaitement rassurés à ses côtés. Il était surtout connu pour son patriotisme légendaire. Il avait tout le talent pour quitter son pays et s’expatrier.

Malgré l’insistance des clubs, il les décline toute pour défendre le prestige de son pays. Il a préféré rester par amour pour sa nation. Né en 1936, fils de la communauté Sawa situé sur la côte littorale du Cameroun, il fait pratiquement toute sa carrière avec son équipe de l’Oryx de Douala dans les années 1950 et 1960, club avec lequel il remporte ses cinq titres de champion du Cameroun.

Ce footballeur au charisme incomparable, aux passes millimétrées et aux tirs très puissants, sera le premier à brandir le premier trophée de la plus prestigieuse des compétitions, la première coupe d’Afrique des clubs champions, le 7 février 1965 face au Stade Malien de Salif Keita devant le président Kwamé N’Krumah médusé. La légende raconte que "sa frappe était si puissante qu’il avait tiré une balle de tennis en l’air et elle n’était retombée que quatre jours plus tard."

Un parcours singulier qui force l’admiration. Pour ce qui est de sa carrière internationale, celui que beaucoup ont cru qu'il était le grand père de Kylian Mbappé a été le précurseur des plus grands footballeurs qu’a connu le football camerounais car c’est lui qui a commencé à tracer le sillon du prestige du football au Cameroun d’où son surnom de "Maréchal" (plus haut grade de l’armée), au regard de son immense talent.

Malgré tout, ce footballeur légendaire n’a pas connu une retraite assez éclatante; celui-ci s’attache à l’alcool ce qui le rend apathique et déprimé. Cet état de fait va conduire certains promoteurs véreux à organiser un jubilé bien minable en son honneur, en 1981. Quatre ans plus tard, il décède un soir de Noël 1985 à Douala dans l’indifférence.

Pour de très bons lecteurs passionnés de football et pour des chercheurs, voici un gros livre de référence, issu de longues recherches, sur l’histoire de l’équipe nationale du Cameroun, créée en 1960 dès l’Indépendance. L’ouvrage suit le fil chronologique avec un chapitre par tournoi international joué (Coupes d’Afrique des Nations, Jeux Olympiques, Coupes du Monde et autres), à partir de l’introduction du football au Cameroun dès 1923, jusqu’à la Coupe du Monde de 2010.

Pour chaque tournoi : les données (compositions des équipes, matches joués…), les descriptions des matches, l’analyse et le bilan des prestations, des témoignages des protagonistes - récits et entretiens - et les échos dans la presse. S’ensuivent un chapitre sur Roger Milla et enfin, un dernier chapitre pour analyser les problèmes de cette équipe : le manque d’infrastructures, la fuite des talents, la gestion défaillante, les rivalités au sein de la Fédération…

Car si l’ouvrage célèbre avec fierté les réussites de cette grande équipe (six participations en Coupe du Monde avec un quart de finale en Italie en 1990, seize participations en Coupe d'Afrique des Nations dont quatre victoires sur six finales, une victoire en Coupe Afro-asiatique, une finale de Coupe des Confédérations FIFA et une médaille d'or aux Jeux Olympiques), il a le mérite de ne pas cacher ses prestations médiocres voire désastreuses.

Pour l’auteur, il était important « de rendre hommage à tous les acteurs qui ont écrit cette histoire, mais aussi de reconstruire un parcours permettant aux plus jeunes et aux générations futures de comprendre pourquoi les Lions indomptables représentent tant pour l'identité collective du Cameroun ».

Nombreuses données supplémentaires en annexe, bibliographie et, très important non seulement comme documentation précieuse mais aussi pour agrémenter la lecture, presque deux cents photos en couleur.

En guise de découverte de la Coupe du monde, les Lions de la Teranga ont le droit au gratin dès leur entrée : affronter l'équipe de France championne du monde et d'Europe en titre. Mais les Sénégalais sont loin, très loin même de faire de complexes. Avec un sélectionneur tricolore, Bruno Metsu et de nombreux joueurs qui jouent ou ont joué en Première division, ils signent l'un des coups les plus improbables de l'histoire de la compétition (1-0).

Et leur beau parcours ne s'arrête pas là. Deuxième de leur groupe, ils découvrent les phases finales et le but en or, qui conclue alors la prolongation. Cette règle bien éphémère dans les annales du football leur sourit contre la Suède en huitième de finale (2-1 a.p.).

Les Black Stars se hissent en quarts de finale en Afrique du Sud, pour une première sur le sol africain. L'Uruguay se présente en quarts, souffre, mais tient jusqu'à la prolongation. Dans les arrêts de jeu de celle-ci, le sort bascule. Luis Suarez se mue en gardien de service et sort un but assuré d'une main grossière. Asamoah Gyan a la qualification au bout du pied.

Clinton Njie aura connu une carrière internationale en dents de scie. Geremi Njitap a été l’un des meilleurs milieux de terrain de sa génération. Mais l’ancien joueur du Real Madrid, de Chelsea ou encore de Newcastle ne savait pas que porter le ballon vers l’avant pour servir l’attaquant ou se monter solide défensivement.

Avec le Cameroun, le natif de Bafoussam a inscrit 13 buts en 119 sélections. S’il a quitté la sélection après la CAN 2023 en Côte d’Ivoire, les Camerounais garderont toujours un bon souvenir des années passées par Karl Toko Ekambi avec les Lions Indomptables.

Même s’il est arrivé en sélection (2003) à une époque où Patrick M’boma et Samuel Eto’o étaient les superstars du Cameroun, Pierre Webo a quand-même été un joueur investi avec les Lions Indomptables. L’attaquant de 36 ans qui vit une deuxième jeunesse aux New York Red Bulls (USA) a inscrit 20 buts en 76 matchs avec le Cameroun.

Considéré comme l’un des meilleurs avant-centres de l’histoire du football africain, Roger Milla est l’idole de tout un continent. Sa légende va au-delà des frontières camerounaises et son nom est respecté par tous. Sa prestation lors de la Coupe du monde 1990 (4 buts en 5 matchs) restera comme l’une des plus grandes performances de l’histoire de la compétition. En 1994, il a également participé au Mondial 1994 à l’âge de 42 ans, faisant de lui le joueur de champ le plus âgé à disputer la compétition.

Patrick M’boma est le quatrième de cette liste. L’ancien avant-centre des Lions Indomptables a inscrit 33 buts en 58 sélections avec le Cameroun, remportant deux Coupes d’Afrique des nations (2000 et 2002) et la médaille d’or olympique en 2000. Son retourné acrobatique contre la France cette année-là reste l’un des meilleurs moments de sa carrière en sélection.

Leader offensif de la génération actuelle, Vincent Aboubakar a marqué son époque. Il compte tellement de moments marquants en sélection, mais son but victorieux en finale de la CAN 2017 face à l’Egypte (2-1) restera le plus précieux pour les Camerounais. ‘Abouchou’ compte 45 buts en 115 sélections avec les Lions Indomptables et pourrait dépasser légèrement ce chiffre avant de raccrocher, lui qui a 33 ans.

Ancien de l’Olympique Marseille ou encore de la Sampdoria, François Omam-Biyik est l’un des attaquants avec le meilleur ratio de but en équipe nationale du Cameroun. En 77 capes, il a inscrit 45 buts.

A ce jour, Samuel Eto’o est le meilleur buteur de l’histoire du Cameroun.

Les moments clés de l'équipe du Cameroun

  • 1960: Création de l'équipe nationale du Cameroun.
  • 1982: Première participation à la Coupe du Monde en Espagne.
  • 1990: Quart de finale de la Coupe du Monde en Italie.
  • 2000: Médaille d'or aux Jeux Olympiques de Sydney.
  • 2000 et 2002: Victoires à la Coupe d'Afrique des Nations.

Le déhanché de Roger Milla, près d'un poteau de corner lors de la Coupe du monde 1990 en Italie, a bercé des générations de suiveurs.

Tableau des meilleurs buteurs de l'équipe du Cameroun

Rang Joueur Nombre de buts Nombre de sélections
1 Samuel Eto’o Non communiqué Non communiqué
2 François Omam-Biyik 45 77
3 Vincent Aboubakar 45 115
4 Patrick M’boma 33 58
5 Roger Milla 28 102
7 Pierre Webo 20 76
9 Geremi Njitap 13 119

Cameroon 2-1 Romania World Cup 1990 | Full highlight -1080p HD | Roger Milla

tags: #equipe #du #cameroun #de #football