Le monde des sélections est une catégorie quelque peu spéciale du football. Car si l’enfant d’un club peut préférer briller en terres étrangères, la sélection vient à rappeler aux brebis égarées l’appel et l’odeur de la patrie.
À n’en pas douter, le football réveille le nationalisme tout autant qu’il fédère un pays. Ce bref rappel de l’intérêt du football de sélections s’avère nécessaire afin de comprendre les enjeux que soulèvent les discussions relatives à la “loi des Bahamas”.
Or, et il faut croire que le football n’est pas imperméable aux mutations géopolitiques qui l’entourent, ce modèle est désormais remis en cause.
Bob Marley et sa passion pour le foot - Le Blaireau des Surfaces
La "Loi des Bahamas" et son Impact sur les Sélections Africaines
Zvonimir Boban, secrétaire général adjoint de la FIFA, a fait part du désir de la FIFA de revenir sur la règle adoptée au congrès de Bahamas. Elle permet à un joueur qui a choisi une sélection en jeunes d’opter pour une autre sélection une fois la catégorie sénior atteinte.
Premièrement, il semble nécessaire de rappeler que les principaux bénéficiaires de cette loi sont, évidemment, les pays africains. Pourtant, et cela ne semble étrangement pas sauter à l’oeil des intéressés, les pays africains sont aussi victimes en première ligne de cette règle.
S’ils bénéficient d’un rehaussement tactique de choix, ils ont aussi affaire à des mercenaires qui ne sont là que parce qu’ils n’ont pas eu accès à leur premier choix. Un tel apport est supposé être ponctuel.
Il permet aux sélections africaines de relever leur niveau dans l’attente d’un développement de leurs propres infrastructures qui leur permettra de ne plus dépendre de personne. Il n’existe pas de nation africaine qui se contente de pomper les talents pondus ici et là sans jamais tenter de développer son propre vivier national.
Sauf oubli, aucune des grandes stars africaines issues de l’immigration n’avait été sollicitée par la France, l’Angleterre, l’Espagne ou l’Italie. Généralement, ces joueurs n’étaient au mieux que des seconds couteaux (Brahimi, Aubameyang) au moment de leur choix de sélection et n’ont atteint leur apogée que bien après.
Bien au contraire, les joueurs semblent s’évertuer à repousser sans cesse les sirènes de la terre de leurs ancêtres afin de maintenir vivant l’espoir tricolore, européen ou autre. On a ainsi vu un Faouzi Ghoulam clamer à qui veut l’entendre son amour de la Marseillaise, du Coq et des Gaulois réfractaires pour finalement accepter (tôt, il est vrai) de rejoindre l’Équipe Nationale d’Algérie.
Pour autant, il s’est récemment trahi en se décrivant lui-même comme “français, mais aussi franco-algérien”. Pire, certains font même mine de vouloir rejoindre une sélection africaine pour inciter au plus vite leur second pays à les sélectionner.
Ainsi, gageons que les instances de la FIFA, pourtant à même de comprendre les enjeux que soulève une telle question, sauront qu’il est de l’intérêt des plus petites nations, des plus faibles et des plus pauvres, de maintenir cette règle.
Les Reggae Boyz et l'Inspiration Jamaïcaine
Lorsque l’on associe reggae et football le nom qui vient à l’esprit en premier lieu est certainement Bob Marley.
Pour commencer, restons sur les terres d’origine de la musique reggae pour nous concentrer sur l’équipe nationale jamaïcaine. En effet comment ne pas parler ici de ces joueurs que l’on appelle les Reggae Boyz et qui, malgré leurs piètres performances lors des différents mondiaux parviennent à entretenir l’espoir de tout un peuple.
Sans entrer dans le détail de l’histoire de cette équipe, elle n’est arrivée en phase finale qu’une seule et unique fois, lors de l’édition 1998 dont tout le monde (du moins en France) connaît l’issue. Cependant se fût plus difficile pour les reggae boys que pour les hommes d’Aimé Jacquet, l’aventure des jaunes et noirs s’arrêta en effet dès le premier tour.
Il faut dire que la tâche s’annonçait compliqué dans ce groupe H où la Jamaïque se retrouva en compagnie de l’Argentine, la Croatie et le Japon. Mais loin d’être ridicule, l’équipe créa la surprise dès leur premier match en égalisant juste avant la mi-temps face à la Croatie.
Cela ne suffit pas pour autant et l’équipe s’inclina finalement 3-1. La suite fût encore plus dure face à la grande Argentine qui l’emporta assez logiquement 5-0. Les reggae boys ne se laissèrent pourtant pas abattre et quittèrent la France la tête haute en battant le japon deux buts à un.
Cette qualification pour le mondial, même si elle se solda par une défaite au premier tour, suscita de l’espoir et de l’enthousiasme chez les supporters et ce jusque dans le milieu reggae. Et ce n’est pas tout d’autres musiciens et chanteurs jamaïcains se sont rassemblés sur un morceau pour montrer leur soutien aux reggae boyz, parmi eux, Diana King, Maxi Priest, Ziggy Marley, Toots Hibbert, Buju Banton, Richie Stephens.
Même si ce titre intitulé Rise Up n’est pas dans la plus pure tradition reggae, il traduit l’euphorie et la fête que peut générer le football.
En ce qui concerne la prochaine Coupe du Monde, les Reggae Boyz ne sont malheureusement pas parvenus à se qualifier pour la phase finale, malgré des matchs éliminatoires pas trop mal négociés. Leurs débuts explosifs contre Les Bahamas présageaient le meilleur. 7-0 à Kingston, lors du match aller puis 6-0 au retour, rien de tel pour engranger un maximum de confiance pour les matches de poules.
Mais les rencontres à l’extérieures auront étaient fatales aux Reggae Boys qui après un match nul (1-1) face au Canada enchaînent deux défaites contre le Mexique (3-0) et le Honduras (2-0). Même si beaucoup plus performant lors des matchs retours, qu’ils parviennent tous à gagner, les jaunes et noirs échouent au goal-average et laisse leur place au Mexique, un peu plus régulier.
Dommage car la communauté reggae s’étaient une nouvelle fois mobilisée pour encourager leur équipe favorite en composant un nouveau morceau intitulé We Come Again 2010.

La Musique Reggae et le Football : Une Liaison Inattendue
La Jamaïque, avant son indépendance en 1962, était une colonie de la Couronne britannique ce qui encouragea certains jamaïcains à venir tenter leur chance en Grande Bretagne. Avec eux ils emportèrent nécessairement leur culture composée de nombreux éléments dont, bien évidemment, la musique.
Cette musique s’immisça petit à petit dans les quartiers populaires anglais et séduisit de nombreux jeunes dont les Mods. Cette sous-culture vit le jour à la fin des années 1950 et comportait de nombreuses spécificités dont un look très particulier mais aussi un amour pour la musique et notamment les différents styles rassemblés sous le terme générique de musiques Noires comprenant la soul, le Rythm & Blues, le Jazz et les différentes musiques jamaïcaines.
Ces jeunes vont régulièrement danser sur leurs styles préférés dans différents clubs, dont les principaux se trouvent dans la capitale anglaise. Les Mods se trouvent donc de plus en plus en contact avec les jamaïcains qui fréquentent les même endroits et habitent les même quartiers.
Les rude boys jamaïcains, qui ont également traversés l’Atlantique, vont amener, petit à petit, une partie de ce mouvement à se radicaliser pour donner naissance à la culture Skinhead. On ne parle pas encore ici des skinheads politisés qui n’arriveront que plus tard.
Les membres de cette mouvance arborent un crâne rasé et les fameuses Doc Martens. En 1969 cette mouvance se répandra très vite dans l’ensemble du Royaume-Uni unissant blancs et noirs des quartiers populaires. Toujours fervents amateurs des musiques Noires et jamaïcaines ils contribueront grandement à populariser le reggae en Angleterre.
A cette même époque le football également devient incontournable en Angleterre. L’équipe nationale gagne la coupe du monde en 1966 et en 1968 Manchester bat le Benfica en finale de la coupe des clubs champions (actuelle Ligue des champions). Enchaînant trois buts en l’espace de six minutes au cours des prolongations, l’équipe met fin au règne du football latin.
Les Skinheads deviennent des supporters passionnés le football entrant dans leur culture. L’écharpe de leur club préféré fera désormais partie intégrante de leur panoplie. Comme nous le disions les Skinheads auront une influence sur la musique jamaïcaine si bien qu’un style portant leur nom verra le jour, le skinhead reggae.
Les labels implantés sur l’île, sentant le filon commercial, sortent les singles en nombre et en fin d’année 1969 trois 45t du label Trojan apparaissent dans le Top 20 dont le Liquidator des Harry J All Stars qui atteindra la neuvième place des Charts anglais.
Cet instrumental entraînant parvient à faire émerger le skinhead reggae et devient vite un hymne pour tour les skinheads anglais. Son producteur Harry Johnson plus connu sous le nom d’Harry J connaîtra le même sort en devenant un acteur majeur du reggae roots des années 1970 enregistrant les meilleurs artistes de l’âge d’or comme The Heptones, The Melodians ou Dennis Brown.
Le morceau, malgré les années, reste toujours repris en cœur dans plusieurs stades anglais.
Florent Malouda : Footballeur et Activiste Reggae
Que contient donc le lecteur MP3 des stars du ballon rond ? Voilà une question qui peut se poser lorsque l’on regarde les joueurs descendre de leur bus luxueux, casque vissé sur les oreilles, avant une rencontre. Quelle musique peut donner l’air aussi serein à ces hommes qui dans les minutes suivantes auront des milliers (si ce n’est des millions) de paires d’yeux braquées sur eux.
Sans compter les objectifs vidéo ou photo en tous genres et la pression financière qu’engendre, aujourd’hui, un match de football. En s’intéressant au cas Malouda on peut obtenir quelques réponses car s’il est un excellent joueur de football, le milieu de terrain de Chelsea est également un passionné de musique reggae. Et cela il nous la prouvé il n’y a pas si longtemps en organisant, dans sa Guyane natale, le premier One Love Festival.
Rassemblant quelques belles têtes d’affiches, tels que Fantan Mojah, Jah Cure, Beres Hammond Luciano ou Wyclef Jean, le festival avait de quoi séduire les guyanais. En plus Floren avait eu la bonne idée d’inviter reggae.fr à couvrir l’événement dont vous avez pu suivre les différents reportages (sur le site mais également chez nos amis de Reggae Vibes pour lesquels nous avions écrits quelques lignes et pris quelques photos).
L’évènement s’est déroulé il y a presque un an puisqu’il eu lieu les 12 et 13 juin 2009 à Kourou dans... le stade local bien sûr. Deux scènes avaient en effet été installées sur la pelouse du stade Bois-Chabat à cette occasion. Et si la musique était au cœur du projet le football n’en n’était pas pour autant absent.
Et Lorsque l’on demande à la star de l’équipe londonienne pourquoi ce choix de programmation il répond : « Je suis un grand amateur de musique, et c’est une passion que j’ai envie de partager. De plus, je pense qu’un festival de cette envergure peut être un moyen de faire parler différemment de la Guyane. Attirer des pointures internationales peut entraîner une médiatisation internationale différente. J’aimerais beaucoup qu’on parle de chez moi autrement que « l’enfer vert » ou le « far west ». Nous sommes idéalement placés, et en même temps, nous sommes d’une certaine façon enclavés. »
C’est donc pour redorer l’image de sa Guyane natale et en attirer les yeux sur elle d’une autre façon que Malouda a envisagé ce projet. Ceci étant, il précise également qu’une partie des recettes du festival sera reversée à deux associations L’Amapo qui travaille avec les jeunes du département et Aides Guyane la branche guyanaise de l’organisation agissant contre le SIDA.
Belle initiative donc pour cet excellent joueur qui, espérons-le, nous réserve encore de belles surprise avec sa One Love Foundation. Ce qui est sûr c’est que nous nous rappellerons de cette partie de foot sur la plage où Jah Cure et les membres de son staff ont essayé de taquiné la balle contre des locaux et qu’ils ont ramassé une sacrée défaite. N’est pas Bob Marley qui veut. Il n’a pas hésité à s’essayer au chant, toujours en compagnie de Fantan.

Seeed ouvre le mondial en 2006
Pour revenir un peu à ce qui a motivé cet article, à savoir le début quasi imminent de la prochaine coupe du monde, intéressons nous au dernier millésime en date, Allemagne 2006. Cette édition fut assez riche en émotions car, outre l’arrivée en finale de nos Bleus nationaux et le coup de tête de Zidane qui scotcha, à l’instar de Materazzi, une bonne partie des supporters français, notons que l’ouverture de ce mondial fut assurée, en partie, par un groupe reggae dancehall.
En effet, retransmise et suivie par des millions de téléspectateurs dans le monde entier, la cérémonie, qui se tenait dans le stade de Munich, a vu se produire sur scène en compagnie de dizaines de danseurs, la formation allemande Seeed. L’évènement était de taille puisque même si ce n’est pas le morceau le plus roots qui soit, ce reggae dancehall présente au monde entier une musique qui reste trop souvent absente des grands médias.
Les responsables de la cérémonie n’ont donc pas hésité à présenter au monde ce groupe qui se place alors comme représentant d’une partie de la culture allemande.
Et nos artistes français dans tout cela ?
Bon oui, d’accord, on est pas super bien parti pour remporté notre seconde coupe du monde même si Florent Malouda est enfin devenu titulaire de l’équipe de France. Cela n’empêche pas le milieu du reggae d’être passionné par le ballon rond. Petit aperçu !
J’en parlais encore le mois dernier avec Mike des Sinsémilia, qui s’était pris un mauvais tacle à la suite duquel il s’était tordu le dos, ce qui l’obligeait à marcher lentement. Ca tombait mal car il était en plein tournée triomphale avec son groupe un peu partout en France. Rassurez-vous, sur scène il a gardé toute son énergie, on dirait un jeune homme de 20 ans quand il jumpe ! C’ets en descendant de scène que c’est plus dur.
Dans un genre un peu mois gai on se rappelle de Janik qui s’était cassé la jambe lors d’un match de foot juste avant son album « T’inquiète », ce qui avait causé l’annulation de la tournée promotionnelle.
Enfin autre belle initiative, nos potes de One One One viennent de sortir une édition limitée de leur tee-shirt Afreeca ! L’idée est de célébrer la toute première édition africaine de la coupe du monde de football. Vous pouviez vous les procurer sur Reggae-shop.fr ; Mais ca y est il n'y en a plus, on vous avait prévénu !
Il est temps de conclure ce dossier décomplexé sur les liens qui existent entre ces deux cultures très populaires que sont le football et la musique jamaïcaine. Il ne reste qu’à espérer qu’une nouvelle génération qui n’a pas connu le « I will survive » de Gloria Gaynor, chanté à tue-tête en 1998 par des millions de footix, pourra le remplacer par un ska frénétique ou un reggae envoutant...
Les Bahamas Champions Olympiques : Un Moment de Gloire
Les Bahamas ont empoché le premier titre olympique de leur histoire en remportant le 4x400m hommes (en 2'56"72) devant les Etats-Unis (2'57"05) et Trinidad-et-Tobago (2'59"40). Christopher Brown, Demetrius Pinder, Michael Mathieu et Ramon Miller apportent aux à leur pays leur première médaille d'or lors de ces JO. Miller a offert la victoire aux Bahamas en déposant Angelo Taylor dans la dernière ligne droite. Les Bahamas confirment ainsi leur très bon niveau dans l'épreuve, après avoir terminé deuxièmes en 2008.
Les Etats-Unis n'avaient plus été battus dans l'épreuve sur la piste depuis 1952. Les trois exceptions résultent de cas particuliers : titre retiré suite au contrôle antidopage positif d'Antonio Pettigrew (2000), boycottage des Jeux de Moscou (1980) et retrait de la compétition (1972). Cette défaite confirme leur contre-performance historique en individuel, où ils ne comptaient aucun finaliste, après l'abandon sur blessure de LaShawn Merritt en séries. Ils avaient aussi perdu en séries Manteo Mitchell, qui avait bouclé sa course malgré une fracture du péroné après 200m !