L'Affaire de Knysna: Une Crise Profonde au Sein de l'Équipe de France de Football en 2010

L'affaire de Knysna reste gravée dans les mémoires comme l'un des moments les plus sombres de l'histoire du football français. Dix ans après les faits, les contours de cette crise apparaissent plus clairement, révélant une crise morale profonde, touchant le leadership, le management, les dirigeants du football et de la République.

L'équipe de France de football à la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud.

Le Déclenchement de la Crise

L'enchaînement des événements qui ont mené à la crise de Knysna est bien connu :

  • Le jeudi 17 juin 2010, l'équipe de France perd son deuxième match de la Coupe du monde face au Mexique (0-2).
  • À la mi-temps, Nicolas Anelka insulte le sélectionneur Raymond Domenech et est immédiatement remplacé.
  • Le samedi 19 juin, le journal L'Équipe publie en Une les insultes d'Anelka.
  • Domenech et la FFF décident d'exclure Anelka de l'équipe.
  • Dans la soirée, les joueurs se réunissent pour envisager une réaction collective.

Tout avait commencé bien longtemps avant, la mèche et les explosifs étaient là, il ne manquait que l'étincelle, mais tout commence vraiment le 18 juin. L'étincelle qui provoque l'explosion est la révélation de l'affaire Anelka. Le vendredi soir, toute la presse française se retrouve dans un bar de Knysna.

Dans le camp des Bleus, il n'y aura plus ni mesure ni contrôle. Dix ans après, il faut faire le constat qu'ils sont, alors, seuls, totalement, désespérément.

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La Grève de l'Entraînement

Le dimanche 20 juin, les joueurs de l'équipe de France refusent de s'entraîner devant les caméras du monde entier. Patrice Évra, le capitaine, est séparé de Robert Duverne, le préparateur physique. Raymond Domenech lit le communiqué des joueurs devant les caméras.

Les joueurs de l'équipe de France refusent de s'entraîner lors de la Coupe du Monde 2010.

Les Responsabilités et les Conséquences

Les joueurs méritent d'être montrés du doigt, pour leur grève en plein Mondial et leur perte de tout sens commun. Mais ils se sont globalement acquittés de leur peine, médiatiquement, sportivement, intimement même, parfois.

Ce qui ressort, dix ans après, à l'heure de ce triste anniversaire, c'est leur inconscience, mais aussi l'abandon dans lequel ils ont été laissés par ceux qui auraient pu les sauver. Knysna est d'abord l'histoire d'une équipe livrée à elle-même.

Nicolas Sarkozy n'a pas été le seul à calculer que son absence serait mieux récompensée face à l'imminence de l'échec. Choisissant de rester anonyme, un joueur affirme aujourd'hui : « Aulas n'était pas là et je suis persuadé qu'avec lui ou Le Graët, cela ne se serait jamais passé. Un grand président comme Aulas aurait pris les devants, il aurait anticipé. »

Noël Le Graët et Jean-Michel Aulas n'ont jamais mis les pieds à Knysna. Le président lyonnais, présent en 2006 en Allemagne, a annulé sa venue au dernier moment, évoquant « des difficultés à parler le même langage ». Noël Le Graët, alors vice-président de la FFF, l'homme qui avait soutenu Domenech en 2008, a fait un aller-retour avec les sponsors pour France-Uruguay, puis est rentré en Bretagne. Il était présent à Tignes et en Tunisie pendant la préparation, avait négocié les primes, et il s'est effacé.

Le Silence et le Redressement

Mais le silence des joueurs, même dix ans après, c'est cela, aussi. Ils ont le sentiment que l'histoire, en 2010, a été écrite à leurs dépens exclusifs et que certains chapitres ont pu être écrits, ensuite, à une encre un peu trop sympathique pour leurs successeurs.

D'autre part, que ce basculement a été la clé du redressement et de la réussite, puisque l'équipe de France, finaliste de son Euro à la maison en 2016, est à nouveau devenue championne du monde en 2018. Si la manière a pu parfois être contestée, Laurent Blanc et certains de ses amis de 1998 ayant mis quelque temps à pardonner à Didier Deschamps son empressement à prendre la place, le choix était le bon.

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