L'Association Sportive Monaco Football Club, en abrégé ASM, est un club de football monégasque intimement lié à la Principauté, fondé le 23 août 1924. L’AS Monaco s’est mué depuis sa création comme une véritable institution, qui permet à cette dernière de rayonner dans le monde entier.
Le club voit le jour le 1er août 1919 à la suite d'une fusion de cinq groupements de la Principauté de Monaco (Herculis, l'Étoile de Monaco, l'AC Riviera, Beausoleil et le Swimming Club). Par ailleurs, la société omnisports Association Sportive de Monaco est fondée le 23 août 1924 par un arrêté du Gouvernement Princier.
Parmi les plus anciens clubs de la Fédération Française de Football, le club de la Principauté voit d’abord le jour au sortir de la Première Guerre Mondiale (1914-1918), suite à la fusion de l’Herculis Monaco avec d’autres groupements sportifs de la Principauté et de Beausoleil. Le 1er août 1919 naît donc l’AS Monaco, affilié à la FFF sous le matricule 91.
Malgré des débuts prometteurs, l’apprentissage du professionnalisme se fait dans la douleur. L’AS Monaco est aux portes de la Division 1, mais son rêve s’effondre après un barrage d’accession perdu contre St-Etienne (2 buts à 4). Pire, faisant face à des problèmes financiers, le club est contraint de retrouver le monde amateur.
Après la guerre, la saison 1947-1948 voit l’équipe remporter la Division d’Honneur Sud-Est, succès qui lui permet d'atteindre la Division 2 et donc le statut professionnel. Bénéficiant du soutien indéfectible du Prince Rainier III, qui succède alors à son grand-père, le Prince Louis II, l’AS Monaco entame une marche de cinq années qui va la conduire en Division 1 en 1953.
En 1953, dans son lumineux stade Louis II, à l’époque face au Port de Fontvieille et inauguré en 1939, l’AS Monaco dispute son tout premier match de première division. Si les Rouges et Blancs s’inclinent face au Toulouse FC, la longue histoire de l’ASM dans l’élite du football français est bel et bien lancée.
Le premier podium en Division 1 arrive au terme de la saison 1955-56. La saison suivante marque un vrai tournant pour l’AS Monaco avec l’arrivée de Lucien Leduc au poste d’entraîneur. Ce dernier va conduire le club à son premier grand succès en remportant la Coupe de France en 1960. C’est également lors de cette saison que le club gagne son premier titre de champion de France.
Au terme d’une saison 1960-1961 magistrale, les Rouges et Blancs décrochent leur premier titre de champion de France. De quoi s’ouvrir les portes de la grande Coupe d’Europe, que les hommes de Lucien Leduc découvrent face au Glasgow Rangers, s’inclinant à deux reprises. Mais dans le même temps, les jeunes pousses de l’ASM remportent la Coupe Gambardella, en finale face au FC Metz (2-1). L’année suivante, Monaco écrit l’une des plus belles pages de sa jeune histoire en réalisant le doublé Coupe-Championnat, dans le sillage d’une génération dorée emmenée par Biancheri, Hidalgo, Carlier Courtin, Tabernet et consort.
Après le doublé coupe championnat en 1963, il faudra attendre une quinzaine d’années pour retrouver l’AS Monaco au sommet. De tous les titres de champion de France remportés par l’AS Monaco, c’est indéniablement le troisième, obtenu au terme de la saison 1977-78, qui fût le plus surprenant. Les Monégasques réussissant un exploit rarissime, à savoir remporter le titre de champion après deux saisons de purgatoire à l’échelon inférieur. Une génération dorée, dirigée par un Lucien Leduc revenu aux affaires, et composée de Jean-Luc Ettori, jeune gardien de but formé au club, Courbis, Moizan, Noguès, Dalger et l'italo-argentin Delio Onnis, qui sera le meilleur buteur de l’histoire du club avec 223 buts.
Deux saisons seulement après sa descente en deuxième division, le club de la Principauté retrouve la première division, pour une courte saison, avant de redescendre à l’étage inférieur. S’en suit une nouvelle montée, puis une nouvelle descente. L’AS Monaco fait l’ascenseur, mais retrouve sa splendeur, grâce notamment à un jeune président, Jean-Louis Campora, intronisé en 1975. Porté par un trio infernal sur le terrain composé du capitaine Jean Petit, du talentueux Christian Dalger et du serial buteur argentin Delio Onnis, l’ASM retrouve les cimes du championnat de France. En 1977-1978, le club réalise l’impensable en finissant champion de France l’année de sa remontée en D1.
Vainqueur de la Coupe de France 1979-1980, Monaco se tourne vers la jeunesse. Sous la houlette de trois entraîneurs de renom (Gérard Banide, Lucien Muller et Stefan Kovacs) et d’un jeune coach, un certain Arsène Wenger, l’AS Monaco est à son apogée. En 1981-1982, les Rouges et Blancs remportent leur quatrième titre de champion de France.
Au milieu des années 1980, lors de la saison 1984-1985, un véritable bijou est inauguré : le nouveau stade Louis II. Son architecture épurée, qui s’épouse merveilleusement bien avec la Principauté, et ses 20 000 places (aujourd’hui 17 000 places assises), permettent à l’ASM de se doter d’un outil révolutionnaire, qui abrite le centre de formation du club.
Vainqueur de son cinquième titre de champion de France lors de la saison 1987-1988, la première d’Arsène Wenger, l’AS Monaco se qualifie pour son premier quart de finale de la Coupe d’Europe des Clubs Champions, aujourd’hui Ligue des champions, l’année suivante.
Si l’AS Monaco termine à deux reprises vice-champion de France derrière l’Olympique de Marseille au début des années 1990, l’ASM rafle une nouvelle Coupe de France. Emmené par Djorkaëff, Thuram, Petit, Klinsmann, Scifo, avec toujours Arsène Wenger à la baguette, Monaco atteint les demi-finales de la nouvelle C1, suite à la disqualification de l’OM.
Cette même année est la dernière d’Arsène Wenger à la tête de l’équipe première, remplacé par Jean-Tigana, qui conduit le club vers un sixième titre de champion de France. Sous ses ordres, Barthez, Petit, Bernarbia, Henry, Anderson, Ikpeba... Une génération dorée qui porte l’ASM jusqu’en demi-finale de la C3. Demi-finaliste de la Ligue des champions la saison suivante, après avoir éliminé Manchester United, l’AS Monaco intègre le gratin européen malgré une élimination face à la Juventus Turin.
En 1997, l’AS Monaco retrouve la première place en France avec Jean Tigana aux commandes, qui coïncide avec les célébrations en Principauté des 700 ans de règne de la famille Grimaldi. Cette équipe qui est l'une des plus belles de l'histoire du club avait la particularité d’être très jeune, et de compter dans ses rangs pas moins de quatre futurs champions du monde 1998 et d’Europe 2000, Fabien Barthez, Thierry Henry, Emmanuel Petit et David Trezeguet, auxquels il fallait ajouter Benarbia, Anderson, Ikpeba, Scifo, Collins...
Après le titre acquis en 2000, Claude Puel laisse sa place à Didier Deschamps à la tête de l’équipe. Si les débuts sont compliqués pour l’actuel sélectionneur de l’équipe de France, la saison 2002-2003 marque un renouveau, avec une Coupe de la Ligue remportée devant près de 80 000 personnes, au Stade de France, grâce à une réalisation de Shabani Nonda, meilleur buteur du championnat et bien secondé par Jérôme Rothen, meilleur passeur. Si l’emblématique Jean-Louis Campora laisse sa place à la présidence, l’AS Monaco continue de s’affirmer en formant des cadres de l’équipe de France, à l’image de Sébastien Squillaci ou Patrice Evra.
Lors de la saison 2003-2004, les Monégasques vivent une aventure extraordinaire, qui restera à jamais gravée dans le cœur des supporters et dans les mémoires des suiveurs du football français. Au terme d’une campagne européenne étincelante, marquée par les éliminations du Real Madrid de Zinedine Zidane et du Chelsea d’un certain Claudio Ranieri, l’AS Monaco rallie la finale de la prestigieuse Ligue des champions pour la première fois de son histoire. Mais le dénouement est tragique.

Contre toute attente, cette saison 2003-2004, l’AS Monaco se hisse jusqu’en finale de Ligue des Champions face au FC Porto. Une belle aventure avec des révélations et des buts en pagaille.
Alors que l’AS Monaco aurait pu surfer sur cette saison mémorable, le club de la Principauté va traverser une période d’ombre, où trois présidents vont se succéder en moins de cinq ans (Michel Pastor, Jérôme de Bontin et Étienne Franzi). Sur le banc, les entraîneurs aussi se succèdent. Didier Deschamps cède sa place durant la saison 2005-2006 à Francesco Guidolin, tandis que ce dernier est remplacé par Lazlo Bölöni, qui ne restera que quelques mois à la tête de l’équipe première, laissant le poste à Laurent Banide. Intronisé entraîneur en remplacement de l’ancien du centre de formation de l’AS Monaco, le Brésilien Ricardo débarque sur le Rocher lors de la saison 2007-2008, avant que Guy Lacombe ne lui succède en 2009.
Avant de connaître de glorieuses années, plus en adéquation avec son lustre d’antan, l’AS Monaco traverse une tempête. Après plusieurs saisons de mauvaise gestion, le club de la Principauté est relégué en Ligue 2 à l’issue de la saison 2010-2011. La première descente depuis… trente-cinq-ans. Une chute vertigineuse qui va marquer profondément le club.
Après une première année catastrophique dans l’antichambre de la Ligue 1, Dmitri Rybolovlev débarque sur le Rocher avec de grandes ambitions. Deuxième du championnat pour sa première saison dans l’élite depuis sa remontée, l’AS Monaco de Claudio Ranieri fascine et se qualifie à nouveau pour la Ligue des champions, en 2014-2015.
Dirigé par Leonardo Jardim, les Monégasques vont rallier les quarts de finale de la C1 l’année suivante, après avoir éliminé notamment Arsenal lors des huitièmes de finale. Alors qu’un certain Kylian Mbappé explose aux yeux du monde, l’AS Monaco réalise un parcours phénoménal en Ligue des champions lors de la saison 2016-2017. En faisant trébucher Manchester City et le Borussia Dortmund, les Monégasques atteignent les demi-finales de la C1 pour la quatrième fois de leur histoire.

Et en championnat, les hommes de Leonardo Jardim arrivent à mettre un terme à l’écrasante domination du Paris Saint-Germain en s’offrant un huitième titre de champion de France. Une saison inoubliable, l’une des plus belles de l’histoire du club.
Champion de France de Ligue 1 avec 95 points (record du club), le sacre est évidemment tout particulier face au PSG de l'ère QSI, battu et détrôné pour la première fois depuis la saison 2011/12 et l'exploit de Montpellier. Même avec leur parcours héroïque en Ligue des champions, avec l'énergie que cela nécessitait, l'ASM n'a perdu que trois fois avec un goal average de plus de 76! Un parcours de champion en somme. Avec notamment l'éclosion si rapide de Kylian Mbappé, véritable élément décisif et incontournable sur les cinq derniers mois de la saison. Un titre et un opus qui venaient saluer et mettre en lumière le travail de tout un club depuis trois ans et l'arrivée de Leonardo Jardim.
L’année d’après, Monaco confirme son nouveau statut en terminant deuxième du championnat, derrière le PSG. En Ligue des champions, en revanche, le parcours est plus compliqué, avec une élimination prématurée en phase de groupes.
Alors que Thierry Henry prend les rênes de l’équipe en octobre 2018, Leonardo Jardim succède à celui qui lui a succédé, quelques mois plus tard seulement.
Joueurs Emblématiques de l'AS Monaco
Le club de la Principauté est également connu pour les nombreux talents issus de son centre de formation. Pour composer ce onze, nous avons d’ailleurs été contraints d’écarter certains joueurs mythiques (Henry, Mbappé) dont le passage sur le Rocher correspond à l’aube de leurs carrières exceptionnelles.
Formé à l’ASM, Jean-Luc Ettori est devenu une légende de son club de toujours. Il détient toujours le record du nombre de matchs joués sous les couleurs monégasques. Pendant près de deux décennies, il a été le dernier rempart d’une équipe qui a marqué le football français dans les années 80.
Latéral droit très offensif, Manuel Amoros a été l’un des piliers de la défense monégasque durant les années 80. Son engagement, sa technique et sa capacité à se projeter vers l’avant en ont fait rapidement un joueur indispensable dans son club formateur.
Lui aussi formé au club, Lilian Thuram a fait ses débuts professionnels à l’AS Monaco avant de devenir l’un des meilleurs défenseurs de sa génération. Sa polyvalence, sa puissance physique et son intelligence de jeu ont fait de lui un élément incontournable de la défense monégasque.
Encore un joueur formé au club ! Lancé dans le grand bain par Arsène Wenger, Emmanuel Petit a évolué aussi bien en défense centrale qu’au milieu de terrain sur le Rocher. Sa polyvalence, sa vision du jeu et sa qualité de passe en ont fait un joueur clé de l’AS Monaco durant près d’une décennie. Il est l’un des grands artisans du titre de champion obtenu en 1997, juste avant son départ pour Arsenal.
Bien avant d’écrire l’une des pages les plus sombres de l’histoire des Bleus, Patrice Evra s’est imposé comme l’un des meilleurs latéraux gauches d’Europe durant son passage à l’ASM, club qu’il rejoint en 2002. Sa vitesse, son endurance et sa capacité à apporter le danger offensivement ont fait de lui un joueur complet. Il a été l’un des héros de l’épopée monégasque jusqu’en finale de la Ligue des Champions en 2004.
Evidemment présent dans notre onze de légende AS Monaco, Claude Puel a passé toute sa carrière professionnelle au club. Milieu de terrain extrêmement travailleur à défaut d’être le plus talentueux, il a été le cœur battant de l’équipe pendant près de deux décennies. Il demeure le joueur de champ le plus capé de l’ASM, loin devant ses principaux poursuivants que sont Jean Petit et Manuel Amoros.
Milieu de terrain emblématique du club pendant 13 ans, Jean Petit incarnait l’âme de l’AS Monaco. Son intelligence de jeu, sa technique et son leadership en ont fait le capitaine et le meneur de jeu de l’équipe durant les années 1970. Fidèle à son club de toujours, il décide de rester à deux reprises sur le Rocher malgré la relégation en deuxième division. Jean Petit a d’ailleurs été l’un des artisans majeurs du titre de champion de France décroché en 1978 en tant que promu.
Petit par la taille (1,64 m) mais grand par le talent, Ludovic Giuly a marqué l’histoire de l’AS Monaco. Ailier vif et technique, il a été l’un des joueurs les plus spectaculaires du championnat de France. Son rôle de capitaine et ses performances exceptionnelles lors du parcours en Ligue des Champions 2003-2004 l’ont définitivement inscrit dans la légende du club. On se souvient notamment de son doublé contre le Real Madrid en quart, mais aussi de sa sortie prématurée en finale qui précipita la chute de son équipe.
Idole de Tottenham pendant 12 saisons, Glenn Hoddle quitte ensuite les Spurs pour apporter toute sa classe et son élégance à l’AS Monaco. Sa vision du jeu, sa technique raffinée et sa capacité à marquer des buts spectaculaires en ont fait l’un des joueurs les plus appréciés des supporters monégasques. Elu meilleur joueur étranger de D1 dès sa première saison, il a été l’un des principaux artisans du titre de champion remporté cette année-là.
Surnommé « El Muñeco » (la poupée), Marcelo Gallardo a enchanté le Stade Louis-II par sa technique et sa créativité. Meneur de jeu argentin au talent pur, il a été l’un des principaux artisans du titre de champion obtenu en 2000. Il est d’ailleurs élu meilleur joueur du championnat dès sa première saison. Sa vision du jeu, ses passes millimétrées et ses crochets dévastateurs ont fait de lui l’un des joueurs les plus spectaculaires de l’histoire du club.
Meilleur buteur de l’histoire du club et du championnat de France, Delio Onnis demeure le plus grand attaquant qu’ait connu l’AS Monaco. Son efficacité redoutable et sa régularité en font l’un des plus grands attaquants de l’histoire du football français.
| Joueur | Période | Matches | Buts | Palmarès |
|---|---|---|---|---|
| Jean-Luc Ettori | 1975-1994 | 755 | 0 | Champion de France (3), Coupe de France (3) |
| Delio Onnis | 1973-1980 | 280 | 223 | Champion de France (1), Coupe de France (1) |
| Claude Puel | 1979-1996 | 600 | ? | Champion de France (2), Coupe de France (3) |
| Ludovic Giuly | 1998-2004 | 268 | 66 | Champion de France (1), Coupe de la Ligue (1) |
Les Controverses Fiscales
Affiliée depuis 1924 à la Fédération française, l'AS Monaco se trouve depuis plusieurs semaines au cœur d'un litige fiscal qui l'oppose aux instances tricolores. L'AS Monaco va-t-il devenir un club sans championnat, isolé sur son Rocher ?
Affiliée, dès sa création en 1924, à la Fédération française de football (FFF), l'Association sportive de Monaco (ASM) se trouve depuis plusieurs semaines au cœur d'un litige qui l'oppose aux instances du football tricolore, qui ont décidé de ne plus tolérer les avantages fiscaux dont bénéficie de facto le club de la principauté par rapport à ses concurrents basés en France. Ces derniers crient à la concurrence déloyale, au point que certains dirigeants de clubs de Ligue 1 envisagent même de boycotter l'ASM la saison prochaine, l'actuel leader de la Ligue 2 étant tout proche de redevenir un pensionnaire de l'élite à l'issue de l'exercice en cours.
"Moi, je souhaite que le règlement change définitivement et que Monaco installe son siège social en France. C'est la seule solution", explique Jean-Louis Triaud, président de Bordeaux, dans le quotidien sportif L'Equipe. "Boycotter Monaco la saison prochaine ? Tout le monde peut y penser, moi aussi, mais ce serait une solution extrême."
Le 21 mars, la Ligue de football professionnel (LFP) a adopté un règlement obligeant les dirigeants de L1 et L2 à installer leur siège social en France à partir de juin 2014. Cette mesure vise spécialement le club princier, qui, à l'heure actuelle, refuse toujours de s'y plier.
Dimanche 5 mai, l'ASM publie un communiqué indiquant que la FFF lui aurait demandé "la somme de 200 millions d'euros pour mettre fin au conflit". Le club ajoute avoir décliné cet arrangement et affirme son intention d'aller en justice pour invalider la décision du 21 mars.
Quelques heures plus tard, la Fédération réfute cette version des faits, arguant que "c'était l'ASM qui avait proposé le versement des 200 millions selon un échéancier et des modalités à venir". Le président de la FFF, Noël Le Graët, a même évoqué dans les colonnes de L'Equipe une période de "six ou sept années".
Les Avantages Fiscaux en Détail
Ces 200 millions destinés à la FFF et à la LFP sont censés compenser les économies que réalise l'AS Monaco grâce au régime fiscal monégasque (pas d'impôt sur les sociétés, notamment). Contactées par Le Monde, la FFF, la LFP et l'Union des clubs professionnels français (UCPF) n'ont pas apporté de précisions quant aux critères pris en compte pour le calcul de cette estimation.
Sur le Rocher, en vertu d'une ordonnance de 1869, les footballeurs étrangers de l'ASM n'ont tout bonnement pas d'impôts à payer. Ce qui est encore plus appréciable depuis que l'arrêt Bosman a supprimé, en 1995, les quotas de joueurs étrangers issus de l'Union européenne, jusque-là fixés à 3 par club.
Les joueurs français de l'ASM, eux, sont imposés en France, d'après une convention fiscale d'octobre 1963. Toutefois, atout non négligeable, leurs charges sociales s'avèrent 20 % moins importantes que pour leurs compatriotes jouant sur le territoire français.
Suites Juridiques Possibles
En cas de procès contre la Ligue de football professionnel, l'AS Monaco pourrait obtenir gain de cause. Le 21 mars, pour obliger le club à baser son siège social en France, la Ligue avait utilisé un dispositif présent dans le code du sport, un texte de droit français. Or l'ASM pourra contrer cette décision en s'appuyant sur le droit communautaire, qui prévaut sur le droit national.
"La Cour de justice de la Communauté européenne et le traité de Rome stipulent que des sociétés ont le droit de s'établir dans n'importe quel pays en Europe, et ce, même si c'est pour des raisons fiscales", insiste Me Antoine David, avocat spécialisé dans le droit du sport et enseignant à l'université de Nice. Et de poursuivre : "L'AS Monaco pourrait même réclamer des dommages et intérêts au football français, mais j'ignore pour quel montant".
Le président de Lyon, Jean-Michel Aulas, redoute en tout cas cette issue : "Nous pourrions être attaqués juridiquement par Monaco, ce qui pourrait nous coûter très cher."
Pourquoi Maintenant ?
Ce bras de fer souligne les craintes des dirigeants français devant l'AS Monaco, en passe de remonter dans l'élite et de devenir le futur mastodonte de la Ligue 1 aux côtés du PSG version qatarie. Depuis décembre 2011, le septuple champion de France évolue en effet sous la direction d'un milliardaire russe, l'oligarque Dmitri Rybolovlev, 119e fortune mondiale d'après le classement du magazine américain Forbes.
Une situation qui en gênerait plus d'un, selon Nobert Siri, spécialiste de l'histoire de l'AS Monaco : "La véhémence de la remise en cause à laquelle nous assistons est assez nouvelle. Sur le plan fiscal, on n'avait jamais vu ça. Comme Monaco recommence à gagner, cela suscite certaines jalousies. Dans le passé déjà [1958, 1962, 2003], à chaque fois que la légitimité du club à jouer en France a été contestée, ces périodes correspondaient à des moments où l'ASM gagnait. C'est un serpent de mer qui ressort uniquement dans ce cas-là."
La fronde actuelle survient aussi dans un contexte où les clubs français se voient privés de niches fiscales qui leur auraient permis d'alléger également leurs dépenses. Entre 2004 et 2010, le DIC (droit à l'image collectif) leur donnait la possibilité d'être exonérés de charges sociales sur 30 % des salaires qu'ils distribuaient aux joueurs.