L'équipe de Lettonie de football, constituée par une sélection des meilleurs joueurs lettons, est placée sous l’égide de la Fédération de Lettonie de football. Ce pays chargé d’histoire a subi de nombreux mouvements politiques.
Après la Première Guerre mondiale et la Révolution d’Octobre en Russie, la Lettonie obtient sa première indépendance en 1918. Il resta alors indépendant jusqu’en 1940 avec l’occupation nazie et la « libération » par l’URSS en 1944. La Lettonie est rattachée à l’URSS en tant que république fédérée au sein de l’URSS et redeviendra alors indépendante en 1990.
Les fans de foot ont dû attendre le 24 septembre 1922 pour assister à son tout premier match qui s’est déroulé alors à Riga, contre sa voisine l’Estonie. Une rencontre qui s’est soldée alors par un nul 1 à 1. Pour la petite anecdote, il est intéressant de relever que l’équipe de France de football n’a affronté qu’une seule fois cette équipe le 27 mai 1924, à Saint-Ouen, en France. La France s’imposera alors 7-0 et ce sera durant cette période que la Lettonie enregistrera sa plus grosse défaite. En effet, affrontant la Suède à Stockholm, en 1927, elle tombera sur un score sans appel de 12-0. Une défaite qui ne masquera pas cependant sa plus grosse victoire de 1942, qui fût contre l’Estonie, à Tallinn en Estonie, pour un score de 9 buts à 0.
De 1929 à 1938, les pays baltes se disputèrent une Coupe de la Baltique, une compétition qui existe toujours à ce jour. La Lettonie remportera alors 5 des 10 éditions de ce tournoi, terminant en seconde place des 5 autres. Une équipe qui fait alors preuve de sa suprématie régionale et qui permet donc à la Lettonie de presque participer à la Coupe du monde de 1938. En effet, elle élimina facilement la Lituanie (4-2 puis 5-1 à son avantage), avant de se faire difficilement sortir par l’Autriche (victoire autrichienne par deux buts à un, à Vienne) lors des éliminatoires. Cependant, lors de l’Anschluss, l’Autriche fut annexée par l’Allemagne en 1938 et ne put donc participer à la compétition.
Les Jeux olympiques de 1924 à Paris permettent à l’équipe de France de se frotter à des adversaires inédits. La délégation lettone participe pour la première fois aux Jeux olympiques. Elle a envoyé à Paris trente-six athlètes dont onze footballeurs chargés de défendre les couleurs d’un pays indépendant depuis seulement six ans.
Le match contre la Lettonie se dispute le mardi 27 mai 1924 à Saint-Ouen. Le score final est de 7-0 pour les Français.
Ah la Lettonie, charmant petit pays balte. Soyons clairs dès le début, la Lettonie n’est pas une grande terre de football. Le championnat de Virsliga n’est pas complètement professionnel, et comme Edmunds Novickis le précise « certains joueurs ont un autre job à côté.
Bien entendu, le football letton a connu des changements au gré de l’histoire du pays. La Lettonie a notamment été ballotée pendant la seconde guerre mondiale : en 1940, l’URSS envahit la Lettonie puis en 1941, ce sont les Allemands qui prennent le contrôle du pays, accueillis en héros par la population locale mais cela a vite tourné à la « terreur blanche ».
Ainsi le Daugava Riga a pris part 7 fois entre 1949 et 1962 à la Ligue Suprême Soviétique. S’il ne fallait en citer que 4, ce serait sûrement Gunars Ulmanis, sorte de Gigi Meroni avant l’heure ; Aleksandrs Starkovs, grand buteur des 80’s ; Georgijs Smirnovs et Alfons Jegers.
L’équipe nationale actuelle souffre dans son groupe de qualifications pour la Coupe du Monde 2014 et a depuis longtemps arrêté de fantasmer sur les plages de Copacabana. Hormis le buteur Rudnevs (Hambourg) et le capitaine Gorkss (Reading), peu de joueurs évoluent dans des clubs de grands championnats étrangers.
Quand on a vécu quelque temps en Lettonie, il n’est pas difficile de penser que la raison principale de ce manque relatif de talent dans le football letton est avant tout l’énorme concurrence du hockey en Lettonie avec notamment le Dinamo Riga qui évolue en KHL avec les clubs russes.
2004 reste une superbe année pour le football letton avec son unique participation à une compétition internationale : l’Euro au Portugal. Lors du match aller, les joueurs d’Aleksandrs Sparkovs (l’actuel sélectionneur) l’emportent 1-0 à Riga grâce à l’inévitable Verpakovskis.
La compétition sera moins réussie pour la Lettonie, tombée dans un groupe très relevé avec l’Allemagne, les Pays-Bas et la République Tchèque. Après avoir failli accrocher les Tchèques (défaite 2-1 après avoir longtemps mené et pris un deuxième but à la 85è), la Lettonie décroche son premier point en compétition internationale avec un nul 0-0 contre l’Allemagne.
Cette sélection avec les Verpakovskis, Stepanovs, Astafjevs aura réussi une performance historique pour un petit pays comme la Lettonie, surtout dans ce contexte où le football n’est pas le sport roi.
De cette glorieuse génération, beaucoup sont restés dans le milieu du football. Verpakovskis est un des rares à continuer à jouer. Après avoir évolué au Dynamo Kiev, à Getafe, à l’Hadjuk Split et au Celta Vigo, il squatte actuellement les terrains grecs avec l’Ergotelis.
La relève tarde à prendre le pouvoir comme l’explique Edmunds : « Il y a quelques joueurs talentueux mais malheureusement pas assez pour construire un onze capable de jouer une qualification pour un tournoi final.
Les Années 1990 et le Skonto Riga
Lors des 15 années qui ont suivi l’éclatement du bloc soviétique, en 1991, la Lettonie a connu quelques beaux moments de football. Le Skonto Riga, qui s’appelle aujourd’hui le FC Skonto, a eu l’honneur de marquer le premier but de l’histoire de la Ligue des champions, en 1992 après le changement de nom de la célèbre Coupe d’ Europe, et le club le plus titré de Lettonie a représenté le pays avec fierté sur la scène européenne. En 1996, l’équipe a mené à deux reprises face au FC Barcelone, au Camp Nou, a fait match nul contre l’Inter Milan et a battu les Ecossais d’Aberdeen.
Comment vous êtes-vous retrouvé à la tête du Skonto Riga en 1993 ? C’est une histoire assez simple - et plutôt inintéressante (rires). Après avoir fini ma carrière de footballeur en 1989, je suis parti étudier le sport à Moscou dans l’une des plus prestigieuses écoles, parce que j’avais besoin des fondamentaux pour devenir coach malgré ma longue carrière. Ensuite, j’ai entraîné des équipes de basse division tout en étant assistant d’équipes plus importantes. 1993, c’est le début d’une nouvelle ère pour la Lettonie… C’était un nouveau départ pas seulement du point de vue du football, mais aussi du pays tout entier. Nous venions d’obtenir notre indépendance. Je ne peux pas dire que le football partait de zéro, il y avait déjà des bases, mais on peut voir que ce sport et le pays se sont construits concomitamment, petit à petit. Le football est devenu une part importante du pays à cette époque.
Première année en tant qu’entraîneur, première victoire en Virsliga. Qu’est-ce qu’on ressent ? J’étais surtout très content d’avoir un président de la trempe de Guntis Indriksons. Il a créé ce contexte où il demandait à son équipe d’aller toujours plus loin. Ici, en Virsliga, on peut gagner le championnat avec la seule force de son budget, de son argent. Donc pour Indriksons, l’ordre c’était 1) tu dois gagner le championnat, 2) tu dois rendre tes joueurs compétitifs au niveau européen, les rendre disponibles pour le marché extérieur et ainsi, augmenter ton budget en faisant une plus-value sur leur vente et 3) renforcer l’équipe nationale lettone. Le noyau dur de l’équipe lettone qui a connu ses plus grands succès s’est construit au travers de l’équipe du Skonto.
La suite vous a donné raison, en quelque sorte : vous remportez douze championnats consécutifs avec le Skonto. Vous avez même clairement dépassé les objectifs, non ? Comme je l’ai dit, après 1996, il n’y avait plus vraiment de Skonto et d’équipe nationale, tout était plus ou moins mélangé. En Virsliga, à l’époque, je pense qu’il aurait été possible de gagner le titre avec 50% des capacités de mon effectif du Skonto, mais à chaque entraînement, sur le plan tactique et physique, comme pendant les matchs, je faisais en sorte qu’ils donnent tout, que leur prestation soit la plus intensive possible.
Par la suite, vous devenez sélectionneur de la Lettonie, que vous qualifiez pour l’Euro 2004. Avant tout, il faut rappeler que j’ai été adjoint de la Lettonie pendant quatre ou cinq ans avant d’être nommé à la tête de la sélection (de 1995 à 2001, ndlr). Je connaissais le niveau de compétitivité de l’équipe, la façon dont les joueurs se comportaient face aux grandes nations européennes. Ensuite, 60 à 70% de l’effectif provenait du Skonto, donc je travaillais avec eux tout le temps. Je les connaissais parfaitement.
Si vous regardez les résultats de ces éliminatoires, ça n’a pas été une série de succès sans faille, nous avons aussi eu des moments sans, des défaites. Mais à chaque fois, on s’est relevés. En tant qu’entraîneur, je sentais bien que l’équipe n’aurait aucun problème pour se relever. Sur la simple base de la confiance, comme Ranieri avec Leicester City la saison dernière en Premier League.
Durant cette campagne de qualification, vous gagnez contre la Suède à l’extérieur pour le dernier match. Vous savez, la Suède, c’est un peu notre voisin. Donc on a été très fiers de sécuriser cette seconde place là-bas, devant nos supporters.
On a été encore plus chanceux en matière de calendrier, puisque le 18 novembre, soit pile entre les deux matchs de barrage, c’est le jour de l’indépendance de la Lettonie. Ça a provoqué une forme de patritotisme, d’engouement populaire où tout le monde a suivi. Même la présidente Vaira Vīķe-Freiberga est venue voir le match au Skonto stadions.
Malgré toute cette ambiance, on a bien senti qu’on pouvait maîtriser la Turquie. Juris Laizāns met un coup franc rentrant et là, le scénario est totalement bousculé parce que la Turquie doit à nouveau marquer. Mais nous, on ne bouge pas, on garde la même méthode. Et on égalise. On a montré à la face du monde combien notre équipe pouvait être forte. J’adore parler de cette époque, encore maintenant, parce que ça montre combien le football letton a pu bénéficier du système installé par le Skonto.
Certains internationaux jouaient déjà à l’étranger. Ce système, c’est la raison pour laquelle votre second passage à la tête de la sélection a été moins satisfaisant ? Entre 2007 et 2013, si vous vous rappelez bien, on termine troisièmes en éliminatoires de la Coupe du monde 2010 et mine de rien, c’est une grosse réussite pour nous avec les moyens que nous avions à disposition.
Si l’on s’était qualifiés en 2008, 2010 ou 2012 sous mes ordres, ça n’aurait jamais été considéré comme la norme. Il faut savoir qu’ici, en Lettonie, la qualification pour l’Euro 2004 est vraiment perçue comme un miracle.
Après les barrages, le président, l’équipe, le staff et moi nous sommes jurés une chose : de s’entraîner sérieusement, de figurer de la plus belle des manières durant cette compétition pour y obtenir quelque chose. Et en dehors du terrain, ça n’était pas la fête non plus.
Nous avons laissé notre empreinte dans l’histoire du football letton. Dans chaque pays, dans chaque ville, il y a des gens aui supportent des clubs dans différents sports - basket, hockey sur glace, football, etc. Mais en 2004, on a réussi la prouesse de réunir tout un peuple. Sportivement, on y a obtenu un match nul contre l’Allemagne, une équipe très forte qui grâce à ce match nul n’a pas pu accéder aux quarts de finale.
Je ne sais pas, il faudrait peut-être qu’on vérifie une troisième fois pour voir si c’est vrai ? (Rires) Mais la situation actuelle du Skonto n’est plus la même qu’à mon époque. Désormais, le club joue en deuxième division, ils ont eu une suspension de points à cause de soucis financiers, etc.
Il est vrai que je m’accorde un peu de crédit dans cette place de deuxième de Premier-Liga avec le Spartak, mais encore une fois, ça provient de cette grande expérience engrangée au Skonto, puis en équipe de Lettonie. J’ai prouvé que je pouvais réussir hors du pays.
Selon moi, le plus grand sportif letton de tous les temps, celui qui m’a donné le plus d’émotions, reste le lanceur de javelot M. Janis Lusis. Un très grand sportif, une grande personne.
Je suis surtout très heureux de voir que tous mes élèves sont devenus d’importants entraîneurs aujourd’hui : Marian Pahars à la tête de la sélection, Andrejs Piedels avec les gardiens de la sélection, Vitalijs Astafjevs au FK Jelgava… Ça vaut plus que n’importe quel trophée.
Dans votre carrière, quelle est la chose dont vous êtes le plus fier ? Il ne s’agit pas de « fierté » à proprement parler, mais il y a ce jeu qu’on appelle football, dont je suis tombé amoureux étant enfant et qui a traversé toute ma vie. Encore aujourd’hui, j’aime voir du football. Pas seulement la Ligue des champions, pas seulement la Liga. Voir un gamin de seize ans jouer au foot me procure tout autant d’émotion.
L’ancien capitaine de l’équipe nationale, Vitalijs Astafjevs a démissionné de son poste de président du FK Jelgava en mai, après combattu pendant deux ans contre les vents contraires.
En effet, Starkovs occupera le poste le plus haut, après l’avoir fait de 2001 à 2004 et plus récemment de 2007 à 2013, juste après Pahars. Personne n’a été plus chargé de l’équipe nationale lettone que Starkovs et ses 3 fois à la tête de la sélection.
L'Euro 2004: Un Moment Historique
La seule participation de la Lettonie à une compétition européenne majeure reste l’Euro 2004. L’équipe dut passer les barrages contre une sélection qui était alors largement favorite : la Turquie. Elle créa alors de ce fait la sensation en se qualifiant (1-0 ; 2-2). Mais lors de ce même Euro 2004, la Lettonie ne réussit à prendre cependant qu’un seul et tout petit point contre l’Allemagne, ce qui restera en soi un exploit pour elle (0-0) mais qui sera un poids lourd dans la balance, lorsqu’elle perdra ses deux autres matchs contre les Pays-Bas (0-3) et la République tchèque (1-2). Le seul buteur letton de la compétition sera alors Māris Verpakovskis et l’équipe repartira cependant avec le titre de seule équipe des Pays baltes à s’être qualifiée pour la phase finale d’une compétition internationale.
En 2006, la Lettonie ne réédita pas malheureusement l’exploit de 2004 lors des éliminatoires pour la Coupe du monde de football, et terminera donc 5e d’un groupe qui comprenait le Portugal et la Russie.
Pourtant, il s’agit d’une maigre consolation surtout si l’on repense que durant l’été 2004, les Lettons ont réussi l’exploit de faire partie des 16 meilleures nations européennes.
L’équipe nationale a participé à son premier championnat d’Europe en 2004 et a fait un match nul et vierge contre l’Allemagne.

En effet, elle élimina facilement la Lituanie (4-2 puis 5-1 à son avantage), avant de se faire difficilement sortir par l’Autriche (victoire autrichienne par deux buts à un, à Vienne) lors des éliminatoires.
L’équipe dut passer les barrages contre une sélection qui était alors largement favorite : la Turquie. Elle créa alors de ce fait la sensation en se qualifiant (1-0 ; 2-2). Mais lors de ce même Euro 2004, la Lettonie ne réussit à prendre cependant qu’un seul et tout petit point contre l’Allemagne, ce qui restera en soi un exploit pour elle (0-0) mais qui sera un poids lourd dans la balance, lorsqu’elle perdra ses deux autres matchs contre les Pays-Bas (0-3) et la République tchèque (1-2).
Mais malgré une belle résistance de leur part, ils finissent par céder dans le dernier quart d’heure, s’inclinant avec les honneurs 2-1.
Rapidement, l’Allemagne a la maîtrise du ballon mais face à une défense lettonne bien en place, elle peine à se créer des occasions franches, se contentant de frappes lointaines.
La fébrilité gagne les rangs de la Mannschaft, le bloc équipe se disloque et laisse de plus en plus de boulevards entre ses lignes ; Oliver Kahn sauve tout un pays lorsque seul face à Verpakovskis, il gagne son face-à-face !
Ce dernier, véritable poison, sème constamment la zizanie et aurait du obtenir deux pénaltys sur des fautes assez flagrantes des défenseurs allemands… Pourquoi Mike Riley, l’arbitre anglais, ne les a pas vu ?
Les hommes de Starkovs tentent mais n’y arrivent point, même s’ils souhaitent marquer un second but dans ce tournoi, lequel ne viendra jamais.
L’exploit n’aura pas eu lieu pour nos vaillants Lettons, qui quittent toutefois la compétition tête haute, sans jamais avoir été ridiculisés.
Verpakovskis, la star lettone, a longtemps tenté de tirer son pays vers le haut, devenant au passage le meilleur buteur de l’histoire de son pays (29 buts en 104 sélections) ; accompagné de ses compères de l’Euro 2004, ils tenteront bien de renouer avec leurs succès d’antan mais sans réussite.
Que reste-t-il de cette époque dorée ? Rien ou presque.
Le miracle de l’Euro et le Ballon d’Or le plus étrange | L’année historique 2004 !
Défis Récents et Scandales
Mais au cours des dernières années, les histoires entourant le football letton ont été beaucoup plus négatives. En effet, le président de la Ligue de football lettone, Emils Latkovskis est devenu l’un des personnages les plus en difficulté dans le football européen.
Les problèmes ont commencé en mars 2015, à la veille du début de la saison (en Lettonie, la saison se déroule de mars à novembre). Le FC Daugava Daugavpils est accusé de matches truqués et de malversation, la Ligue estimant que les livres de comptes ne sont pas assez bien tenus pour pouvoir avoir le droit de disputer le championnat. Mais le pire était à venir.
« Nous ne pouvions pas leur donner de licences, explique Latkovskis en s’excusant presque. Nous devons respecter certaines normes et critères financiers pour valider le budget de la saison à venir.
« On voit bien que le modèle financier de certaines équipes n’a pas de sens. Certains présidents financent leurs clubs grâce à leurs fonds personnels, et après vous leur demandez pourquoi ils s’impliquent dans le football et d’où vient leur argent ? Pourquoi certains mouvements de joueurs d’un club à l’autre sont-ils suspects ? Quelles sont leurs motivations ?
« La Lettonie est un petit pays et généralement on sait qui finance un club, quels sont ses objectifs et qui sont les personnes impliquées. Et vous vous rendez compte que ces personnes aiment le football. Mais avec certains, cet argent provient probablement d’activités qui ne sont pas liées et qui n’ont rien à voir avec le football. Nous parlons de blanchiment d’argent, de drogue, de traite d’êtres humains.
Lors de l’attribution des licences, nous avons dû demander aux clubs d’où venait cet argent et comment comptaient-ils l’utiliser.
Tout ça s’ajoute à l’autre grand fléau du football letton, qui en juin 2015 a connu sa troisième victime dans cette période de troubles. Le FB Gulbene a été exclu du championnat à la suite de soupçons de matches truqués lors de deux lourdes défaites, face au FK Spartaks et au FC Skonto.
« Nous avions des soupçons sur Gulbene depuis longtemps et ces deux matches les ont confirmés, justifie Latkovskis. Nous avons toujours su que ce club était lié à de mauvaises personnes, mais, maintenant, nous avons discuté avec des joueurs, nous avons lu des rapports de l’UEFA et nous sommes sûrs à 100% qu’ils ont truqué des matches.
« Nous avons essayé de parler de ce qu’il se passait avec eux, mais il semble évident que la direction du club est impliquée dans cette histoire de matches truqués. Il n’y avait pas d’autre alternative, pas d’autre solution, pour supprimer les matches truqués dans le football letton, que d’exclure Gulbene du championnat ».
Cette décision a été prise en dernier ressort dans un contexte où deux équipes ont déjà été exclues.
« Nous devons pénaliser les matches arrangés, me disait-il. On serait plus efficaces si la législation était adaptée. Aujourd’hui, seul le blanchiment d’argent est considéré comme un délit par l’Etat.
« Nous sommes sûrs que ces trois clubs sont impliqués dans des affaires de fraude, mais c’est tout ce que la police peut obtenir à leur sujet, me disait Mezeckis en août 2015. Nous avons fait des propositions au ministère de la Justice pour inclure les matches truqués dans le droit pénal. Je suis sûr que ce changement viendra, c’est juste une question de temps je pense.
« Mais nous sommes réalistes. Nous savons que, même lorsque les règles changent, ces agissements ne cessent pas immédiatement ».

En février 2016, l’Etat letton a finalement cédé et a inscrit dans la loi que toute tentative de trucage de match est punissable par la loi. Cette saison, la Virsliga a été moins perturbée par de telles pratiques. Le navire a été stabilisé et délesté de certains éléments qui le pourrissaient. Mais personne n’est assez naïf pour croire qu’il navigue désormais dans des eaux complètement calmes.
| Club | Année d'exclusion | Raison |
|---|---|---|
| FC Daugava Daugavpils | 2015 | Matches truqués et malversations |
| FB Gulbene | 2015 | Soupçons de matches truqués |
« Le football a une existence difficile en Lettonie, indique-t-il sobrement. Il est un à un niveau inférieur à ce qu’il était il y a 10 ans et il n’y a pas d’argent. Les jeunes joueurs sont rattrapés par les matches truqués car il y a tellement peu d’argent dans notre sport. C’est inévitable, vraiment.
On est bien loin du début des années 2000 durant lesquelles le football letton parvenait à se faire une place sur la scène européenne. Ces derniers temps, les exploits du football letton n’ont pas lieu sur des terrains, mais dans des salles d’audience.
En novembre 2015, une enquête a été ouverte sur la victoire du 7-1 FC Daugava face aux Suédois d’Elfsborg en 2013. C’est le seul match concerné par une enquête car il a eu lieu sur la scène continentale, et non lettone.
Aujourd’hui, après les exclusions et les différents scandales, seulement huit équipes jouent en Virsliga.
Latkovskis estime que c’est un bon nombre pour un pays comme la Lettonie, qui a ainsi un championnat plus équilibré et plus compétitif.
« C’est beaucoup mieux pour nous d’avoir huit équipes qui sont toutes propres.
« Nous ne voulons pas d’un championnat où la meilleure équipe bat la dixième 7-0 comme ce fut le cas par le passé. Nous pensons à la qualité et non à la quantité et nous sommes satisfaits avec huit équipes, a-t-il indiqué avant de se reprendre : Satisfait n’est pas le bon mot, mais les choses sont mieux qu’avant ».
Printemps 2023, la Lettonie est coincée à la 132e place du classement FIFA, entre les Comores et Antigua-et-Barbuda.