Considéré comme le pays du football par excellence, le Brésil a vu naître certains des plus grands joueurs de l’histoire. Détentrice du record de titres en Coupe du Monde (5), la Seleção a toujours su enchanter les fans de foot grâce à ses joueurs très techniques.

Mais comment le roi du sport a-t-il commencé au Brésil? Ses débuts semblent être dus à un fils d'Écossais qui a émigré à la fin du XIXe siècle au Brésil pour construire le train dans la ville de Sao Paulo sous le nom de Miller, Charles William Miller, meunier en français. Ce jeune homme a été envoyé par son père pour étudier au Royaume-Uni où il a pratiqué le football et à son retour il a amené avec lui un ballon et toutes ses connaissances.
Le premier club de football au Brésil fut le Sao Paulo Athletic Club en 1888. De son côté, la Confédération brésilienne de football (CBF) fut créée en 1914. Le premier match de l'équipe brésilienne de football eut lieu en 1914 avec une défaite contre L'Argentine 3-0 et déjà en 1919 et 1922, le Brésil a remporté la Copa América.
Il est important de souligner que l'équipe brésilienne a participé à toutes les éditions des Coupes du monde. Dans les premières éditions de 1930 et 1934, l'équipe n'a pas très bien performé, elle sera éliminé par l'équipe de Yougoslavie lors de la première phase en 1930 et par l'équipe de football espagnole en huitièmes de finale en 1934. Déjà en 1938, les joueurs brésiliens ont commencé à offrir le bon football de l'une des plus grandes équipes de football de tous les temps. La sélection brésilienne terminera troisième du championnat, avec un grand match de Leonidas da Silva.
Les Débuts du Football au Brésil
Le football moderne tel qu’on le pratique de nos jours, est né en Angleterre. Et pourtant, le pays qu’on considère comme celui du football se trouve à près de 9000km de la Perfide Albion. De la grisaille de Londres aux plages de Rio, de la fraîcheur de Southampton au soleil de Sao Paulo, des immigrés écossais aux travailleurs noirs, retour sur l’établissement d’un culte.
Comme dans la plupart des pays, ce sont ainsi des immigrés de sa Majesté qui ont diffusés le football de l’autre côté de l’atlantique. D’ailleurs, à première vue, celui qu’on considère comme le père du football brésilien n’a rien de brésilien … Charles Miller est le fils d’un ingénieur écossais, qui a découvert le football dans les années 1880 lors de ses études à Southampton. Sauf que Miller est né à Sao Paulo, pendant que son père travaillait pour une grande compagnie de chemin de fer, la Sao Paulo Railway Company.
La ressource phare du pays était alors encore le café, qu’elle exporte partout dans le monde. L’industrie bénéficie donc bien largement des progrès de la Révolution industrielle, le transport ferroviaire faisant désormais la liaison entre les grands pôles cafetiers, et amène avec lui une multitude de cerveaux étrangers, ingénieurs et architectes. Bien souvent d’ailleurs, ces derniers sont anglais. Les liens entre les deux pays sont historiques, puisque depuis la fuite de la cour portugaise devant les armées de Napoléon, et son exil à Rio en 1808, Brésil et Angleterre sont des alliés aussi biens politiques qu’économiques. L’importante immigration anglaise y apporte d’ailleurs également son mode de vie, ses loisirs: courses hippiques, aviron …
Visiblement, il y excelle, on le dit buteur, dribbleur, rapide, excellent joueur de tête … Il évolue même dans l’équipe de la ville, aujourd’hui en Premier League, dans la sélection du Hampshire, et dans une équipe londonienne réputée et au nom évocateur, les Corinthians. Mais le football est encore loin d’être un métier.
"Par une froide journée de l’automne 1895, j’ai réuni quelques amis et je leur ai proposé de disputer une partie de football. À lui seul, ce nom était déjà une curiosité. À l’époque, on ne connaissait que le cricket", racontera Miller peu avant sa mort, en 1953. Pour l’anecdote, son équipe s’était imposé 4 buts à 2, devant une dizaine de spectateurs.
En 1898, c’est donc au sein d’un club omnisport de la communauté britannique, le Sao Paulo Athletic Club, que Miller met finalement sur pied la première équipe du Brésil. Le football reste alors le sport de cette élite étrangère, si bien qu’en 1902, quand voit le jour le premier Campeonato Paulista, les quatre clubs qui se disputent le titre ont été fondés par des immigrés, aussi bien britanniques qu’allemands. Le cosmopolitisme de Sao Paulo est certainement un ingrédient clé dans le développement du football.
Ailleurs au Brésil aussi, ce sont également des expatriés qui lancent des clubs devenus aujourd’hui historiques. À Rio, en 1897, c’est Oscar Cox, fils d’un diplomate anglais de retour de ses études en Suisse, qui tient le même rôle que Miller. En 1902, il fonde le premier club véritablement brésilien, réunissant pour la plupart des jeunes bourgeois et aristocrates locaux: Fluminense est né.
Dix ans plus tard, suite à une scission au sein du club, c’est au tour de Flamengo de faire son apparition, logiquement pendant longtemps assimilé aux classes populaires, et avec lequel apparaîtra un des derbys les plus bouillants au Brésil et dans le monde entier. Toutefois, l’élitisme du football va petit à petit s’estomper. Dans la toute jeune République brésilienne, on voit dans ce sport un moyen de cimenter l’ensemble de la nation.

En 1910, les Corinthians, l’ancienne équipe de Miller, réalisent une tournée à Rio puis Sao Paulo, où la communauté anglaise reste prépondérante. Sur le terrain, ils ne font qu’une bouchée des équipes locales, de quoi impressionner quelques brésiliens travaillant dans les chemins de fer. Sauf que cette fois ci, ce ne sont pas des ingénieurs, mais de simples ouvriers issus de différentes communautés, qui mettent sur pied quelques semaines plus tard le mythique Sport Club Corinthians Paulista. Sa devise? "L’équipe du peuple, par le peuple et pour le peuple". Le football allait désormais conquérir l’ensemble de la société brésilienne.
Les Premiers Succès Internationaux
La France a découvert le football brésilien en 1938, lors de la Coupe du monde organisée dans le pays. Depuis 1958, l’équipe du Brésil symbolise ce football artistique et créatif que tous les supporteurs du beau jeu attendent de leur équipe. Cinq fois vainqueur de la compétition mondiale (1958, 1962, 1970, 1994, 2002), seul pays ayant participé à toutes les phases finales, le Brésil vit pour la Seleção au rythme quadriennal de l’épreuve de la FIFA.
Les Coupes du Monde vont propulser le Brésil sur le devant de la scène internationale après le deuxième conflit mondial. Celle de 1950 bien sûr, même si la défaite en finale « à la maison » contre l’ennemi juré l’Uruguay est durement ressentie par les supporteurs, mais surtout celle de 1958 en Suède avec l’éclatante victoire en finale de la Seleção auriverde. Et surtout, la révélation planétaire du très jeune (17 ans) attaquant Edson Arantes do Nascimento, dit Pelé.
Avec trois Coupes du Monde à son palmarès et d’autres titres prestigieux, le « roi » Pelé va incarner pour l’éternité l’image parfaite du footballeur moderne, au même titre que Fangio pour le sport automobile. Au Brésil, il devient la figure emblématique unanimement respectée dans et hors du pays (il sera d’ailleurs nommé ministre des sports du Brésil dans les années quatre-vingt-dix, puis ambassadeur de l’ONU et de l’UNESCO à l’éducation et l’environnement).
Pelé ne représente pas seulement l’idéal brésilien en matière sportive. Par son élégance et son talent naturels, il va incarner à merveille ce jeu brillant, artistique et inspiré qui sera de tous temps la marque de fabrique de l’équipe du Brésil, pour le plus grand bonheur des supporteurs, et pas seulement brésiliens.

Les Clubs Emblématiques de Rio de Janeiro
Plusieurs clubs de Rio de Janeiro ont marqué l'histoire du football brésilien :
- Fluminense Football Club: Fondé dans les premières années du XXe siècle, c'est la première organisation de l’état de Rio de Janeiro spécifiquement destinée au football. Il a apporté de très nombreux joueurs à l’équipe du Brésil de football, se classant ainsi à la cinquième place des clubs brésiliens.
- Clube de Regatas Flamengo: Surnommé o Mais Querido do Brasil, Flamengo fut notamment vainqueur en 1981 de la coupe intercontinentale et de la Copa Libertadores. Il a également été six fois champion du Brésil et trente deux fois champion de Rio (ce qui constitue un record en la matière).
- Botafogo de Futebol e Regatas: Surnommé o Glorioso (« le Glorieux » en français), le Botafogo détient le record du plus grand écart lors d'un match de football au Brésil, 24 à 0 contre le Sport Club Mangueira.
- Club de Regatas Vasco da Gama: Fondé en 1898, Vasco a eu dès l'origine l'idée d'être un club démocratique, en utilisant le noir, le blanc et le rouge sur la croix.
De façon étrange, ce sont deux équipes se partagent la ferveur de plus de 25 % d'une population accro au ballon rond : le Flamengo et le Vasco da Gama.
Légendes Originaires de Rio de Janeiro
Terre de légende de football, Rio de Janeiro a vu naître les plus grands sur ses terres.
- Zico: Il passe sa jeunesse dans le quartier de Quintino (Rio de Janeiro). Sa famille est originaire du Portugal.
- Romário: Surnommé « o baixinho » («le petit»), il est célèbre pour avoir remporté la Coupe du monde 1994, compétition dont il fut nommé Meilleur joueur.
- Ronaldo: Surnommé Il Fenomeno en Italie et Ronaldinho au Brésil, Ronaldo a remporté de nombreux titres avec l'équipe nationale du Brésil.
Le Stade Maracanã

Le stade Maracanã de Rio de Janeiro est l'un des plus grands stades de football au monde. Nommé d'après le quartier de Rio de Janeiro où il s'élève, il est le stade résident des clubs de Flamengo et Fluminense. Construit à l'occasion de la coupe du monde 1950 de la FIFA, il avait une capacité initiale de plus de 250 000 spectateurs (debout). Cependant, cette capacité fut réduite dans les années 1990, à 77 720 places assises (103 022 si l'on compte les places debout).
La « finale » de la Coupe du monde de football 1950 qui vit l'Uruguay battre le Brésil chez lui, fut vécu comme un véritable drame national et marqua la mémoire des 199 854 personnes présentes pour l'occasion. Le Brésil, qui n'avait besoin que d'un match nul pour devenir champion du monde, et qui menait 1-0, fut finalement battu 2-1, par l'équipe d'Uruguay. C'est la raison pour laquelle ce stade a été peint en bleu et blanc suite à un pari entre les deux équipes, car les Brésiliens n'avaient pas eu le temps de peindre le stade avant le début de la coupe du monde.
L'Histoire Du Football Brésilien - Les grandes gloires FR
Onze de Légende Brésilienne
Vous vous demandez justement quels sont les joueurs les plus marquants de l’histoire de la sélection brésilienne ? Voici une composition possible :
- Gardien: Gilmar
- Arrières Droits: Cafu, Carlos Alberto
- Défenseurs Centraux: Aldair
- Arrière Gauche: Roberto Carlos
- Milieux de Terrain: Socrates, Zico
- Attaquants: Garrincha, Ronaldinho, Pelé, Ronaldo
Considéré comme le meilleur gardien brésilien de l’histoire, Gilmar a été le dernier rempart de la grande Seleção des années 50 et 60. Sa constance, son efficacité et son calme en ont fait un pilier de l’équipe nationale pendant plus de 15 ans.
Malgré la concurrence de l’illustre Djalma Santos, nous n’avons pas hésité longtemps avant d’inclure Cafu dans notre onze de légende Brésil. Le joueur le plus capé de l’histoire de la Seleção est souvent cité lorsqu’il s’agit de désigner le meilleur latéral droit de tous les temps. Sa capacité à enchaîner les montées tout au long du match et sa technique en ont fait un joueur exceptionnel. Vainqueur de deux Coupes du Monde, il est le capitaine de l’équipe victorieuse en 2002.
Surnommé O Capitão, Carlos Alberto a été le leader charismatique de la légendaire équipe du Brésil 1970. Défenseur intelligent et élégant, il pouvait évoluer aussi bien à droite qu’en charnière centrale, avec toujours le même rendement. Avec le Brésil, Carlos Alberto remporte la Coupe du Monde 1970 en tant que capitaine.
Moins flamboyant que certains de ses coéquipiers, Aldair était pourtant un défenseur central de tout premier plan. Sa lecture du jeu, son sens du placement et sa capacité à relancer proprement en ont fait un élément clé du Brésil pendant plus d’une décennie. Son leadership était également très apprécié. Il a notamment été un pilier de l’équipe qui a remporté la Coupe du Monde 1994, formant une charnière centrale très solide avec Marcio Santos.
Si Nilton Santos pouvait prétendre à une place de titulaire dans ce onze de légende Brésil, nous avons choisi un joueur encore plus iconique. Avec ses frappes surpuissantes et ses coups francs impossibles, Roberto Carlos a marqué le poste de latéral gauche. Sa vitesse, sa puissance physique et sa capacité à marquer des buts spectaculaires en ont fait l’un des joueurs les plus excitants de sa génération.
Milieu de terrain élégant, Socrates se distinguait par son intelligence de jeu et sa technique raffinée. Sa taille imposante (1,93 m) et sa barbe emblématique en faisaient une figure reconnaissable sur le terrain. Capitaine de la légendaire équipe brésilienne de 1982 et 1986, il incarnait le joga bonito avec ses passes talonnées devenues sa marque de fabrique.
Considéré comme le « Pelé blanc », Zico était un milieu offensif d’une classe inouïe. Sa vision du jeu, sa technique parfaite et sa capacité à marquer des buts importants en ont fait l’un des meilleurs joueurs de sa génération. Ses coups francs redoutables faisaient également partie de son attirail. Il reste l’un des joueurs les plus aimés au Brésil, notamment pour son rôle central dans l’équipe mythique de 1982 et 1986.
Surnommé Alegria do Povo (Joie du Peuple), Garrincha est l’un des plus grands dribbleurs de l’histoire du football. Son destin tragique a également contribué à sa légende. Né dans une famille pauvre et souffrant de problèmes congénitaux, sa jambe droite est plus longue que la gauche de 6 centimètres à l’âge adulte. Il parvient néanmoins à en tirer profit pour rendre ses crochets et ses feintes insaisissables. En l’absence de Pelé blessé, il prend les clés du Brésil au Mondial 1962 et est élu meilleur joueur de la compétition. A l’issue de sa carrière, il finit seul, pauvre et alcoolique.
Avec son sourire permanent et ses gestes techniques incroyables, Ronaldinho a incarné la joie de jouer brésilienne. Sa créativité, ses dribbles déroutants et ses passes mystiques en font l’un des joueurs les plus spectaculaires de l’histoire. Malgré son jeune âge, il joue un rôle important dans la victoire du Brésil à la Coupe du Monde 2002. On se rappelle notamment de son coup franc d’anthologie inscrit contre l’Angleterre en quart. Il décevra quatre ans plus tard lors du Mondial en Allemagne.
Pelé est considéré par beaucoup comme le plus grand joueur de l’histoire. En avance sur son temps, il était doté de capacités techniques et athlétiques hors du commun, ce qui le rendait injouable pour ses adversaires. Le Roi Pelé a mené le Brésil au sommet grâce sa technique parfaite, sa vision du jeu et son sens du but inné. Son impact va bien au-delà des statistiques : il a inspiré des générations de joueurs et a contribué à faire du football brésilien une référence mondiale. Pelé reste le seul joueur à avoir remporté la Coupe du Monde à trois reprises.
Surnommé O Fenomeno, Ronaldo est considéré comme l’un des meilleurs attaquants de tous les temps. Sa vitesse, ses dribbles, sa puissance et son sens du but en ont fait un cauchemar pour toutes les défenses. Vainqueur de la Coupe du Monde 1994 sans disputer une seule minute, il brille quatre ans plus tard en hissant le Brésil jusqu’en finale. Malade, il erre comme un fantôme sur la pelouse face à la France.