Le handball féminin à Épinal a une histoire riche et passionnante, marquée par des moments forts et des figures emblématiques. Des défis constants aux ambitions grandissantes, le club a su évoluer et se faire une place dans le paysage sportif régional et national.

Un nouveau chapitre avec Gaël Monthurel
Durant l’intersaison, l’ancien pivot international aux 247 sélections, Gaël Monthurel, a mis le cap sur Épinal pour prendre en mains la section féminine du club. Il a fait partie de cette génération qui a permis au handball français de passer sur le devant de la scène. Sous la houlette de l’emblématique Daniel Constantini, Gaël Monthurel et les « Barjots » ont notamment décroché la médaille de bronze aux Jeux olympiques de Barcelone en 1992 et le premier titre de champion du monde de l’histoire des Bleus en 1995. Fort de son expérience et d’une décennie de coaching à travers la France et au Qatar, il espère parvenir à hisser l’équipe fanion en D2 à moyen terme.
L'arrivée et les premières impressions de Gaël Monthurel
Gaël Monthurel est arrivé le 10 août dernier à Épinal. Il a décidé très vite de tenter l’aventure et il ne le regrette pas. Il est très content de retrouver un banc et ce qu’il a vu jusqu’à maintenant le conforte dans son choix, il est vraiment très heureux et emballé par le projet. C’est très cohérent. Les installations sont superbes et les conditions de travail vraiment très bonnes.
Le choix du handball féminin
Après une première expérience à Bergerac, Gaël Monthurel revient sur du handball féminin. C’était une volonté de sa part. Il apprécie travailler avec des filles car, souvent issues de la formation du club, elles sont plus attachées et en général elles ne trichent pas sur le terrain, elles donnent tout ce qu’elles ont. Chez les garçons, on voit des équipes formatées, avec des costauds, une défense 0-6 et des schémas d’attaque similaires tandis que chez les filles on peut faire du 1-5, 4-2, 3-3. Au niveau professionnel c’est beaucoup plus enrichissant et financièrement ça coute beaucoup moins cher.
Les attentes et la mission de Gaël Monthurel
En tant que « Barjot » et avec son CV long comme le bras, Gaël Monthurel est attendu un peu comme le messie à Épinal. C’est logique d’attendre beaucoup de quelqu’un qui a un nom et un passé sportif comme le sien. Il a fait partie de l’épopée des Barjots, il a un actif derrière, donc forcément il a envie d’amener quelque chose à Épinal, que quelque chose dont le club a besoin pour franchir un palier, notamment chez les filles. C’est une opportunité autant pour le club que pour lui. Sa mission est de coordonner la filière féminine spinalienne.
La formation et le recrutement
Avec Nicolas Soriano, son bras droit, ils vont s’atteler au chantier de la formation. Ils ont 4 jeunes en catégorie -16 ans qui sont au Pôle et ils se projettent déjà sur ces filles-là dans 4 ans. Sur le recrutement, il va falloir nouer des partenariats solides avec les autres clubs du département voire de la région et permettre aux meilleures joueuses de venir renforcer leurs rangs en N1 ou en N3. Pourquoi pas dans cette optique à terme rebaptiser le club « Vosges Epinal Handball » ?
Objectifs et ambitions
Cette saison l’objectif est de se maintenir. Ils ont des moyens limités, un effectif court et un déficit au niveau physique. Mais les filles sont volontaires, elles ont accepté de s’entrainer 5 fois par semaine lors de la préparation, c’est un signal très positif. A moyen terme, l’ambition est de monter une équipe capable de monter en D2 et de s’y maintenir avec une structure solide derrière. Faire partie des 30 meilleurs clubs français, ce serait déjà très bien. On est cernés par des clubs de D1 (Dijon, Besançon, Metz) mais il n’y a rien ensuite en D2.
Les adversaires directes pour le maintien
Chevigny et Montigny vont être leurs adversaires directes pour le maintien et ils les affrontent lors des 1ère et 3ème journée, à domicile. Ils ont ciblé ces deux matchs là, il faudra bien les négocier. Pour se maintenir il leur faudra 4, 5 voire 6 victoires.
Les 54 équipes de N1F ont été placées dans 9 poules de 6. Epinal figure dans la poule 7 avec Chevigny Saint-Sauveur, la JDA Dijon, l’ES Besançon, Palente Besançon et Montigny-lès-Metz. Les clubs se rencontrent en matches aller et retour. À l’issue de cette première phase, les deux premiers de chaque poule sont qualifiés pour les playoffs qui se dérouleront en 3 poules de six équipes ; les 36 autres participeront aux playdowns qui se dérouleront en 6 poules de 6 équipes.
Julia Mengin : Une figure emblématique du handball spinalien
Capitaine des filles d’Épinal depuis plus de dix ans, Julia Mengin, 32 ans, a gardé intacte sa motivation durant toutes ces années.
Vingt-cinq années d’engagement absolu ont façonné Julia Mengin en une athlète hors pair, et l’ont élevée au rang de symbole du handball spinalien. Au cœur de cette ardente épopée, une figure unique a émergé pour captiver les foules, devenir une légende et insuffler la magie du handball dans chaque fibre de sa ville natale. À travers les vicissitudes du temps, elle a défendu le penon de la victoire avec une férocité indomptable et une grâce irrésistible.
Dans le cadre de sa formation d’entraîneur, Julia Mengin a eu la chance de vivre une expérience peu commune début novembre. Via son entraîneur à Épinal, Youcef Belkharoubi, la jeune femme a profité de la pause d’un mois en Nationale 1 pour partager le quotidien de la sélection féminine du Sénégal, en lice au championnat d’Afrique des nations, du 9 au 19 novembre. Youcef Belkharoubi est l’adjoint de Yacine Messaoudi, le sélectionneur des Lionnes.
La saison passée, Julie (Bedon) avait donné un coup de main mais c’était difficile pour elle. Dans le groupe, il y a encore un noyau avec Alexandra (Gonigam), Annabelle (Dichiara), Mathilde (Bedon) et Julia Mengin. Elles n’ont plus l’envie ou la possibilité de le faire, notamment celles qui ont des enfants. Elles sont également peu nombreuses à vivre encore à Épinal.
L’ambiance, cela change tout. De plus en plus de gens reviennent les voir. Sur le terrain, cela aide d’être poussé comme ça par le public. En N1, c’est très rare ce genre de choses. Le groupe de supporters vient du foot, du hockey, etc. Ils ne se connaissaient pas tous au départ. Ils sont venus par curiosité et ont décidé de s’investir petit à petit. On en avait croisé certains place des Vosges et on leur avait proposé de venir voir un match.
Un dernier match émouvant
Hier, le Palais des Sports d’Épinal a offert à ses visiteurs ce que le handball réserve de plus remarquable. Les « Last Dance », c’est ce parfum d’exception, et l’on éprouve à la fois une excitation, une tension et déjà une nostalgie à l’idée du final. Cette soirée était très attendue. Elle nous a quand même estomaqués, au-delà de tous les espoirs, avec des moments d’une intensité folle.
« Je ne savais pas si j’allais réussir à jouer lors des premières minutes, et à contrôler cette émotion » avouait la capitaine spinalienne en zone mixte d’après-match. Pour autant, fort est de constater que le défi a été relevé. Et ce, malgré les applaudissements lors de son entrée sur le parquet, s’élevant en une ovation respectueuse, remplie d’admiration et de gratitude, témoignant du profond impact qu’elle a laissé au fil de ses 25 années.
Nonobstant l’émoi, elle et ses coéquipières rentrent à la perfection dans cette rencontre, ouvrant rapidement le score, par l’intermédiaire de Medea Chokheli, 1’’. Les 200 supporters présents poussent et donnent de la voix. Les 2 équipes sur le terrain leur rendent assez bien, bataillant âprement pour prendre le dessus sur l’autre. Toutefois, la 3ème place au classement des Bisontines est tout, sauf le fruit du hasard. Les femmes de Charles Fostel sont brillantes, et l’ont encore prouvé hier soir.
Ni la ténacité de Julia Mauffrey, ni les consignes de Youcef Belkharoubi, encore moins l’allégresse du public ne suffiront pour que les Spinaliennes parviennent à revenir au score. Il aura fallu attendre la 17ème minute pour que les visiteuses prennent l’avantage, grâce à un but de Léa Cuenot, autrice d’une prestation XXL. Un avantage qu’elles ne lâcheront plus, jusqu’à coup de sifflet final.
Le coup de sifflet final retentit, signifiant la défaite 32 - 33 du SAS. Tandis que les secondes s’égrainent, le moment fatidique se rapproche. Marquant avant tout la fin de la carrière de Julia Mengin. Un silence respectueux enveloppa l’arène, rapidement remplacé par une ovation tonitruante des supporters en reconnaissance de ses exploits.
Une dernière scène émouvante, sur laquelle la joueuse du cru reviendra en après-match « Aujourd’hui, c’est la fin de 25 belles années, au travers desquelles j’ai passé énormément de bons moments. Ce n’est pas uniquement une page, mais bel et bien un chapitre de l’histoire du club qui vient se clôturer ce soir. J’y ai fait des rencontres qui ont marqué ma vie, m’ont aidé à grandir, et surtout, à me construire. Jamais je n’aurais rêvé vivre cela, donc je serais éternellement reconnaissante. »
Les handballeuses évolueront en N2 l’an prochain, et devront profiter de la période estivale afin d’établir les objectifs pour la saison à venir. Pour remplacer Julia Mengin, aussi.
Saison 2010/2011 et les défis de la N1
Épinal a disputé sa première saison de N1 en 2010/2011. La première fois, c’était un exploit d’y accéder. On était dans une phase de découverte. Ensuite, on a mis en place un fonctionnement pour remonter rapidement. Ce n’était plus un hasard.
La N1, c’est la transition entre les mondes professionnel et amateur. La particularité de notre poule, c’est qu’il y a quatre centres de formation (Metz, Besançon, Dijon et Stella Saint-Maur). Ces filles ne font que ça et s’entraînent 7 à 8 fois par semaine. En plus, les équipes de haut de tableau ont souvent une ou deux pros.
De notre côté, on a deux joueuses qui, cette saison, sont venues à Épinal pour le handball (la Danoise Anne-Elisabeth Glud-Lyngaa et la Géorgienne Medea Chokheli). Elles s’entraînent deux fois plus que nous. La principale difficulté, c’est qu’elles ne parlaient pas français en arrivant. Il a fallu trouver un mode de fonctionnement pour se comprendre sur le terrain, pour la transmission des consignes et les séances de vidéo. Désormais, cela se passe bien. Elles avaient la volonté de s’intégrer rapidement et demandé à prendre des cours de français. Avoir des filles qui viennent d’ailleurs, c’est enrichissant. Cela a tout changé !
Youcef, c’est un professionnel du handball. Il est compétent et exigeant. Sur le plan humain, cela se passe super bien. Il a aussi un sacré réseau. Cette saison, on a quatre recrues.
Victoire contre Metz 2 : Un exploit mémorable
C’est un exploit majuscule qu’ont accompli les Spinaliennes face à la réserve de Metz, qui avait tout dévasté jusque-là. Les Spinaliennes ont infligé à la réserve de Metz sa première défaite de la saison. Héroïques pendant les soixante minutes de jeu, les filles de Lucas Soyer ont écrit l’une des plus belles pages de l’histoire du club. Pendant et après la rencontre.
Ce sont les filles d’Epinal qui sont allées chercher la victoire face à l’omnipotent leader de la poule 3 de Nationale 1. Battues 31-28, les joueuses de Yacine Messaoudi, qui ont marqué moins de 30 buts dans un match pour seulement la 2e fois de la saison, sont tombées sur une défense robuste. Et quand les Mosellanes se créaient des situations de tirs, c’est cette diablesse de Cécilia Perrin qui était à la parade. La doyenne de l’effectif spinalien a réalisé 11 arrêts en une heure de jeu, souvent à des moments-clés.
« La base de cette victoire, c’est notre défense. On a été héroïques derrière, lâchait, sous le coup de l’émotion, Lucas Soyer, le technicien spinalien. En attaque, on est resté concentré et on ne s’est pas jeté n’importe comment. Quand on bosse bien, comme on l’a fait toute cette semaine, cela prouve qu’on peut même battre des équipes comme Metz. C’est beau ! »
La réserve de Metz avait impressionné par ses stats : 417 buts marqués, 255 encaissés. Car par-delà ses 12 victoires avant de se faire gifler par Epinal. Soit un peu de 35 buts inscrits par match et à peine plus de 21 pris.
Une résistance héroïque
A la pause, alors que, grâce à 2 buts en vingt secondes, Metz avait repris l’avantage, les Spinaliennes avaient déjà fait trembler les filets mosellans à 17 reprises. On était presque déçu qu’elles n’aient pas réussi à conserver l’avantage qui a été le leur durant presque toute la première période (17-18). A ce moment, on n’imaginait pas encore les locales réaliser l’exploit. Mais avoir résisté une demi-heure face à l’ogre de la poule 3 était déjà comme une victoire. La plaisanterie a duré : 23-21 à la 40e , 25--21 3 minutes plus tard, 28-27 à la 55e. Le Palais des sports ne tenaient plus en place.
Malgré les nerfs et les 4 penaltys réussis en quelques minutes par Ilona Di Rocco, l’une des deux joueuses avec Julie Le Blevec à avoir participé au match de Ligue des Champions entre Metz et Copenhague il y a une semaine (36-24), ça puait la défaite pour Metz. Bien plus surveillée et, forcément éreintée, qu’en première mi-temps, Alexandra Gonigam trouvait les ressources pour inscrire les 3 derniers buts de sa formation. Même les crampes n’auront pas eu raison de la jolie rousse. La messe était dite.
Epinal, une semaine après sa surprenante défaite à Montigny-lès-Metz (32-24), l’avant-dernier, a démontré qu’il avait un cœur énorme. Le tout avec un sept quasi-inchangé. Seule Enora Lesven est sortie du banc en cours de match. Son apport défensif a fait un bien fou quand le bateau commençait à tanguer. Mais hier, la tempête était jaune et bleue. Chapeau les filles !
Les statistiques du match
Alexandra Gonigam a inscrit 13 buts, dont 5 penaltys. Passée par Metz il y a quelques années, la demi-centre a réalisé une prestation XXL hier soir, à l’image de toute son équipe.
Epinal - Metz 2 : 31-28
Mi-temps : 17-18
Palais des sports, 300 spectateurs, arbitrage de MM. Grimet et Pavelot.
EPINAL : Gonigam 13 (dont 5 penaltys), M. Bedon 8 (dont 1 penalty), Mengin 4, J. Bedon 3, Dichiara 2, Imhof 1, Lesven, Denée, Gérard.
Gardienne : Perrin 11 arrêts ; 4’d’exclusions temporaires.
METZ 2 : Di Rocco 5 (dont 4 penaltys), Gautschi 5, Le Blevec 4, Godard 4, L. Kanor 3, Bel-Gareh 2, Nooitmer 2, Bouktit 1, Seguin 1, Smits 1.
Gardiennes : Portes (de la 1re à la 30e ) 7 arrêts ; Dos Reis (de la 31e à la 60e ) 2 arrêts ; 8’d’exclusions temporaires.
Le derby Metz-Épinal : Un match chargé d'histoire
Avant d’être un derby, un match d’ouverture Metz-Épinal est un irrésistible appel à ouvrir l’armoire à souvenirs. Dans les deux camps, le meuble est rempli à ras bord. En septembre 2010, chez ce même adversaire, Yacine Messaoudi dirigeait la réserve jaune et bleue pour la première fois. « Ce match me parle encore » , confie l’Ivryen. Moins par le résultat, éclatant (victoire 20-35), que par le contexte de sa venue en Moselle. « Quand je suis arrivé, il n’y avait que quatre filles professionnalisables. Aujourd’hui, je mesure le travail accompli et la métamorphose du centre de formation. Dans l’équipe qui sera alignée, il n’y a que des filles de 15 à 19 ans qui ont ce profil. » Sans Lilla Toth (genou), peut-être sans Tamara Horacek (pouce), cette génération d’apprenties championnes prendra son envol, à domicile cette fois, face au promu coaché par Vincent Voltat.
Le prédécesseur de Messaoudi, pendant la saison 2009-2010. « J’ai un grand respect pour lui, comp limente ce dernier. C’est un entraîneur très compétent. » Qui a reconstitué dans les Vosges un clan d’anciennes petites Dragonnes. Cyrielle Steiner et Mélanie Monasso ont fait leurs classes en leur sein, Halima Talbi en gardait les cages avant de déménager, dit-elle, « pour pouvoir vivre un autre challenge, apporter un petit plus ».
L’avant et l’après-match regorgeront à coup sûr d’embrassades, de rires, de poignées de mains. « Ça me rend nostalgique, parce que j’ai vraiment vécu deux très belles années à Metz » , avoue la nouvelle gardienne spinalienne. Pendant, sans surprise, « il n’y aura pas de sentiment. Il n’y aura que la gagne qui sera importante ».
Les Messines devront résister, entre autres, aux assauts d’une base arrière taillée dans le bois vosgien. Émilie Wolf, onze buts en Coupe de France il y a une semaine, et Adriana Leordean, débauchée d’Achenheim, seront à surveiller de très près.
« Je n’attends pas monts et merveilles de ce premier match, annonce Yacine Messaoudi. On a eu une préparation longue, les contraintes scolaires et de transport sont réapparues. Je ne pense pas qu’on puisse produire une copie propre collectivement, mais j’attends beaucoup d’envie, beaucoup d’engagement, et que les filles prennent leurs responsabilités individuelles. Recevoir Épinal, ça doit être une étape pour pouvoir jouer en D1. » En fonction des besoins de Sandor Rac, ça risque d’être le cas pour Déborah Kpodar, Laura Flippes et/ou Aramata Dembélé.
Autres faits marquants
- Reichstett a arraché le match nul (24-24) devant 900 spectateurs grâce à Johanna Heng et Manon Lhou Moha.
- Cléopâtre Darleux a vécu des moments exceptionnels à Metz, marquant un point final magistral à sa carrière.
- La réserve de Metz est en route pour le titre, incarnant l’excellence de son centre de formation.
- Mathilde Ziegler a remporté le titre de championne de l’île à La Réunion.
Jumelage avec Gembloux
C'est après une cuisante défaite à l'émission "Jeux sans frontières" qu'Epinal et la ville belge Gembloux ont fait connaissance en 1968. Epinal a pour amies sept villes jumelles : Loughborough (Angleterre), Schwäbisch-Hall (Allemagne), Bitola (Macédoine), Gembloux (Belgique), La Crosse (Etats-Unis),Chieri (Italie) et Novy Jicin (République Tchèque). Des amitiés qui sont nées pour diverses raisons, volonté politique ou rencontres associatives. Mais l'histoire la plus originale est celle qui a conduit au jumelage entre Epinal et une petite ville de 25 000 habitants située en Belgique, Gembloux.
En effet, tout a démarré en 1968 grâce à la participation des deux villes à un célèbre jeu télévisé de l'époque "Jeux sans frontière". Dernière ex-aequoEn effet, tout a démarré en 1968 grâce à la participation des deux villes à un célèbre jeu télévisé de l'époque "Jeux sans frontière". Les deux villes finissent aux deux dernières places de la rencontre, ex-aequo. Albert Philippin, le premier échevin de Gembloux et André Arguant, le maire d’Epinal, noient ensemble leur chagrin le soir de la défaite. Les deux hommes s'apprécient tout de suite et décident alors de tisser des liens privilégiés entre leurs deux communes.
Ce sont ensuite les associations qui vont sceller les premiers échanges, notamment les clubs ornithologiques des deux villes. Des liens qui amenèrent à officialiser le jumelage à Gembloux le 15 septembre 1974 en présence d'une centaine de Spinaliens, essentiellement des sportifs qui participent alors à des joutes basées sur le principe de l'émission "Jeux sans frontière". Le 15 juin 1975, c’est la cérémonie retour à Epinal. Gembloux se chargeant alors de former un comité qui assure la coordination des échanges entre les deux villes. Depuis les échanges scolaires, culturels, sportifs et associatifs se sont multipliés.

On peut lire cette anecdote insolite sur la naissance des relations amicales entre Epinal et Gembloux sur le totem installé à Epinal à l'occasion du 40e anniversaire du jumelage. Le 4 décembre 2015, inauguration du nouvel espace urbain pour le jumelage avec Gembloux.
Cette rencontre entre les deux villes a bien fini ne jamais voir le jour en raison des tensions sociales qui règnent dans le pays alors. En effet, en 1968, les événements du mois de mai conduisent à l’annulation de l’émission prévue au départ à Paris ainsi qu’à la déprogrammation de l’ensemble de la saison de "Jeux sans frontières". En effet, les émeutes étudiantes qui ont éclaté début mai à Paris se poursuivent tout au long du mois.
Les producteurs, craignant que l'événement ne soit saboté par les manifestants, décident alors de délocaliser le tournage de l'émission à Épinal le mercredi 19 juin. Cependant, les émeutes se sont intensifiées début juin, se propageant dans tout le pays jusqu'à une grève nationale. Lorsque la grève s'est étendue aux travailleurs du radiodiffuseur ORTF, il est décidé de tourner les émissions hors de France.
L’émission tournée à Siegen à laquelle participent Epinal et Gembloux est diffusée le mercredi 28 août 1968 sur la chaîne allemande ARD, le vendredi 30 août sur les chaînes anglaise (BBC1) et italienne (RAI). L'émission délocalisée en AllemagneLes "Jeux sans frontières" débutent donc avec 15 jours de retard à Zofingen en Suisse. Les équipes d'Epinal et de Gembloux qui devaient participer à la première émission s’affronteront finalement en fin de saison lors d’une émission préparée à la hâte par la télévision allemande. Mais elle ne sera jamais diffusée en France par l'ORTF. Ce qui explique que personne ne se souvienne de cette rencontre. On n'en retrouve d'ailleurs pas même une ligne dans la presse de l'époque.
"Jeux sans frontières" est un jeu télévisuel dérivé à l'échelle européenne du jeu Intervilles lancé en France en 1962 qui consiste à opposer deux villes dans des épreuves ludiques et sportives. Ses créateurs, Guy Lux et Claude Savarit, sont missionnés par le Général de Gaulle pour créer ses "Jeux sans Frontières" en 1965. En effet, ce dernier qui planche sur le traité de l'Elysée (traité de l'amitié franco-allemand) se dit que de tels jeux ne peuvent qu'être bénéfiques au maintien de la bonne entente entre les peuples d'Europe. La première émission est diffusée sur la première chaîne de l’ORTF en 1965 puis sur la deuxième chaîne à partir de 1969. Le jeu sera diffusé en France jusqu'en 1982 puis revient en 1988 sur Antenne 2. L'émission restera à l'antenne jusqu'en 1992 pour revenir en 1997 avant de disparaître en 1999.
Lina Ghediri, qui a fait les beaux jours d'Epinal Handball il y a quelques saisons, a participé ce samedi au jeu de France 2, "Tout le monde veut prendre sa place". Ce midi, la jeune femme, qui a évolué durant de nombreuses saisons à Epinal Handball et a contribué à le faire monter en Nationale 1 avant que des blessures ne mette un terme à sa carrière, a participé au jeu de France 2 "Tout le monde veut prendre sa place." Elle n'a pas réussi à prendre la place de Marie-Christine, la championne aux 106 victoires dont la cagnotte atteint désormais 128 000 euros, mais Lina Ghediri n'a pas à rougir de sa prestation. C'était la première fois qu'elle prenait part à un jeu télévisé.
Face au taquin Nagui, la Vosgienne, qui a tourné l'émission le 18 juin en région parisienne, ne s'est pas démontée. Elle a notamment évoqué sa profession - elle travaille dans l'agroalimentaire - et sa passion, photo à l'appui, pour Mickaël Guigou, le... handballeur (on ne se refait pas) de Montpellier et de l'équipe de France. Qu'elle a croisé à plusieurs reprises. Dont une assez cocasse comme elle l'a expliqué à l'antenne. Elle a ensuite passé le 1er tour de l'émission qui voit le nombre de candidats se réduire de 6 à 4 après qu'ils aient chacun répondu à deux questions. Avec brio puisqu'elle a atteint les 10 points, soit le maximum. Malheureusement, la suite lui a été fatale et elle a buté sur une question à propos d'une chanson de Vanessa Paradis dont elle n'a pas réussi à retrouver le titre. Pas de face-à-face avec l'indéboulonnable Marie-Christine donc mais l'expérience a été sympa pour celle qui vit désormais du côté de Lyon et dont la bonne humeur et la joie de vivre, légendaires auprès de ses amis vosgiens, a transparu à l'antenne.
L'histoire du handball féminin à Épinal est une saga de passion, de défis et d'ambitions. Des figures emblématiques comme Julia Mengin à l'arrivée de Gaël Monthurel, le club a su évoluer et se faire une place dans le paysage sportif. Les défis de la N1, les exploits contre des équipes comme Metz 2, et les projets d'avenir témoignent de la détermination du club à atteindre ses objectifs. Le jumelage avec Gembloux ajoute une touche d'originalité à cette histoire riche et passionnante.