Metz Handball: Une Légende du Handball Féminin Français

Le Metz Handball, club phare du handball féminin français, incarne une histoire riche en succès, en innovations et en moments mémorables. De ses modestes débuts à sa domination actuelle sur la scène nationale et sa percée remarquable sur la scène européenne, le club lorrain a marqué l'histoire du sport français. Pour retracer cette formidable épopée du sport français, une exposition retrace l’histoire du club et son parcours au musée de la Cour d’or à Metz du 12 mars au 26 mai.

Metz Handball fête son 60ème anniversaire. Pour marquer cet événement, une exposition au Musée de Metz et une soirée de gala ont été organisées. Metz Handball est avant tout une formidable aventure humaine. Le club, qui n’a cessé de grandir et de se professionnaliser, fête mardi 11 mars ses 60 ans. Depuis plus de dix ans maintenant, les Dragonnes nous surprennent régulièrement en investissant des lieux emblématiques de la ville de Metz : après avoir organisé des soirées de présentation de l’équipe à l’Opéra-théâtre, à la cathédrale, sur le Plan d’eau… Metz Handball investit cette fois le Musée de la Cour d’Or pour un retour sur les 60 années qui ont fait ce club.

Cet article explore en profondeur l'ascension du Metz Handball, ses figures emblématiques, ses moments clés et son impact sur le handball français et international.

Les Premières Heures de Gloire : Des Années 80 aux Années 2000

L'histoire du Metz Handball est intimement liée à l'essor du handball féminin en France. Dans les années 90, le club a connu ses premiers succès majeurs, remportant son premier titre de champion de France en 1989 grâce notamment à Corinne Zvunka, épouse d'Olivier Krumbholz. Ce dernier a mené l'équipe à la victoire, remportant cinq titres jusqu'en 1995, avant de se consacrer aux équipes de France junior puis senior.

Olivier Krumbholz, artisan des premiers titres du Metz Handball, a quitté l’ASPTT Metz pour se consacrer à l’équipe de France junior, puis à l’équipe senior en 1998 et les résultats ont suivi la courbe de progression de Metz.

Au début des années 2000, malgré le départ de plusieurs joueuses cadres vers l'étranger, l'ASPTT Metz a su maintenir son niveau et rivaliser avec Besançon, engrangeant de nouveaux titres. Entre 1999 et 2009, les Messines n'ont laissé échapper que deux titres de champion de France.

Bertrand François, un autre Messin, a pris la relève d'Olivier Krumbholz et a poursuivi la moisson de titres jusqu'en 2010, à l'exception d'une parenthèse en 2003.

L'Ère Moderne : Metz Handball et la Quête de l'Excellence Européenne

En 2001, Les Arènes voient le jour et peuvent accueillir spectacles, concerts et manifestations sportives dans l’avenue Louis-le-Débonnaire, au bout du parc de la Seille devenu depuis Les Jardins Jean-Marie-Pelt. L’inauguration a lieu le 7 février 2002, après des travaux réalisés par Demathieu Bard.

En 2010, le club est devenu officiellement le Metz Handball. Cependant, après avoir remercié Bertrand François, estimé responsable de nombreux échecs à l'échelle continentale, le club a connu une période de transition.

À partir de 2017, une nouvelle dynamique collective s'est mise en place. Metz a enchaîné les titres de championnes de France, confortant sa place parmi les meilleurs clubs européens.

Lorsque l’on examine le palmarès de Metz Handball, outre l’aspect quantitatif qui est impressionnant et unique, la constance et la régularité de cette présence au plus haut-niveau marque également l’observateur. 26 titres de champion de France, certes, mais sur une durée de 35 saisons.

Et il faut souligner que durant toute cette période il y a toujours un club qui vient remettre en cause l’hégémonie messine et que l’opposition est régulière, permanente. Elle est venue durant toutes ces années successivement des quatre coins de l’hexagone : Besançon, Gagny dans les années 90, Le Havre, Fleury dans les années 2000 et plus récemment Brest.

Longtemps distancées au niveau européen, les handballeuses ont atteint trois fois le dernier carré continental depuis 2019. Le club a dû progresser pour faire face à la concurrence en France d’un club situé neuf cent kilomètres plus à l’ouest, Brest Bretagne handball.

Les Brestoises ont pour elles un budget de 8,6 millions d’euros, quasiment deux fois plus que le 4,5 millions lorrains. Metz parvient à tenir le choc Grâce à son savoir-faire, à la réputation établie d’Emmanuel Mayonnade, coach du club depuis dix ans qui a aussi été champion du monde 2019 comme sélectionneur de l’équipe féminine des Pays-Bas. Et aux joueuses, évidemment, pour beaucoup membres de l’équipe de France, qui continuent à choisir de jouer en Moselle. On peut citer la gardienne Cléopâtre Darleux, la capitaine Sarah Bouktit, formée au club, ou l’ailière Chloé Valentini.

Cette dernière a profité de la fête des soixante ans mardi pour annoncer publiquement sa grossesse et va donc s’éloigner pour quelques mois du club. Chloé Valentini gardera sans doute un œil sur la suite d’une saison pour l’instant exceptionnelle puisque toutes compétitions confondues, son club n’a pas perdu un match depuis septembre.

Les Brestoises ont été surclassées d’un but en Championnat de France et en quatorze matches de Coupe d’Europe, les Messines n’ont concédé qu’un match nul.

Cléopâtre Darleux, gardienne emblématique du Metz Handball.

Le Metz Handball et l'Équipe de France : Une Synergie Gagnante

L'histoire du Metz Handball est étroitement liée à celle de l'équipe de France féminine. Dès la première finale mondiale de handball féminin tricolore, France-Norvège en 1999, une seule joueuse sur le parquet n'était pas licenciée à Metz : la gardienne de but Valérie Nicolas.

La médaille d'argent remportée lors de ces mondiaux a marqué le début d'une série de quatorze médailles pour l'équipe de France.

La synergie entre le Metz Handball et l'équipe de France se poursuit aujourd'hui, avec cinq internationales françaises dans l'effectif actuel du club mosellan. Cette collaboration fructueuse a permis aux deux entités de se hisser au sommet de leur discipline.

Si la première finale est perdue 25-24 face aux nordiques, l’histoire retiendra que la médaille d’argent des mondiaux 99 est la première d’une série de quatorze à ce jour pour l’équipe de France. L’histoire des Messines est intimement liée depuis les années 90 à l’accession des tricolores aux meilleures places mondiales.

L’équipe de France traverse une décennie difficile : en dehors du titre de champion du monde en 2003, la France ne ramène que du bronze et de l’argent de ses campagnes européennes et mondiales.

En 2017, la dynamique collective est relancée : Metz enchaine les titres de championnes de France, et conforte sa place parmi les meilleurs clubs européens. L’équipe de France devient presque invincible : titres mondiaux en 2017 et 2023, européen en 2018 et olympique en 2021.

La belle histoire entre le Metz Handball et l’équipe de France se poursuit, puisque l’équipe actuelle mosellane compte cinq internationales françaises dans son collectif.

Palmarès

CompétitionNombre de titres
Championnat de France26
Coupe de France12
Coupe de la Ligue8
Demi-finales de Ligue des champions3

Un Palmarès Impressionnant : La Domination Nationale

Le Metz Handball domine le handball féminin français avec un palmarès exceptionnel. Le club a remporté 26 titres de champion de France, dont le dernier en date face à l'OGC Nice Côte d'Azur Handball. Les Dragonnes ont maîtrisé leurs deux confrontations, s'imposant 21-33 à l'aller et 33-28 au retour. Ce 26e titre national témoigne de la domination du club lorrain sur le handball féminin français.

En plus de ses nombreux titres de champion de France, le Metz Handball a également remporté 12 Coupes de France, dont la dernière face à Paris 92 dans une Accor Arena surchauffée.

Les Arènes de Metz : Un Temple du Handball

Les Arènes de Metz sont le cœur battant du Metz Handball. C'est dans cette salle emblématique que les Dragonnes disputent leurs matchs à domicile et offrent à leurs supporters des moments de joie et de passion.

Les Arènes de Metz, dont la construction fut décidée après l’incendie de l’ancien palais des Sport Saint-Symphorien sont mises en service en septembre 2001.Le nom évocateur de la salle est une référence aux vestiges de l’amphithéâtre gallo-romain tout proche.

La grande salle polyvalente peut accueillir jusqu’à 5 458 personnes. En fonction de l’utilisation, les gradins rétractables permettent de faire passer la capacité d’accueil de 1 000 à 4 525 places assises.

Lors de leur dernier match de la saison dans leurs Arènes, les Messines ont offert un nouveau succès à leurs supporters face à Nice. Les joueuses ont parfaitement géré la pression et ont pu fêter leurs partantes, comme Béatrice Edwige, qui a eu du mal à contenir son émotion au moment de faire ses adieux aux Arènes.

Les Arènes de Metz, le terrain de jeu des Dragonnes.

Les Figures Emblématiques du Club

De nombreuses joueuses et personnalités ont marqué l'histoire du Metz Handball. Parmi elles, on peut citer :

  • Corinne Zvunka : Joueuse clé du premier titre de champion de France en 1989.
  • Olivier Krumbholz : Entraîneur emblématique qui a mené l'équipe à la victoire à plusieurs reprises et a contribué à l'essor du handball féminin en France.
  • Bertrand François : Entraîneur qui a poursuivi la moisson de titres après le départ d'Olivier Krumbholz.
  • Chloé Valentini : Joueuse talentueuse qui a brillé lors de la finale de la Coupe de France 2022-23.
  • Béatrice Edwige : Figure emblématique du club, qui a ému les supporters lors de son départ des Arènes.

Ces figures emblématiques ont contribué à façonner l'identité du Metz Handball et à écrire les plus belles pages de son histoire.

Le Metz Handball et son Impact Local

Le Metz Handball est bien plus qu'un simple club sportif. C'est une institution qui rayonne sur la ville de Metz et sur toute la région Lorraine.

Une exposition retraçant l'histoire du club et son parcours a été organisée au musée de la Cour d'or à Metz, témoignant de l'importance du Metz Handball dans le patrimoine local.

Emmanuel Mayonnade (Metz Handball) : "Je me suis tourné vers l'entraînement très jeune."

Metz Handball et Emmanuel Mayonnade est une histoire qui continue de s’écrire dans la durée. Le club lorrain a officialisé ce lundi 5 janvier, à l’occasion d’une conférence de presse exceptionnelle, la prolongation du contrat de son entraîneur emblématique jusqu’en 2027. Une annonce forte, symbole de stabilité et d’ambition, qui confirme la volonté commune de poursuivre une aventure déjà exceptionnelle.

Arrivé à Metz il y a dix ans, Emmanuel Mayonnade a profondément marqué l’histoire du club. Sous sa direction, le bilan parle de lui-même : huit titres de champion de France et six Coupes de France.

Cette prolongation s’inscrit dans une logique de continuité sportive, mais aussi de projection vers l’avenir. Malgré des intersaisons parfois mouvementées, Metz Handball continue d’anticiper et de se structurer. Le recrutement pour la saison prochaine est d’ailleurs déjà bouclé, avec l’arrivée de quatre nouvelles joueuses : Lilou Pintat, Gabriela Moreschi, Lyndie Tchaptchet et Kristina Jorgensen, ainsi que la prolongation de Suzanne Wajoka et le premier contrat d'Yavana Atangana.

Enthousiaste, Emmanuel Mayonnade n’a pas caché son attachement profond au club messin. « Mon bonheur reste intact, malgré le temps qui passe. Chaque matin, la flamme est toujours là », a-t-il confié, soulignant l’importance du projet sportif, de l’environnement de travail et des valeurs portées par Metz Handball.

Avec cette prolongation, Metz Handball sécurise bien plus qu’un entraîneur : il s’assure la continuité d’un projet gagnant, porté par une identité forte et une ambition intacte.

Défis et Perspectives d'Avenir

Malgré son succès sur la scène nationale, le Metz Handball ambitionne de remporter un titre majeur sur la scène européenne.

Dans le cadre de l’élection du meilleur entraîneur de la saison, nous allons donné la parole aux quatre techniciens nommés. Nous avons vécu une saison incroyable, mais qui a été dense et difficile à gérer et à manager. Nous restions sur un exercice délicat, sans titre, et même si je ne peux pas dire que nous avions l’obligation de gagner quelque chose, c’était un souhait énorme de la part de la structure d’y parvenir. Nous avons parcouru un long chemin pour atteindre nos objectifs, avec une saison régulière parfaite sur le plan comptable, et puis il a fallu se battre sur la finale contre Brest pour aller chercher ce titre de champion de France. Nous aurions pu tout perdre sur 120′, ce n’est pas simple, mais nous connaissions les règles du jeu. Au-delà des résultats, c’est le chemin que nous avons parcouru ensemble qui est incroyable, avec des moments très forts. Je garde en tête le match de Ligue des Champions en début de saison à Odense. Très tôt, nous avons pris conscience que nous étions capables de réaliser des matchs de très haut niveau. Je n’avais pas de visibilité sur le niveau de mon équipe avant cela, et cette victoire nous a permis de jauger notre niveau et de prendre confiance pour la suite. Il y a évidemment le titre de champion de France. Nous nous sommes mis un coup de pression après le match aller perdu à Brest, et par la suite le -2 nous montrera que ce résultat n’était pas si mauvais. Nous voulions vraiment gagner ce titre. Il y a eu le départ de plusieurs joueuses à l’issue de cette saison, et c’était un bon moyen de finaliser leur histoire avec nous. Cette finale a été un vrai combat, à la hauteur de l’engagement de Brest, et ça a été super de l’emporter. Sur le Final 4 de la Ligue des Champions, le club a montré qu’il était capable d’exister au-delà des résultats sportifs. Le public a répondu présent à Budapest, les filles ont eu une magnifique réaction sur la petite finale contre Esbjerg et j’ai adoré ça. La communion avec nos supporters a été juste incroyable et c’est un moment fort dans l’histoire de Metz Handball. Et puis pour finir la Coupe de France. Nous avons joué la finale contre une équipe de Besançon qui a de vraies références cette année. Il fallait répondre présent, contre un adversaire qui avait eu un long moment pour préparer ce rendez-vous. Nous avons dû gérer l’enchainement des grands rendez-vous, et nous avons abordé cette finale avec beaucoup de sérieux et d’implication.

Il faudrait poser cette question aux joueuses dont j’ai la responsabilité. Mais avec beaucoup de facilité je peux dire que je suis un passionné et personne ne peut le contester. J’adore mon travail, mon activité. J’ai la chance d’être entouré par un staff que j’apprécie énormément, avec une relation qui va bien au-delà du cadre professionnel, et cela facilite forcément mon travail au quotidien. Et l’autre chose qui ne se discute pas, c’est l’exigence et la rigueur du staff. C’est beaucoup d’exigence et de remise en question. Nous sortons d’une année fantastique et cette semaine nous avons eu une réunion pour nous projeter vers la saison prochaine. C’est super, mais en même temps c’est très coûteux énergiquement. Si je dois résumer : c’est du bonheur, et beaucoup de travail avec la nécessité de maintenir un niveau de résultat pour faire face à une adversité toujours plus forte. Nous sommes perpétuellement en remise en question, et dans la dynamique actuelle de notre championnat, si tu n’avances pas tu recules.

La Ligue Féminine de Handball - en lien avec 7Master - a mis en place le Trophée du Meilleur Entraineur de la saison 2021-22 de Ligue Butagaz Énergie. L’élection se déroulera en deux phases. Dans un premier temps, un comité de sélection composé d’un représentant de la LFH, de la DTN, des médias, de l’UCPHF, de l’AJPH ainsi que 3 membres de 7Master a choisi 4 entraineurs parmi les 14 entraineurs principaux en poste cette saison. Dans un deuxième temps, les 4 entraineurs récoltant le plus de voix seront nommés pour le Trophée. Les votes seront répartis entre un vote interne au sein des clubs (les 14 présidents, 14 entraineurs et 14 capitaines de Ligue Butagaz Energie de cette saison) et au grand public qui compteront pour 50% chacun pour le résultat final. Le grand public pourra voter le site de la LFH pour élire l’entraineur de l’année parmi les 4 nommés.

Pour ce Trophée du meilleur entraineur de la saison, les votes seront ouverts, le mardi 14 juin à midi jusqu’au dimanche 19 juin à midi sur le site internet de la LFH : trophee-du-meilleur-entraineur ; les quatre nommés sont Sébastien MIZOULE (ES Besançon Féminin), Pablo MOREL (Brest Bretagne Handball), Emmanuel MAYONNADE (Metz Handball) et Yacine MESSAOUDI (Paris 92).

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