Ce mardi, l'équipe de France de handball s'est entraînée à la Maison du handball de Créteil avant de prendre la route pour Dunkerque, où elle disputera le Tournoi de France face à l'Angola et le Japon. Une dernière préparation en vue du championnat du monde qui débutera par un match contre la Tunisie le 28 novembre prochain avec pour obligation d'atteindre les quarts de finale. Pour sa première comme sélectionneur dans un Mondial, Sébastien Gardillou, malgré de nombreuses absentes, a conscience que les Bleues sont attendues.
Sébastien Gardillou, 49 ans, a joué et entraîné dans les années 1990 à Limoges. Déjà adjoint d'Olivier Krumbholz depuis 2016, il a été nommé sélectionneur de l'équipe de France féminine de handball. "J'ai eu la chance d'évoluer aux côtés d'Olivier Krumbholz pendant des années, d'avoir pu me concentrer sur le jeu et la tactique. Aujourd'hui, j'aspire à plus, et je suis très heureux de cette opportunité qui m'est donnée", a déclaré dans le communiqué de la FFHB Sébastien Gardillou.
Quand se reposaient, début août, les questions autour du successeur d'Olivier Krumbholz (66 ans), emblématique sélectionneur des Bleues, un nom se faisait entêtant : celui de Sébastien Gardillou (49 ans), son adjoint depuis 2016. Gardillou aura pour mission de mener les Françaises jusqu'aux JO de Los Angeles en 2028.

Un Parcours Riche et Varié
S'il est né à Périgueux, Sébastien Gardillou est arrivé à Limoges à l'âge de 8 ans, comme il le racontait au Populaire du Centre. À partir du 15 ans, il joue au handball à l'ASPTT Limoges et évolue au niveau Nationale 3. Après une saison au CAPO Limoges, il décide de devenir entraîneur-joueur avec l'ASPTT à 22 ans.
Après plus de quinze années en Limousin, Sébastien Gardillou a poursuivi sa carrière d'entraîneur à Poitiers dès 1999 pour s'occuper du pôle espoirs féminin. Un premier pas dans le circuit fédéral qui l'amène à devenir le coach des équipes de France jeunes féminine, puis de 2005 à 2010, analyste vidéo de l'équipe de France féminine. Ensuite, le Limougeaud de cœur a entraîné Metz et Nice avant de devenir l'adjoint d'Olivier Krumbholz en 2016.
Son premier match en tant que sélectionneur de l'équipe de France est programmé le 24 octobre contre la Hongrie à Toulon, un peu plus d'un mois avant l'Euro, programmé du 28 novembre au 15 décembre en Suisse, Hongrie et Autriche.
Préparation pour le Championnat du Monde 2024
Sébastien, peut-on parler d'un entraînement de reprise ? Pas très loin puisqu'on a eu un regroupement en deux phases. Une partie du groupe est arrivée dimanche et l'autre partie est arrivée lundi et on a fait le choix de ne commencer véritablement la préparation que ce mardi.
Ce mardi matin, on a eu la chance de pouvoir travailler de concert avec l'équipe du Japon, qu'on a accueillie il y a deux jours à la maison du handball. Et ce mardi après-midi, c'était surtout un entraînement de mise en place, des stratégies offensives autour du jeu du pivot. Ça s'est déroulé comme il se devait avec un niveau de passes et de relation qui était un peu en deçà de ce que j'escomptais, d'où à certains moments mes interventions, néanmoins on n'est qu'en début de préparation. Je pense que c'est important pour les joueuses de pouvoir s'évaluer dans un premier temps et travailler les unes à côté des autres.
Le délai est assez court entre le départ des filles de leur club et le début de ce championnat du monde... Pour être court, c'est très court. On leur a laissé, ce lundi, une journée de sas. Elles avaient besoin d'avoir un temps propre entre la transition au club et la Coupe d'Europe et le début de la préparation. On voulait leur laisser du temps pour affiner nos stratégies de jeu et échanger par rapport à ça. On est rentrés dans la phase pratique ce mardi.
Quel est l'objectif de ce Tournoi de France ? De se préparer au plus juste et au plus près des exigences d'un championnat du monde. On a la chance d'avoir une bonne relation avec l'Angola, la nation qui domine le handball africain, caractérisée par des joueuses puissantes et véloces. C'est un partenaire récurrent des préparations de l'équipe de France féminine de handball, puisqu'on les avait affrontées dans la préparation des Jeux de Tokyo, mais aussi dans la préparation de l'Euro 2024. Jamais deux sans trois, on leur a demandé d'être nos partenaires sur ce tournoi de France et ils ont, à leur grande gentillesse, accepté. Et puis le Japon, pour amener un peu d'exotisme et de variété dans ce à quoi nous sommes opposés régulièrement au niveau européen. C'est une équipe qui maîtrise véritablement l'activité des bonnes techniciennes, mais c'est surtout un handball un peu surprenant qui va nous amener à peut-être revoir certaines organisations défensives avec un peu plus de profondeur, pour ne pas se retrouver en difficulté, notamment dans les duels.
Handball Féminin : L'équipe de France en préparation (Brest)
Ambitions et Défis pour le Championnat du Monde
Et pour ce qui est du championnat du monde ? On va le prendre pour une échéance importante. On a un certain nombre de nos cadres soit qui ont arrêté leur carrière internationale soit qui ont fait le choix d'avoir des enfants ou d'attendre des enfants. Je pense que c'était le moment opportun pour ça. Ça va permettre à celles qui ont participé au championnat du monde avec des rôles moins importants ou au dernier championnat d'Europe de prendre toute leur place et d'assumer aussi ce rôle, non pas de cadre, mais de joueuse à part entière du collectif France et montrer aux sélectionneurs qu'elles ont toute aptitude et toute compétence pour pouvoir performer au plus haut niveau mondial.
L'objectif, c'est de progresser match après match. On a, je pense, pour une fois, un tour préliminaire plutôt à notre main, donc l'idée c'est de monter en charge progressivement parce que c'est ce qui a fait, à mon sens, les réussites antérieures en 2017 et en 2023. Éviter les trous d'air et se focaliser sur cette montée en charge progressive jusqu'au quart de finale qui s'annonce somme toute difficile. Ce devrait être soit contre le Danemark contre qui nous avons perdu la demi-finale de l'Euro 2024 soit la Hongrie qui nous a battu au match pour la 3e place de cette même compétition. Ce ne sera pas une mince affaire. Il nous faudra gérer au mieux pour pouvoir rentrer dans le dernier carré, ce dont on a l'habitude, mais ce qui est quand même difficile de faire avec régularité.
Vous parliez du nombre d'absentes. Trois de vos cadres sont forfaits pour une raison de maternité. Cela complique la tâche au moment de constituer votre liste ? C'était une possibilité puisque c'est quelque chose qui a été aussi discuté avec le staff. On sait que dans le contexte international, à la sortie des Jeux Olympiques, certaines athlètes font le choix de faire une pause maternité. Je pense que c'était le moment pour les joueuses cadres que peuvent être Estelle Nze Minko, Laura Flippes et Chloé Valentini. Je pense que c'est important qu'elles s'assument en tant que femmes dans leur vie au quotidien, c'était le moment, c'était aussi une opportunité et ça reste une opportunité, pour les joueuses qui n'ont pas pu exprimer toutes leurs compétences à certains moments, de nous montrer et me montrer qu'elles ont le niveau pour un championnat du monde.
Comment avez-vous évoqué les nouvelles responsabilités auprès de certaines filles du groupe ? Ça s'est fait de façon assez simple, puisqu'on a quand même la chance d'avoir des joueuses qui sont issues de la filière. Elles sortent toutes auréolées d'un titre de champion du monde en U20. Le fait est qu'Eric Baradat, ayant travaillé pendant des années comme adjoint d'Olivier (Krumbholz), a une pleine connaissance du contexte international et des nécessités de ce contexte-là. L'intégration est très aisée en ce qui me concerne et on travaille conjointement avec mes collègues de la filière pour pouvoir mettre en place des passerelles et des ponts qui font que l'intégration des joueuses et des jeunes joueuses en particulier dans le cadre de l'équipe de France se fasse de la façon la plus aisée.
Pouvez-vous faire le point sur les prochains adversaires du tour préliminaire ? La Tunisie est une nation majeure du continent africain avec des joueuses qui évoluent dans le championnat de France pour certaines, qui sont surtout managées par un entraîneur français, à savoir Pablo Morel, donc il nous connaît bien. On va avoir la Chine, par contre, qui est un adversaire peu commun et sur lequel on a peu d'informations, mais également managée par un entraîneur français, Yérime Sylla. Ils auront toute capacité à se renseigner sur le jeu de l'équipe de France et feront tout pour nous poser des problèmes.
Les Objectifs de Gardillou
C'est votre premier championnat du monde à la tête de l'équipe de France. Qu'est-ce qu'il faut attendre de vous dans cette compétition ? En tant que sélectionneur, c'est ma première, mais c'est ma huitième compétition, mon huitième championnat du monde en tant que technicien. L'objectif est de gagner en plénitude, d'une certaine façon et en sérénité. C'est ce que j'attends de moi pour pouvoir accompagner au mieux le collectif France et être en capacité de faire les choix les plus justes possibles au moment opportun. Voilà ce que je m'évertue à faire au quotidien et sans tomber sur des projections et des scénarios hypothétiques.
« Je suis entré dans une démarche proactive à la sortie du championnat du monde 2023 (gagné par la France). Sachant qu'Olivier dirigeait ses dernières compétitions, je me suis posé la question de savoir si j'avais l'envie et la capacité de travailler avec quelqu'un d'autre. C'est à l'issue du dernier Mondial que je me suis dit que je voudrais peut-être reprendre une posture de n°1 que j'avais occupée en Ligue féminine » a expliqué Sébastien Gardillou, dans un communiqué fédéral.
S'il a grandement oeuvré dans la refonte du jeu offensif des Françaises après l'amère quatrième place continentale en 2022, Gardillou n'en oubliera pas l'ADN tricolore : la défense, secteur essentiel dans toutes les conquêtes depuis la première médaille, l'argent planétaire en 1999. « Ce fil rouge sera maintenu : tu gagnes une bataille avec l'attaque mais tu gagnes une compétition avec la défense. C'est très clair. L'héritage d'Olivier, c'est cette intransigeance défensive. Construire autour d'une défense forte, des gardiennes de but qui sont sécurisées et de la contre-attaque, ça va dans le sens des joueuses qui ont été identifiées dans la filière, sur leur capacité à se projeter rapidement. C'est intangible » appuie encore l'ancien coach de Metz et Nice.
Il s'emploiera évidemment à continuer à développer le jeu offensif : « Dans la mobilité, la continuité, la capacité à surprendre. Nous avons essayé de rendre le jeu le plus simple possible pour les athlètes et plus compliqué à lire pour les adversaires. C'est un vrai paradoxe d'une certaine façon parce que plus le jeu est simple, plus la maîtrise technique doit être grande. On est justement aujourd'hui sur ce point de balance-là. La relation avec Éric Baradat (entraîneur des U20, championnes du monde cet été) dans le travail de la filière, est fondamentale.»
Sébastien Gardillou étrennera ses galons de sélectionneur, en amical contre la Hongrie, les 24 et 26 octobre, à Toulon et Tremblay-en-France, où un hommage sera rendu à Olivier Krumbholz. Sa première compétition internationale sera le championnats d'Europe, en décembre prochain.
Absence de Joueuses Clés
Absente du stage des Bleues, à Créteil, la gardienne de but Laura Glauser ne sera pas au Mondial, qui débute aux Pays-Bas le 28 novembre (18 heures) contre la Tunisie pour les Françaises, tenantes du titre. Le sélectionneur Sébastien Gardillou l'a annoncé, ce mardi en fin d'après-midi, lors d'un point presse à la Maison du handball à Créteil (Val-de-Marne). « Aujourd'hui, Laura n'est pas alignée par le club de Ferencvaros donc il est difficile pour moi de la sélectionner et on n'a pas une idée très claire de ce qu'elle a, elle passe des examens complémentaires, en Hongrie et en France, a expliqué le sélectionneur. Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'elle n'est pas sélectionnable à l'heure actuelle dans le cadre du Championnat du monde. »
Autre absente ce mardi lors de l'entraînement à la maison du handball : Grâce Zaadi, la capitaine, blessée à une cuisse avec son club slovène de Krim Ljubljana. « La volonté, c'est de faire en sorte que la capitaine soit là pour le Mondial et le plus tôt possible » selon Sébastien Gardillou.
Ludovic Fabregas Envisage une Carrière d'Entraîneur
Dans un entretien accordé à l’AFP ce lundi 17 novembre, le capitaine des Bleus Ludovic Fabregas a confié avoir entamé sa formation pour devenir entraîneur. Le pivot des Bleus, âgé de 29 ans, a débuté « il y a un an » ce cursus auprès de la Fédération française de handball, effectué « en grande partie à distance » puisqu’il joue au FC Barcelone.
« Un suivi de qualité est assuré, je suis très content du déroulé et j'espère que ça va continuer comme ça, a-t-il souligné. Quand j'ai commencé ma carrière, je n'y pensais pas du tout et je ne savais pas trop vers quoi m'orienter. Mais cela fait maintenant deux-trois ans que j'ai un peu la tête à ça : j'aime bien faire les choses en avance de manière à pouvoir me préparer du mieux possible. »
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