Entraîneur Aurillac Rugby : Une Histoire de Légendes et de Fidélité

Le Stade Aurillacois, club emblématique du rugby français, a vu passer de nombreuses figures marquantes, tant sur le terrain qu'en dehors. Cet article explore l'histoire du club à travers ses entraîneurs et joueurs emblématiques, en mettant en lumière leurs contributions et les moments clés qui ont façonné l'identité du club.

Des Adieux Émotionnels : Boisset, McPhee et Cassan

Ce vendredi 14 mai 2021, à l'occasion de la dernière journée de Pro D2, trois joueurs emblématiques du Stade Aurillacois ont tiré leur révérence : Paul Boisset, Jack McPhee et Jean-Philippe Cassan.

Paul Boisset : L'Enfant du Club

25 ans dans son club de cœur, tel est le CV de Paul Boisset (32 ans), demi de mêlée et capitaine du Stade Aurillacois. Il a commencé le rugby à l’âge de 8 ans en poussin au SA. Il y a fait toute l’école de rugby et toutes les catégories jeunes.

En 2008, il a fait son premier match en équipe première mais a vraiment commencé à jouer régulièrement en 2011-2012. Depuis, il enchaîne les matchs les uns après les autres et il est devenu un taulier de l’équipe. Malgré son « petit gabarit », Paul n’a jamais rechigné à se mêler aux gros, à mettre sa « nifle » dans les rucks et mauls, là où certains n’osent pas y mettre les mains. Il est aussi un meneur d’hommes.

À quelques heures de son dernier match au Stade Aurillacois, Paul s’est prêté au jeu de quelques questions réponses et nous dévoile quelques souvenirs de ces 25 années passées au sein du club.

Actu : Paul, Quel est ton ressenti à l’approche de ton dernier match contre Aix avant l’arrêt de ta carrière ?

Paul Boisset : Pour le moment, je ne me focalise pas trop sur ma fin de carrière car nous nous devons de gagner ce match pour assurer le maintien. Je pense que je réaliserai un peu plus à la fin du match lorsque cela sera plus concret.

Tu es resté fidèle au SA mais as-tu eu un jour l’envie et/ou l’opportunité de partir ailleurs ? Pourquoi es-tu resté fidèle à Aurillac ?

P.B : Bien sûr que j’aurais aimé tenter une autre aventure mais uniquement en Top 14. Pour moi, cela ne me paraissait pas concevable de partir pour aller jouer en Pro D2 et jouer au même niveau qu’Aurillac. L’opportunité s’est présentée il y a quelques années mais à cet instant-là, je ne pouvais pas quitter Aurillac.

As-tu quelques petites anecdotes particulières sur ta carrière ?

P.B : C'est difficile d’en sortir une. J'ai tellement d'anecdotes. Je dirais que l’image de Jérémy Davidson sur un scooter après la victoire à Biarritz restera un beau souvenir.

Quels sont les meilleurs souvenirs que tu vas garder ?

P.B : Je garderai en mémoire l’année de la finale où nous commençons très bien la saison et tout s’est enchaîné derrière. Nous n’étions pas les plus costauds, ni forcément les meilleurs mais nous avons joué entre potes et en équipe. Le staff et nous joueurs avions réussi à créer un super groupe. Tous mes entraîneurs m’ont marqué car chacun m’a amené son expérience tout au long de ces années de rugby.

Jean-Philippe Cassan : Un Pur Cantalou

Autre joueur à prendre sa retraite sportive : Jean-Philippe Cassan (32 ans). Un pur cantalou qui a commencé sa carrière sportive « par le foot. Puis, un jour, un copain m’a dit de venir jouer au rugby. J’ai commencé à Saint-Cernin. Cela m’a plu. Je me souviens de mon entraîneur, Fred Combes, qui m’a vu un jour prend un gros plaquage. A l’époque, j’étais un peu frêle. Mais cela ne m’a pas rebuté. Au contraire. »

Jean-Philippe gravit alors les échelons un à un : cadets, crabos, espoirs et l’équipe première. Et de se souvenir de son premier match en équipe première avec le Stade Aurillacois, à la fin des années 2000 : « J’étais en ville avec des copains et j’ai reçu un coup de fil de Thierry Peuchlestrade (entraîneur du Stade Aurillacois de 2003 à 2020) pour savoir si je voulais jouer avec eux. Un merveilleux souvenir. C’était à Bourg-en-Bresse. »

Évoluant au poste de centre, Jean-Philippe jette un regard bienveillant sur le monde du rugby : « C’est vraiment l’école de la vie. Je me souviens de l’époque du centre de formation où j’ai lié d’amitiés avec plein de gars. Il y avait des étrangers et cela m’a permis de connaître d’autres cultures, c’est très enrichissant. »

Ce vendredi 14 mai 2021, il tirera un trait définitif sur sa carrière de rugbyman professionnel. Triste, bien sûr, mais aussi tourné vers l’avenir avec le sentiment « d’avoir eu une chance extraordinaire d’être professionnel. J’ai plein de copains qui n’ont pas eu la même possibilité. J’ai vécu un rêve et je ne l’oublierai jamais. »

Des souvenirs marquants comme cette année 2016 où le Stade Aurillacois a joué une finale d’accession en Top 14 contre Bayonne : « C’était une année extraordinaire. Il y avait une très bonne cohésion de groupe. Et c’est hyper important. Tout le monde maîtrise plus ou moins l’aspect technique du rugby. Ce qui fait la différence, c’est la bonne ambiance, la cohésion d’un groupe et c’est le plus dur à trouver. »

Et quand on lui demande le joueur qui l’a marqué le plus, il répond : « Jack Mc Phee. C’est un joueur qui est au-dessus. Très bon relanceur, avec un excellent jeu au pied. Et d’un point de vue humain, c’est un mec très attachant, humble. »

Jack McPhee : Un Arrière Flamboyant

Dernier joueur emblématique qui tire sa révérence : Jack Mc Phee (34 ans). L’arrière néo-zélandais est arrivé en 2012 sans que grand monde ne le connaisse. Et rapidement, ce joueur flamboyant et aérien a su mettre tout le monde d’accord.

Walter Olombel, directeur du centre de formation et présent dans la cellule de recrutement se souvient : « On a vu des vidéos de lui avant de le recruter. Il était un peu freluquet, mais il puait le rugby. Personne n’arrivait à l’attraper et il plaquait très bien. A chaque fois qu’il avait le ballon, il se passait quelque chose. Et de mettre en avant « son humilité, son exemplarité. Pour moi, tout joueur de rugby doit prendre exemple sur un joueur comme Jack McPhee.

Thierry Peuchlestrade : Une Ère Prend Fin

PRO D2 - Clap de fin pour la longue aventure de Thierry Peuchlestrade au Stade Aurillacois. Suite aux mauvais résultats du club cantalien depuis le début de la saison, la direction du SACA a démis l’entraîneur de ses fonctions mardi après-midi.

Le Stade Aurillacois a officialisé mardi après-midi le départ de l’entraîneur historique du club, Thierry Peuchlestrade. En poste depuis 2003, il a d’abord entraîné les espoirs avant de devenir technicien du groupe professionnel. Il totalise 498 matchs avec Aurillac, ce qui fait de lui l’homme le plus expérimenté de Pro D2.

Une première partie de saison difficile pour le SACA qui s’est incliné 12 fois en 16 rencontres, dont 6 à domicile. L’actuelle 14ème place au classement de Pro D2 avec seulement 3 points d’avance sur le premier relégable, Valence-Romans, a poussé la direction aurillacoise à limoger son entraîneur principal, Thierry Peuchlestrade.

Un départ historique pour l’homme de 61 ans qui a grandi avec le Stade Aurillacois. Natif de la préfecture du Cantal, il a été bercé par la culture rugbystique du stade Jean Alric, et ce, depuis toujours. Après le déménagement de la famille à Plaisir en région parisienne, Thierry, service militaire en poche, reviendra à Aurillac et débutera en tant que joueur en 1978, sur les traces de son père Lucien qui a lui même fait partie de l’effectif cantalien.

Alors que son frère Yann aura aussi côtoyé les vestiaires du SACA, son oncle Michel Peuchlestrade a entraîné le club crée en 1904 pendant près de 30 ans. Raccrochant les crampons en 1994, il débutera sur le bord de touche d’Aurillac en 2003 avec le groupe espoirs avant de devenir entraîneur de l’équipe professionnelle jusqu’au 14 janvier 2020.

3èmes de Pro D2 lors de la saison 2015/2016, il avait emmené les joueurs aurillacois jusqu’en finale, rencontre disputée le 4 juin 2016 et perdue 21 à 16 face à l’Aviron Bayonnais.

Avec un bilan de 13 victoires pour 17 défaites, le Stade Aurillacois aura fini la saison 2018/2019 de Pro D2 à la 14ème place juste devant Bourg-en-Bresse et Massy, relégués l’année dernière.

Stade Aurillacois vs TPR - Réactions de Thierry Peuchlestrade

Roméo Gontinéac : Un Nouveau Chapitre

Il est remplacé par Roméo Gontinéac ancien international roumain qui a évolué au club cantalien en tant que centre. Le désormais ancien entraîneur des espoirs sera accompagné de Maxime Petitjean et de Mathieu Lescure.

Christian Millette a officiellement démis Thierry Peuchlestrade de ses fonctions d'entraîneur principal, ce mercredi, et l'a remplacé par l'entraîneur des espoirs du club, Roméo Gontineac.

Ancien joueur du Stade Aurillacois de 1978 à 1994, Thierry Peuchlestrade était entraîneur depuis 17 ans dans le club cantalien. D'abord avec les espoirs, puis dans le staff de l'équipe première. A son palmarès, la finale de ProD2 perdue contre l'Aviron Bayonnais en 2016. Il était l'entraîneur le plus expérimenté de Pro D2 avec 498 matches.

Roméo Gontineac, lui, n'est pas un novice. Ancien joueur puis sélectionneur de la Roumanie, mais surtout ancien joueur du Stade Aurillacois (1998-2010), il connaît tous les rouages du club comme sa poche. Dans sa mission de survie, il sera assisté par Maxime Petitjean et Mathieu Lescure. Gontineac a signé jusqu'en juin 2022.

Premier roumain à disputer quatre Coupes du monde, le centre de 33 ans compte 75 sélections avec le XV du Chêne. Son expérience est inestimable pour Aurillac. Agressif en défense, des jambes presque de 20 ans, c'est un modèle pour les autres joueurs car il n'a jamais une parole ou un geste de trop. Le club compte sur lui pour marquer des essais (6 l'an dernier en Fédérale 1) et se maintenir en Pro D2.

Michel Peuchlestrade : L'Innovateur

Parmi les grandes figures (Villepreux, Fouroux, D. Herrero) que comptait le rugby français des années 80-90, il est un entraîneur méconnu, sauf des initiés : Michel Peuchlestrade. L’apport du technicien aurillacois ? L’attaque à plat.

Entraîneur au club de 1978 à 2006, Michel Peuchlestrade, surnommé «le Sorcier», a prôné le placement des trois-quarts au plus près de la ligne d’avantage pour attaquer très vite la défense. Une approche décalée, unique (seule l’Australie de Bob Dwyer avec Lynagh, Horan et Little dans les années 88-95 adoptera ce placement) et iconoclaste qui fit les beaux jours d’Aurillac.

Les Objectifs du Club

Un an après sa descente, Aurillac retrouve la Pro D2, échelon qu'il a occupé de 2001 à 2006. Mais en un an la Pro D2 a bien changé et cette année s'annonce périlleuse pour n'importe quel club face aux armadas toulonnaise, parisienne (Racing), narbonnaise et agenaise. Surtout pour un promu. Objectif: éviter de prendre l'ascenseur.

Tableau Récapitulatif des Entraîneurs Marquants

Entraîneur Période Réalisations Notables
Thierry Peuchlestrade 2003-2020 Finale de Pro D2 en 2016
Michel Peuchlestrade 1978-2006 Développement de l'attaque à plat
Roméo Gontinéac 2020-2022 Objectif de maintien en Pro D2

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