Tout au long de la saison, ils évoluent dans l’ombre de Luis Enrique. Les 37 membres du staff du PSG n’attirent pas les projecteurs, ils n’en restent pas moins des acteurs incontournables de la réussite du club. Au sein de cette équipe dédiée à la performance des joueurs, six personnalités composent la garde rapprochée de l’entraîneur : Rafel Pol, Joaquin Valdés, Guillem Hernandez, Borja Alvarez, Pedro Gomez et Alberto Piernas.
Un petit groupe de fidèles qui fonctionne comme un clan lors des longues journées de travail au Campus PSG et à la ville, la plupart habitant à Saint-Germain-en-Laye où ils aiment se retrouver pour partager quelques tranches de vie. Son appétence pour être au centre de la photo dissimule un talent méconnu : il sait s'entourer de figures aussi discrètes que compétentes. S'il est le boss, s'il décide toujours en dernier ressort, il travaille en groupe et écoute son aréopage.
Parmi ces personnages secondaires qui entourent l'actuel coach du PSG, le plus influent est aujourd'hui Rafel Pol. Impossible de le rater en ce début 2026 : jamais l'Asturien (55 ans) n'a passé autant de temps à palabrer en match avec son premier adjoint. Signe de sa préoccupation sur les prestations de son équipe, mais aussi de l'importance prise par son cadet (39 ans), qu'il surnomme « l'ordinateur ».
La manière dont ces deux-là ont mêlé leur destin en dit long. Saison 2010-2011. « Lucho » traverse sa troisième année sur le banc de la réserve du Barça, assisté de Robert Moreno. Pol, lui, vient de sortir de l'université, diplômé en sciences des activités physiques et du sport. Il a 24 ans, officie comme préparateur physique des féminines de Las Planas, une équipe de D2 coachée par son pote de promo Albert Sanchez.
L'actuel entraîneur de Dunkerque raconte : « Rafel venait d'écrire un livre sur la préparation physique publié par un éditeur dont Robert Moreno était associé. Le livre est tombé entre les mains de Luis Enrique, qui a dit "je veux rencontrer ce gamin". Robert les a mis en contact, Luis Enrique a aimé ce qu'il avait lu, puis leur entrevue. Il lui a dit qu'il comptait sur lui s'il trouvait quelque chose. »
Quelques semaines plus tard, Luis Enrique lui propose de partir avec lui à l'AS Rome. « On était tous soufflés, lui le premier, se marre Oscar Rescalvo, alors président de Las Planas. Imaginez, il était dans une modeste équipe féminine, et du jour au lendemain, il se retrouvait à Rome. » En découvrant son âge, les dirigeants italiens s'inquiètent de confier la prépa physique des Totti, De Rossi et autre Heinze à un rookie inexpérimenté. Luis Enrique se porte garant, assure qu'il n'a aucun doute sur son expertise. Depuis, Pol l'a suivi dans toutes ses aventures.

L'approche scientifique de Rafel Pol
Pour trouver la clé de cette étonnante trajectoire, il faut se plonger dans ses travaux, dont certains sont repris dans des revues scientifiques, jusqu'à l'aéronautique. Quand il quitte son île de Majorque après le bac pour s'inscrire à l'Institut national d'éducation physique de Catalogne, Pol, qui a tâté du ballon en amateur, est déjà passionné par la thématique. Étudiant studieux, curieux, c'est « un obsédé de la prépa, poursuit Rescalvo. Il s'enfilait des tas de livres de spécialistes en anglais ou en français, un vrai rat de bibliothèque ».
Entre sa première et sa deuxième année, il tombe sur une thèse au titre obscur, La théorie des systèmes dynamiques appliquée à l'entraînement sportif, signée Carlota Torrents. Une révélation. Carlota Torrents, professeure à l'Institut national d'éducation physique de Catalogne, tutrice de la thèse de Rafel Pol, confie : « Natalia a d'emblée remarqué Rafel, par la suite tutrice de Pol pour sa thèse. Un étudiant qui arrive le premier jour de cours en ayant déjà bouclé le programme de l'année, ce n'est pas banal ! »
Admirative, Balagué le poussera à publier son fameux livre à 23 ans, La préparation ''physique ?'' dans le football. « C'est quelqu'un qui pense par lui-même, justifie-t-elle. Il ne régurgite pas ce qu'il pioche dans des articles ou des livres. Il questionne, met en perspective, peut aller à l'encontre de la pensée générale. Il a une grande capacité d'analyse et ne copie personne, c'est un pionnier. J'étais au European College of Sports Science, j'ai croisé du beau monde, mais dans son domaine, je ne connais personne d'aussi fort. »

Dans son ouvrage, on croise Descartes et Mourinho, Einstein et Iniesta, des psychologues, des économistes, des biologistes. Il y critique une vision archaïque de la prépa physique, prône une « révolution copernicienne ». Lui développe une approche complexe, selon le concept d'Edgar Morin. « Avant, l'entraînement était très fragmenté, note Sanchez. La partie athlétique d'un côté, la technique, la tactique, le mental, c'était rare d'avoir une approche globale. »
La pensée complexe, à l'inverse, considère que tout est lié. Autre idée-force : ce qui fonctionne avec tel joueur n'est pas forcément adapté à tel autre. Ces convictions théoriques, Pol en a fait la base de son travail dans le foot. Avec lui, pas de répétition mécanique mais des séances variées, toujours avec ballon, où il s'adresse autant aux jambes qu'au cerveau, persuadé qu'un joueur a « plus à voir avec un artiste qu'avec un robot ».
« L'objectif est de donner des solutions aux joueurs, en les préparant à s'adapter à l'inattendu, comme en match où tu gères sans cesse un tas de paramètres et de situations différentes », décrypte Torrents. À Paris, il a aussi pris en charge les coups de pied arrêtés.
« Il a toujours été en avance, observe Sanchez. Il a débuté préparateur physique mais il est vite passé adjoint, plus entraîneur. Sa préoccupation a toujours été le jeu. Ce n'étaient pas les stats, pas la vitesse. C'était : quels exercices faire pour améliorer tel aspect de notre jeu ? Là-dessus, il était le meilleur. Il avait aussi une très fine analyse du jeu, il comprenait vite ce qui se passait en match. »
Rescalvo est plus nuancé : « Rafa est un crack, il serait un bon coach, il est prêt. Mais j'ai des doutes sur l'aspect management. Pour entraîner un top club, gérer des stars, dire en face "faut défendre mon gars, qu'est-ce que tu fous ?", il faut la carrière de Zidane ou être comme Luis Enrique, non ? Rafa n'est pas comme ça. »
Lui est plutôt le gars réservé, simple, capable par le passé d'inviter les filles de Las Planas à dormir dans la maison familiale à l'occasion d'un match à Majorque, où il fréquente toujours ses amis d'enfance. Au PSG, il s'est vite fait accepter par le vestiaire, très touché par le décès de sa femme d'une longue maladie, fin 2024. Pour convaincre les joueurs et gagner leur respect, il a misé sur la confiance, l'explication des bienfaits de ce qu'il leur demande, en français s'il vous plaît. « Je pense qu'il est à l'aise avec ce rôle de l'ombre, reprend Rescalvo.
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