La Ligue et les Processions : Définition et Contexte Historique

Le terme "Ligue" revêt plusieurs significations, allant des alliances politiques aux complots. Cet article explore la définition de la "Ligue" dans le contexte des guerres de religion en France, ainsi que les dynamiques de groupe et les perceptions de la foule associées à ce terme.

Carte de la France pendant la Ligue en 1588.

Définition de la Ligue

Le mot "Ligue" peut désigner plusieurs concepts :

  • Union ou confédération de plusieurs États pour se défendre ou attaquer. On parle alors de ligue défensive, offensive, ou offensive et défensive. Des exemples historiques incluent la Ligue achéenne, étolienne, de Cambrai, ou d'Augsbourg.
  • Complot ou cabale formée par des particuliers pour réussir dans un projet, souvent utilisé de manière péjorative.

Cependant, le terme "Ligue" est particulièrement associé à l'union formée en France à la fin du XVIe siècle, sous prétexte de défendre la religion catholique contre les huguenots. On parle alors de l'époque de la Ligue et des mémoires de la Ligue.

La Ligue pendant les Guerres de Religion

La "Ligue" est le nom donné pendant les guerres de religion à un parti qui s'était donné pour mission de défendre la foi catholique contre le protestantisme. Après la mort d'Henri III (1er août 1589), la "Ligue" s'opposa farouchement à l'avènement de l'héritier de la Couronne, Henri IV, prince protestant.

Henri IV, dont l'accession au trône fut contestée par la Ligue.

Les Processions de la Ligue

Plusieurs manifestations spectaculaires mêlant moines, soldats et enfants eurent lieu dans Paris entre 1590 et 1593. Ces processions étaient un moyen pour la Ligue de montrer sa force et de mobiliser le soutien populaire contre Henri IV. Seule la conversion d'Henri IV au catholicisme, en 1593, put apaiser les esprits.

Dynamiques de Groupe et Identité

Les travaux de psychologie sociale montrent que les individus en foule n'adoptent pas l'identité et les normes du groupe social qu'ils forment alors avec les autres membres de la foule. Par exemple, des membres passifs d’un public deviennent des révolutionnaires et des agents du changement face aux agents du statu quo que seraient les forces de l’ordre. De fait, les membres de la foule (comme au Bataclan) n’attendent pas l’arrivée des secours et des autorités pour prendre les choses en main. Nous avons entendu des rescapés nous parler de soins apportés aux blessés.

La solidarité et l'entraide sont fréquentes en foule face au danger. Cette solidarité survit souvent aux drames eux-mêmes. Au cours d’un match entre l’équipe de Liverpool et celle de Nottingham Forest, une mauvaise gestion des flux de supporters a provoqué une congestion causant la mort de 97 personnes.

Comment les Guerres de Religion ont ravagé la France ?

La Sémiotique de la Survie en Temps de Conflit

Durant les guerres de Religion, un doute omniprésent quant à la véritable nature des êtres et des choses fait triompher « la perte du droit à l’indifférence » et « l’obligation afférente de tout expliciter » (p. 12). Chacun étant dans l’incapacité de comprendre qui est l’autre, la France devient « un univers de signes » (Umberto Eco, cité p. 149). Un contexte de politisation extrême suscite le besoin vital de gérer l’expression de son identité et de percer celle des autres, générant une hantise du secret et abolissant la frontière entre le privé et le public.

Dans ces « guerres picrocholines » (p. 39), la survie est conditionnée à la maîtrise d’« une sémiotique savante » (p. 31). Plusieurs catégories de signes font l’objet d’une attention particulière. L’enquête révèle combien les pratiques dévotionnelles ou quotidiennes (de l’activité professionnelle à l’alimentation) et les accents régionaux sont vecteurs de nombreuses informations.

Se fonder sur les marques extérieures pour attribuer une identité à un individu et déterminer son sort expose les hommes et les femmes des guerres de Religion à un danger : être piégé par des savoir-faire spécifiquement fabriqués, pour déceler et interpréter les signes bien sûr, mais aussi et surtout les cacher ou les contrefaire. La suspicion génère l’ingéniosité à feindre l’innocuité, laquelle suscite à son tour la mise au point de ruses pour repérer ces effets de réel : le tissu social étant plus déchiré que jamais, il devient crucial de savoir rassembler, interpréter et communiquer l’information.

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