Peu de villes allemandes peuvent être qualifiées de ville à part, peu connectées aux autres villes et qui finalement ont leur propre écosystème. Rostock fait partie de ces villes allemandes qui ont une histoire en pente, largement avantagée par le passé, et qui connaît les difficultés du monde moderne plus que toute autre dans un pays développé.

Vue de Rostock
Les Débuts et les Défis du Hansa Rostock
Participant pour la première fois à la DDR-Oberliga pour la saison 1965-1966, le club succède à l’Empor Rostock, club omnisport qui a fini deuxième quatre fois entre 1955 et 1965, sans trouver le succès. Le club, fondé officieusement en 1919, voit sa création officielle se faire en 1965, lorsque la RDA souhaite développer davantage le football dans la région.
La lose frappe encore le Hansa Rostock en 1967-1968, suivi en plus de cela d’un néant rare en championnat. Cette tendance, plus proche de la survie dans l’ombre que du succès à la lumière, change du tout au tout en 1991 avec un titre de champion offrant au club un ticket pour la première division. Quel résultat. Le Hansa descend immédiatement avec seulement 31 points glanés.
Évitant la relégation en 3. Bundesliga de 4 points la saison suivante, le club remonte en remportant la 2. Bundesliga en 1994-1995. Le club est une anomalie dans le football allemand, devenant le club d’ex-RDA avec la plus longue longévité au meilleur échelon national pendant neuf saisons consécutives. On exclut de ce classement l’Union Berlin et le RB Leipzig, largement aidé par des capitaux dépassant le cadre de ces clubs d’ex-RDA ramant maintenant dans les antichambres du football allemand.
Les Hanseaten, qui ont formé des joueurs comme Toni Kroos, passé au centre de formation de 2002 à 2006, ont connu l’ascenseur avec le 3ème échelon national après 2005.
L'Empreinte du Hansa Rostock dans la Ville
Le basketball et le handball n’ont guère d’espaces dans les rues, où le logo du Hansa apparaît sur chaque lampadaire, sur un tag ou sur une poubelle. Rarement le stick m’a autant impressionné en arrivant dans une ville alors que l’expérience nantaise me semblait déjà importante. Ce n’est rien du tout. Passer en train dans des villages allemands à 20 kilomètres ne nous garantit pas de ne pas voir un tag du Hansa sur un compteur électrique.
Les couleurs tricolores, bleu, blanc et rouge, sont partout dans une ville qui a beaucoup souffert de la réunification. Fleuron de l’industrie aéronautique sous le régime nazi, bombardée par la Royal Air Force en 1942 et 1945, la ville s’est reconstruite grâce à l’activité maritime, avec le premier port est-allemand, et touristique, avec la longue plage de Warnemünde.

Plage de Warnemünde
La chute du mur de Berlin change l’ambiance épanouissante pour laisser place à un déclin, symbolisé par des pogroms sur la communauté cambodgienne dans le quartier de Lichtenhagen en août 1992. Vingt ans plus tard, l’image sanglante de la ville s’est éclipsée pour laisser à une ville calme mais meurtrie par un chômage exceptionnel : en 2021, le taux de chômage atteint les 7,6 % dans la ville du Mecklemburg-Vorpommern contre 2,6 % au niveau national.
Parler avec les locaux fait ressortir cette difficulté où “on cherche aujourd’hui un travail qu’on était sûr d’avoir en sortant de l’école à l’époque de la RDA” selon une coiffeuse à deux pâtés de maison du stade. On touche ici au plus frappant à Rostock.
Les Tensions et les Ambiances dans les Tribunes
Le club est partagé depuis de nombreuses années sur la tournure politique des tribunes. D’un côté les Suptras, groupe ultra très à droite, capable de sortir des bannières avec l’emblème du quartier de Lichtenhagen au nez du parcage du HSV à l’Ostseestadion, hostile à l’ambiance antifa du Sankt-Pauli, érigé en ennemi juré.
Par ailleurs, cette énergie, basée peut-être sur un sentiment très anti-occidental mais aussi liée probablement à l’idée de rivalité et d’adversité polonaise, permet à Rostock de se distinguer dans le paysage footballistique allemand, pourtant si développé à l’échelle nationale. Cette énergie est aujourd’hui partagée en tribune d’un côté plus lumineux : un nouveau kop est né dans un coin entre la tribune Nord et la tribune Est, même si les débuts sont surtout marqués par des bâches résumant bien la situation : “Nord und Osttribüne, zwischen euch der Gästeblock” (Tribunes Nord et Est, entre vous le parcage visiteurs).
Trois générations dans la même famille se retrouvent devant le stade à déguster les fameux Bratwurstbrötchen et boire quelques litres de bières, pour les deux premières générations, ou d’Apfelschörle, pour la dernière. Musique électro, vente d’écharpes et même vente de stickers sur le parvis du stade, l’avant-match a tout de ce football allemand si atypique.
En rentrant dans le stade, ambiance tranquille, aucune rivalité face au Karlsruher SC, qui s’impose tranquillement grâce à un pénalty de Wanitzek (16’) et un but Paul Nebel, bien aidé par une défense trempée (25’). Si le jeu n’est pas beau, c’est surtout les tribunes qui marquent. Mais à l’annonce des joueurs, seul Ridge Munsy, titulaire, et Anderson-Lenda Lucoqui, qui rentrera à la 62e minute, sont étonnement sifflés.
Un rapprochement rapide entre les sifflets et la couleur de peau me frappe, me questionnant sur mon propre rapport à cette question en ville. Et il est vrai que Rostock ne voit que peu cette nouvelle mixité sociale en Occident, avec beaucoup de caucasiens dans les rues, causant même un sourire à tout passant qui ne l’est pas. Ce point est particulièrement marquant pour tout français.
Peu après mon retour en France, j’ai appris les possibles tensions entre un groupe féministe, fraîchement fondée, et les Suptras sur fond de collages recouvrant des tags du groupe ultras. Ils ont développé une aura sur l’ensemble de la ville, à la fois positive et négative. Capable de vider entièrement la boutique en ligne du club pour l’aider durant la crise du COVID-19, cette passion a également un sens stricto sensu assez puissant.
Malgré ses débordements, vivre dans une ville profondément attaché à son club et au sport donne encore plus envie d’en faire et de suivre les résultats.
Jan Ullrich : Un Enfant de Rostock au Sommet du Cyclisme
Jan Ullrich naît à Rostock le 2 décembre 1973. Il se révèle en 1996 sur les routes du Tour de France en prenant la 2e place derrière son coéquipier danois Bjarne Riis. Pour sa première participation à la Grande Boucle, Ullrich réussit l'exploit de monter sur le podium. On imagine même qu'il aurait pu l'emporter si les consignes d'équipe ne l'avaient pas bridé.
La consécration, il va la connaître l'année suivante. Impérial dans l'épreuve chronométrée, l'Allemand est surpuissant dès que la route s'élève. Dans l'étape qui mène les coureurs vers Andorre-Arcalis, il frappe un grand coup. Ni Virenque, Ni Pantani ne peuvent contester son hégémonie, Ullrich remporte le Tour avec 9 minutes d'avance sur le Français.

Jan Ullrich
Malheureusement la carrière de "l'ogre de Rostock" va prendre une mauvaise tournure. Régulièrement battu par Armstrong, il ne remontera jamais sur la plus haute marche du podium du Tour. En 2006, il pense pouvoir profiter de la retraite de l'Américain pour renouer avec la victoire mais le 30 juin, il est rattrapé par l'affaire Puerto. Licencié sur le champ par son équipe, la T-Mobile, Ullrich ne remontera jamais sur un vélo. Sa dernière course, il la dispute quelques jours plus tôt sur le Tour de Suisse, qu'il remporte d'ailleurs.
Les Aveux de Dopage
Le coureur allemand Jan Ullrich a reconnu pour la première fois s'être dopé au cours de sa carrière cycliste, au centre d'un vaste réseau de dopage, dans une interview à paraître lundi au magazine Focus. "Oui, j'ai eu recours aux traitements de Fuentes", a déclaré le seul vainqueur allemand du Tour, en 1997, à l'hebdomadaire. Enfin serait-on tenté de dire.
Sept ans après avoir pris sa retraite sportive, Jan Ullrich reconnaît s'être dopé au cours de sa carrière cycliste. Je n'ai rien pris que les autres n'ont pas pris aussi", affirme Ullrich, 39 ans. "Ulle" se défend en disant qu'il a voulu se placer au même niveau que les autres. Une défense classique mais qui devrait ternir un peu plus l'image du champion allemand qui assure n'avoir utilisé que son "propre sang".
Si le cyclisme n'en a toujours pas fini de ressasser ses années noires, on peut saluer que les tricheurs de l'époque soit un à un démasqués. Eufemiano Fuentes, condamné fin avril à un an de prison par la justice espagnole, avait affirmé lors de son procès qu'il avait offert ses services à des cyclistes, mais aussi à des footballeurs, des athlètes ou des joueurs de tennis."Selon moi, il y a escroquerie à partir du moment où je me procure un avantage. Il ne s'agissait pas de cela. Je voulais favoriser l'égalité des chances", a-t-il argué auprès de l'hebdomadaire Focus.
L'Allemand estime que le talent, la performance, l'esprit d'équipe et la volonté de gagner restent les facteurs qui décident de la victoire, selon les extraits de cet entretien. S'il n'avait jamais reconnu s'être dopé, Ullrich l'avait laissé entendre il y a deux ans sur eurosport.de: "On ne peut pas le cacher, diverses affaires de dopage ont abîmé le cyclisme ces dernières années. J'ai moi-même fait des erreurs. Mais après des années de doute, de dépression et de problèmes physiques, j'ai fait la paix avec moi-même", assurait-il à l'époque.
Le Contexte Sportif et Social de Rostock
Fin novembre 2022. La Warnow est embrumée. Les berges, couvertes des premières neiges, cachent assez bien l’ardeur que les rues émanent pour le club de football local. Dans un pays où le sport est profondément ancré, le football a décidé de dominer les débats dans la ville de Rostock. Le club de handball, en deuxième division allemande, et le club de basket, l’un des meilleurs du pays et actuellement huitième de la Basketball-Bundesliga, ne sont pas aussi présents dans les cœurs.
Le FC Hansa Rostock, qui a traversé le XXe siècle allemand avec de nombreux changements, est l’un des symboles du fossé séparant, encore aujourd’hui, l’Ouest de l’Est. Considéré comme un vestige du football sous la RDA et patrimoine du « supporteurisme » allemand, le Hansa attise les cœurs et les chants dans une ville le portant à bout de bras.
Ville hanséatique, ce qui donne d’ailleurs son nom au futur club de football, Rostock est situé dans l’embouchure de la Warnow, qui se jette dans la mer Baltique. Ville profitant des relations entre la Norvège et la Poméranie occidentale, le port connaît une régression après un incendie ravageant la majeure partie de la ville en 1677. Le passé hanséatique, qui apporte richesse et instruction, avec la création de la première université dans l’espace baltique en 1419, disparaît pour faire place à un port au centre des convoitises et perdant petit à petit de son influence.
Ce n’est qu’au XIXe siècle que la ville renaît grâce à l’industrialisation et à l’apport des campagnes. La culture du blé, qui est le principal produit exporté au début du siècle, laisse son rôle moteur à partir de 1850 à la construction navale. La ville de Rostock est le lieu de construction du premier vapeur allemand à hélice et connaît une croissance démographique importante.
La ville vit alors de l’industrie. Elle connaît un afflux de populations modestes travaillant pour deux corps de métier, à savoir ouvrier naval ou brasseur chez « Mahn und Ohlerich », qui est encore aujourd’hui la bière étudiante servie dans les bars de la Vorstadt. L’industrie aéronautique se développe après la Première guerre mondiale en aval de la Warnow, à Marienehe et Warnemünde, et cause les salves de bombardiers alliés qui détruisent l’ensemble ou presque de la ville en 1942 et 1945.
La guerre nourrit l’économie quand la paix s’installe ; Rostock n’y fait pas exception. La construction de nouveaux secteurs d’habitation et d’un nouveau port sur la Baltique, en aval de Rostock, attire toujours les habitants des campagnes à rejoindre la ville. C’est dans ces années de reconstruction que se produit une délocalisation sportive mais plus largement politique.
Comme les SuperSonics de Seattle devenant le Thunder d’Oklahoma City en 2008, le Lauterer SV Viktoria devient le SC Empor Rostock. Cinquante-quatre ans plus tôt. L’ancien club de la ville saxonne de Lauter est délocalisé dans une ville largement mise en avant par la RDA en novembre 1954, à plus de 500 kilomètres et cinq heures de Trabant.
1955. Le club fraîchement installé dans la ville baltique et nommé SC Empor Rostock atteint la finale de coupe de RDA. Il perd face à Wismut Karl-Marx-Stadt après prolongation (3-2). Le club reproduit cette performance quatre fois ensuite en 1957, 1960, 1967 et 1987 sans jamais remporter le trophée. Dans les premières années suivant l’euphorie de la délocalisation, l’Empor Rostock finit deuxième en 1955 puis sur trois saisons d’affilée de 1962 à 1964. Le club omnisport se divise et la section football devient alors le FC Hansa Rostock en 1965.
La ville connaît le passage de grands noms dans ces années. Notamment celui de Joachim Streich, le « Gerd Müller de l’Est ». Le nom de Gerd Kische, solide défenseur mesurant 1,77 mètres, ou encore celui de Jürgen Heinsch, gardien emblématique des années 60 du club, raisonnent encore comme les notes d’un passé frustrant. Même si la ville a adopté ce club, le football ne vit pas de belles années après les années 70.
Remontant en Oberliga seulement 1987, le club connaît des années grises dans les années 80 en seconde division. Seulement, une saison va tout changer et concorde terriblement avec le changement des années 90. Le club remporte triomphalement le championnat de RDA et s’offre aussi leur première Pokal au bout de la saison 1990-1991. Emmené par Uwe Reinders, le Hansa crée la surprise en terminant devant le champion de la saison précédente, le SG Dynamo Dresden, et en atteignant la Coupe des clubs champions. Le club s’assure alors une place inattendue pour la nouvelle Bundesliga, qui est lancée après l’officialisation de la réunification allemande en 1991.
La première saison du Hansa Rostock, qualifié pour cette saison unique dans l’histoire de la Bundesliga à vingt clubs et quatre descentes, est à l’image de la ville. Le club hanséate commence tambours battants le championnat en occupant la place de leader pendant quelques journées. Avant de glisser et de terminer à la 18e place, synonyme de descente en 2. Bundesliga.
Remontant en Bundesliga en 1995, le Hansa devient le dernier représentant de la DDR-Oberliga dans la plus haute chambre du football allemand. Et le club va forger son image sur cette résistance à l’usure du temps. Même mieux encore, le club fait son meilleur classement avec une sixième place obtenue, à seulement un point du Hamburger SV pour une place en Coupe UEFA, et en tenant en échec le Bayern à domicile et en gagnant en Bavière sur le score de 1-0. Le Hansa galère la saison d’après, en réussissant à se maintenir à une 15e place alors qu’ils occupent la dernière place en fin de première partie de saison.
Le club connaît un retour en Bundesliga en dent de scie et finit la saison suivante à la 6e place, devant le Werder Bremen, le HSV ou encore le BVB Dortmund. Et cela se confirme encore avec une dramaturgie folle en 1998, à la dernière journée, lors de laquelle le Hansa se maintient dans les dernières minutes de la saison sur le terrain de Bochum avec une victoire à l’arrache (3-2), à l’image du club. Guerrier, le public local s’identifie à cette équipe qui finit encore une fois à une quinzième place, synonyme de maintien in extremis lors de la saison 1999-2000.
L’entrée dans le nouveau millénaire est plus calme avec une 12e place (2000-2001) puis un maintien assuré avant la dernière journée en 2002, en battant le 1.FC Sankt Pauli, l’ennemi, à la maison et à Hambourg sur le plus petit des scores. Cela suffit au bonheur d’une région connaissant de grandes difficultés : le chômage atteint les 22,1 % en 2004, alors que la zone euro est à 9,3 %. Treizième en 2003 puis neuvième en 2004, le club se maintient depuis presque dix ans et semble se stabiliser en première division.
Seulement, la saison 2004-2005 sonne le glas du lent déclin. Le Hansa occupe dès le mois d’octobre le bas du classement et ne le quitte pas jusqu’en mai. La descente en 2. Bundesliga est dure et le club se maintient malgré une défaite à la maison, face à un autre club de l’Est, le SG Dynamo Dresden, qui descend en Regionalliga. Remontant la saison d’après au terme de la dernière journée, le Hansa Rostock connaît sa dernière saison en Bundesliga en 2007-2008. Arrivant à tenir la course au maintien, le club coule lors des huit dernières journées et terminent l’acte avec 30 points, comme en 2005.
La saison 2008-2009 se conclut à la 13e place de la 2. Buli puis celle d’après est une catastrophe. Le club termine l’acte à une seizième place décevante alors que l’ennemi juré de Sankt Pauli accède à la première division en gagnant au Ostseestadion de Rostock (0-2) puis au Millerntor (2-0). La goutte de trop arrive avec la défaite lors de la Relegation face au club bavarois d’Ingolstadt, club plastique créé en 2004, qui remporte la double confrontation face au vestige du football est-allemand.
La première descente en 3. Liga est suivie d’une remontée express dès la saison suivante en finissant derrière l’Eintracht Braunschweig. Mais la résurrection tourne au supplice en Bundesliga : le Hansa Rostock termine dernier du championnat avec la pire défense (63 buts). Et deux défaites face au FC Sankt Pauli. Le calice jusqu’à la lie se poursuit en 3. Bundesliga, où les Hanseaten restent dix saisons, avec des bas puis des hauts. Au final, le club remonte à la fin de la saison 2020-2021 en compagnie du SG Dynamo Dresden, pour le plus grand bonheur d’un public « taré » et souvent « borderline », dirons-nous.
La première saison en « Zweite » se conclut sans jamais occuper une place de relégable et avec une victoire à domicile contre le FC Sankt Pauli. La ville connaît maintenant les joies des Konferenz de 13h30 le dimanche. Actuellement le Hansa Rostock est à une belle neuvième place. Une position utopique, à seulement quatre points de la zone de relégation et douze d’une montée en Bundesliga.
L'Image Entachée et les Efforts de Reconstruction
Derrière la résistance d’un club à l’usure du temps, se cache une image entachée depuis les événements cités plus haut des émeutes de Rostock en 1992. A l’occasion d’un match les opposant au FC Sankt Pauli six mois plus tard, 400 néonazis et hooligans tentent de pénétrer dans le « Gästeblock » du club hambourgeois, connu pour sa scène de supporters socialistes. L’opposition est violente et se solde par de nombreuses arrestations.
Depuis ce jour, le match opposant les deux équipes a été repris de manière politique. Il oppose une scène de gauche contre une d’extrême droite. Ainsi, de nombreuses personnes ne se revendiquant ni pour le Hansa ni pour le FCSP viennent participer de manière violente aux rencontres. Le problème conséquent de cette confrontation est l’image négative que le club a subi à cause des événements.
Malgré un calme retrouvé, le club décide de cesser tout lien avec le Suptras Rostock. Malgré ces mesures, l’Hansa Rostock a continué à subir les excès de certains supporters. Ces derniers envoient un feu d’artifice sur le bloc des fans du Sankt Pauli lors de la saison 2011-2012, entraînant la fin du sponsoring de Veolia au terme de la saison. Le club tente depuis de s’éloigner de cette image d’extrême droite.
Il participe notamment à la campagne « Kein Ort für Neonazis » (pas de place pour les néonazis). En vain, tant la scène est puissante. La dernière en date est la confrontation face au Hamburger SV la saison passée et une bâche faisant référence aux événements de Lichtenbergen.
Un Public Fidèle et une Ville Dédiée
Aujourd’hui, le club peut pourtant compter, plus que tout club en Allemagne, sur un public renaissant et fidèle comme j’en ai rarement vu. Depuis mon arrivée en cette ville début octobre, j’ai croisé de nombreuses personnes lors des premières fraîcheurs de l’année avec un bonnet ou des écharpes aux couleurs du Hansa Rostock. Pas plus tard qu’hier, une personne en fauteuil roulant se vantaient de ses roues 100% Hansa Rostock. Tout cela en mangeant une Bratwürst.
La ville est stickée de partout. De Warnemünde à Rostock sur les lampadaires, les arrêts de bus, les poubelles et même sur des enseignes de coiffeur. La ville vit entièrement pour son club et ses bâtiments aussi. La Saarplatz arbore fièrement un tag aux couleurs du Hansa, tandis que chaque compteur électrique extérieur est tagué de bleu, blanc et rouge. Les supporters ont peint une toile étendue le long de la Warnow. De plus, ils en sont même les mécènes, en vidant l’entièreté de la boutique en ligne pour soutenir le club face à la crise du Covid-19, qui a été le clos de dix années de difficultés financières.
Cette ville vit pour ce club et ceci, les Allemands le reconnaissent. Quand on évoque la Bundesliga parfaite à leurs yeux, le Hansa a bien souvent sa place parmi les 18 nominés. Il n’y a plus qu’à s’ancrer dans le football allemand de haut niveau et de chercher à accrocher, pourquoi pas, un rêve de Bundesliga.
🌊🇩🇪 LES ULTRAS DE ROSTOCK, LA PUISSANCE DE LA BALTIQUE - Ultras et Politique #6
| Période | Événement/Statistique |
|---|---|
| 1955-1965 | Empor Rostock finit deuxième à quatre reprises |
| 1990-1991 | Champion de RDA et vainqueur de la Pokal |
| 1991-1992 | Première saison en Bundesliga (après la réunification) |
| 1994-1995 | Remontée en Bundesliga |
| 2004 | Taux de chômage à Rostock : 22,1% |
| 2007-2008 | Dernière saison en Bundesliga |
| 2020-2021 | Remontée en 2. Bundesliga |