La Ligue contre le cancer joue un rôle crucial dans la prévention et la lutte contre cette maladie. En février, la Ligue contre le cancer a publié le communiqué de presse « La lutte contre le cancer, plus que jamais, notre cause à toutes et tous ! »

Octobre Rose : Campagne de sensibilisation au dépistage du cancer du sein
Octobre Rose et la Sensibilisation au Dépistage du Cancer du Sein
Parce qu’une femme sur huit risque de développer un cancer du sein, la campagne de prévention Octobre rose les sensibilise durant tout le mois à l’importance du dépistage. Chaque année à l’automne, l’opération Octobre rose promeut le dépistage du cancer du sein. En 2023, 61 214 nouveaux cas ont été diagnostiqués en France métropolitaine. Dans la majorité des cas, son développement prend « plusieurs mois, voire plusieurs années », rappelle l’Institut national du cancer.
C’est le cancer « à la fois le plus fréquent et le plus meurtrier » chez la femme, mais son incidence et sa mortalité diminuent toutefois d’année en année. « Une femme sur huit développe un cancer du sein au cours de sa vie. Détecté tôt, le cancer du sein guérit dans 9 cas sur 10 ! » souligne la Ligue contre le cancer sur son site.
Les Sept Habitudes Recommandées par le Dr Emmanuel Ricard pour Réduire le Risque de Cancer du Sein
Il est aussi possible de le prévenir, dans une certaine mesure. Au quotidien, « nous pouvons avoir une vraie maîtrise sur des facteurs importants », affirme le docteur Emmanuel Ricard, porte-parole de la Ligue contre le cancer, interrogé par l’édition du soir en octobre 2021. Il dresse la liste de sept habitudes qui peuvent aider à réduire le risque de cancer du sein :
- Faire de l’activité physique régulièrement
Il ne s’agit pas forcément de sport, mais au moins de la marche régulière, cinq heures par semaine « ou toutes les activités physiques qui entraînent une dépense d’énergie et un travail musculaire », indique le médecin. Selon l’intensité, l’activité physique réduirait de 30 % le risque d’avoir un cancer du sein et de 20 à 50 % la récidive de ce cancer. « L’activité physique entraîne le renforcement des muscles et joue sur la prise de poids et l’obésité, poursuit-il. Or les cellules cancéreuses aiment le gras car elles peuvent s’y cacher. Elles sont alors moins accessibles au système immunitaire… » Car c’est ce même système qui épure en permanence le corps humain des cellules cancéreuses. Lorsqu’il ne parvient pas à supprimer ces cellules, c’est là que le cancer parvient à se développer. - Avoir une alimentation plus saine
C’est un conseil de bon sens, mais ce n’est pas évident pour tout le monde : « Réduire sa consommation de sucre est primordial. Et ça vaut pour tous les cancers », assure Emmanuel Ricard. Le sucre, assez rapidement stocké sous forme de graisse, entraîne la prise de poids. Et la graisse reste un abri idéal pour les cellules cancéreuses. Attention, le sucre n’est pas que dans les desserts : « On en trouve dans les sodas, les plats préparés, énumère le médecin. On parle alors de sucre invisible. » - Arrêter l’alcool
« L’alcool est toxique dès la première goutte et cancérogène. » Le Dr Emmanuel Ricard n’y va pas par quatre chemins : « Il n’existe pas de seuil de consommation qu’il ne faudrait pas dépasser. Sa toxicité est linéaire. » Selon une étude publiée dans le British Medical Journal en 2015, un seul verre par jour peut augmenter de 13 % les risques de développer un cancer, en particulier un cancer du sein. - Arrêter de fumer
Le tabac aussi a un impact, et pas que sur le cancer du poumon. « Il potentialise les autres facteurs. C’est comme un cocktail explosif. » Là non plus, pas de seuil, « il ne faut pas fumer du tout ». L’arrêt du tabac n’a que des effets bénéfiques sur la santé. - Limiter la prise d’hormones
Si la pilule peut avoir un léger effet favorisant le cancer du sein, elle a aussi un effet limitant sur le cancer des ovaires et de l’utérus. Ces deux effets se compensent, « et sont à prendre en compte en fonction des antécédents familiaux ». Les hormones de substitution, notamment les œstrogènes, prises après la ménopause pour éviter les bouffées de chaleur ont, elles, « un effet plus important ». Mais ces dernières ont un impact sur un seul type de cancer du sein : ceux qui sont hormono-dépendants. - Allaiter
Emmanuel Ricard ne veut surtout pas dicter leur « choix de vie » aux femmes et aux mères. Mais « l’allaitement a un effet protecteur contre le cancer du sein », reconnaît-il. Plus il est long, plus il contribue à réduire le risque. Les grossesses ont aussi un effet protecteur. - Bien choisir ses déodorants ?
Aucune étude n’a encore réussi à établir l’impact des déodorants contenant des sels d’aluminium sur les cancers du sein. « On voit des liens mais pas de rapprochement. Ce serait très compliqué à prouver puisqu’il faudrait maîtriser tous les autres facteurs de risques lors des études », précise Emmanuel Ricard. Mais il y aurait de vrais doutes. « Les gens ont beaucoup plus de facilité à changer de déodorant qu’à réduire leur consommation d’alcool. On refuse d’être la victime d’une entreprise.
Santé : comment limiter les risques de développer un cancer ?
L'Importance du Dépistage et les Initiatives de la Ligue
L’édition 2022 de Mars Bleu, nous semble le moment opportun pour relancer la question des dépistages parce que nous enregistrons, à la suite des deux années que nous venons de vivre, un désintérêt pour les questions du dépistage en général. Durant les confinements, les gens ont peu vu leur médecin considérant qu’il était difficile d’avoir un rendez-vous. Ainsi, le taux de participation à la campagne de dépistage du cancer du côlon, déjà bas (33 %), a enregistré une chute d’une dizaine de points. Par ailleurs, il a eu des problèmes d’envois postaux. Près 5 % des tests n’étaient pas interprétables du fait des délais d’acheminement, soit près de 225 000 personnes et nous savons que 60 % des gens dont le test est ininterprétable ne le renouvellent pas. Cependant les choses rentrent dans l’ordre, il faut relancer les campagnes de dépistage.
Le test, facilement réalisable, se fait à domicile. Comme le cancer du col, le cancer colorectal peut être détecté en amont car il présente des lésions précancéreuses traitables avant que le cancer se déclare. Pour le cancer colorectal, nous pouvons en supprimer 90 % par un dépistage réalisé tous les 2 ans entre 50 et 74 ans. Or actuellement, plus de 50 % des cancers colorectaux sont détectés trop tard, ce qui suppose une chirurgie invalidante et de la chimiothérapie. La situation française est largement en dessous des normes européennes. Pour multiplier les dépistages du cancer colorectal nous proposons : la création d’un site sur lequel sur simple inscription, un kit de dépistage est envoyé (www.monkit.depistage-colorectal.fr), et, la mise à disposition chez les pharmaciens de ces mêmes kits. Nous nous appuyons sur les pharmaciens qui se sont révélés un bon moyen d’accès aux soins préventifs.
Prévention et Facteurs de Risque
Au moment des confinements, nous avons constaté une accentuation des conduites addictives. Le président de la République avait appelé de ses vœux : une génération sans tabac, lors de la publication de la stratégie décennale contre le cancer. Nous œuvrons pour la dénormalisation du tabac par des interventions dans les écoles, en collaboration avec l’éducation nationale mais aussi avec les collectivités locales pour instaurer des espaces sans tabac. Le décret Bertrand (Décret n°2006-1386 du 15 novembre 2066) interdit de fumer dans les lieux publics et de travail. Nous avons obtenu la généralisation des espaces de jeu sans tabac. Nous exigeons par décret l’interdiction de fumer aux abords des écoles.
La France est l’un des pays dans lequel la consommation d’alcool est la plus haute. L’alcool est le deuxième facteur de risque de cancer après le tabac. Au niveau européen, nous ne comprenons pas pourquoi l’alcool, considéré comme un produit alimentaire, n’est pas soumis aux règles d’étiquetage en vigueur pour les autres produits. Si la réglementation de l’eau minérale s’appliquait à l’alcool, bon nombre de produits ne seraient pas autorisés à la vente du fait du nombre de pesticides contenus. Nous dénonçons le deux poids deux mesures.
La multiplication de particules accentue la pollution de l’air. L’OMS a ainsi diminué drastiquement ses normes. C’est pourquoi dans les grosses agglomérations, nous développons la notion de « rues scolaires » destinées à réduire la circulation près des écoles et des crèches. Les enfants sont particulièrement vulnérables.
Les études parues démontrent que 95 % des Français sont en dessous des normes en matière d’activité physique fixée à 10 000 pas par jour. Or, le réflexe d’une activité physique s’acquiert dans les jeunes années. L’activité physique est un facteur bénéfique pour lutter contre toutes les pathologies chroniques que ce soit le diabète, les maladies cardio-vasculaires, le cancer et les maladies respiratoires.
Tableau Récapitulatif des Recommandations du Dr Emmanuel Ricard
| Recommandation | Description | Bénéfices |
|---|---|---|
| Activité physique régulière | Marche régulière, activités physiques entraînant une dépense d’énergie et un travail musculaire (5 heures par semaine) | Réduction du risque de cancer du sein (30%) et de récidive (20 à 50%) |
| Alimentation saine | Réduction de la consommation de sucre, éviter les sucres invisibles (sodas, plats préparés) | Diminution de la prise de poids et réduction des abris pour les cellules cancéreuses |
| Arrêt de l'alcool | Éviter toute consommation d'alcool | Réduction du risque de cancer, même à faible dose |
| Arrêt du tabac | Éviter toute consommation de tabac | Suppression d'un facteur potentialisant les autres risques |
| Limitation de la prise d'hormones | Évaluer les bénéfices et risques de la pilule et des hormones de substitution avec un médecin | Réduction du risque de certains types de cancers du sein (hormono-dépendants) |
| Allaitement | Privilégier l'allaitement maternel | Effet protecteur contre le cancer du sein |
| Choix des déodorants | Être vigilant quant aux composants des déodorants (sels d'aluminium) | Précaution face à des doutes non prouvés scientifiquement |

Risques liés à la consommation d'alcool
Le Sport comme Allié Essentiel
À l’occasion de la première édition de la Rencontre Sport & Santé organisée par la Ligue contre le cancer de Vendée, quatre figures du sport et de la santé publique se sont réunies à la Longère de Beaupuy. Emmanuel Ricard, Séverine Guérif, Paul Rigaudeau et Katiana Rene ont partagé leurs parcours et convictions devant un public de cinquante personnes. Leur message est clair : le sport est un allié majeur pour la santé. Tous ont le même combat : promouvoir le sport pour la santé.
Selon Emmanuel Ricard, médecin expert en santé publique et directeur du service prévention de la Ligue nationale contre le cancer, le sport est un pilier de la prévention, mais également un allié pour les personnes atteintes de cancer. Pour Emmanuel Ricard, la lutte contre le cancer ne doit pas se limiter aux traitements médicaux : intégrer le sport dans le parcours de soin est un moyen de donner aux patients les outils pour améliorer leur qualité de vie et leur santé. Il rappelle également que la prévention est accessible à tous : « même une pratique modérée apporte des bienfaits considérables pour la santé physique et mentale. »
Katiana Rene, championne de France et d’Europe aux 400 mètres, a livré un témoignage poignant sur sa bataille contre le cancer du sein, diagnostiqué en 2015. Pour elle, l’activité physique a été bien plus qu’un moyen de rester en forme : elle a été une force vitale. Séverine Guérif, six fois championne du monde de duathlon et championne du monde de trail, partage également cette conviction. Elle rappelle que la discipline et la détermination qu’elle a acquises dans sa carrière sportive lui ont permis de surmonter des périodes difficiles de sa vie. Paul Rigaudeau, préparateur physique spécialisé dans le football de haut niveau, a mis en avant l’importance d’adapter les espaces et les mentalités pour intégrer le sport dans la vie quotidienne.