Ils sont cinq français cette année à avoir décidé de tenter leur chance à la Draft, même si certains d’entre eux ont encore la possibilité de retirer leur nom de la liste. Jonathan Jeanne, Frank Ntilikina, Cyrille Eliezer-Vanerot, Yoann Granvorka et Elie Okobo, cinq gamins venus de Pro A et parmi eux le dernier cité, jeune arrière de Pau-Lacq-Orthez.

Élie Okobo lors de la Draft NBA 2018.
Profil d'Élie Okobo
- Âge : 24 ans
- Position : Arrière
- Équipe : LDLC Asvel
- Taille : 188 centimètres
- Poids : 82 kilos
L'essence même d'un meneur de jeu de nos jours est de prendre un écran et de prendre une décision. Elie Okobo sait le faire et plutôt très bien. Un coup d’œil à la match-up qui s’offre à lui après le switch et let’s go, sur le drive, par le tir ou en trouvant la passe la plus juste. Avec les Palois ou l’Équipe de France, notre ami a montré qu’il était capable d’être un bon gestionnaire et de perdre un minimum de ballons au moment du choix. Capable de finir fort et des deux mains, Elie maîtrise la finition en eurostep aussi bien qu’un autre gaucher célèbre et sa vision de jeu sur pick fait de lui un point guard tout à fait respectable.
Poste 1 avec l’Equipe de France u20, plutôt positionné en soutien d’un meneur avec Pau-Lacq-Orthez, Elie devra s’atteler à se construire à un poste fixe. Davantage scoreur que distributeur (voir plus bas), son physique d’ado ne lui permet pourtant - pour l’instant - pas des masses de tenir la comparaison avec les arrières body-buildés du monde adulte. La NBA aime les profils qui rentrent dans des cases, et on ne sait pas vraiment aujourd’hui dans quelle case mettre Elie.
Elie a pour lui d’être référencé comme un défenseur dur sur l’homme, jamais avare d’efforts lorsqu’il faut aller gratter des ballons aux quatre coins du terrains. Capable de tenir debout et sur ses appuis face aux mecs de son âge, il n’aime également rien de moins que laisser ses papattes traîner et tout ça se ressent dans les stats (2,2 steals par match sur le dernier Euro U20). Les mains sont actives, les déplacements latéraux sont intéressants mais c’est surtout dans l’état d’esprit que le natif de Bordeaux se démarque. Donnant parfois l’air d’avoir mis les doigts dans une prise, le jeune combo offre une intensité de tous les instants se démarquant des allures de diva parfois aperçues sur le circuit.
Victime d’une fracture du cinquième métatarse en février dernier à l’occasion de la Leaders Cup, Elie est depuis éloigné des terrains et se remet en salle à Cap Breton avec comme objectif les Playoffs qui débuteront lundi face à Strasbourg. Un coup d’arrêt bien moche alors qu’il avait envoyé un joli début de saison en Pro A et surtout en Coupe d’Europe (7,8 points, 3,8 rebonds et 3,8 passes).
Très attiré par le tir mais avec une adresse tout à fait respectable, Okobo devra s’atteler rapidement à savoir faire jouer ses potes encore plus, surtout s’il devait switcher définitivement sur le poste de meneur.
Pas sûr aujourd’hui de voir Elie Okobo laisser son nom dans la liste des joueurs inscrits à la Draft, et à vrai dire on ne lui en voudra pas. Éligible encore deux ans, sous contrat avec l’Elan, le jeune homme commence toujours à se faire un nom dans le circuit fédéral (20 points par match lors du dernier Euro U20) et il a peut-être tout intérêt à casser encore quelques chevilles en France avant de devenir, pourquoi pas, un réel prospect NBA.
NBA : Le rêve d'Okobo
Élie Okobo en Euroleague
L’été dernier, 14 joueurs évoluant en NBA en 2020-21 (ou lors de leur dernière saison active) ont rejoint une équipe jouant l’Euroleague. Pour quel résultat ? Si certains, tels Élie Okobo ou James Nunnally, se montrent brillants, il y a aussi des bides retentissants, comme ceux de Yogi Ferrell, Emmanuel Mudiay ou Troy Daniels, entre autres.
Il n’y a pas de débat, la NBA est le meilleur championnat de basket au monde. Mais est-ce que cela signifie que les joueurs y évoluant font tous partie des meilleurs au monde ? Le passage de certains d’entre-eux de la grande ligue américaine à l’Euroleague - sans conteste la meilleure compétition après la NBA - permet d’évaluer ces joueurs dans un contexte très différent.
Entre une saison comportant généralement moins de matchs, un enjeu réel à chaque journée et un style de basket assez différent de celui pratiqué en NBA (sans oublier des coachs tonitruants qui ne passeraient sans doute pas aux États-Unis), la plupart des joueurs franchissant l’Atlantique n’arrivent pas en terrain conquis en Europe. Du reste, nous le verrons plus loin, ce sont surtout des joueurs ayant une expérience préalable (en Euroleague ou à des niveaux inférieurs) du basket européen qui réussissent le mieux une fois leurs valises posées en Europe.
À l’examen, il est possible de ranger les prestations « euroleaguiennes » de ces 14 joueurs (dont cinq évoluant dans des clubs français) en quatre catégories. Une franche réussite. Un peu moins de la moitié des joueurs arrivant en droite ligne de NBA réussissent une excellente saison d’Euroleague.
Élie Okobo - LDLC Asvel
Plus surprenant, en revanche, est le début de saison d’Élie Okobo, que l’on savait fort en championnat de France (un match à 44 points) mais qui n’a pas réussi à s’imposer aux Phoenix Suns, étant qui plus est blessé lourdement à la cheville la saison dernière. Signé par LDLC Asvel, il brille cette année de mille feux en Euroleague dont il est tout de même le 2e marqueur (16,4 points, après avoir longtemps été premier) et la 14e évaluation. Un candidat sérieux pour l’équipe de France, donc.
Statistiques Euroleague 2021-22
| Joueur | Âge | Club | Nation | Matchs joués | Minutes | Points | Evaluation |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Élie Okobo | 24 | Asvel | France | 17 | 28,0 | 16,4 | 15,3 |