L'ASEC Mimosas est bien plus qu'un simple club de football en Côte d'Ivoire. C'est une institution, un symbole de fierté nationale et un modèle de formation pour les jeunes talents africains. Au pays, voire même sur le continent, l’ASEC Mimosas est probablement ce qui se fait de mieux avec Génération Foot (Sénégal) et l’Académie Mohamed 6 (Maroc) en terme de formation.
Le club a remporté vingt-six fois le championnat ivoirien (notamment en 2018) et gagné une Ligue des champions, en 1998. En 2012, il avait reçu le titre de meilleur club formateur au monde devant l’argentin Boca Juniors et le brésilien Flamengo. A l’époque, douze de ses anciens pensionnaires évoluaient dans les meilleures ligues européennes.
Cet article explore l'histoire, les méthodes et l'impact de l'école de football de l'ASEC Mimosas, un club emblématique qui continue d'alimenter le football mondial avec des joueurs de qualité.
Finale Ligue des champions 1998 ASEC Mimosas 4-2 Dynamo Harare
L'Histoire et l'Évolution de l'Académie MimoSifcom
La formation et la revente de joueurs sont les piliers sur lesquels repose le club depuis la création, en 1994, de l’Académie MimoSifcom. D’abord dirigée par l’ancien international français Jean-Marc Guillou, celle-ci est actuellement sous la responsabilité de son compatriote Pascal Théault et compte 48 pensionnaires âgés de 12 à 17 ans. Tous bénéficient d’un enseignement sportif et scolaire gratuit.
Au tournant des années 90-2000, Guillou, en partenariat avec l’ASEC Mimosas, le plus grand club Ivoirien, a fait grandir les frères Yaya et Kolo Touré, Salomon Kalou, Bakari Koné ou encore Didier Zokora. L’ASEC est un modèle au niveau de la formation. Quand j’ai intégré l’académie en 1995, le discours de Guillou m’avait étonné, reprend Aruna Dindane. Il nous disait ce qui allait se passer année par année. Il fixait des objectifs que nous ne pensions pas pouvoir atteindre.
En février 1999, sous les couleurs de l’Asec d’Abidjan, la première promotion des Académiciens (la moyenne d’âge était de 17 ans et demi) avait remporté la Supercoupe des clubs aux dépens de l’Espérance sportive de Tunis (3-1).

Académie MimoSifcom
Publiés officiellement le dimanche 7 février 1999 face à l’Espérance Sportive de Tunis, au Stade Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, les joueurs de l’Académie MimoSifcom ont émerveillé tous les amoureux du football. La Côte d'Ivoire et l'Afrique entière ont découvert, ce jour-là, onze "gamins" en jaune et noir, battant avec panache, en finale de la Super Coupe d'Afrique des clubs, la grande formation de l'Espérance Sportive de Tunis (3-1). Les Actionnaires et les Ivoiriens se sont mis à rêver à une révolution qui profiterait à tous.
Méthodes de Formation et Philosophie de Jeu
« On défend toujours l’idée de bien jouer. Le slogan de l’ASEC, depuis sa création en 1947, est : “Les enfants s’amusent !” Mais nous formons des joueurs capables de connaître tous les systèmes de jeu », précise Benoît You.
Jean-Marc Guillou, parti en 2001 à la suite d’un conflit avec le président du club, était un adepte du beau jeu. Il imposait à ses joueurs de s’entraîner régulièrement pieds nus, afin d’améliorer le contact avec le ballon, ou d’affronter des adversaires plus âgés. « Cette méthode m’a beaucoup apporté. Quand on frappait le ballon pieds nus, on pouvait se faire mal. Guillou nous expliquait comment faire justement pour éviter les douleurs et nous apprenait donc à mieux apprivoiser le ballon », raconte Aruna Dindane, devenu depuis l’un des grands noms du football ivoirien.
Le technicien français passait des heures auprès de ses protégés, les éduquait à une certaine façon de jouer et penser le football, où le sens de la passe, du collectif et du jeu en mouvement tenaient une part prépondérante.
Les Défis et les Réajustements
Malheureusement, après 3 promotions, l’école de football de l’Asec est redescendue au niveau des centres de formation qui prolifèrent à Abidjan et dans tout le pays.
Malheureusement, depuis plus de 5 ans, ces grands talents ne se constatent plus. Parce que Jean-Marc Guillou que ces "diablotins" du foot appellent affectueusement leur "père" a quitté l’académie pour s’installer d’abord à Grand-Bassam au sud d’Abidjan, puis à Bamako où il a créé, depuis 2006, l’Académie JMG. Entre temps, le coach brésilien, Gustavo Carlos, avec qui JMG a pu produire le système de jeu qui s’apparente à celui du Brésil, quitte lui aussi "Sol Béni" le siège de l’Académie Mimosifcom pour créer son propre centre de formation à Yopougon (quartier populaire à l’ouest d’Abidjan). Et depuis le départ de ces deux techniciens, le jeu de l’Asec n’est plus que l’ombre de lui-même.
Le départ des contingents de la première, deuxième et troisième promotion de l’Académie MimoSifcom a laissé un vide qui n’a pu être comblé.
A travers le sondage organisé sur le site internet du club (www.asec.ci), la parole a été donnée aux Actionnaires pour leur permettre de se prononcer sur le bilan de la saison 2010 de leur équipe. 41, 98% des sondés ont trouvé moyen le rendement des Jaune et Noir au cours de la saison 2010. Et pour cause, les Mimos n'ont pas réussi à se qualifier pour la ligue des champions. Ils estiment que l’Asec se doit de remporter au minimum le titre de champion de Côte d’Ivoire, vu la qualité de ses infrastructures et de son encadrement technique.
Sol Béni : Le Cœur de la Formation
Sol Béni est le centre d’entraînement de l’ASEC Mimosas depuis 1989. Depuis, l’association de l’ASEC en est devenue propriétaire, ce qui est très rare en Afrique, et le complexe s’est développé au fil des années. Nous avons construit d’autres terrains, puis une école, une infirmerie, un internat et plus récemment un hôtel de 30 chambres avec piscine.
En 1989, son président, Roger Ouégnin, avait acquis 7 hectares à Riviera, l’un des quartiers chics d’Abidjan, pour l’équivalent de 600 000 euros. Baptisée Sol Béni, la propriété est aujourd’hui estimée entre 20 et 25 millions d’euros. « Roger Ouégnin a mis ces terrains au nom de l’ASEC Mimosas, une association sportive à but non lucratif. Il ne veut pas vendre. Le projet est de développer l’activité sport-loisir, qui rapporte 450 000 euros par an », assure Benoît You.

L’ASEC, qui a acheté 6,5 hectares à Bingerville, y transférera prochainement le centre d’entraînement de l’équipe professionnelle ainsi que le centre de formation. Le modèle n’a pas fini d’évoluer.
Impact sur le Football Ivoirien et International
Des stars comme Gervinho, Romaric, Salomon Kalou ou encore les frères Kolo et Yaya Touré ont éclos ici dans les années 1990, avant de rejoindre l’Europe. Yaya Touré, Kolo Touré, Didier Zokora, Salomon Kalou, Gervinho, Bakari Koné, Romaric N’Dri Koffi, Didier Ya Konan ou encore Jean Michaël Seri ont porté la tunique de l’ASEC. Des beaux noms qui confirment le poids de l’ASEC dans le paysage footballistique ivoirien.
Cette méthode semble donc bien porter ses fruits et ce sont les Éléphants qui en profitent en pouvant toujours compter sur un vivier très intéressant. À l’heure où certaines équipes africaines misent sur les binationaux, la Côte d’Ivoire continue de compter sur sa jeunesse.
L’ASEC Mimosas a formé beaucoup de joueurs, mais les plus connus sont ceux qui jouent en équipe nationale : Yaya et Kolo Touré, Gervinho, Didier Deguy Zokora, Salomon Kalou, Aruna Dindane, Baky Koné, Emmanuel Eboué… Plus récemment, on a sorti Didier Ya Konan qui joue à Hanovre, Gohi Bi Cyriac à Anderlecht, Ismaël Diomandé à Saint-Étienne ou encore Souleymane Sawadogo à Auxerre… Donc effectivement, la liste est longue, l’ASEC a bien travaillé.
Tableau des Joueurs Emblématiques Formés à l'ASEC Mimosas
| Joueur | Poste | Carrière Internationale |
|---|---|---|
| Yaya Touré | Milieu de terrain | FC Barcelone, Manchester City |
| Kolo Touré | Défenseur | Arsenal, Manchester City, Liverpool |
| Gervinho | Attaquant | Lille, Arsenal, AS Roma |
| Salomon Kalou | Attaquant | Chelsea, Lille, Hertha Berlin |
| Didier Zokora | Milieu de terrain | AS Saint-Étienne, Tottenham Hotspur |
Les Aspects Économiques et Financiers
Avec un budget annuel de 3 millions d’euros et des salaires compris entre 300 et 1 000 euros par mois, l’ASEC Mimosas ne dispose pas des mêmes moyens que quelques-uns de ses adversaires continentaux, comme l’égyptien Al-Ahly ou certains clubs sud-africains, qui affichent des budgets à deux chiffres.
En 2017, les revenus des transferts ont représenté environ 50 % du budget du club. Cette année-là, la revente du gardien burkinabé Hervé Koffi à Lille a rapporté, selon nos sources, autour de 750 000 euros à l’ASEC. Les « Mimos » doivent également récupérer un pourcentage sur les transferts de joueurs formés à l’Académie, comme Jean-Michaël Seri, passé de Nice à Fulham en juillet pour 30 millions d’euros.
Le sponsoring assure environ 600 000 euros de rentrées, soit 20 % du budget. Davantage que sur la billetterie, qui ne représente que 1 % de son budget, il mise sur les subventions nationales ou celles de la Confédération africaine de football (CAF).