Douleur au Pouce au Volleyball: Causes et Traitements

Les entorses de l’articulation métacarpo-phalangienne du pouce sont des lésions fréquentes, et contrairement aux idées reçues, seulement 50 % sont liées à la pratique sportive.

Parmi celles-ci, 75 % sont liées à la pratique du ski et 19 % à la pratique de sports de ballon.

L’atteinte concerne le plus souvent le ligament latéral ulnaire (LLU).

Anatomie et Stabilité de l'Articulation Métacarpo-Phalangienne

L’articulation métacarpo-phalangienne du pouce est une articulation condylienne à 2 degrés de liberté.

Sa stabilité est assurée par les ligaments latéraux - radial et ulnaire - composés chacun d’un ligament principal, métacarpo-phalangien, et d’un ligament accessoire, métacarpo-phalangien ou métacarpo-glénoïdien.

Le ligament principal est tendu en flexion et détendu en extension.

Il est responsable de la stabilité latérale de l’articulation métacarpo-phalangienne en flexion.

Le ligament accessoire, plus antérieur, est tendu en extension et détendu en flexion.

Sur le versant radial, le court abducteur du pouce s’insère sur la base de la première phalange, et le faisceau profond du court fléchisseur du pouce sur la plaque palmaire et le sésamoïde latéral.

Diagnostic des Lésions Ligamentaires

Les ligaments latéraux radiaux et ulnaires doivent être testés.

La stabilité doit être testée en extension pour tester les ligaments latéraux accessoires, et à 30 degrés de flexion pour tester les ligaments principaux.

Une importante laxité par rapport au côté controlatéral signe une entorse grave.

En effet, si les lésions externes sont moins fréquentes (11 %), il ne faut pas les négliger. Elles permettent d’identifier une fracture de la base de la première phalange ou un arrachement osseux.

Lésion de Stener

L’expansion de l’adducteur du pouce s’insère en distal sur l’extensor pollicis longus.

En cas de rupture complète du ligament latéral ulnaire, celui-ci est désinséré de la phalange proximale, et l’extrémité distale du ligament passe au-dessus de l’expansion de l’adducteur.

L’interposition de l’expansion de l’adducteur empêche toute cicatrisation.

Envelopper le doigt avec du ruban adhésif pour éviter de le plier.

Traitement des Entorses

Traitement Orthopédique

Le traitement orthopédique consiste en une immobilisation stricte de l’articulation métacarpo-phalangienne, évitant toute sollicitation latérale, durant 4 à 6 semaines.

Elle peut être réalisée en plâtre, résine ou orthèse thermomoulée.

Traitement Chirurgical

Le traitement chirurgical consiste à rétablir la stabilité de l’articulation.

Dans les atteintes ulnaires, la lésion est le plus souvent distale ; elle est proximale pour les atteintes radiales.

Lorsqu’il s’agit d’une fracture, si la taille du fragment le permet, une ostéosynthèse est réalisée.

En cas d’avulsion, le ligament est également réinséré.

La réinsertion se fait par suture au périoste. Une ancre peut être utile.

Les lésions du ligament latéral externe sont moins fréquentes et ne présentent pas de lésion de Stener.

Complications et Traitement des Entorses Chroniques

Non traitée, une entorse du pouce entraîne des douleurs et une instabilité chronique.

L’histoire naturelle se fait vers l’apparition d’arthrose de l’articulation métacarpo-phalangienne.

Le traitement est chirurgical, mais avec des résultats moins bons que pour une prise en charge en aigu.

Luxations du Pouce

Les luxations dorsales sont les plus fréquentes. Elles ont été décrites par Farabeuf en 1876.

Dans les luxations simples complètes, le pouce est douloureux et présente un aspect en Z, avec l’articulation métacarpophalangienne en hyperextension et l’articulation interphalangienne en flexion.

La désinsertion de la plaque palmaire est proximale. Elle suit la première phalange, accompagnée des sésamoïdes.

Le risque est l’incarcération de la plaque palmaire des sésamoïdes entre la tête du premier métacarpien et la base de la première phalange, les muscles thénariens passant de part et d’autre de la tête du premier métacarpien.

La réduction est obtenue par la manoeuvre de Farabeuf pour prévenir l’incarcération des sésamoïdes : elle consiste à accentuer la déformation en hyperextension de l’articulation métacarpo-phalangienne, en exerçant une pression sur la base de la première phalange à sa face dorsale, de manière à pousser la plaque palmaire et les sésamoïdes en palmaire et à ramener la première phalange en flexion.

Après réduction, la stabilité est testée en frontal, de même que les ligaments latéraux.

En cas de luxation irréductible, la plaque palmaire est incarcérée entre la tête du premier métacarpien et la base de la première phalange.

Les luxations palmaires sont rares.

Cette luxation est rare, même si elle est la plus fréquente des luxations carpométacarpiennes.

L’articulation trapézo-métacarpienne est une articulation en “selle” biconcave : le trapèze est convexe en vue antério-postérieure et concave sur une vue latérale.

Cliniquement, le patient présente un pouce raccourci et douloureux, avec une déformation en “dos de fourchette” de la base de la colonne du pouce, et une fermeture de la première commissure.

La traction sur la colonne du pouce permet de percevoir une sensation de piston, ou crépitation.

La radiographie met en évidence la luxation.

Le traitement est chirurgical mais la technique utilisée est encore controversée.

Certains auteurs préconisent une réduction par manoeuvre externe réalisée par traction et pression dans l’axe du pouce, et une stabilisation par broches en percutané.

Certains auteurs rapportent néanmoins par cette technique une instabilité avec apparition précoce d’arthrose dans les suites.

tags: #douleur #pouce #volley