Douleur à l'Épaule chez les Joueurs de Volleyball: Causes, Traitements et Réadaptation

Les douleurs à l'épaule sont fréquemment observées chez les sportifs overhead, notamment les joueurs de volleyball. Le diagnostic et le traitement sont souvent difficiles en raison de multiples facteurs. Cet article présente les modèles explicatifs actuels du complexe de symptômes de l'épaule du sportif overhead ainsi qu'un guide compact prenant en compte les "cinq clés" pour un diagnostic précis et une planification thérapeutique ciblée. Cela consiste à la fois en un diagnostic et un traitement efficace de l'athlète. À ce titre, une compréhension de base de la pathologie causale est avant tout indispensable.

Causes des Douleurs à l'Épaule

Les douleurs à l’épaule chez les athlètes peuvent se rencontrer dans plusieurs sports. Les causes de ces douleurs peuvent être une blessure traumatique subie, ou la surcharge spécifique de l’épaule subie par le nombre important de répétitions d’un athlète lanceur. Il convient de noter que, puisque cette revue se concentre sur les athlètes overhead, d’autres sports tels que l’haltérophilie, le crossfit, la gymnastique, etc.

Cependant, les altérations de la force, de la flexibilité et de la chaîne cinétique peuvent entraîner des adaptations spécifiques au sport et déclencher des lésions de surcharge progressives. Par conséquent, la combinaison de l'instabilité, des déséquilibres de la force de la coiffe des rotateurs (CdR), du déficit de rotation interne de la gléno-humérale (GIRD), de la dyskinésie de la scapula et de la stabilité du tronc, ainsi que des déficits ultérieurs de la force de la hanche et de l'amplitude du mouvement (ROM) peuvent se produire, ce qui déclenche ce qu'on appelle la cascade de blessures.

Facteurs de Risque

Les facteurs de risques établis doivent être évalués avec soin afin de diagnostiquer de manière fiable la pathologie sous-jacente afin de faciliter l'entraînement préventif et le programme de réhabilitation, dans le but ultime d'accélérer le retour au jeu.

  • Pratique de sports sollicitant l’épaule dans des amplitudes extrêmes : handball, volley-ball, sports de combat, etc.
  • L’hyperlaxité ligamentaire, d’origine génétique.
  • Le principal facteur de risque de l’épaule instable est le fait d’avoir déjà eu une luxation d’épaule, particulièrement si la luxation est survenue avant 30 ans.

Comprendre les Mécanismes de Douleur

Conflit Interne

En général, le conflit interne est un phénomène physiologique normal décrivant le contact entre la grosse tubérosité et le rebord glénoïdien postéro-supérieur lorsque l'épaule est en position d'abduction et de rotation externe. Bien que cette caractéristique anatomique empêche une rotation externe excessive, des séquences répétitives d'abduction et de rotation externe combinées, comme celles que l'on rencontre habituellement dans les sports overhead, peuvent entraîner un conflit interne symptomatique. Dans ce cas, la CdR postéro-supérieure côté articulaire et le labrum postéro-supérieur sont coincés entre la grande tubérosité et le rebord glénoïde.

Pendant un certain temps, on a soutenu l'idée que l'augmentation de la translation gléno-humérale antérieure dans les positions d'abduction et de rotation externe combinées, en conséquence de la fragilisation progressive de la capsule antérieure, favoriserait un conflit interne symptomatique.

Déficit de Rotation Interne Gléno-Humérale (GIRD)

En 2003, Burkhart et al. ont postulé qu'un GIRD initie des altérations anatomiques, conduisant potentiellement à d'autres pathologies de l'épaule chez l'athlète pratiquant le lancer. Les charges cumulées sur la partie postérieure de l'épaule pendant la phase de décélération du mouvement de lancer entraînent des microtraumatismes répétés et une cicatrisation ultérieure des tissus mous postérieurs. Par conséquent, la rétractation capsulaire postérieure entraîne une migration postéro-supérieure de la tête humérale.

Alors que la tension capsulaire postérieure entraîne une diminution de l'adduction horizontale et de la mobilité en rotation interne, la position postéro-supérieure de la tête humérale, d'autre part, permet à la grande tubérosité d'effectuer une rotation externe plus importante avant d'entrer physiologiquement en contact avec le rebord glénoïdien postéro-supérieur. La perte progressive de la rotation interne suivie d'une augmentation de la rotation externe peut entraîner des microtraumatismes répétés de la capsule antérieure. En plus d'affecter les tissus mous entourant l'articulation gléno-humérale, cette adaptation peut également entraîner un remodelage osseux.

Instabilité de l'Épaule

Comme l'épaule est fréquemment positionnée en abduction et en rotation externe, l'articulation présente un risque élevé de luxation traumatique, lorsqu'un joueur est poussé, tiré ou déséquilibré pendant l'attaque, ou lorsqu'un défenseur tente de bloquer le tir d'un attaquant. Les sports tels que la natation nécessitent un large ROM et une grande flexibilité de l'articulation.

En fin de compte, les événements d'instabilité sont connus pour se produire après avoir subi un traumatisme conduisant à la luxation de la tête humérale. Cependant, la sollicitation répétitive du complexe capsulo-ligamentaire de l'articulation gléno-humérale a également été décrite comme pouvant entraîner une instabilité récurrente, principalement une subluxation.

Dyskinésie Scapulaire

Outre les lésions susmentionnées, les épisodes répétitifs de micro-instabilité sans antécédents apparents de luxation de l'épaule entraînent une perte proprioceptive de la capsule avec des étirements répétitifs qui perturbent le retour d'information des récepteurs de la capsule. Avec la dyskinésie scapulaire, cela peut causer des déficits de recrutement et une transmission perturbée à la chaîne cinétique. Il existe un ensemble de preuves postulant une corrélation positive entre un dysfonctionnement évident de la scapula et une douleur chronique de l’épaule chez les athlètes pratiquant des sports overhead. Il a été démontré que la dyskinésie scapulaire augmente le risque de douleurs chroniques de l’épaule.

Un déficit de rotation interne gléno-humérale (GIRD) peut déjà être apparent dans les phases précoces des changements pathologiques en cours, faisant ainsi partie intégrante de l'évaluation de la mobilité gléno-humérale. Bien que les effets des déficits de rotation interne fassent encore l'objet de discussions, des études récentes soulignent la pertinence d'une rotation interne limitée pour la pathologie de l'épaule chez l'athlète. La rotation interne doit être évaluée en position couchée, avec le bras à 90° d'abduction et une scapula fixe. En général, une perte de rotation interne de 30-40° accompagnée d'une diminution de l'arc de mouvement total par rapport à l'épaule controlatérale peut être considérée comme pathologique. En outre, le raccourcissement des structures ventrales (m.

Diagnostic

L’interrogatoire vise à qualifier votre douleur, et connaître vos antécédents. Localiser et caractériser la douleur (est-elle inflammatoire ? mécanique ? Ce premier diagnostic permet déjà d’avoir une idée des lésions pouvant expliquer les douleurs.

Les lésions antérieures à postérieures du labrum supérieur (SLAP lesion) et les lésions du complexe tendineux du biceps peuvent être examinées à l'aide de nombreuses manœuvres de provocation dont l'efficacité est variable pour diagnostiquer une pathologie du labrum. Cependant, un diagnostic correct nécessite une combinaison de suspicions cliniques, d'examens détaillés et de modalités d'imagerie avancées. Par la suite, l'IRM devrait être indiquée pour les patients présentant une suspicion de SLAP lesion, une sensibilité élevée ayant été rapportée (90 %).

Pour une épaule douloureuse chronique, on vous demandera certainement d’effectuer des radiographies ; dans certains cas, une échographie et une IRM peuvent être indiquées.

Pour la CdR, l’accent est mis sur la détection de lésion du tendon supra-épineux/infra-épineux et d’un déséquilibre des forces entre les rotateurs externes et les rotateurs internes. De plus, des tests de provocation peuvent être effectués.

Traitements

Le traitement principal de l’épaule douloureuse chez les sportifs overhead est non chirurgical. L'objectif est de faire en sorte que l'athlète reste capable de réaliser des performances de haut niveau sans se blesser davantage. L'accent est mis sur le rétablissement d'une répartition équilibrée des forces et des mouvements articulaires ainsi que sur la fonction scapulo-thoracique.

Votre médecin vous a peut-être prescrit des séances de kinésithérapie pour corriger vos douleurs. Des infiltrations locales de corticoïdes. L’infiltration consiste à injecter directement un produit dans la zone douloureuse, pour réduire ou supprimer directement l’inflammation locale. En cas de tendinite de l’épaule, ce traitement est réalisé dans l’espace sous-acromial, qui est l’endroit où se trouvent les tendons de la coiffe des rotateurs.

TENDINITE DE LA COIFFE DES ROTATEURS ET DOULEURS D'ÉPAULE : EXERCICE ET TRAITEMENT KINÉ

Rééducation

La rééducation implique le contrôle neuromusculaire et le renforcement de la coiffe des rotateurs, en apprenant au patient à co-contracter la coiffe des rotateurs. L'accent doit également être mis sur l'exercice pour le contrôle, l'équilibre et la force des muscles scapulaires. Enfin, un entraînement progressif à l'exercice est nécessaire chez les patients présentant des SLAP lesion et une pathologie du complexe tendineux du biceps, avec des charges progressives graduées sur le chef long du biceps et un accent doit être porté sur le trapèze et sur les exercices en rotation interne.

Type de Traitement Objectif Méthodes
Non chirurgical Permettre à l'athlète de maintenir des performances de haut niveau sans blessure Rétablissement de l'équilibre des forces et mouvements articulaires, fonction scapulo-thoracique
Kinésithérapie Correction des douleurs et renforcement musculaire Séances adaptées, renforcement des muscles de l'épaule
Infiltrations de corticoïdes Réduction de l'inflammation locale Injection directe dans la zone douloureuse
Rééducation Contrôle neuromusculaire et renforcement de la coiffe des rotateurs Exercices de co-contraction, contrôle et équilibre des muscles scapulaires, entraînement progressif

Intervention Chirurgicale

La première intervention est une décompression sous-acromiale, c’est-à-dire une décompression de la zone sous l’acromion, par où passent les tendons de la coiffe des rotateurs. Cette opération est effectuée sous arthroscopie, grâce à une fibre optique qui pénètre dans l’épaule. L’autre type d’opération pratiquée en cas d’épaule douloureuse est une arthroplastie de l’épaule, c’est-à-dire le remplacement de tout ou partie de votre épaule par une prothèse.

Chez les patients ayant des antécédents de luxation traumatique de l'épaule (groupe 2), une réparation arthroscopique antéro-inférieure de Bankart ou un renfort capsulaire est fortement indiqué si l'instabilité est la pathologie sous-jacente. Dans la littérature actuelle, le traitement non opératoire est préconisé pour les athlètes de lancer souffrant d'hyperlaxité ou de MDI (groupe 3) en mettant l'accent sur le positionnement scapulaire, sur le renforcement de la CdR et sur les exercices proprioceptifs pour améliorer la stabilité et le centrage de la tête humérale.

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