L'Affaire de la Double Billetterie du PSG : Un Scandale des Années 1970

Dans les annales du Paris Saint-Germain, l'affaire de la double billetterie des années 1970 reste un chapitre controversé et marquant. Cet événement a non seulement ébranlé le club, mais a aussi conduit à la radiation de son président emblématique, Daniel Hechter. Cet article explore les tenants et aboutissants de cette affaire, ses conséquences et les perspectives de ses acteurs.

DANIEL HECHTER se présente comme le père-fondateur du PSG. Créé en 1970, le club s'est scindé en deux trois ans plus tard : d'un côté, le Paris Football Club ; de l'autre, le Stade sangermanois, obligé de repartir en 3e Division. Hechter, 35 ans à l'époque et déjà grand couturier, rassemble un groupe d'investisseurs. Le club des Yvelines est rebaptisé PSG et retrouve l'élite en deux saisons.

Le 6 janvier 1978, le Groupement, ancêtre de la Ligue, le suspend de toute fonction dans un club de football pour une affaire de double billetterie et de caisse noire. Après deux ans de procédure, Hechter est blanchi par le Conseil d'État. Il retrouve la présidence d'un club à Strasbourg entre 1986 et 1989 et contribue au retour en D 1 du club alsacien.

Dans les années 1970, le PSG est accusé d'avoir mis en place un système de double billetterie : une partie des sommes provenant de la vente de places est reversée aux joueurs et n'est pas enregistrée dans les comptes du club. Daniel Hechter, le président, est radié du football à vie. Cette condamnation sera toutefois annulée par le Conseil d'État en 1980.

D'ailleurs, Hechter clame toujours son innocence : "La fameuse affaire de la double billetterie n'en est pas une, affirme-t-il dans son autobiographie. «Cette combine m'avait été soufflée par des dirigeants d'autres clubs.» (L'Équipe)Dans "Daniel par Hechter", une autobiographie publiée mercredi (éditions Pygmalion), l'ancien président du PSG (de 1973 à janvier 1978) revient sur l'affaire de la double billetterie, qui l'obligea à quitter son poste.

Il se réjouit aussi de l'investissement du Qatar au PSG, mais déplore une certaine distance du club avec son passé. Première partie.«Daniel Hechter, comment en êtes-vous venu à soupçonner Philippe Séguin d’avoir vous destituer du PSG ?Dans cette affaire, tout n’était pas très clair.

Quelques mois après ma radiation par les instances, Maurice Szafran, journaliste au Matin de Paris, m’appelle pour me dire qu’il a une histoire à me raconter. Il s’agit de celle d’Alain Rosen, qui était en fait un espion nazi intorduit dans la Résistance pendant la Guerre. Cette fois, il s’infiltrait dans le PSG, d’abord via l’ancien joueur Philippe Redon.

De son côté, Philippe Séguin m’a poussé à l’embaucher au club en me disant qu’on était débordé parce qu’on était que cinq pour s’occuper de tout. Quand j’ai demandé à Séguin d’où sortait Rosen, il m’a répondu que ce type était très bien vu au RPR et qu’il pouvait nous rendre des services. Mais je découvrirai à quel point il a pris tout le contrôle de la billetterie.

Il y avait quand même des choses bizarres comme ce jour d’un match contre Saint-Étienne où il m’annonce 36 000 places vendues alors que le Parc, qui peut accueillir 45 000 spectateurs, était plein…Peu après, je décide de licencier Rosen.

Il y a alors des pressions sur les membres du comité directeur du PSG, comme Francis Borelli et Bernard Brochand, qui finissent par me dire : "Attends avant de le virer, on n’a pas de preuves…" Mais, moi, cela faisait trois fois de suite qu’il mentait sur le nombre de places vendues et je ne garde pas un type en qui je n’ai pas confiance. Je le vire en octobre 1977.

Deux mois plus tard, je pars en vacances en Guadeloupe. Je lis alors dans France Soir qu’on parle d’une caisse noire au PSG. Cette caisse noire existait, c’est vrai.

Il nous fallait sortir environ 30 000 francs par mois (l’équivalent de 20 000€ en 2013) pour des compléments de salaire en liquide à verser à quatre ou cinq joueurs, dont le salaire était limité à 12 000 francs mensuels (6 750 € actuels) par les instances. En ne déclarant pas la vente de quelques centaines de places par match, on parvenait à dégager cet argent.

C’était d’autant plus facile que les finances des clubs n’étaient alors pas contrôlées. En plus, cette combine m’avait été soufflée par des dirigeants d’autres clubs, dont ceux de Reims. A l’époque, comment s’alimentaient ces caisses noires très répandues en France ? Par exemple en ne déclarant pas les recettes des matches amicaux, comme on le faisait avec le Tournoi de Paris.

Quel impact a eu cette affaire sur votre vie ? Une très grande frustration doublée d’un sentiment d’injustice. Quand je me suis retrouvé dans une confrontation avec Rosen devant le juge d’instruction, je le vois encore se lever et me dire, presque au garde-à-vous : « M. Hechter, j’ai beaucoup de respect pour vous, mais j’avais une mission et je l’ai remplie… »

A l’époque, je n’avais pas tous les éléments donc je ne comprenais pas bien ce que Rosen entendait par « mission ». Toute cette affaire a été montée d’une façon assez machiavélique.

Pour vous, aucun doute, il s’agit d’une machination politique orchestrée à l’époque par le RPR pour récupérer le contrôle du PSG ?Attention, Philippe Séguin ne s’est pas vengé. De quoi se serait-il vengé ? La vérité, c’est que cet homme avait déjà fait du lobbying pour tenter de récupérer, après Jean Sadoul, la présidence du Groupement professionnel (l’ancêtre de la LFP).

Séguin voulait un poste dans le football pour asseoir une ambition politique, lui qui cherchait une circonscription pour se faire élire député. Alors, en 1977, alors que Jacques Chirac vient d’être élu maire de Paris, il va imaginer de monter un grand club omnisports à Paris, qui fusionnerait le PSG, le Racing, le Stade Français et le CA Montreuil.

Personnellement, vous étiez donc prêt à accepter que le PSG fusionne notamment avec le Racing ?Oui. Monter un grand club omnisports comme le Real Madrid ou le Barça, l’idée me plaisait. Lors de cette réunion, j’étais le seul d’accord avec ce projet. Les autres présidents ont exprimé leur désaccord, surtout celui du président du Racing, qui représentait ses 16 000 membres, mais Jacques Chirac passe outre et conclut la réunion en disant : "Eh bien puisque tout le monde est d’accord, demandons à Philippe Séguin de monter une société d’économie mixte"!

Une double billetterie au sein du Paris-Saint-Germain permettait d’offrir un complément de revenus aux joueurs. Le couturier Daniel Hechter, alors président, fut radié à vie du football, même si le Conseil d’État a annulé cette décision en 1980.

La double billetterie a bien été mise en place par les dirigeants du PSG, l’affaire ira en justice, Daniel Hechter, le président du club démissionnera et sera radié des instances du foot, aucun enrichissement personnel, cette double billetterie était une pratique courante à l’époque. Cela servait à des compléments de revenus pour les joueurs, en 1977 on était loin des facilités financières gazières et pétrolières du Qatar.

Il y a 10 ans, Daniel Hechter s’en est expliquait dans un livre, il écrivait : “la fameuse affaire de la double billetterie n'en est pas une. C'est un complot politique, écrit-il, en l'occurrence sur l'ingérence de Philippe Seguin, comment j'ai été sorti du PSG par un coup monté. Lors de mon dernier match au Parc, après la rencontre, 50.000 personnes ont scandé, J'étais une icône pour plein de supporters et 3000 fans m'ont raccompagné jusqu'à la porte devant chez moi !“

C’est vrai que Daniel Hechter a toujours eu un véritable capital sympathie auprès des supporters parisiens.

Le Système Actuel de Revente de Billets du PSG

Cent quatre-vingts. Dimanche, pour la réception de l'OM, le PSG jouera pour la 180e fois d'affilée à guichets fermés au Parc des Princes. Cette performance se double d'une autre assez spectaculaire également. En moyenne, à chaque match à domicile, le champion d'Europe voit 10 000 à 11 000 places être revendues sur les 48 000 de son stade (dont 37 000 abonnés grand public et hospitalités) qu'il a déjà vendues une première fois.

Pour le Classique, ce chiffre devrait être un peu inférieur. À quatre jours de la rencontre, le club table sur 8 000 à 9 000 tickets cédés une seconde fois, leur prix s'échelonnait mercredi de 170 € en catégorie 14 à 448 € en première. Le record est tout récent puisqu'il date du seizième de finale de Coupe de France contre le Paris FC (0-1), le 12 janvier. Ce soir-là, 15 000 billets ont changé de main via la plateforme de revente du PSG Ticketplace, soit près d'un tiers de la capacité de l'enceinte de la Porte de Saint-Cloud.

Le second marché, l'unique chance pour le « spectateur lambda »Ce chiffre impressionnant s'explique par le jour de la programmation, un lundi, la météo froide de début janvier et le fait que huit jours auparavant la même affiche avait eu lieu en L1 (succès 2-1 du PSG). Le champion de France s'attend à un phénomène similaire contre Monaco, qu'il va affronter deux fois au Parc en 11 jours, le 25 février en play-offs retour de Ligue des champions et le 8 mars en Championnat, et cela même si l'abonné ne parvient pas toujours à revendre facilement son billet.

Le club déclenche les ventes de son second marché une fois qu'il a commercialisé les 5 000 à 6 000 places disponibles à l'achat pour un match de L1 classique qui sont réservées uniquement à ses abonnés ou membres ''Myparis''. Un spectateur lambda ne pourra satisfaire son envie de voir jouer Ousmane Dembélé et ses partenaires qu'en passant par ce second marché, d'où le succès des reventes.

D'autant que le PSG sait parfaitement entretenir la rareté de son produit. Au club, on a fait le choix de ce fonctionnement, encore assez rare en Europe, avec Ticketplace, pour plusieurs raisons. C'est un moyen d'éviter que des billets lui échappent, de limiter au maximum le marché noir, les no-shows (une place vendue restée inoccupée) et donc de s'assurer du remplissage de l'enceinte, un paramètre important notamment d'un aspect visuel.

Et aujourd'hui, au PSG, on est convaincu que le produit abonnement serait obsolète sans l'offre second marché, compte tenu du nombre de matches et de l'incapacité pour un abonné de pouvoir assister à toutes les rencontres.

Ce système est aussi une aubaine économique. Il contribue aux excellents résultats financiers "jour de match" du club qui ont atteint les 177 M€ la saison dernière, ce qui le place dans le top 5 européen, selon le rapport Deloitte 2026 avec un stade à la capacité plus petite que ses rivaux. Sur ses billets revendus, dont le prix minimum est fixé par le club, le PSG perçoit 12 % du tarif auquel le vendeur cède son ticket et il prend 16 % à celui qui l'achète. Une double ration de billetterie bienvenue.

Le tableau ci-dessous résume les principaux points du système de revente de billets du PSG :

Aspect Description
Nombre de places revendues par match 10 000 à 11 000 en moyenne
Plateforme de revente PSG Ticketplace
Raisons du succès Rareté des billets, limitation du marché noir, remplissage garanti du stade
Avantages économiques Contribution aux revenus "jour de match", commissions sur les reventes (12% au vendeur, 16% à l'acheteur)

L'histoire du PSG : Daniel HECHTER et Francis BORELL | Archive INA

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